"À la recherche de l'objet perdu" : photo (pas si) acidulée par Claudia Masciave

Exposition | La photographe grenobloise présente sa série phare à la galerie Unpass.

Benjamin Bardinet | Mardi 2 avril 2019

Photo : Claudia Masciave


Figure singulière de la scène photographique grenobloise, Claudia Masciave dévoile, à la galerie Unpass, une série photographique intrigante intitulée À la recherche de l'objet perdu (série qu'on avait déjà évoquée en 2017 lors d'un accrochage à la Belle électrique). Caractérisé par la mise en scène qu'elle fait d'elle-même, le travail de cette jeune photographe franco-brésilienne joue de choix chromatiques acidulés et de couleurs franches pour aborder des sujets pas toujours marrants – comme les violences faites aux femmes ou l'addiction aux nouvelles technologies. Le fond monochrome uniforme sur lequel sa figure se détache permet d'exacerber la lisibilité des mimiques et des gestes qu'elle interprète et dont le visiteur est invité à déceler la portée symbolique – parfois évidente, d'autres fois plus mystérieuse.

Chaque photographie est accompagnée par ce que l'artiste appelle des « mots flottants », sortes de haïkus énigmatiques qui, là aussi, orientent l'interprétation ou au contraire la rendent plus floue. Claudia Masciave ne se positionne ainsi jamais en donneuse de leçon ; elle nous rappelle plutôt que, face aux maux qui caractérisent nos sociétés contemporaines, nous sommes souvent tout autant victimes que complices.

À noter pour celles et ceux qui voudraient prolonger l'expérience que la Cinémathèque proposera une projection de ses films jeudi 11 avril.

À la recherche de l'objet perdu
À Unpass jusqu'au dimanche 21 avril


À la recherche de l'objet perdu

Photographies de Claudia Masciave
Unpass 4 impasse du Four Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"À la recherche de l’objet perdu" : l’auto-pop de Claudia Masciave

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Charline Corubolo | Mardi 19 décembre 2017

Partie À la recherche de l’objet perdu, la photographe Claudia Masciave semble surtout être partie à la recherche d’elle-même à travers un panorama de 46 autoportraits formant une mosaïque pop sur les murs du bar de la Belle électrique. Convoquant des couleurs pastel et chatoyantes pour un esthétisme "warholien" adouci, la Franco-Brésilienne s’aventure sur le terrain de la pop culture et des mythologies personnelles. Et raconte son passé brésilien et son arrivée en France par une mise en abyme personnelle entre réminiscence et interrogation. Frontaux ou mis en scène, les clichés soulèvent également les dérives de nos sociétés occidentales entre chirurgie esthétique et nouvelles technologiques ; bousculent les codes du genre et percutent l’actualité en devenant le miroir des SDF, des immigrés… Pour une photographie faussement acidulée, à découvrir depuis mi-décembre (la date de fin de l’exposition n’est pas encore connue).

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