Dix expositions à voir d'ici l'été

Arts | Notre sélection de dix événements dans les musées et les galeries de Lyon. On y croisera quelques figures connues (William Klein, Andy Warhol, Valère Novarina…) et surtout un grand nombre d’artistes français et internationaux méconnus à découvrir.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 janvier 2022

Photo : William Klein au RéverbèreAndy Warhol au 1111Novarina URDLA (Cécile Cayon)Mary Sibande au MACEric Poitevin au MBAAffiche magie Musée ConfluencesPierre Vallet au Bleu du cielNatacha Lesueur BullukianExpo Visages CHRDShingai Tanaka Regard Sud


Klein d'œil

Fêtant ses quarante ans, la galerie photo Le Réverbère prolonge sa très belle exposition collective actuelle (jusqu'au 29 janvier) où l'on peut voir ou revoir des images de tous les photographes de la galerie (Denis Roche, Bernard Plossu, Arièle Bonzon, Géraldine Lay…). Ensuite, au printemps, la galerie annonce une exposition très attendue consacrée au grand William Klein qui fêtera quant à lui ses… 96 ans ! L'exposition réunira une centaine d'images de Klein, balayant tous les aspects de son œuvre, de la street photography choc de ses débuts aux "contacts peints", œuvres plus plastiques.

Klein + L'Atelier
À la Galerie Le Réverbère du 12 mars au 30 juillet


ELYX et Warhol

Pionnier de l'art numérique en France, Yacine Aït Kaci a réalisé de nombreuses œuvres et installations immersives, floutant les frontières entre le réel et le virtuel. En 2011, son personnage ELYX (un petit bonhomme tout simple au large sourire) se fait connaître sur les réseaux sociaux, puis devient carrément la mascotte de l'ONU et de la COP21. À la galerie 1111, l'artiste fera dialoguer des portraits d'ELYX avec des œuvres d'Andy Warhol, pape du pop art et artiste très influent pour l'art numérique.

Yacine Aït Kaci, Elyx x Andy Warhol
Au 1111 du 13 janvier au 11 mars


Novarina des mots aux images

Parallèlement à l'une de ses pièces représentée au TNP (Le Jeu des ombres, mise en scène par Jean Bellorini), Valère Novarina exposera des œuvres plastiques (estampes, acryliques…) à l'URDLA. Les aficionados du dramaturge connaissent cette partie de son travail à travers les mises en scène de Novarina utilisant souvent ses propres toiles, mais son œuvre plastique va bien au-delà et n'est que très rarement exposée. Celui qui plonge depuis des décennies dans la pâte des mots qui constitue selon lui chaque être humain, plonge aussi dans la pâte de la peinture et du dessin !

Valère Novarina, L'inquiétude rythmique
À l'URDLA du 12 janvier au 12 mars


Couleurs vs pouvoirs

Le Musée d'Art Contemporain ouvre ses cimaises à deux artistes qui ont pour points communs un certain engagement politique et une palette de couleurs choc ! La sud-africaine Mary Sibande déploiera sur tout un étage une vaste installation sculpturale et sonore, d'une grande puissance visuelle, dénonçant les inégalités et les violences encore en cours dans son pays. Le peintre tunisien Thameur Mejri exposera, lui, plusieurs toiles à la palette vive, déconstruisant les normes humanistes de représentation du sujet, en démultipliant et faisant éclater les corps, les objets, les symboles… En parallèle à ces deux expositions, le MAC présentera une installation de l'artiste coréenne Kin Sooja appartenant à ses collections et un dialogue de l'artiste David Posth-Kohler avec des vidéos de Bruce Nauman.

Mary Sibande et Thameur Mejri
Au Musée d'Art Contemporain du 11 février au 10 juillet


De Poitevin à Poussin

Au Musée des Beaux-Arts, l'exposition collective consacrée aux vanités d'hier et d'aujourd'hui est toujours visible jusqu'au 7 mai. À la fin de son parcours, on peut notamment découvrir une belle et puissante photographie d'Éric Poitevin. À partir du mois d'avril, le musée offre au photographe une carte blanche pour faire dialoguer ses images avec des œuvres du musée, et réaliser sur place de nouvelles images. Il faudra ensuite attendre novembre 2022 pour une prochaine grande exposition au musée, explorant les liens de l'œuvre de Nicolas Poussin avec l'amour !

Carte blanche à Éric Poitevin d'avril à août 2022
Poussin et l'amour de novembre 2022 à mars 2023
Au Musée des Beaux-arts de Lyon


Du Japon vers la Pologne et la Grèce

Au centre photo Le Bleu du Ciel, l'exposition de l'artiste lyonnais Julien Guinand (fruit de plusieurs séjours au Japon) se poursuit jusqu'au 22 janvier. Par la suite, deux expositions parallèles sont annoncées… Pierre Vallet avec un beau travail noir et blanc sur la Pologne et ses déambulations diurnes et nocturnes dans ce pays. Le photographe Philippe Bazin et la philosophe Christiane Vollaire avec un travail documentaire, entre mots et images, sur les solidarités en Grèce, entre 2017 et 2020.

