Balladur et Treasure Island : indie rock en toute décontraction

MUSIQUES | Jeudi 8 février, on a rendez-vous à la Baf avec deux duos qui promettent un beau moment de communion primitive.

Damien Grimbert | Mardi 6 février 2018

Il y a toujours quelque chose d'assez jouissif à découvrir des groupes venus d'horizons qu'on imagine plutôt abrasifs et radicaux (noise bruitiste, cold-wave glaciale…) s'ouvrir à des univers plus pop, exotiques et colorés sans jamais renier pour autant leur héritage musical et leur goût pour l'expérimentation. Déjà parce qu'ils font par là preuve d'une ouverture d'esprit et de curiosité qui fait parfois un peu trop défaut à la scène indie rock "canal historique" ; et ensuite – surtout – parce que cette rencontre entre le chaud et le froid, la pop et l'expérimental, aboutit souvent à la création d'entités sonores lo-fi superbement chamarrées, aussi inédites qu'euphorisantes.

Déjà venus nous rendre visite chacun de leur côté au cours de ces dernières années, les deux duos Balladur (en photo) et Treasure Island, récemment estampillés "exotic wave" à l'occasion d'une tournée commune à travers la France, officient certes dans des registres assez différents l'un de l'autre, mais répondent néanmoins parfaitement aux critères évoqués plus haut. Autant dire que leur concert à la Baf, organisé à l'initiative du toujours aussi inspiré label Reafforests, promet d'ores et déjà un beau moment de communion primitive.

Balladur + Treasure Island
À la Baf jeudi 8 février à 21h


Balladur + Treasure Island


La Baf (centre social autogéré) 2 chemin des Alpins Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Balladur au mal

Synth-pop | « Tu nous manques Balladur ! », tel le Sébastien du film Libre et Assoupi de Benjamin Guedj incarné par Baptiste Lecaplain, voici les mots (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 21 septembre 2021

 Balladur au mal

« Tu nous manques Balladur ! », tel le Sébastien du film Libre et Assoupi de Benjamin Guedj incarné par Baptiste Lecaplain, voici les mots régulièrement prononcés par les critiques du Petit Bulletin Grenoble lorsqu'ils se réveillent en sursaut. Peu de concerts de Balladur à Grenoble sans qu'on dise quelques mots de l'affection maison pour le groupe homonyme du plus grand Premier ministre de la Ve République (on déconne, hein). C'est que la formation villeurbannaise n'a jamais cessé de (nous) surprendre en trois albums et autant d'EP d'existence. Entamé comme un projet porté sur la cold-wave, Balladur s'est rapidement mué en une drôle de machine métamorphe s'autoproclamant d'obédience disco-noise-tropicale (pour ce que ça peut bien vouloir dire). En réalité, Balladur donne une synth-pop ouverte aux quatre vents. La Vallée étroite, qui donne son titre à leur dernier album en date, toujours publié sur le label Le Turc Mécanique, ressemble davantage à la vallée du Nil qu'au goulet d'étranglement d'une rivière sans retour – ou au col de l'Échelle qui est la véritable référence voulue par le groupe pour ce titre, sur le

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Bracco, MoulinexxX et Balladur, à contre-courant

Rock / Électro | Trois groupes en une seule soirée au programme de la Bobine vendredi 7 février : avec Bracco, Balladur et MoulinexxX, la diversité sera de mise. La qualité aussi.

Damien Grimbert | Mardi 4 février 2020

Bracco, MoulinexxX et Balladur, à contre-courant

Alors qu’en 2020, certains s’acharnent encore à enfermer rock et musiques électroniques dans des cases hermétiques à ne surtout pas mélanger, le label parisien Le Turc Mécanique a depuis longtemps pris la direction opposée, alignant depuis 2012 au sein de son foisonnant catalogue post-punk, club music et à peu près tout ce qui serait susceptible de combler, musicalement, l’espace entre ces deux catégories. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que l’on attend la soirée du vendredi 7 février à la Bobine, qui, dès 20h30, mettra en avant cette esthétique "fusionnelle" à travers un plateau réunissant trois groupes en tous points irréprochables. Si cela fait déjà longtemps qu’on encense à chacun de ses passages l’excellent duo lyonnais entre pop, post-punk, noise, dance, électronique et musiques tropicales Balladur, il faudra également compter pour l’occasion avec le punk synthétique des Parisiens de Bracco, ainsi qu’avec les expérimentations analogiques entre noise, abstract rock et électronique du très bon duo grenoblois MoulinexxX (en photo).

