Neuf spots où fêter le beaujolais nouveau à Lyon ce jeudi

Vin Nature | Voici venu le troisième jeudi de novembre — aka "le Beaujolais nouveau". Cette année, la procession est annulée. On ne percera pas à minuit les tonneaux, pour cause de Covid. Mais quand le soleil se lèvera, on pourra voir ce que les vins primeurs (ceux tout juste fermentés, pas très élevés !) ont dans le ventre. Le beaujo nouveau est synonyme d’excès. Par exemple, ceux d’un vignoble ivre de chimie et de tripatouillages — les fameuses levures qui donnent la banane ! Mais il pourrait aussi bien signifier autre chose. Après tout, le beaujolais est l'une des patries du vin dit "naturel", lequel a souvent mis à son service la macération carbonique — technique de vinification beaujolaise qui sied aux primeurs, on vous laisse wikipédier. Alors pourquoi pas cette année miser sur un beaujo nouveau non épris de chimie ? Suivez le guide.

Adrien Simon | Mercredi 17 novembre 2021

Photo : Jaja Cave © Jeanne Claudel


Jaja Cave

C'est l'une des fonctions de cette cave/galerie fraîchement ouverte dans le Vieux-Lyon par Antoine Kochen et Chloé Courbière que d'accueillir des événements. Sans surprise, Jaja se saisit de l'occasion pour étendre ses horaires (jusque 22h) et faire goûter une demi-douzaine de primeurs, ceux de Romain Zordan, vers Fleurie, ou des frères Soulier, dans.. le Gard.
5 quai Fulchiron, Lyon 5e


Vercoquin

Le pionnier du vin nat' lyonnais n'allait tout de même pas faire l'impasse sur un 17e beaujo' nouveau. Frédéric Lignon fera goûter jeudi en journée quelques primeurs, par exemple ceux de Fabien Forest ou des Dufaitre — à glouglouter avec une tranche de saucisson. À emporter, il y a de quoi s'amuser, et si ce n'est pas en beaujolais ce sera dans une autre région proposée par cette cave sans fond.
33 rue de la Thibaudière, Lyon 7e


Yard

Dans la famille Yard je demande non pas la pizzeria, ni même l'épicerie fine, mais le bar à vins de La Croix-Rousse, qui invite ce jeudi Louis-Damien Bouchacourt, vigneron du.. beaujolais. Lequel fera goûter, sur un saucisson pistaché, ses Chenas ; dès 18h.
1 place des Tapis, Lyon 4e


Le Troquet

Il faut (re)découvrir le Troquet, rénové après plus de dix ans au service des vins naturels. Les tauliers, Florian Beal et Matthieu Muel, devraient déboucher ce soir-là une paire de jojos : Guy Breton, et le domaine Lou y es-tu ? Si l'on n'est pas rassasié pas d'inquiétude la cave regorge de belles réfs.
34 rue des Remparts d'Ainay, Lyon 2e


Odessa Comptoir

C'est dans ce bar à vins ancré dans le bas des pentes, celui de Mathieu Kochen, que l'on trouve l'une des plus belles promesses en matière de soirée qui n'en finira pas. On y annonce pas moins de treize cuvées, qu'on ne verra qu'ici. Notamment celles du beaujo-sud : de Raphaël Bessang et Emelie Hurtubise, de Maude Boucan Rochette, ou de Sébastien Morin.
14 rue René Leynaud, Lyon 1er


Satriale

C'est le premier beaujo nouveau pour cette cave flambant neuve, coin de pente bien vitré et bien branché... musique, à la sélection de vins tournante, serrée, un peu barrée. Que nous ont-ils concocté ? On ne sait toujours pas…
1 rue des Capucins, Lyon 1er