Pierre Vallet, Polonaises
Philippe Bazin & Christiane Vollaire, À l'épreuve des solidarités, Grèce 2017-2020
Au Bleu du ciel du 4 février au 19 mars 2022


Tours et détours de la magie

Parallèlement à sa très belle exposition consacrée aux Sioux (jusqu'au 28 août), le Musée des Confluences se penchera sur… la magie ! Un thème qui fait naître en chacun de nous toute une profusion d'images et de fantasmagories et que le musée tentera d'étudier comme un fait social attenant à chaque société, les plus anciennes comme les plus contemporaines. Le visiteur sera invité à parcourir une sorte de forêt pour découvrir quelque 450 objets et documents, et combien la magie cherche toujours à détourner la réalité des choses pour leur donner des significations nouvelles… et pas si délirantes que cela !

Magique
Au Musée des Confluences du 15 avril au 5 mars 2023


L'artisanat et l'art contemporain

Drôle d'exposition à la Fondation Bullukian qui confronte des céramiques artisanales de l'atelier Gumri (maison de céramistes arméniens depuis le XVIe siècle) aux œuvres d'art contemporain de Natacha Lesueur et du duo artistique Bachelot & Caron. Natacha Lesueur est une photographe et plasticienne qui interroge l'identité et ses normes à travers d'étranges images où l'humain s'hybride à des matériaux inattendus (la nourriture notamment). Bachelot & Caron réalisent, quant à eux, des installations ou des sculptures, oscillant entre le fantastique et le grotesque.

Natacha Lesueur, Bachelot & Caron, Céramiques de Gumri, Par-delà le vernis
À la Fondation Bullukian jusqu'au 29 janvier


Les différents visages du CHRD

Pour son trentième anniversaire, le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation a choisi de faire un pied de nez à notre actualité masquée et, plus sérieusement, de s'interroger sur ses propres collections à travers le thème du visage. Ici nulle thématique historique précise comme à l'accoutumée, mais la présentation d'une centaine d'œuvres (objets, affiches, dessins, photographies…) qui représentent des visages, visages de souffrance autant que visages de joie ou de résistance, visages du pouvoir ou visages de la vie quotidienne pendant la guerre.

Visages, portrait des collections du CHRD
Au CHRD du 27 janvier au 18 septembre


Regard Sud vers l'est

Maître calligraphe mondialement reconnu, Shingai Tanaka (1942-2007) vivait entre Kyoto, Lyon et l'Italie. Il avait exposé plusieurs fois déjà à la galerie Regard Sud et avait noué avec elle des liens privilégiés. Cette fois-ci, la galerie présente un aspect méconnu de son œuvre : des toiles abstraites inspirées à la fois de la calligraphie et de l'expressionnisme abstrait américain (Pollock, Rothko…).

Shingai Tanaka, Peinture, calligraphie contemporaine
À la Galerie Regard Sud du 10 février au 25 mars

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Cinq expos à voir à Lyon en janvier

Bons Plans | Pour reprendre le chemin des expositions en douceur, voici notre sélection de cinq expositions à ne pas rater ce mois-ci, dans des galeries ou des petits lieux, toutes gratuites.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 10 janvier 2022

Cinq expos à voir à Lyon en janvier

Artisanat et art contemporain Drôle d’exposition à la Fondation Bullukian qui confronte des céramiques artisanales de l’atelier Gumri (maison de céramistes arméniens depuis le XVIe siècle) aux œuvres d’art contemporain de Natacha Lesueur et du duo artistique Bachelot & Caron. Natacha Lesueur est une photographe et plasticienne qui interroge l’identité et ses normes à travers d’étranges images où l’humain s’hybride à des matériaux inattendus (la nourriture notamment). Le duo Bachelot&Caron réalisent quant à eux des installations ou des sculptures, oscillant entre le fantastique et le grotesque. Natacha Lesueur, Bachelot & Caron, Céramiques de Gumri, Par-delà le vernis À la Fondation Bullukian jusqu’au 29 janvier Les foules de Ji Lingzi Née près de Shangai, formée en Chine et à Besançon, l’artiste Ji Lingzi réalise des œuvres sur le principe de l’accumulation et de la démultiplication. Elle expose à Lyon plusieurs créations (utilisant un grand no

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Les ombres ondulatoires de Jean Bellorini au TNP

Théâtre | Dans Le Jeu des ombres, pensée pour la cour d’honneur du Festival d’Avignon 2020 annulé, Jean Bellorini, avec Valère Novarina et Monteverdi, embrasse en musique et en mots, le monde des morts, plus vivant qu’on ne le croit.

