Les temps forts de la saison

ARTS | Une sélection à base de Musée de Grenoble, de Spacejunk, de Musée Géo-Charles, de Moulins de Villancourt, de Muséum ou encore de Casemate.

Charline Corubolo | Samedi 3 octobre 2015

Photo : Georgia O’Keeffe, Pétunias, 1925 - Fine Arts Museums of San Francisco, San Francisco © Georgia O’Keeffe Museum / Adagp, Paris 2015


Derrière l'artiste, la femme au Musée de Grenoble

Affirmer que l'art n'a pas de sexe serait remettre en cause la construction même de nos sociétés établies depuis des siècles sur un rapport de force du masculin sur le féminin. Bien que ce schéma ancestral tende à s'estomper, des fragments entiers de l'histoire de l'art ont été marqués par cette dominance au point de gommer certaines influences majeures.

Il paraît bien sûr absurde d'affirmer qu'un art puisse être masculin ou un autre féminin (encore que cette thèse demeure point de discorde et de débats à approfondir), l'évidence est pourtant faite depuis plusieurs années que la lutte des sexes a bien eu lieu au sein de l'art et que, trop souvent, les artistes féminines ont été relayées au second plan.

C'est ainsi que la saison 2015-2016 du Musée de Grenoble s'attache à offrir une relecture de l'art selon la conception féminine avec deux expositions dédiées aux femmes programmées de manière fortuite, mais dont la coïncidence permet un programme riche autant sur le plan plastique que sur celui de la réflexion délicate de la « femme-artiste ».

Georgia O'Keeffe, peintre américaine du début du XXe siècle, a su marquer la peinture avec son regard moderniste emprunté aux photographes qu'elle fréquentait. De fleurs en gratte-ciels, ses toiles rentreront en dialogue avec des portraits de l'artiste et se dévoileront en novembre (photo).

En avril, c'est Cristina Iglesias, artiste espagnole toujours en activité, qui prendra ses quartiers avec des installations où l'espace s'hybride avec la nature pour des œuvres à expérimenter. Une rencontre déstabilisante à la lisière de l'"arte povera", pour une programmation où la femme qui se cache derrière l'artiste affirmera sa nécessité.

Georgia O'Keeffe, du 7 novembre au 7 février au Musée de Grenoble

Cristina Iglesias, à partir du 23 avril au 31 juillet au Musée de Grenoble


Georgia O'Keeffe et ses amis photographes


Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Cristina Iglesias

Installations et sculptures
Musée de Grenoble Place Lavalette Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Shakespeare à la folie, affiches internationales

Par le Centre du graphisme d’Échirolles
Moulins de Villancourt 85 cours Saint-André Pont-de-Claix
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Les 10 expos à voir ou revoir cet été

ARTS | On en a parlé lors de leur vernissage ; on en remet une couche cet été comme elles sont toujours à l'affiche. Suivez-nous !

Charline Corubolo | Mardi 5 juillet 2016

Les 10 expos à voir ou revoir cet été

Obey Propaganda – A vision for our planet Jusqu’au 23 juillet Obey, pour certains, c’est une marque, pour d’autres c’est du vandalisme, pour les derniers carrément le néant de référence. Obey, c’est en fait le visage d’André The Giant, catcheur français, et la démarche artistique de Shepard Fairey, street artist américain. Exposé à Spacejunk dans le cadre du Street Art Fest, il dévoile des œuvres engagées envers l’environnement, pour une plongée colorée dans l’art sérigraphique. La critique complète L'Art du Canard Jusqu’au 30 juillet Le groupe d’artistes allemands Interduck investit le couvent Saint-Céci

Continuer à lire

Qui êtes-vous Cristina Iglesias ?

ARTS | Présentation de la plasticienne espagnole qui présente son travail au Musée de Grenoble jusqu'au 31 juillet.

Charline Corubolo | Mardi 26 avril 2016

Qui êtes-vous Cristina Iglesias ?

Son nom, tout comme la matérialité de son œuvre, portent en eux les accents basques de sa terre natale. Née en 1956 à Saint-Sébastien (Espagne), Cristina Iglesias étudie la chimie de 1976 à 1978 avant de faire un bref passage à Barcelone pour s'essayer à la céramique et au dessin. Une première main jetée dans la matière, pour finalement se lancer pleinement dans la sculpture à la Chelsea School of Art à Londres (1980-1982). Six ans après cette formation londonienne, elle obtient une bourse pour l'Institut Pratt à New York, puis est nommée professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Munich en 1995. À partir des années 2000, elle enchaîne les biennales et les foires, ainsi que les installations d'œuvres permanentes dans des grands musées tels que le Prado à Madrid (2007). Bien connue du monde de l'art contemporain, l'Espagnole reste cependant peu visible en France. Pourtant, l'exposition du Musée de Grenoble vient dans le prolongement d'une première réalisée avec le directeur du musée Guy Tosatto en 2000 à Nîmes. Pensée comme une suite à leur première collaboration, cette seconde rencontre cristallise les enjeux fondamentaux de l’œuvre de Cristina Iglesias. Une réflexion s

