Succombez au court !

Festival / Placé sous le parrainage du réalisateur Nicolas Pariser (qui fut jadis compétiteur à Grenoble avec ses films), le vénérable Festival du film court en plein air est de retour pour dynamiser les premières soirées estivales. Ne vous privez pas : c’est toujours gratuit !

Copieux. C’est le premier mot qui vient à l’esprit lorsque l’on découvre le menu de cette 45e édition d’un festival marqué (enfin) par un retour à une forme de normalité dans la célébration collective et la profusion de films. Comme toujours témoins du monde et de ses turbulences, les courts-métrages de cette cuvée 2022 évoquent pour certains la pandémie, les soubresauts géopolitiques. Toutefois, les histoires d’enfants/d’adolescents occupent un bon tiers des 42 films projetés (dont l’épuré Titan du Belge Valéry Carnoy) en catégorie Plein Air ou Plein Écran ; cela, hors des programmes spécifiquement jeune public. Affichant fièrement une quasi-parité parmi les cinéastes (qui devrait à terme devenir un non-événement, le rajeunissement de la profession favorisant la féminisation), le festival fait le plein d’œuvres internationales confirmant que le film court n’est pas supplanté par d’autres supports plus "à la mode" quand il s’agit d’entrer dans la carrière. Il prouve aussi que le format demeure un exercice attractif pour des auteurs ayant fait leurs preuves : c’est le cas d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux, récent Prix Delluc du Premier Film pour Vers la bataille, ici présent avec Lino ; de Sébastien Betbeder pour Planète triste voire de Nadav Lapid pour The Star. On relève par ailleurs les noms derrière la caméra du romancier Sébastien Berlendis avec Vercors, ou du comédien Niels Schneider pour Le Rite (dans lequel il dirige une certaine… Virginie Efira).

Brassez-vous !

Qu’il soit malgré tout permis de marquer un regret quant au choix de façonner des thématiques pour les programmations compétitives. Cela permet sans doute plus de lisibilité pour le public (qui saura globalement à quoi s’attendre face à une sélection "Le désir des femmes" ou "L’amour après l’amour"), mais cette sélection présente comme inconvénient de le priver de cette ineffable part de surprise découlant d’un enchaînement de films façon coq-à-l’âne. Elle “ghettoïse“ par ailleurs la quasi totalité des documentaires en lice – le programme n°3 "Des corps en mouvement" risque ainsi de n’attirer que les adeptes du genre. Cette répartition ne peut même pas s’expliquer par un impératif commercial puisque toutes les séances (et c’est la bonne nouvelle) demeurent gratuites. Vous n’avez donc aucune raison de ne pas succomber à la curiosité.

45e Festival du Film court en plein air de Grenoble

Du 29 juin au 2 juillet

Jardin de Ville et Cinéma Juliet-Berto, Grenoble

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