Nadja Pobel | Mardi 4 janvier 2022

Les ombres ondulatoires de Jean Bellorini au TNP

Au départ, il y a l’Orfeo de Monteverdi. Jean Bellorini, qui a toujours accordé une place primordiale à la musique dans ses créations, s’y intéresse tant qu’il l’a présentée à la basilique de Saint-Denis en 2017. Pourquoi Orphée, à qui est accordé de retrouver sa dulcinée Eurydice dans les ténèbres, ne peut s’empêcher de se retourner pour la voir et la perdre ainsi à jamais ? C’est une relecture de ce récit que le directeur du TNP a commandé à Valère Novarina, avec lequel il avait déjà cheminé en 2008 pour une Opérette imaginaire. Cet auteur, chantre du langage inventé, produit une langue aussi satellisée – non on ne comprend pas tout au Jeu des ombres et ce n’est pas nécessaire – que foncièrement terre-à-terre. Les parties du corps y sont nommées sans détour, l’homme est rendu à son espèce animale sans que cela ne le déprécie, bien au contraire — c’est une « bête qui parle » — car « il n’y a jamais eu personne dedans » nous dit un "enfant de la colère". « Le suicide ne sera admis qu’à titre rétrospectif » Neuf comédiens, sept musiciens et deux chanteurs sont ici réunis

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Une exposition sur les vanités d'hier et d'aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts

Arts | Rapprochant art ancien, art moderne et art contemporain, l’exposition À la mort, à la vie ! s’empare du thème de la vanité dans toutes ses dimensions. Et s’avère bien davantage une ode au vivant qu’un constat morose ou morbide sur la vanité de nos existences.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 décembre 2021

Une exposition sur les vanités d'hier et d'aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts

L’ouverture de l’exposition À la mort, à la vie claque ! On y est accueilli par une famille sculptée du Nigéria, toute d’os de bois composée. Une famille mi-rigolarde mi-inquiétante, où les parents squelettes portent leurs petits squelettes sur les épaules, où l’on danse et grimace, où l’on se fige et regarde vers le néant… Autour de ces sculptures, le peintre Erro compose ses farandoles de squelettes goguenards (années 1950), et des gravures du XVIe au XVIIe siècle représentent le Triomphe de la Mort, l’Allégorie de la Mort, la Mort victorieuse, les danses macabres ! Vertiges de la mort donc, où ça danse parmi les époques, du XVIe siècle à nos jours, des débuts des vanités au Moyen Âge à leurs relectures et à leurs réappropriations tout au long de l’histoire de l’art. De la peste au Covid-19, les savoirs et les regards évoluent, mais pas la finitude humaine ni les questions existentielles. Et c’est dans notre contexte de pandémie qu’a été conçue cette exposition thématique, entremêlant "crânement" les collecti

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Le Réverbère, 40 ans d’images

Photographie | Depuis 40 ans, à Lyon, Le Réverbère défend la photographie en général et certains photographes en particulier. Pour fêter cela, la galerie a proposé à plusieurs de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 novembre 2021

Le Réverbère, 40 ans d’images

Depuis 40 ans, à Lyon, Le Réverbère défend la photographie en général et certains photographes en particulier. Pour fêter cela, la galerie a proposé à plusieurs de ses (anciens ou actuels) assistants et assistantes de présenter, chacun sur une cimaise, leur florilège d’images produites par la galerie. L’exposition est prolifique, variée, et ce n’est pas sans une certaine émotion que l’on redécouvre des photographies vues dans d'anciennes expositions du lieu : quelques chefs d’œuvre coups de poing de William Klein, quelques éclats poétiques de Bernard Plossu, des portraits émouvants d’Arièle Bonzon, des jeux de reflets en abyme du Canadien Serge Clément, des compositions au cordeau de Pierre Canaguier… La sélection la plus osée et la plus troublante est signée Aurélie Sannazzaro qui met en avant le corps : corps érotique, corps pornographique, corps fragile et blessé, corps fragmenté… On y revoit l’un des plus beaux diptyque de Denis Roche, quelques nus de Jacques Damez, et ces genoux photographiés par

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Les expositions de Thameur Mejri et de Mary Sibande reportées

Musée d'Art Contemporain | Du côté du Musée d'Art Contemporain, on ne s'inquiète pas pour le choix de la date d'ouverture post-confinement : le musée est fermé (...)

Sébastien Broquet | Lundi 25 mai 2020

Les expositions de Thameur Mejri et de Mary Sibande reportées

Du côté du Musée d'Art Contemporain, on ne s'inquiète pas pour le choix de la date d'ouverture post-confinement : le musée est fermé pour plusieurs mois, pour travaux, et doit ouvrir de nouveau ses portes mi-septembre, ce qui reste d'actualité. Par contre, le programme des expositions est sensiblement chamboulé : les expositions de Thameur Mejri et de Mary Sibande (photo) qui étaient prévues dès septembre sont repoussées à 2021, quand la situation sanitaire sera plus claire. Celle de Edi Dubien reste elle programmée de mi-septembre 2020 à début janvier 2021. Le musée dirigé par Isabelle Bertolotti annoncera prochainement les deux expositions qui viendront en remplacement sur cette même période et occuperont les second et troisième étage du bâtiment.

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Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Décoration | Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 novembre 2019

Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le Réverbère à Lyon une photographie exigeante et de grande qualité (William Klein, Denis Roche, Bernard Plossu et beaucoup d’autres artistes). Catherine Dérioz a été nommée, le 16 septembre dernier, par le Ministère de la Culture, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une reconnaissance qui fait chaud au cœur à l’intéressée et aux amateurs de création photographique !