Continuer à lire

Musée de Grenoble : dans l'antre de Cristina Iglesias

ARTS | Déambuler dans la nature désenchantée de Cristina Iglesias, c'est pénétrer au cœur d'un univers parallèle où la question de la sculpture guide l'architecture. D'installations labyrinthiques en puits irréels, l'Espagnole fait de son art une expérience sensorielle déroutante, sur le fil de l'eau. À découvrir au Musée de Grenoble. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 26 avril 2016

Musée de Grenoble : dans l'antre de Cristina Iglesias

« Se perdre dans la nature. » À travers son travail, la plasticienne espagnole Cristina Iglesias ne fait pas que nous perdre dans la nature, elle nous conduit dans un espace faussement réel où les émotions se trouvent étrangement dans un état de contradiction permanent. Une tension des sensations qui se déroule lentement au fil de la déambulation au creux de ses œuvres. Élaborant des constructions hybrides, elle esquisse un nouvel environnement où la question du volume prime. Une réflexion sur la sculpture qui devient alors un espace architecturé et architecturale. Cette recherche de la forme pose les bases d’une quête plastique, observant un développement en perpétuelle reprise, une croissance où se mêlent la nature et l’architecture. Par un subtil tissage entre des volumes sauvages et construits, l’artiste propose des visions différentes des éléments plongeant le visiteur dans une expérience sensorielle, qui s’observe mais surtout se sent. La cohérence de ses pièces trouve sa genèse dans l’eau, matériau qui s

Continuer à lire

Les pirates de l'art à l'abordage de la France

ARTS | On a visité l'exposition de Spacejunk qui dévoile six artistes se revendiquant du courant Lowbrow.

Charline Corubolo | Mardi 9 février 2016

Les pirates de l'art à l'abordage de la France

Ces pirates-là ne sabrent pas les malheureux pour leur butin mais hachent à vif l'art contemporain, boursouflé par sa prétention et son arrogance, à travers un trait incisif. Exit le verre de cristal rempli de champagne : à bord de ce navire Lowbrow, on est imprégnés des effluves de la bière et on navigue aux sons d'une culture populaire qui se dessine au crayon et au pinceau. Inaugurée vendredi 5 février au centre d'art Spacejunk, l'exposition Lowbrow en France sonde les abîmes de cette mouvance plastique née aux États-Unis dans les années 1970 et qui a jeté l'ancre dans nos contrées depuis une quinzaine d'années. Les considérant comme les capitaines français de ce mouvement, le centre d'art a réuni Berhart, Jérôme Barbosa, Odö, Veks, Ciou et Malojo pour mettre à jour tous les trésors de cet art underground rempli de symbolisme, de détails et d'onirisme aux relents acerbes d'un XXIe siècle à la dérive. Le club des six C'est après avoir été présentée à Bayonne et Lyon que l'exposition arrive à Grenob

Continuer à lire

Les pirates de l'art se la jouent Lowbrow

ARTS | Courant artistique enfanté sous le soleil californien et bercé par les différentes formes de contre-culture des années 1960 et 1970, le Lowbrow tourne le dos aux diktats de l’art contemporain pour mieux s’inspirer des icônes colorées de la culture populaire américaine. À l'occasion de l'exposition "Lowbrow en France" proposée par Spacejunk, on retrace son histoire. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 9 février 2016

Les pirates de l'art se la jouent Lowbrow

Los Angeles, début des années 1960. Alors que le conceptualisme et le minimalisme entament leur règne sans partage sur le monde de l’art contemporain, un jeune artiste frondeur du nom de Robert Williams accumule frustration sur frustration. Il faut dire que ses références culturelles à lui se situent aux antipodes de ces deux courants : pulp magazines, comic-books, films de monstres de série B, magazines de charme, motos... Bref, les influences classiques d’un jeune adolescent de la classe moyenne américaine. Après quelques années à décorer différents véhicules pour le compte de l'artiste d’Ed « Big Daddy » Roth, figure de proue de la « Kustom Kulture », il s’installe à San Francisco en 1969, dans le quartier de Haight-Ashbury, épicentre californien du mouvement psychédélique. C’est là qu’il va trouver enfin une famille d’adoption au sein de Zap Comix, une revue underground fondée par Robert Crumb qui va révolutionner le monde de la bande dessinée. Dix ans plus tard sort son premier livre d’artiste, The Lowbrow Art of Robt. Williams. Lowbrow pour « bas du front ». En choisissant ce terme ironique, Williams n’a pas l’intention de faire école,

Continuer à lire

Shakespeare s'affiche

ARTS | Zoom sur l'exposition du Centre du graphisme d'Échirolles à l'affiche jusqu'à fin janvier.

