"Queercore : how to punk a revolution" : no future straight

ECRANS | Mardi 29 mai, le festival grenoblois Vues d'en face, centré sur le cinéma LGBT, proposera de découvrir au Club ce fascinant documentaire sur le queercore, « mouvement social et artistique né dans les années 1980 qui a cherché à provoquer, au travers de l’art et de la musique punk, la société hétéronormée ».

Aurélien Martinez | Mardi 22 mai 2018

« Une farce devenue réelle » : voilà comment, dans le documentaire Queercore : how to punk a revolution, le réalisateur Bruce LaBruce explique la genèse de ce mouvement culturel et social né dans les années 1980 pour « élargir le discours ». Aux manettes de cette sous-culture, des artistes et activistes queer et punk qui voulaient non pas réunir les deux scènes mais en créer une nouvelle en se détachant de ce qu'ils abhorraient dans chacune d'elle : le côté bourgeois et apolitique des homos, et les relents misogynes et homophobes des punks.

Proposé par Vues d'en face, le festival international du film LGBT de Grenoble, dans le cadre de ses séances mensuelles au Club, ce documentaire de Yony Leyser sorti l'an passé est passionnant du fait de la richesse du panel de témoins interviewés – Bruce LaBruce donc mais également, au rayon des plus connus, les musiciennes Peaches et Kim Gordon ou encore le réalisateur John Waters. Et par les nombreux enjeux qu'ils convoquent en tout juste 1h20.

Alors que le mot queer vient de rentrer cette année dans le dictionnaire Robert (« personne dont l'orientation ou l'identité sexuelle ne correspond pas aux modèles dominants »), et que la philosophie queercore initiale, qui assumait une certaine marginalité face à la pensée "straight" (non au sens d'hétérosexuel mais de personne à l'esprit étroit – un homo peut donc être "straight"), semble loin de nous aujourd'hui (même si certains artistes plus ou moins grand public en représentent encore une partie – comme la géniale Beth Ditto du feu groupe Gossip), ce retour historique est on ne peut plus salutaire.

Queercore : how to punk a revolution
Au Club mardi 29 mai à 20h15


Queercore: How to Punk a Revolution

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Gerontophilia

ECRANS | Finis les excès pornographiques pour Bruce LaBruce ; avec cette histoire d’amour entre un jeune infirmier et son patient nonagénaire, il signe non seulement son premier film «traditionnel», mais surtout une comédie romantique pop et aérienne au regard délicat et sans tabou. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 mars 2014

Gerontophilia

Dans les années 90, le cinéphile avait fait connaissance avec Bruce LaBruce de manière pour le moins abrupte, à la sortie dans les salles "normales" d’Hustler White, porno gay expérimental déguisé en vrai-faux documentaire, où le cinéaste canadien n’y allait pas de main morte – ou plutôt de moignon mort, si on se réfère à une séquence de fist-fucking particulièrement hardcore… Sans quitter le giron pornographique, ses films, de plus en plus arty, ont ensuite navigué dans le circuit festivalier, notamment son diptyque zombie Otto / L.A. Zombie. Le sujet de Gerontophilia – et même son titre – laissait craindre le "pire" : l’histoire d’amour entre Lake, un jeune infirmier, et un de ses patients, Mr Peabody, black, gay et nonagénaire, pour qui il a le coup de foudre et avec qui il va passer quelques jours en cavale. Aucun débordement graphique toutefois à l’écran : les bites restent sagement au repos, et la représentation de l’acte sexuel se fait de manière allusive, LaBruce filmant l’extase par un crescendo d’images se perdant dans un grand fondu au blanc. Le vieil homme et l’amant Gerontophilia est donc le premier film

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