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Le club des cinq au Réverbère

Photographie | Cinq des photographes défendus par la galerie Le Réverbère ont fait paraître récemment un livre : Beatrix Von Conta, Denis Roche (1937-2015), Géraldine Lay, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 novembre 2018

Le club des cinq au Réverbère

Cinq des photographes défendus par la galerie Le Réverbère ont fait paraître récemment un livre : Beatrix Von Conta, Denis Roche (1937-2015), Géraldine Lay, Philippe Pétremant, William Klein. William Klein, rappelons-le, a d'ailleurs non seulement secoué les codes de la photographie avec ses images coups de poing prises parmi le flux spontané des rues, mais il a fait aussi éclater le cadre habituel des ouvrages de photographies, et ce dès 1956 avec la publication de son journal photographique New York. L'occasion était donc idoine pour le Réverbère de « rendre hommage aux éditeurs » et aux ouvrages de photographie, d'autant plus que la galerie est connue plus largement pour son goût pour le livre et la littérature (deux de ses photographes sont aussi des écrivains : Denis Roche et Alain Fleischer). L'accroch

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Dominique Pinon et le plaisir du jeu

Théâtre | À la manière de Maguy Marin dans sa nouvelle création Ligne de crête, l'auteur et metteur en scène Valére Novarina joue de la profusion. Ses mots, ceux de L'Homme hors de lui joués par Dominique Pinon, nous sont racontés par l'acteur. Entretien.

Nadja Pobel | Mercredi 19 septembre 2018

Dominique Pinon et le plaisir du jeu

Comment définiriez-vous cette langue si particulière de Valère Novarina, parfois mythologique, contemporaine, populaire, ancienne ? Dominique Pinon : C'est difficile à dire. Elle me paraît à la fois contemporaine et intemporelle. Elle est aussi biblique parfois – Valère est un spécialiste de la Bible. Ce n'est pas une langue savante du tout, c'est presque une langue pauvre. C'est une profusion de paroles pour remplir l'espace de la scène mais ce n’est n’est pas vain, ça a beaucoup de sens. Il est toujours question de la mort. J’aime ce télescopage de pensées et de mots et l'effet comique que ça produit, au sens noble du terme, sans vulgarité. Il y aussi une forme de stupeur. L'Homme hors de lui est un homme qui se regarde, c’est une espèce de duo entre lui et le spectateur, un jeu de miroir. Vous parliez de langue pauvre mais le vocabulaire n'est pas pauvre. Oui mais il y a plein de néologismes dans ses listes. Les noms qu'il invente, je les trouve géniaux. C'est très drôle. On a la sensation d'infini quand on lit ses textes, une parole qui se recrée, se régénère, qui rebondit l'une sur l'autre.

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Cinq expos photo à voir en septembre

Bons Plans | Septembre sera un mois particulièrement photographique à Lyon, avec notamment la nouvelle édition du Festival 9 PH dans plusieurs galeries. Notre sélection est, ce mois-ci, 100 % photo.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Cinq expos photo à voir en septembre

Un "Passager" nommé Arnaud Brihay Avions, chambres d'hôtels, forêts, no man's land, rétroviseurs d'automobiles... Tout est occasion pour le globe-trotteur Arnaud Brihay (né en 1972 en Belgique et résidant à Lyon) de petites ou de grandes fulgurances sensuelles et poétiques, parfois même inquiétantes. Entre son regard subjectif et le monde réel, ses images tissent un entre-deux tramé d'effets de flou, de saturation, de reflets et d'échos formels. À L'Abat-Jour du 8 septembre au 17 novembre Une passagère nommée Sylvie Bonnot En 2014, Sylvie Bonnot a traversé la Russie en train, empruntant notamment le fameux Transibérien. Elle en a ramené beaucoup d'images : certaines représentant assez directement des paysages et des personnes rencontrées lors de son périple, et d'autres qu'elle a retravaillées à sa façon, en atelier, pour les disposer sur des volumes, sur une surface de soie, ou sur des plaques gravées... Sa Russie, oscillant entre grandeur et frayeur, est donc aussi un voyage matériel de l'image photographique elle

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Quatre expos ouvertes en août

Regarder | Tout n'est pas fermé en août : voici quatre expos à voir avant la rentrée.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 août 2018

Quatre expos ouvertes en août

L'inclassable Impossible de définir ou de classer Erik Dietman (1937-2002), artiste aussi nomade géographiquement qu'esthétiquement. Dietman a eu des amitiés avec des artistes de Fluxus et du nouveau réalisme, des admirations pour Marcel Duchamp ou Kurt Schwitters, mais il est resté libre et farouche, de ses premières peintures réalisées les yeux bandées à ses dernières sculptures ou installations. Le musée revient sur cet électron libre à travers une cinquantaine d'œuvres. Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 17 septembre La contemporaine Le Bleu du Ciel réunit rien moins que dix-sept artistes dont les images (photographies et vidéos principalement) interrogent les normes, les conflits et les points de fuite du monde contemporain. Parmi eux : Bertrand Stofleth, Julien Guinand, Guillaume Robert, Aurélie Pétrel, Karim Kal.... Au Bleu du Ciel jusqu'au 1er septembre

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Warhol en grand format pour les petits

Ateliers Sérigraphie | En écho à son exposition Andy Warhol Ephemera, le Musée de l'Imprimerie organise des ateliers DIY pour les pré-ado afin qu'ils crânent encore plus dans la cour de récré. Explications.

