Le Chant du merle

ECRANS | de Frédéric Pelle (Fr., 1h20) avec Adélaïde Leroux, Nicolas Abraham, Myriam Boyer…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Des portraits de soubrettes naïves, de “Dentellières” abusées par des VRP prédateurs, on en a vu des dizaines. Mais cette histoire-là recèle une grâce particulière, une transparence touchante. Frédéric Pelle ne cherche pas à surprendre avec des coups de théâtre improbables, ni à raconter un conte de fées : il délivre la réalité, dans sa morne crudité et sa terne banalité.

Il en extrait cependant avec acuité des moments signifiants, et par son admirable pratique de l'ellipse, évite cette graisse d'images polluant l'ordinaire du cinéma. En réduisant son film à son essence, Frédéric Pelle nous oblige à écouter chaque mot du dialogue. Stupéfiant : la réplique la plus insignifiante trahit les intentions des personnages. Il faut du talent pour raconter les histoires les plus simples et les plus désuètes. Un styliste comme Pelle en possède des réserves.

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Le chant du merle

De Frédéric Pelle (Fr, 1h20) avec Adélaïde Leroux, Nicolas Abraham...

De Frédéric Pelle (Fr, 1h20) avec Adélaïde Leroux, Nicolas Abraham...

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Aurélie est serveuse dans un hôtel restaurant en Corrèze. Elle partage son temps entre son travail, le club d'ornithologie, le vieux monsieur dont elle s'occupe et sa mère avec qui elle vit. Discrète, fragile, elle attend que quelque chose arrive dans sa vie.


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"Je me tue à le dire" : la mort avec du mousseux

ECRANS | de Xavier Seron (Bel./Fr., 1h30) avec Jean-Jacques Rausin, Myriam Boyer, Fanny Touron…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Est-ce parce qu’il enseigne le cinéma que Xavier Seron s’est acquitté d’une réalisation à la forme aussi respectueusement scolaire ? Noir et blanc léché vintage, chapitrage méthodique, cadres surcomposés intégrant jusqu’au tournis la figure du cercle (ce symbole du sein maternel malade d’une tumeur par lequel la somatisation du fils arrive), tout porte à croire que le cinéaste s’est fabriqué l’objet filmique idéal… pour une dissection en compagnie de ses élèves. Malgré ce sentiment d’application contrainte, Je me tue à le dire touche par son parfum d’antan, mâtiné de surréalisme belge qui doit beaucoup à son protagoniste, visible émule de Vincent Macaigne (au niveau vestimento-capillaire, s’entend). Seron manifeste enfin un indéniable courage en abordant le thème répulsif du cancer sur un mode décalé et non larmoyant. On trinque (au mousseux) davantage qu’on déguste (à la chimio), et l’on croise de beaux personnages campés par des visages, des figures et des corps : Serges Riaboukine, Myriam Boyer ainsi que l’ineffable Jackie Berroyer, bouleversant de tendresse.

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