Charline Corubolo | Mardi 15 décembre 2015

Shakespeare s'affiche

Afficher ou ne pas afficher, la question ne se pose pas aux Moulins de Villancourt. Car c'est en grand que William Shakespeare s'affiche sur les murs grâce au talent d'une quarantaine de graphistes. Une exposition réalisée à l'occasion des 400 ans de la disparition de l'auteur, dont l’œuvre littéraire foisonnante est autant source d'inspiration pour le théâtre que pour l'image. Pensée par le Centre du graphisme d’Échirolles, Shakespeare à la folie, affiches internationales dévoile des créations réalisées durant les dernières décennies pour la représentation des pièces écrites par le dramaturge. Plus qu'une plongée au cœur du mot, l'exposition s'avère être une véritable plongée au cœur du signe, manié avec créativité et justesse par des graphistes français mais aussi polonais ou encore finlandais, d’aujourd’hui ou en activité dans les années 1970. Découpé en trois sections selon l’œuvre de Shakespeare (les comédies, les drames et les grands faits historiques), le parcours met en regard des styles et des messages très différents. Tout en se complétant, les oppositions graphiques sont saisissantes, passant d'un découpage d'une épure prégnante à une illu

Continuer à lire

Diego Zaccaria : « L'affiche devient sociologique »

ARTS | C'est l'un des auteurs de théâtre les plus connus de l'histoire. Si William Shakespeare, auteur de "Roméo et Juliette" ou encore "Macbeth", a raccroché la plume depuis maintenant 400 ans, il ne cesse pourtant d'inspirer les artistes d'aujourd'hui. Pour preuve : le Centre du graphisme d’Échirolles propose aux Moulins de Villancourt une exposition d'affiches de pièces de théâtre du maître. Rencontre avec Diego Zaccaria, le directeur du Centre, pour connaître toute l'histoire.

Charline Corubolo | Mardi 15 décembre 2015

Diego Zaccaria : « L'affiche devient sociologique »

2016 marque les 400 ans de la disparition de William Shakespeare. Vous avez décidé de célébrer cet anniversaire avec une exposition d'affiches... Diego Zaccaria : C'est la mission du Centre du graphisme que de travailler sur les univers graphiques de manière générale, et sur la communication visuelle en particulier. On défend l'affiche non publicitaire, qui peut être porteuse d'éléments critiques, de débats et de discussions. Et, dans le domaine de l'image, l'affiche de théâtre a toujours été quelque chose de particulier, d'où notre exposition. Je savais qu'il y avait une matière graphique importante et intéressante qui s'inscrit dans l'espace public, tout comme le théâtre : ce sont deux vecteurs extrêmement populaires. Quant à Shakespeare, il y a la portée même de son œuvre. Elle est considérable et reste actuelle dans la manière qu'il avait de traiter le pouvoir. Et elle a contribué à forger la légende d'une nation. L'exposition permet donc une plongée dans l’univers shakespearien...

Continuer à lire

Hybridations artistiques au Centre d'art Bastille

ARTS | Croiser les esthétiques et les réflexions, mêler les notions de temps et de fiction, tels sont les enjeux de "Double cross" actuellement au Centre d'art Bastille. Conçue dans le cadre d'un échange avec une structure italienne, l'exposition dévoile les travaux de Jacopo Miliani et Alessandro Di Pietro, avec Mikaël Belmonte en invité.

Charline Corubolo | Mardi 6 octobre 2015

Hybridations artistiques au Centre d'art Bastille

Piano, créée à l'initiative de d.c.a / association française de développement des centres d'art, est une plateforme franco-italienne offrant un espace de recherches et de travail partagé à des curateurs et des artistes, l'objectif étant d'établir un projet double, comme une exposition, entre une structure artistique italienne et une française. C'est ainsi que le Cab est devenu le théâtre de cet échange plastique avec l'Italie. L'exposition Double Cross, programmée par le commissaire d'exposition indépendant Vincent Verlé (et ancien boss du Cab), présente les œuvres de Jacopo Miliani et Alessandro Di Pietro, dont la mise en parallèle permet la construction d'un récit commun par le prisme d'un langage hybride. À travers un questionnement sur la représentation de l'image et sa réception par les masses et dans les mémoires, Jacopo Miliano esquisse un nouveau langage de forme. Ce nouveau tout se met en place dans des installations hermétiques – une main disposée sur un rectangle de tissu représentant une action – mais qui stimulent indéniablement l'hémisphère gauche du cerveau. L'approche des œuvres d'Alessandro D

Continuer à lire