Antoine Allègre | Mardi 3 avril 2018

Warhol en grand format pour les petits

Si votre journal préféré s'est déjà amplement fait écho de la nécessité d'aller voir la collection privée du Québecois Paul Maréchal au très beau Musée de l'Imprimerie, il est plus que temps de se pencher sur la question du jeune public. L'exposition Andy Warhol Ephemera laisse-t-elle bébé dans un coin ? Non. Trois fois non. Les raisons de traîner les têtes blondes du côté de l'édifice dédié aux beaux imprimés semblent évidentes : l'art d'Andy Warhol est immédiat, fun et coloré. Donc, les mômes, aucune raison de pousser de longs soupirs d'ennui. Le service médiation des lieux a même prévu un programme dédié aux familles et leur descendance. Histoire d'avoir toutes les clefs pour mieux comprendre la collection présentée, sont organisées des visites guidées pour l'intégralité de la smala le jeudi 12 avril. Une heure et demie d'explication de textes, de pub et d'image à partir de 15h. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais s

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Paul Maréchal : « il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit »

Andy Warhol Ephemera | Andy Warhol est l'un des artistes les plus prolifiques qui ait existé, notamment par son activité commerciale qu'il n'a jamais cessée et encore moins dénigrée. En découle une importante production d'affiches, éditions, emballages et autres créations éphémères, morceaux du quotidien qui nourrissent notre regard. Entretien avec le collectionneur qui a permis l'exposition actuellement en cours au Musée de l'Imprimerie, Paul Maréchal.

Lisa Dumoulin | Mardi 27 mars 2018

Paul Maréchal : « il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit »

Pourquoi exposer Warhol au Musée de l’Imprimerie ? Paul Maréchal : Ce qui me frappe le plus dans cette exposition, c’est la variété et la destination des supports des œuvres qui sont présentées. Le premier mur en est un exemple tout à fait éloquent : vous avez un projet d’étiquette de vin, une couverture de livre, un article de magazine, une pochette de disque, une affiche de film, une invitation à une fête privée. Ça donne le ton ! Ce travail de graphisme chez Warhol dont tout le génie créateur est basé sur l’imprimé, trouve une place toute naturelle dans le Musée de l’Imprimerie de Lyon, ça devait arriver un jour où l’autre (rires). Les douze premières années de sa carrière sont consacrées à l’illustration de magazine. Il comprend ce qu’est le travail d’équipe et va répliquer ce modèle dans son atelier, la Factory, sauf que ce sera son projet artistique. Et même à la Factory, il va publier un magazine, Interview. Il est rare de voir autant de travaux de graphisme de Warhol réunis dans un même endroit. J’aime beaucoup cet autoportrait qu'il a fait à l’aide d’un photoco

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Andy Warhol : sa philosophie de A à W

Biographie | L'ancien rédacteur en chef d'Interview conte ses souvenirs au sein d'une rythmée biographie d'Andy Warhol tout juste traduite : Holy Terror.

Sébastien Broquet | Mardi 27 mars 2018

Andy Warhol : sa philosophie de A à W

Quelle gageure d'écrire une biographie d'Andy Warhol, lui qui n'aimait rien tant que brouiller les pistes et travestir la réalité selon son bon vouloir, inventant ses propres superstars. C'est le pari réussi par Bob Colacello, dont l'ouvrage Holy Terror est traduit aux éditions Séguier. L'ancien rédacteur en chef d'Interview, la revue glamour et people lancée par le maître du pop art, raconte tout : son admiration pour son patron, au centre de toutes les attentions, comme les turpitudes subies par lui ou les proches fréquentant la Factory. Andrew Warhola de son vrai nom était un rien tyrannique, cachottier - peu savaient que c'était un fils d'immigrés pauvres venus de Carpates, en Transylvanie. C'est une immersion au plus proche de l'underground new-yorkais des années 70 jusqu'à la mort de Drella en 1987, et ce n'est pas le moins intéressant dans ce livre nerveux où l'on se prend parfois à fulminer contre cet artiste par trop agaçant, dépourvu de conversation (il aimait demander si la personne qu'il venait de croiser était riche, ou dessina un papillon pour l'offrir à Greta Garbo à qu

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5 expos à voir en mars

Sélection | Andy Warhol, Marion Bornaz, Nicolas & Jean Jullien, Romain Etienne et Ben : voilà un name-dropping plutôt classe d'artistes à ne pas rater en mars.

Lisa Dumoulin | Vendredi 2 mars 2018

5 expos à voir en mars

Andy Warhol On vous en a déjà parlé ici et là mais pour les deux du fond, Andy Warhol fait l’objet d’une exposition à Lyon, grâce aux prêts du collectionneur Paul Maréchal. Le musée a commencé à déballer les cartons et l’on aperçoit déjà des portraits de Mick Jagger et des Beatles, la pochette de l’album Silk Electric de Diana Ross (extrait ci-dessus), la Campbell’s soup version sac en papier, des cartes de voeux Tiffany’s… Andy Warhol Ephemera au Musée de l’Imprimerie et de la Communication Graphique Du 23 mars au 16 septembre Marion Bornaz Photographe habituée des salles de concert, mais aussi des portraits de couverture de nos confrères

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Les expos à voir en 2018

Panorama Expositions | En ce premier semestre, plusieurs expositions initieront de nouveaux horizons de pensée. D’Est en Ouest, du Sud au Nord, la traversée mondiale de l’art se voudra engagée dans la découverte. Qu’il s’agisse de personnalités aussi célèbres que Warhol, Luther King ou Hugo Pratt dont on pensait presque tout connaître, ou d’artistes moins éminents, chacune de ces expositions nous incitera à questionner nos certitudes.