Vin nature

Une cave au nom plutôt explicite. Une cave ? En fait trois, proches Terreaux, Bellecour et Jean Macé. Qui feront goûter ce jeudi en journée une dizaine de primeurs dont, attention !, en beaujo Guy Breton et JC Lapalu. Plus intrigant, des primeurs venant de Tavel, avec Romain le Bars et Nicolas Renaud, ou du Roussillon, avec Les Foulards Rouges.
1 rue Désirée, Lyon 1er
6 rue du Plat, Lyon 2e


En Attendant Septembre

Jeudi en journée Didier Boisson fera goûter du Mathieu Kochen ou encore un primeur de Michel Guignier… de 2020 — certains, quand ils sont fait de vrais raisins, se gardent plutôt bien. En soirée En attendant… bascule en bar. On continuera d'explorer le beaujolais autour d'une table et de quelques planches.
34 rue Chevreul, Lyon 7e


Ô vin d'anges

Si vous êtes égarés sur le plateau, reste un phare : celui de Sébastien Milleret qui fait cave le jour, ajoute quelques tables la nuit. Il n'y aura qu'un primeur à la carte ce soir-là, mais non des moindre, le Prologue de Christian Ducroux. Ensuite il faudra explorer d'autres horizons, ce qui ne posera pas problème, Sébastien ayant amassé près de 800 références, dont bon nombre d'étrangères.
2 place Bertone, Lyon 4e

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Le Troquet des Sens, rénové

Bar à Vin | L’historique bar à vin naturel sort du confinement rénové : les murs et les assiettes ont changé. La cave, c'est heureux, reste toujours bien garnie.

Adrien Simon | Jeudi 18 novembre 2021

Le Troquet des Sens, rénové

Il y a dix ans à Lyon, le vin naturel n’était pas encore à la mode. Mais le Troquet des Sens, bar-restaurant du quartier d’Ainay avait déjà deux ans d’âge. Le rouge, le blanc, ont coulé sous les ponts… Des bouteilles de Ganevat, de Lapierre, de Dard & Ribo : les historiques. Qu’on retrouve toujours à la carte d’un Troquet qui s’est rénové : « ça n’avait pas de sens d’ouvrir à demi-jauge [NdlR : ce qu’imposaient alors les mesures sanitaires], alors Matthieu et Florian [NdlR : les fondateurs] ont préféré fermer [en octobre 2020]. Et quitte à fermer ils ont tout refait » explique Jean, le sommelier, qu’on croisait ces derniers mois du côté d’Odessa (sur les Pentes). « Tout refait », c’est-à-dire l’intérieur, que l’on doit au studio Johany Sapet (dont le travail fut remarqué au Bistrot du Potager Gerland), les assiettes (signées par la céramiste Inès Levézier) et ce qu’il y a dedans : le midi un menu bistrotier, le soir des assiettes à partager, comme de sympathiques poireaux-vinaigrette, à l’ail noir, deux belles poignées de coques juteuses relevées de gingembre et citronnelle, d’une toute simple ass

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Jaja, du vin nature dans le Vieux-Lyon

Caviste | Qui l’eût cru ? La cave la plus engageante de la rentrée se situe dans le Vieux Lyon, ou plutôt à Saint-Georges. Inauguration officielle fin octobre.

Adrien Simon | Mercredi 6 octobre 2021

Jaja, du vin nature dans le Vieux-Lyon

Antoine Kochen a hissé le pavillon du vin nature il y a quelques années déjà, rue Leynaud : face au passage des Créateurs d’abord au Café Cousu, qu’il transforma ensuite, avec son frère, en Odessa. En parallèle il organisait des événements signés Jaja Power, dont un festival de début d’été. De confinement en confinement, le voilà maintenant caviste à un jet de pierre de la cathédrale Saint-Jean. Que s’est-il passé ? « D’abord, j’ai fait du vin. Avec Édouard Adam, un vigneron de l’Hérault. Quand je suis revenu, tout était fermé, on a commencé à organiser de la livraison de vin, on nous contactait sur les réseaux sociaux, on livrait le soir dans notre voiture, parfois jusque loin, en banlieue. » Le "on" ce sont les complices : Chloé Courbière, Laura Jalbert...« Au bout d’un moment, on a eu envie d’avoir pignon sur rue, on a visité ce local et c’était parti. » Dans le Vieux-Lyon ? « On a quitté les pentes, il y a tout ce qu’il faut là-bas, alors qu’ici… »

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Lyon : Yard fait un petit

Pizzeria | Des pizzas de compèt’, des vins natures qui déboitent, la Montée de la Grande-Côte : la recette du cool ? C'est celle de ce nouveau Yard.