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Balladur et Société Etrange, voyage et dépaysement

Concert | Balladur ? Non, ce n'est pas l'ancien Premier ministre qui déboule au Bauhaus Bar vendredi. Mais bien un groupe de Villeurbanne, porté par de très nombreuses influences. En première partie : Société Étrange.

Damien Grimbert | Mardi 19 novembre 2019

Balladur et Société Etrange, voyage et dépaysement

On a déjà beaucoup parlé, dans ces pages, du duo de Villeurbanne Balladur. Pour être honnête, à chacun de leurs passages à Grenoble ou presque. Oui mais voilà, force est de reconnaître que leur incroyable capacité à condenser, au sein d’un même écrin pop plus ou moins dansant, un nombre absolument démentiel d’influences a priori hautement inconciliables (pop donc, mais aussi dub, noise, post-punk, ambient, bidouillages électroniques, musiques tropicales et on en passe…), le tout sans la moindre once de prétention, continue album après album à forcer notre respect. La Vallée Étroite, le dernier d’entre eux, tout juste sorti sur l’irréprochable label Le Turc Mécanique, ne déroge d’ailleurs pas à la règle, et l’on se réjouit déjà d’assister à sa restitution en live. Ce qui ne constitue pas pour autant une raison suffisante de snober l’excellent trio Société Étrange avec lequel Balladur partagera l’affiche. Adepte de voyages sonores habités au sein de territoires minimalistes hallucinés et volontiers psychédéliques, le groupe ressuscite avec brio la sacro-sainte alliance rythmique entre organique et électronique expérimentée dès la fin des années 1960 par les pionniers alle

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J’entre par tes yeux et Terrine, entre abstraction et décadence

Concert | Avec l’association grenobloise Reafforests, les concerts se suivent mais ne se ressemblent pas. Après l’indie-folk helvétique de Louis Jucker et Émilie Zoé (...)

Damien Grimbert | Mardi 19 mars 2019

J’entre par tes yeux et Terrine, entre abstraction et décadence

Avec l’association grenobloise Reafforests, les concerts se suivent mais ne se ressemblent pas. Après l’indie-folk helvétique de Louis Jucker et Émilie Zoé en février, place ce samedi 23 mars au Café du Nord à deux projets expérimentaux hautement atypiques, venus respectivement de Nantes-Metz et d’Amiens. Duo composé de Julien Nouvet et Alice Dourlen, J’entre par tes yeux (photo) se veut ainsi « un manifeste décadent pour une techno nouvelle et dérangeante ». Né d’une résidence au Lieu unique de Nantes en novembre dernier, Anyone Realize ?, leur EP inaugural, n’entretient finalement que des liens très ténus avec ce que l’on appelle habituellement la techno, et c’est justement ce qui fait tout son intérêt. Anyone realize? EP by J'entre par tes yeux Un compliment qu’on retournera égalemen

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Variations indie folk avec Louis Jucker et Emilie Zoé

Concert | Samedi 23 février, l'association Reafforests nous donne rendez-vous au Café du Nord. Et ce sera forcément très bien.