Sarah Fouassier | Mercredi 10 janvier 2018

Les expos à voir en 2018

Le génie publicitaire de Warhol Warhol, avant de devenir l’artiste totem du pop art, était un formidable communicant ayant débuté sa carrière dans la presse en tant que dessinateur publicitaire. Le Musée de l’Imprimerie et de la Communication Graphique va accueillir une formidable collection privée, celle du Québécois Paul Maréchal, sur le thème des imprimés éphémères. L’occasion de se souvenir que c’est l’objet publicitaire qui a amené le maître de la Factory vers les Beaux-Arts, et notamment vers la peinture, dans laquelle il infusa bon nombre des codes de la communication graphique. Une collection qui s’agrandit perpétuellement, et qui regroupe un important fond d’affiches, brochures publicitaires, cartes postales, cartons d’invitations, étiquettes de vin, ainsi que des accessoires tels que des sacs de shopping ou des vêtements. On espère aussi y voir des pochettes d’albums, pas forcément celle du Velvet Underground, mais toutes les autres, puisque plus d’une centaine de covers ont été dessinées par l’artiste notamment pour Aretha Franklin, les Rol

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Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Monument | Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée de l’imprimerie et de la communication graphique qui accueille une partie de son œuvre que l’on connaît moins : ses travaux d’illustrateur, de publicitaire et d’éditeur. Au-delà de ses célèbres reproductions, il a réalisé beaucoup de campagnes publicitaires et politiques, de flyers et cartons d’invitations à des gala pour ses amis… en provenance directe de Montréal, les œuvres sont issues de la collection de Paul Maréchal. On le remercie.

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Nos corps tissés de mots

CONNAITRE | Le dramaturge Valère Novarina est invité pour un grand entretien à la Fête du livre de Bron. Une œuvre majeure à (re)découvrir à cette occasion, où le langage et sa chair poétique sont le personnage principal.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 mars 2017

Nos corps tissés de mots

Depuis le début des années 1980, Valère Novarina poursuit une œuvre dramatique poétique et singulière. Il est, sans doute, ce qui est arrivé de plus déroutant et de plus créatif au théâtre contemporain aux côtés d'un théâtre du corps (Jan Fabre et la scène flamande) et d'un théâtre lyrique de l'extrême anglo-saxon (Edward Bond, puis Sarah Kane et beaucoup d'autres, scrutant la violence, la guerre, la folie...). Dramaturge et metteur en scène, Novarina a présenté la plupart de ses pièces au TNP à Villeurbanne, de L'Acte inconnu à, très récemment, Le Vivier des noms... Il vient de publier Voie négative, ensemble de textes de théâtre et de réflexions sur le langage. Car c'est bien de cela, du langage, dont parle et qu'entreprend de sonder jusqu'en ses confins et ses replis inconnus Valère Novarina : « La langue est notre autre chair vraie. Nous sommes tressés par son architecture invisible, mus par le croisement et le combat des mots ; nous sommes nourris de leurs intrigues, de

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The Dandy Warhols : posterisés vs postérité

Rock | Invités à venir faire chauffer l'Épicerie Moderne, de leurs tubes, surtout, moins de leur dernier album, on ne peut s'empêcher, depuis la sortie d'un certain docu de 2004 baptisé Dig !, de raccrocher la trajectoire des Dandy Warhols de celle de leurs doubles maléfiques (ou peut-être est-ce l'inverse) du Brian Jonestown Massacre. Précisément parce que c'est à partir de ce film que les Dandy devinrent moins intéressants, à tous points de vue, et se firent voler la vedette par le loser de la fable, Anton Newcombe que la postérité gardera quand des Dandy on ne gardera que les posters.

Stéphane Duchêne | Dimanche 12 février 2017

The Dandy Warhols : posterisés vs postérité

Dieu que la postérité est une méchante fille ! Ce ne sont pas les Dandy Warhols qui diront le contraire, même si cette dernière n'en a encore pas fini avec leur cas comme avec celui de leurs ennemis intimes du Brian Jonestown Massacre. Rembobinons le temps jusqu'en 2004, année de la sortie de Dig !, documentaire d'Ondi Timoner que tout fan de rock n'ignore plus depuis longtemps. Son sujet, l'ascension parallèle de deux groupes de pop psychédéliques amis : les Dandy Warhols, que le public connaît par cœur, et The Brian Jonestown Massacre, que ce même public, pour la plupart, découvre. Sauf que le parallélisme, comme l'amitié, ne dure pas bien longtemps. Tandis que, devant la caméra gourmande de Timoner, le Brian Jonestown Massacre n'en finit plus d'imposer, d'exploser, de se bastonner sur scène, de corriger son public, de se fracasser contre les murs, – malgré le génie évident de son leader Anton Newcombe pour composer à la chaîne des chansons fabuleuses et grâce à son