Adrien Simon | Mercredi 6 octobre 2021

Lyon : Yard fait un petit

On connaissait Culinaries, dealeur de produits top, présent dans le 6e, à Paris et sur Internet. Et puis Yard, bar à vins naturels, son comptoir en béton, une terrasse sur la place des Tapis (à la Croix-Rousse) et des planches de came Culinaries. L’empire s’étend avec un mixte pizza-pif dans un petit local plus bas, dans les Pentes. Autour du four importé de Modène, on retrouve Giovanni Urbano (ex-Casa Nobile, le fameux repaire italien face à l’Hôtel-Dieu). Qui envoie des Yard (16€) : une pâte fermentée 48h, faite à la romaine, donc croustillante et des supers produits. Outre la tomate et la mozzarella, Giovanni ajoute ici de la stracciatella, fromage des Pouilles, qui équivaut au cœur de la buratta, ultra-crémeux et en plus aromatisé à la truffe blanche. C’est la marque franco-apulienne (un père dans les Pouilles, un fils à Lyon) Olio Di Serra qui l’importe. Pour couronner le tout, Yard y ajoute des tranches de jambon d

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Micro Sillon, ça tourne rond

Cave à Manger | ​Précédemment, on évoquait l'alliance entre vinyles et vins natures : ça se passait chez Satriale, dans les Pentes. Cette semaine, une cave (nature encore, dans le 1er toujours, mais où l'on mange, cette fois) a ouvert à l’enseigne Micro Sillon. Point cette fois d’histoire musicale. Mais une référence à un sacré épisode de la jeune bouffe lyonnaise. Remember 2014…

Adrien Simon | Mercredi 30 juin 2021

Micro Sillon, ça tourne rond

Cet énième déconfinement a vu les terrasses ressortir, et ressurgir des souvenirs. Jusqu'en -2 avant Covid, il y eut un resto qui replaça Lyon sur la carte du manger et du cool : le Café Sillon, né en 2014 — prix du Fooding dans la foulée. L'apothéose ? Une folle nuit, en clôture du festival Attable. Dans les cuisines de ce néobistrot du 7e se réunirent, jusqu'à tard, un bataillon de chefs stars (Troisgros père et fils, Carrette, Grébaut, Aizspitarte). Quelques mois plus tard, bim, le Sillon fermait. Et son chef, Mathieu Rostaing-Tayard, disparaissait des radars. La rumeur dit qu'il reprend du service. Mais du côté de Biarritz… Le Pays Basque n'est pas lyonnais, alors comment le fantôme du Sillon fait-il pour venir hanter Lyon en ce début d’été ? Mory Sacko disait dans notre dernier numéro qu’un resto ne saurait se réduire à sa nourriture. Qu'un resto ne tient pas que par un chef. Au Sillon, au côté de Mathieu,

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Satriale : une nouvelle cave à vin nature sur les Pentes, branchée bon son

Caviste | En bas des Pentes, une nouvelle cave à vins naturels : Satriale. Tenue par une bande d’amis, aussi exigeants en matière de bons sons que de bons pifs.