Damien Grimbert | Mardi 12 février 2019

Variations indie folk avec Louis Jucker et Emilie Zoé

On avait déjà eu l’occasion de découvrir à Grenoble les musiciens helvètes Louis Jucker et Émilie Zoé il y a maintenant un peu plus d’un an, par le biais de leur formation rock lo-fi Autisti, aux échos volontiers 90’s. Les voilà aujourd’hui de retour, toujours à l’invitation de l’association Reafforests mais dans un contexte musical pour le moins différent, puisqu’ils viennent cette fois présenter chacun leur projet solo. Pour Louis Jucker (photo), difficile d’en dire beaucoup plus au stade actuel, puisque l’album qu’il viendra défendre pour l’occasion, Kråkeslottet [The Crow's Castle], enregistré en Norvège, ne sortira pas avant mars. Au vu du pédigrée du bonhomme, et des quelques extraits déjà disponibles sur le net (Seagazer, Tale of a teacher’s son et Merry dancer), la curiosité pour cette échappée indie-folk volontiers expérimentale est néanmoins de mise, d’autant qu’il sera accompagné en live par les membres de son (autre) groupe Coilguns, avec lesque

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PB d'or 2018 : musique

C'était 2018... | Avec des musiciens du coin, un festival ou encore des associations locales.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : musique

Le PB d’or de la meilleure reprise de l’année : "Elle a les yeux revolver" par M-O-R-S-E C’est de loin l’un des morceaux qu’on a le plus écouté en boucle ces derniers mois – alors qu’on n’est pourtant pas spécialement fans de l’original. Porté par une maîtrise parfaite de l’autotune et une mélancolie prégnante, la reprise par le Grenoblois M-O-R-S-E du tube 80’s de Marc Lavoine nous a plongés dans un état de béatitude totale, au même titre d’ailleurs que les autres chansons de son excellent premier album Apathique, sorti à l’automne sur le label Cindys Tape. Le PB d’or du festival qui a enfin trouvé sa formule idéale : Jour & Nuit Une programmation musicale vaste, pointue et foisonnante à même de satisfaire tous les publics

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Moodie Black : de bruit et de fureur

Concert | Le groupe américain, à ranger dans la drôle de case du noise rap, sera mercredi 23 mai au Bauhaus bar. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 15 mai 2018

Moodie Black : de bruit et de fureur

Si des styles musicaux comme la noise et le rap peuvent, a priori, sembler antinomiques, leur rencontre n’en a pas moins engendré depuis le début des années 1990 une flopée de groupes hautement recommandables. De Techno Animal à Dälek en passant par Food For Animals, El-P et son label Def Jux ou plus récemment des formations comme Death Grips et Clipping, le genre n’a ainsi cessé de s’enrichir au fil du temps au point de donner naissance à une véritable scène, marginale certes, mais bel et bien réelle au plan international. Originaire de Phoenix, en Arizona, et désormais installé entre Los Angeles et Minneapolis, Moodie Black, duo formé en 2004 par Chris Martinez et Sean Lindhall, fait à n’en pas douter partie des formations les plus marquantes du genre. Découvert par le biais d’une série d’EPs lo-fi frontaux, brutaux et jusqu’au-boutistes, le groupe a progressivement évolué vers un registre plus downtempo teinté d’influences shoegaze, sans renier pour autant son goût pour l’expérimentation, la noirceur et les sonorités abrasives. Comme en témoigne Lucas Acid, dernier album en date dont la retranscription sur scène devrait, on en prend le pari

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Meysson-Loubatière : drone, noise et plus si affinités

MUSIQUES | Samedi 18 novembre, c'est au 102 que ça se passera si les mots inscrits dans le titre de cet article vous parlent. Et même s'ils ne vous parlent pas d'ailleurs.

Damien Grimbert | Mardi 14 novembre 2017

Meysson-Loubatière : drone, noise et plus si affinités

Pour ceux qui n’auraient pas forcément envie de passer leur week-end à écouter de la techno en club jusqu’à 6 heures du matin, l’association grenobloise Reafforests propose une jolie alternative au 102 samedi 18 novembre à partir de 19h, avec un concert qui ne mettra probablement pas vos oreilles au repos pour autant. Au programme entre autres, le mystérieux Grenoblois Michel 31, projet solo drone/noise sur lequel on ne dispose malheureusement pas de plus d’informations, ainsi que deux projets venus du Mexique et oscillant dans un registre musical relativement similaire : El Toro Que Venció Al Matador et Paulo Sandoval. De notre côté, on attend surtout avec pas mal d’impatience la venue du duo lyonnais Meysson-Loubatière, réunion du guitariste de Noyades Cyril Meysson (en photo) et du batteur aux innombrables projets musicaux Rodolphe Loubatière. Situé aux confluences de sphères musicales comme la noise, le free jazz et l’improvisation pure et dure, leur subtil, intense et très réussi premier album Sédition, sorti en juin dernier, donne en effet très envie d’ê