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Les mots à vif de Valère Novarina

SCENES | Du Discours aux animaux jusqu'au Vivier des noms, les titres des pièces de Valère Novarina indiquent d'elles-mêmes ce que traque l'auteur : cette vie (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 novembre 2016

Les mots à vif de Valère Novarina

Du Discours aux animaux jusqu'au Vivier des noms, les titres des pièces de Valère Novarina indiquent d'elles-mêmes ce que traque l'auteur : cette vie du langage, cette prolifération des mots qui, à la fois, nous constitue et nous déborde, nous emmène ailleurs... Le langage est un corps et un champ de forces, le théâtre l'active et le rend visible, sensible, presque tangible. Mis en scène par Novarina, Le Vivier des noms (paru en juin 2015) est présenté au TNP du 14 au 16 novembre, et nous avons hâte de nous y plonger !

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Warhol, l'artiste-machine

ARTS | En mai 1963, Andy Warhol lance l'une de ses plus fameuses déclarations au Time : « Les peintures sont trop compliquées. Les choses que je veux (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 octobre 2015

Warhol, l'artiste-machine

En mai 1963, Andy Warhol lance l'une de ses plus fameuses déclarations au Time : « Les peintures sont trop compliquées. Les choses que je veux montrer sont mécaniques. Les machines ont moins de problèmes. Je voudrais en être une, pas vous ?» Un an plus tard, dans un loft new-yorkais, l'artiste-machine ouvre la bien nommée Factory ("usine" en français) où sont produits à la chaîne et collectivement aussi bien des sérigraphies que des films, des albums de musique et des "stars". Comme peut-être Marcel Duchamp, comme, plus étonnamment, Alberto Giacometti («J'aimerais arriver à peindre comme une machine» déclara-t-il), Warhol fait partie de ces artistes qui veulent «peindre, dessiner, œuvrer en empruntant le fonctionnement même de la machine» (dixit Maurice Fréchuret, dans le catalogue de l'exposition L'Art et la machine). Soit une volonté de dissoudre l'affectivité et la subjectivité artistiques qui aura une descendance importante avec Piero Manzoni, On Kawara ou le groupe BMPT (Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni). Les œuvres de Warhol ne sont malheureusement pas présentes dans l'

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De l'enluminure à Warhol

ARTS | Avec les Presses du Réel, les Presses Universitaires de Lyon ont lancé en 2010 une très belle collection, intitulée "Amphi des arts" et composée de petits (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 5 juillet 2013

De l'enluminure à Warhol

Avec les Presses du Réel, les Presses Universitaires de Lyon ont lancé en 2010 une très belle collection, intitulée "Amphi des arts" et composée de petits livres à la couverture noire et richement illustrés, dont les sujets, originaux, zigzaguent parmi les époques et les genres : de la comparaison de l'approche arabe de la perspective à celle de la Renaissance en Occident (par le célèbre anthropologue des images Hans Belting) à Velázquez vu par les détails en passant par les manuscrits enluminés du Moyen Âge !   Le dernier ouvrage paru, Comprendre Warhol, comprendre l'art contemporain,  est signé de l'historien d'art américain Thomas Crow, qui émet l'hypothèse originale que l’œuvre de Warhol n'est pas tant une position (négative ou positive) sur les vedettes et la société de consommation de son temps, que la création d'un monde autonome. Un monde archétypal peuplé de personnages allégoriques composés dans un style singulier qui rejoue les grands drames humains, les rapports hommes-femmes, la finitude de l'exis

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John Cale, Lyon 2011

MUSIQUES | Altiste classique porté vers l'avant-garde, fondateur du Velvet Underground, producteur avisé et compositeur de musiques de film, John Cale, 69 ans, a tant brouillé les pistes qu'on en a oublié l'essentiel : il est un grand artiste pop. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 octobre 2011

John Cale, Lyon 2011

«Nous tournions le dos au public et s'ils ne nous aimaient pas, ils pouvaient aller se faire foutre.» C'est, selon John Cale, l'invention du Velvet Underground en même temps que la désinvention du rock : lui faire perdre son innocence pour le rouler dans la fange, le sadiser. Toute sa vie, le Gallois que l'on a toujours pris à tort pour le sage savant du Velvet, aura pris le contre-pied de tout, tourné le dos à quelque chose : au Pays de Galles, puis au classique, puis à l'avant-garde, puis au Velvet (malgré lui, certes), et toujours à la facilité musicale quand son génie, mal connu, aurait pu faire de lui une véritable pop star. Pour John Cale, la musique qui, selon Lou Reed, «coule de lui comme l'eau dévalant une montagne», est une révélation quasi mystique : lorsqu'il découvre à 13 ans le miracle de sa capacité à improviser. Et surtout le moyen d'échapper à Garnant, ce bout de Pays de Galles minier et puritain où le quotidien oscille entre touche-pipi du curé local et bagarres entre mecs ; de tourner le dos aussi à un foyer familial sclérosé, grâce aux t

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Collections passions

ARTS | Expositions / Des collectionneurs privés s’invitent dans les musées et les galeries, proposant trois expositions très réussies au Musée des Beaux-Arts, au Réverbère et à la galerie Henri Chartier. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 30 septembre 2011

