Tristan Dubois : « Le rêve, l'attente de partir »

Burn baby burn

TMG - Théâtre 145

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Interview / Avec cette mise en scène de la pièce "Burn Baby Burn" de Carine Lacroix, le metteur en scène grenoblois Tristan Dubois (compagnie Les Mangeurs d’étoiles) livre un très beau spectacle sur deux adolescentes cabossées, qui tentent de s’apprivoiser le temps d’une journée. À découvrir au Théâtre 145.

Vous écrivez parfois vos textes. Pourquoi avoir choisi cette fois-ci d'en monter un de l'auteure Carine Lacroix ?

Tristan Dubois : Dans mon parcours de création, j’aime imaginer des collaborations. Ça faisait longtemps que je n’avais pas travaillé avec quelqu’un à l’écriture. J'ai réfléchi et j'ai pensé à Carine Lacroix.

Après, durant la résidence, il y avait une envie de travailler auprès des ados. Dans les premiers échanges avec Carine, on est tombés d’accord sur un texte qu’elle avait déjà écrit : Burn Baby Burn.

Sur scène, on découvre deux jeunes filles qui rêvent de partir. Ça fait très Thelma et Louise, mais le road movie est immobile…

Oui. Il y a le rêve, l’attente de partir, mais on ne bouge pas vraiment. Ce qui m’intéressait, c’était d’aller voir les ados pour savoir comment ils voient le monde. La question de partir, ça les touche.

Dans la pièce, il y a Hirip, rêveuse un peu mythomane, qui rencontre Violette, plus en prise avec le réel. C’est l’histoire de cette rencontre, de cette rêveuse qui asticote l’autre pour qu’il se passe quelque chose. En réalité, elles sont en quête d’identité, elles se cherchent.

C’est une pièce tendue, avec un texte très oral. Comment avez-vous travaillé avec les comédiennes ?

À la première lecture, je me suis dit, c’est pour elles ! Après on a fait un vrai travail d’immersion dans des collèges pour rencontrer des ados : voir comment, dans leurs corps, ils traversent ça. Et on a travaillé sur les situations, parce que l’écriture est très cinématographique.

Un aspect cinématographique que l’on retrouve dans la scénographie. Comment l’avez-vous pensée ?

On est dans un no man’s land, une station-service. Les deux filles m’ont fait penser à En attendant Godot. La pompe à essence sur scène, c’est un peu l’arbre de Godot, il y a un écho.

Cette pompe à essence m’est apparue très vite comme un emblème de quelque chose de révolu. Il y a un vrai contraste entre ces ados du XXIe siècle et cet objet du millénaire dernier.

Sur scène, on retrouve également en musique Pascal Thollet du groupe Bleu. Il crée une rupture car il sert aussi de narrateur…

Dans Burn Baby Burn, il y a une alternance entre la narration, pour des passages poétiques, et l'action, marquée par des moments emprunts de réalisme. L’univers de Bleu colle bien avec l’idée d’un road movie, et en même temps, on n’est pas non plus sur la route 66. Leurs influences peuvent nous emmener ailleurs.

Burn Baby Burn
Au Théâtre 145 vendredi 17 et samedi 18 février à 20h30

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