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B-Face à Varces : de la bourse aux vinyles au véritable festival

Événement | Rendez-vous samedi 13 mai, à Varces donc et en musique, pour le constater.

Damien Grimbert | Mardi 9 mai 2017

B-Face à Varces : de la bourse aux vinyles au véritable festival

Initiée en 2014 sous la forme d’une "simple" bourse aux vinyles, la manifestation culturelle B-Face, organisée à Varces par le centre socio-culturel de Varces-Allières-et-Risset, n’a cessé de gagner en ambition année après année au point de se transformer, pour sa quatrième édition, en véritable festival. Aux côtés des traditionnels stands de disques, expositions et animations en tout genre (ateliers participatifs parents-enfants, démonstration de sérigraphie, blind-tests…), B-Face a ainsi concocté cette année une véritable programmation musicale digne de ce nom, réunissant pas moins de sept groupes différents oscillant entre rock, noise, pop, folk, punk, électro et psyché. Après une première salve de concerts gratuits en plein air l’après-midi (avec Sourdure et As A New Revolt), c’est la salle l’Oriel qui prendra le relais le soir venu, avec les prestations de Titus d’enfer, It It Anita (en photo), Blood Sport, God !Zilla et Noyades. Soit autant de formations farouchement indépendantes (fidèles ainsi à l’esprit très "Do It Yourself" du festival) réunies par différentes associations bien connues de l

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Treasure Island : le meilleur des deux mondes

MUSIQUES | Le duo franco-japonais formé en 2010 à Osaka sera samedi 13 mai au Bauhaus Bar. Vous aussi ?

Damien Grimbert | Mardi 9 mai 2017

Treasure Island : le meilleur des deux mondes

Passionnant duo franco-japonais formé en 2010 à Osaka, Treasure Island est né d’une collaboration entre les musiciens Yann Berne (dont on avait déjà pu découvrir le projet solo lo-fi bruitiste Dokutoramo il y a de cela environ un an) et Kanako Mitsuzumi, qui gère à ses côtés le très recommandable label cassette Black Ship. Réunissant sur scène voix, guitare, synthés et tout un attirail de machines, le groupe est l’auteur d’une curieuse hybridation musicale chantée en anglais, japonais et français, à la croisée de la synth-pop vintage et d’une sorte de post-punk néo-tribal plus abrasif. De ces influences a priori antinomiques naît paradoxalement un vaste champ des possibles, où les frontières entre pop et expérimental s’effacent pour laisser place à d’étranges mélopées multilingues portées par des rythmiques complexes et envoûtantes qui ne ressemblent, et c’est suffisamment rare pour le souligner, à pas grand-chose d’autres. Auteur de multiples concerts en France, Suisse et Belgique et de deux albums sortis respectivement en 2015 et 2016, Treasure Island sera en live samedi 13 mai au Bauhaus Bar et on vous recommande chaudement de ne pas rater

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Balladur, bien dans son temps

MUSIQUES | Mercredi 7 décembre, on a rendez-vous au Bauhaus Bar avec un groupe de rock "underground" au drôle de nom. Mais à l'écoute de sa musique, on ne lui demande pas de s'arrêter, bien au contraire.