Collections passions

Collections, piège à cons ? Il est toujours tentant de caricaturer le collectionneur (ou la collectionneuse) comme un type plein aux as qui sort de son 4X4 une baudruche de Jeff Koons ou une vache coupée en deux baignant dans le formol de Damien Hirst pour décorer son salon et épater ses amis imbibés de champagne… Certes, cela doit bien exister. Mais le collectionneur peut être aussi «petit» ou obsessionnel, ou tout simplement passionné et éclairé… Antoine de Galbert a été galeriste à Grenoble pendant une dizaine d’années et a créé en 2004 la fondation privée parisienne La Maison rouge qui présente souvent de très bonnes et très originales expositions d’art contemporain. Sa collection est elle aussi assez singulière. «Ma collection est constituée, pour l’essentiel, d’œuvres d’artistes vivant aujourd’hui, mais le voyage mental et visuel que j’effectue depuis de longues années se situe dans le culte de l’objet et la trace de l’homme, et non dans l’Histoire de l’art et ses classifications qui m’ennuient» déclare-t-il. «Je m’attache, consciemment ou non, à bâtir des ponts transversaux entre les choses. Je regarde avec le même plaisir une œuvre ancienne, un objet primitif, une vidéo

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Klein + 10 collectionneurs

ARTS | Il est l’une des grandes figures de l’histoire de la photographie moderne, l’un des pionniers de la «photographie de rue» américaine, l’un des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 septembre 2011

Klein + 10 collectionneurs

Il est l’une des grandes figures de l’histoire de la photographie moderne, l’un des pionniers de la «photographie de rue» américaine, l’un des révolutionnaires des codes de l’édition photographique, du cadre et de l’équilibre des images, l’artiste de l’énergie brute et de la violence du quotidien… Pour ses 30 ans, la galerie le Réverbère ouvre ses cimaises à l’artiste et propose à dix collectionneurs de présenter chacun cinq images de Klein. Un bel événement complété par une rétrospective des films de fiction et documentaires de William Klein à l’Institut Lumière jusqu’au 25 septembre. Jusqu’au 31 décembre, au Réverbère.

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THE FRENCH

ECRANS | William Klein Arte Vidéo

Dorotée Aznar | Jeudi 19 juin 2008

THE FRENCH

Ils ont donc été jeunes ! McEnroe, Lendl et même Ice Borg avec une gueule d’ange de Suédois qu’on ne soupçonnait pas sous son éternel bandeau. Les shorts sont courts, les corps gringalets, mais la science du jeu est là. Nous sommes à Roland Garros en 1981. La France vient de basculer à gauche, mais la planète-tennis s’en fiche. Le centre des préoccupations est le ciel qui arrose régulièrement cette quinzaine ocre. William Klein filme les premiers échauffements, les inquiétudes de Jean-Paul Loth, alors directeur technique national face à l’entorse de l’enfant prodige Noah. La caméra est partout et surtout là où elle ne pourrait plus aller aujourd’hui sauf dérogation spéciale mise en scène par France Télévision : dans les vestiaires, en salle de massage, dans les tribunes où l’on croise Lino Ventura. Les conférences de presse, souvent trop lisses, sont absentes. Les machines à écrire crépitent, les journalistes dictant leurs articles par téléphone tentent de couvrir la voix de leurs collègues. Borg va s’emparer de son 6e et dernier Roland Garros, le 4e consécutif en effleurant magistralement les lignes de ses passings croisés et décroisés. Il est toujours une star, les fans s’égosill

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Warhol est vivant !

ARTS | On croyait tout connaître de Warhol, l'un des artistes les plus célèbres du XXe Siècle. L'exposition d'envergure au MAC nous dévoile la part méconnue, voire maudite, de son œuvre, le "deuxième Warhol" et son retour à la peinture. Des œuvres tardives rien moins qu'époustouflantes... Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 9 février 2005

Warhol est vivant !

Grand chamboulement dans le monde de l'art. Culture sens dessus dessous. Le Pop et son pape, Andy Warhol (son catholicisme n'a rien d'anecdotique), élèvent la culture populaire et l'iconographie mass-médiatique au rang de l'art. Lissage du haut et du bas, du grand et du petit art, sur une même surface plane éclatant de couleurs vives. C'est le Warhol archi connu des années 1960, le Warhol des soupes Campbell et des boîtes Brillo, des sérigraphies d'Elvis, Marylin, Liz, Jackie... Le Warhol aussi des accidents de voiture, des chaises électriques, des crash aériens, des bombes atomiques et des Fugitifs activement recherchés (avec déjà sur ses toiles : la mort au travail, l'angoisse et la noirceur du monde sur la même trame que le beau sourire de Liz Taylor). Mais c'est le Warhol que vous ne verrez pas dans l'ambitieuse exposition du Musée d'art contemporain. Andy Warhol, l'œuvre ultime présente en effet la seconde partie, méconnue, de la carrière de l'artiste. En 1972, Warhol "revient" à la peinture qu'il avait prétendument abandonnée en 1965 pour se consacrer au cinéma. À partir de 1972 et jusqu'à sa mort en 1987, Warhol reprend polaroïd, sérigraphie et acrylique, pour ré

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