Le corps féminin, aliénations et résistances

Féminisme | Réussie tant sur le plan historique qu’artistique, l’exposition "En corps elles" propose à la bibliothèque de la Part-Dieu une traversée des aliénations et des émancipations à travers la place et les représentations du corps des femmes.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 17 novembre 2021

Photo : Vue de l'exposition, œuvre de Valérie Oka © BM


Depuis belle lurette (l'Antiquité et Aristote nous dit-on), les femmes ont été et sont encore souvent assujetties à… leur corps : corps reproducteur, corps domestique, corps séducteur, corps tentateur… Et c'est parfois à partir de ce "lieu" d'aliénation que des mouvements de contestation et de résistance prendront leur source. Le corps se révolte, se dissémine, sort de ses gonds et de ses limites imposées. Tel est le point de vue proposé par l'exposition proposée par la bibliothèque de la Part-Dieu et la commissaire Anne-Laure Collomb : une exposition qui a « pour but de montrer le regard porté sur le corps des femmes et d'insister sur les luttes féministes qui ont participé et participent toujours à cette déconstruction ». Le parcours, simple et riche (en documents d'archives, objets, affiches, œuvres d'art), se subdivise en trois grandes sections : "On ne naît pas femme, on le devient", "Nos désirs font désordre", "Les femmes dans la rue, pas dans la cuisine".

Passer par l'art

Basée sur les représentations, aliénantes ou libératrices, du corps, cette exposition est par conséquent très visuelle (même si elle propose aussi nombre de documents écrits) et fait la part belle aux artistes… Artistes parfois méconnues comme Valérie Oka (née en 1967 en Côte d'Ivoire) avec sa sculpture en néons Tu crois vraiment que parce que je suis Noire je baise mieux ?, ou Sabine Li et son impressionnante armée de femmes en terre cuite ! On découvrira aussi des figures clefs de l'art féminin engagé comme l'Autrichienne Valie Export et sa photographie de performance devenue iconique Genital Panic, la photographe Claude Cahun jouant sur les glissements féminin-masculin, ORLAN et ses interrogations sur la notion d'identité, Pipilotti Rist et ses vidéos toujours émouvantes et désarmantes… L'exposition est accompagnée parallèlement par tout un programme d'événements (rencontres, ateliers, spectacles…) au sein de la bibliothèque intitulé À corps et à cris.

En corps elles
À la Galerie de la Bibliothèque de la Part-Dieu jusqu'au vendredi 31 décembre


En corps elles


Bibliothèque de la Part-Dieu 30 boulevard Vivier Merle Lyon 3e
Jusqu'au 31 décembre 2021, mar, jeu, ven de 13h à 19h et mer, sam 10h à 19h


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Cinq expos à voir en décembre à Lyon

Bons Plans | Cinq expositions à ne pas manquer ce mois-ci et autant d’interrogations sur : la finitude humaine, l’identité aliénée, la lumière, le corps des femmes, l’écologie.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 3 décembre 2021

Cinq expos à voir en décembre à Lyon

L’expo qui crâne Réunissant quelque 160 œuvres (peintures, photographies, sculptures, installations…), À la mort, à la vie ! propose un très bel aperçu de l’histoire de la vanité, du Moyen-Âge à aujourd’hui. Le parcours thématique (danses macabres, vanité des vanités, les âges de la vie…) est fort réussi et clair, et l’on y découvre un grand nombre d’œuvres fortes : la série photo Faces de Philippe Bazin, des images de Delphine Balley et de Éric Poitevin, une installation vidéo de Bill Viola, une grande nature morte peinte par Paul Rebeyrolle, des sculptures d’Étienne-Martin… À la mort, à la vie ! Vanités d’hier et d’aujourd’hui Au Musée des Beaux-Arts jusqu’au 7 mai 2022 ORLAN déjoue les pièges de l’identité L’expo d’ORLAN à

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ORLAN, œuvres de jeunesse à la Galerie Ceysson & Bénétière

Art Contemporain | La Galerie Ceysson & Bénétière revient sur les débuts artistiques de la toute jeune ORLAN, avec un accrochage de photographies de très grand format.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 novembre 2021

ORLAN, œuvres de jeunesse à la Galerie Ceysson & Bénétière

Née à Saint-Étienne en 1947, la jeune Mireille Porte (qui prendra, plus tard, comme nom d’artiste ORLAN en majuscules) fréquente les bars de la ville avec sa bande de copains, fait du théâtre, de la danse moderne, des arts plastiques, écrit… Elle s’aventurera brièvement à l’École des Beaux-Arts avant de fuir en courant les carcans de l’école, ayant très vite pris conscience qu’elle voulait avant tout « sortir du cadre », échapper aux normes. Tout son travail se construira, peu à peu, sur cette idée d’émancipation et de remise en question : il s’agit pour ORLAN de construire sa propre identité singulière, et se libérer des identités imposées par le genre, la classe sociale, le faciès, la discipline corporelle… À Saint-Étienne en 1965 Au milieu des années 1960, dans la France empesée de De Gaulle, l’artiste en devenir mène la vie de bohème à Saint-Étienne, avec ses potes artistes. Dans son autobiographie récemment parue (ORLAN Strip-tease. Tout sur ma vie, tout sur mon art, Gallimard), elle écrit : « À cette époque, j’avais un immense atelier de passementier… Sur une énorme table recouverte de draps, j’a

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Claude Viallat expose à la Galerie Ceysson & Bénétière

