Le Magasin des suicides

ECRANS | De Patrice Leconte (Fr-Belg-Canada, 1h25) animation

Jerôme Dittmar | Vendredi 21 septembre 2012

Quand Disney était à son âge d'or, les dessinateurs endossaient par défaut le rôle du réalisateur. Depuis la victoire de l'esprit Pixar sur Disney (le dernier a racheté le premier en 2006), les réalisateurs du cinéma d'animation sont aussi des dessinateurs. En terme de mise en scène, ça change tout. Faut-il donc penser que désormais un mauvais film animé est le fruit d'un mauvais cinéaste ? Le Magasin des suicides pourrait bien faire jurisprudence. Pour sa première incursion dans le genre, Patrice Leconte adapte Jean Teulé et livre un conte macabre neuneu qui lui va comme un gant. Sur la base d'un pitch à l'humour ironique et lourdingue (c'est la crise, une échoppe familiale fait fortune en vendant mille moyens de se suicider, jusqu'au jour où arrive le petit dernier qui voit la vie en rose), l'auteur se fait Tim Burton du dimanche. Gags aussi poussifs que répétitifs, parties musicales chantées par des casseroles, univers et personnages fonctionnels, tout ça vire au cabinet des supplices jusqu'à une auto-citation des Bronzés.

Jérôme Dittmar

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Une promesse

ECRANS | De Patrice Leconte (Fr-Ang, 1h38) avec Rebecca Hall, Alan Rickman, Richard Madden…

Christophe Chabert | Mardi 15 avril 2014

Une promesse

En Allemagne en 1912, Friedrich, un jeune homme, intègre une grande usine de sidérurgie dont le directeur, malade, lui confie un rôle de secrétaire particulier. Il va tomber amoureux de la très belle – et beaucoup plus jeune – femme de son patron et mentor, mais c’est une relation platonique et chaste qui s’instaure, longuement interrompue par le départ de Friedrich au Brésil, puis par le début de la guerre. Adapté de Stefan Zweig, Une promesse souffre d’abord de sa fidélité un peu compassée à la nouvelle originale (Le Voyage dans le passé), le film déposant un peu partout une petite poussière culturelle et chic liée sans doute au caractère propret de sa reconstitution. Le mélodrame y est constamment corseté par une espèce de rigidité mortifère qui évacue humour, trouble et érotisme. Surtout, là où le cinéaste avait pris l’habitude de styliser à outrance ses films sérieux, Une promesse manque désespérément de personnalité visuelle, à la lisière d’un téléfilm arte. De plus, Wes Anderson vient de prouver avec

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