La Colline aux coquelicots

ECRANS | De Goro Miyazaki (Jap, 1h31) animation

François Cau | Lundi 9 janvier 2012

Poussé par son père Hayao à la succession au trône de son mythique studio Ghibli, Goro Miyazaki retourne au charbon après Les Contes de terremer. Bonne nouvelle, l'étouffante empreinte du maître s'est évanouie, pour laisser place à un mélo ensoleillé, aéré et généreux où le fils décomplexé assume d'entretenir la mémoire du père. Au travers d'une intrigue familiale et amoureuse dans le Japon de 1963, La Colline aux coquelicots n'a pas d'autre sujet que l'importance du passé pour la vitalité du présent. Suivant la trajectoire d'une lycéenne et ses proches qui tentent de sauver leur foyer étudiant d'une reconstruction (symboliquement appelé «quartier latin»), Miyazaki touche à l'Histoire du pays pour renvoyer à toute perte de lien social et affective. Il signe un beau film impressionniste et vertueux sur la transmission et la jeunesse. Une œuvre tendre et délicate où le quotidien est sublimé par un soin affolant et coloré du détail dont le savoir-faire est une autre marque du temps.
Jérôme Dittmar

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Écrans magiques

Festivals | Présente dans la programmation des festivals de cinéma Voir Ensemble, À vous de voir et Plein les yeux, l’animation japonaise jeune public n’a pas toujours profité d’une telle reconnaissance. Retour sur les raisons de ce (tardif) changement de statut et décryptage de quelques-uns des films à l’affiche ces prochains jours.

Damien Grimbert | Mardi 18 février 2020

Écrans magiques

C’est une histoire désormais bien connue. À l’origine de nombreux films remarquables depuis la fin des années 50, et bénéficiant d’une présence sur les (petits) écrans français dès la fin des années 70, l’animation japonaise jeune public a néanmoins dû attendre l’orée des années 2000 pour enfin commencer à être reconnue à sa juste valeur. S’il n’est pas le premier film d’Hayao Miyazaki à être sorti dans les salles françaises et d’une certaine reconnaissance critique (Porco Rosso, Mon Voisin Totoro et Princesse Mononoké lui avaient auparavant pavé la voie), Le Voyage de Chihiro est en revanche sans conteste celui par le biais duquel tout a changé. Immense succès public (1, 34 million d’entrées l’année de sa sortie en France), le métrage a ainsi permis à l’intégralité des productions du Studio Ghibli de s’imposer en véritables incontournables, et modifié irrémédiablement le regard porté par le grand public sur les films d’animation en provenance du Japon. Ouvrant de fait la voie, quelques années plus tard, à toute une nouvelle génération de réalisateurs (Mamoru Hosoda, Makoto Shinkai, Masaaki Yuasa, Keiichi Hara…), qui n’auraient sans doute jama

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