Art Contemporain | À quelques pas du Musée des Beaux-Arts, la Galerie Ceysson & Bénétière propose un nouvel et vaste espace d’exposition sur deux niveaux. Créée en 2006 à (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 30 juin 2021

Claude Viallat expose à la Galerie Ceysson & Bénétière

À quelques pas du Musée des Beaux-Arts, la Galerie Ceysson & Bénétière propose un nouvel et vaste espace d’exposition sur deux niveaux. Créée en 2006 à Saint-Étienne la prestigieuse galerie d’art contemporain s’est ensuite implantée à Genève, au Luxembourg, à Paris et à New-York. L’artiste "Supports/Surfaces" Claude Viallat inaugure les cimaises avec plusieurs œuvres récentes, jusqu'au 31 juillet : des bâches militaires découpées sur lesquelles il a peint sa fameuse "empreinte" (un quasi rectangle). Pierre Collet, responsable de la galerie lyonnaise, nous annonce pour la suite deux expositions monographiques prometteuses, l’une consacrée au pape du minimalisme américain Frank Stella, et une autre à ORLAN.

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Limp Bizkit en a toujours ras la casquette

MUSIQUES | Deux mois après System of a Down, une autre vieille gloire du nu metal fait son grand comeback à Lyon en la personne morale de Limp Bizkit. Retour sur sa carrière, longue d'une vingtaine d'années, erratique et injustement réduite à ses années de faste mainstream. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 16 juin 2015

Limp Bizkit en a toujours ras la casquette

Peut-on avoir du respect pour un groupe qui tire son nom d'une légende de vestiaire (le "fameux" jeu de la biscotte), a une façon si subtile de décrire la merditude des choses qu'il est un jour arrivé sur scène en sortant d'un chiotte géant et a signé la plus ignoble profanation de l'histoire de la musique populaire – une reprise façon bad boy en réhabilitation sentimentale de Behind Blue Eyes des Who ? Á en croire l'une des plumes du site Noisey, on le lui doit carrément : Limp Bizkit serait l'une des formations les plus authentiquement punks de sa génération, en cela qu'elle a connu un succès planétaire malgré elle et en se foutant du qu'en-dira-t-on comme de la première casquette de son leader, le tatoueur, skateur et blaireau notoire Fred Durst – Results May Vary (2003), où figure ladite profanation, a battu des records en matière de dézingage critique. Rien ne prédestinait, il est vrai, ce biscuit moulé en 1995 en Floride, à vendre 33 millions de disques à travers le monde. Son premier album, Three Dollar Bill, Yall$ (1997), où le heavy metal in your face de Pantera fraye avec la noise pour abattoirs

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"Orlando", la petite odyssée de Py

SCENES | Il y a des Py flamboyants, dans lesquels le metteur en scène (Olivier de son prénom) fait preuve d’une maîtrise et d’une générosité mémorables – son cycle autour (...)

Aurélien Martinez | Mardi 17 mars 2015

Il y a des Py flamboyants, dans lesquels le metteur en scène (Olivier de son prénom) fait preuve d’une maîtrise et d’une générosité mémorables – son cycle autour des contes de Grimm mené depuis plus de vingt ans, Illusions comiques en 2006, Le Soulier de satin en 2003… Et puis il y a les autres. Oh, des pas forcément honteux, tant sa formule est rodée et efficace. Disons des Py mineurs. Orlando ou l'impatience, mise en scène d’un texte écrit par Py lui-même dévoilée l’été dernier au festival d'Avignon (qu’il dirige maintenant), est de ceux-ci. Py y ressasse ses éternelles préoccupations : des personnages liés au théâtre, du politique et la quête d’un père absent par un jeune idéaliste. Mais bien qu'il ait l’art et le talent pour glisser des réflexions pertinentes (sur le rôle des artistes) et enrober des piques de belles phrases (contre l’ancien ministre de la culture Frédéric Mitterrand, qui l’avait très inélégamment viré de l’Odéon en 2011), l’ensemble est beaucoup trop bavard pour captiver. Reste aussi cette magie du spectacle vivant, également portée par une poignée de comédiens dévoués – en tête les fidèles et excellents Philip

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Le Hobbit : La Désolation de Smaug

ECRANS | Ce deuxième épisode retrouve les défauts d’"Un voyage inattendu", même si Peter Jackson a soigné et densifié en péripéties son spectacle, seul véritable carte dans sa manche pour faire oublier qu’au regard de la première trilogie, ce "Hobbit" fait figure de série télé sur grand écran. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 11 décembre 2013

Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Tout d’abord, la sortie de ce deuxième volet du Hobbit donne lieu à une surenchère technologique quant à sa diffusion, si bien qu’entre la 2D, la 3D, l’IMAX, le HFR, le Dolby Atmos et ce truc tellement XXe siècle qu’est la VO, il y a presque autant de versions du film que de cinémas qui le projettent — quoique certains les diffusent toutes, sait-on jamais, faudrait pas perdre un spectateur potentiel et sa carte illimitée.… Cela pourrait être purement anecdotique, mais cela en dit long aussi sur le statut même de cette nouvelle trilogie tirée de Tolkien : elle semble chercher à compenser par de la nouveauté technique son évidente infériorité thématique par rapport au Seigneur des anneaux, comme un petit frère qui voudrait à tout prix se hisser sur les épaules de son aîné. Rien n’y fait pourtant, et même si les efforts de Jackson sont louables pour inverser les carences manifestes d’Un voyage inattendu, La Désolation de Smaug ne tient pas la comparaison avec Les Deux tours, l’opus

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