Damien Grimbert | Lundi 5 décembre 2016

Balladur, bien dans son temps

Si l’on devait décrire à quoi ressemble un (bon) groupe de rock "underground" dans la France des années 2010, Balladur constituerait, à n’en pas douter, un parfait résumé. Un nom un peu déconneur (et absolument pas carriériste), une vraie présence scénique, du genre qu’on acquiert à force de sueur et de tournées sans fin et sans glamour, et surtout des influences musicales aussi vastes que finement canalisées. Lyrisme cold-wave incandescent, virulence post-punk entretenue aux synthés et à la boîte à rythmes, aspirations pop assumées, bidouillages électroniques lo-fi, riffs noisy tranchants, et même embardées tropicales et cowbells sur certains morceaux... On trouve tout ça chez Balladur, mais toujours au bon endroit, au bon moment, et de la bonne manière (jamais démonstrative), loin du fourre-tout indigeste qu’une telle énumération pourrait a priori laisser envisager. Après une première cassette chez AB Records, et deux albums sur le très recommandable label Le Turc Mécanique (le deuxième, Super Bravo, vient tout juste de sortir, et il est excellent), les Balladur reviennent donc jouer à Grenoble, et si vous en avez

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Transe sonique signée Dokutoramo

MUSIQUES | Pour sa prochaine "Weird-In Session", le label Fullfridge invite Dokutoramo, projet solo lo-fi et bruitiste, aux confins du noise et de l'expérimental.

Damien Grimbert | Mardi 3 mai 2016

Transe sonique signée Dokutoramo

Projet singulier initié il y a bientôt trois ans, les Weird-In Sessions du label grenoblois Fullfridge Music accueillent de façon irrégulière mais récurrente différents musiciens et DJs français et étrangers, le temps d’une exploration sonore proche de l’expérimental. Une sorte de « résidence nomade » qui prend le plus souvent la forme de (très bons) shows radiophoniques sur Radio Campus Grenoble, mais se concrétise aussi parfois par le biais de concerts dans divers lieux grenoblois. Après Riffs, Shinigami San, Lokom, Mettani et plus récemment Le Verdouble, la prochaine session live mettra ainsi à l’honneur Dokutoramo, projet solo lo-fi et bruitiste de Yann Berne (Docteurlamort, Treasure Island) créé en 2004 à son arrivée au Japon. Mêlant parties percussives et tonales jouées simultanément à l’aide d’une guitare électrique, d’une pédale de delay, d’un radiocassette et (plus récemment) d’un tom basse, la musique de Dokutoramo brouille volontairement les habitudes de l’auditeur pour mieux le plonger au cœur d’une dérive sonore néo-tribale, aux frontières de la noise et de l’expérimental. Une forme d’exorcisme sonique à l’impact saisissant, qui fait écho, comme l

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Balladur on the beach

MUSIQUES | Dans le film Libre et assoupi de Benjamin Guedj, trop librement adapté du roman presque éponyme du Lyonnais Romain Monnery, il y a cette scène inutile mais (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 29 septembre 2015

Balladur on the beach

Dans le film Libre et assoupi de Benjamin Guedj, trop librement adapté du roman presque éponyme du Lyonnais Romain Monnery, il y a cette scène inutile mais drôle où le héros interprété par Baptiste Lecaplain se réveille en sursaut d'un rêve en marmonnant : « Tu nous manques Balladur ! » Et c'est vrai que ce n'est pas faux. C'est sans doute inconsciemment très exactement pour cette raison (ou pour tout à fait une autre) que le groupe villeurbanno-grenoblois Balladur a choisi de se baptiser ainsi plutôt que Wauquiez ou The Nadine Moranos. C'est un détail car, en dehors d'une certaine langueur monotone qui n'est pas sans rappeler Verlaine, certes, mais aussi l'ancien premier ministre de François Mitterrand donc, Balladur a autant à voir avec Balladur que la new wave avec la réforme du CPE. Surtout, Balladur est bien plus sexy que Balladur et cela, on le sait depuis la publication de leur maxi sur... cassette (non, la nostalgie n'a pas de limites), Dream Baby, nanti d'un fort beau scopitone, comme on disait sous De Gaulle. Il s'est passé deux ans mais revoilà ce groupe qui, à l'instar de son homonyme, ne fait pas de pro

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