Adrien Simon | Mercredi 9 juin 2021

Satriale : une nouvelle cave à vin nature sur les Pentes, branchée bon son

L’entrée de la Grande Côte était jusque là gardée à main gauche par un tandoori, à main droite par une épicerie de nuit, qui ferma définitivement — c’était dans le monde d’avant. Elle a pris aujourd’hui les atours d’une cave à vins. Derrière de grandes baies vitrées, on voit de belles quilles dressées sur leurs piédestaux. Des bouteilles distanciées, remplies de vin nature. Donnez la définition que vous voudrez : liquide branché, piquette, nectar délicieux, vin véritable. La seule vérité c’est que le vin ici est nu (on dit "sans intrant"), fait de raisin juste pressé, fermenté, embouteillé. Les contenants on l’a dit, ne sont pas empilés, mais exposés, exhibant de belles étiquettes. L’équipe a travaillé avec Mačka pour éditer la sienne, qu’elle pose sur des bouteilles remplies de beaujo (signé Karim Vionnet), tirées d’un fut. Et derrière les apparences ? Les tauliers goûtent juste, et parlent bien. Par exemple d’un vin catalan, dont on vante la « complexité ludique. On aime quand il y a une information en bouche différente, c'est-à-dire qui te sort du domaine standard des

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Mathieu Rostaing-Tayard et Joanna Figuet de retour à Lyon avec Micro Sillon

Bar à vin | Mathieu Rostaing-Tayard, l'ancien chef du Café Sillon et du 126, ouvre un bar-cave à vin dans le 1er arrondissement, confié à son ancienne sommelière et désormais associée, Joanna Figuet. Baptisé Micro Sillon, ce spot forcément très attendu ouvrira le mardi 15 juin.

Sébastien Broquet | Jeudi 20 mai 2021

Mathieu Rostaing-Tayard et Joanna Figuet de retour à Lyon avec Micro Sillon

C'est l'événément de l'été côté food à Lyon : Mathieu Rostaing-Tayard s'apprête à faire son retour, aux côtés de l'ancienne sommelière du Café Sillon, Joanna Figuet. Tous deux, associés, ont repris le Vin des Vivants, ancienne cave / bar où l'on adorait se poser en terrasse ombragée pour l'apéro, que Mathieu Perrin leur a cédé. Le nom de ce nouveau spot qui va obligatoirement draîner tout ce que la ville compte de fins gourmets et bon vivants : Micro Sillon. Of course. Mathieu Rostaing-Tayard nous détaille le concept : « c'est un projet que nous avons construit ensemble, tous les deux. C'est Joanna qui va le gérer au quotidien, car je vis maintenant au Pays Basque. Micro Sillon est une cave et bar à vin, où l'on présentera des vignerons que l'on aime comme Daniel Sage, Claude Courtois ou encore Philippe Valette. Avec de la petite restauration, uniquement le soir, des plats simples — enfin, simples... pour nous — et peu cuisinés. Avec des produits sélectionnés par mes soins, très bie

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Les belles quilles nature de Yard

Bar à Vin | L'année dernière l'épicerie en ligne Culinaries ouvrait sa boutique à Lyon-Foch. On y trouve, c’est assez impressionnant, bon nombre de produits chics et (...)

Adrien Simon | Mercredi 9 septembre 2020

Les belles quilles nature de Yard

L'année dernière l'épicerie en ligne Culinaries ouvrait sa boutique à Lyon-Foch. On y trouve, c’est assez impressionnant, bon nombre de produits chics et rares (poutargue de Martigues, canard des rizières camarguaises, polenta basque). Mais aussi des choses plus accessibles et locales, et enfin une belle réserve de très bonnes bouteilles de vin nature. Pour cause, la sélection vineuse est assurée par le parisien Clovis Ochin. Le presque quarantenaire (du genre bacchantes et Air Max, vu sur Vice TV) est de ceux qui ont sorti le vin naturel du monde paysan/babos, pour le projeter dans les soirées branchées. C’est lui qui est à l’origine des collabs entre Patrick Bouju (génial vigneron auvergnat) et Action Bronson (rappeur). En plus d’être dealeur de vin, Clovis tient un bar-cave-resto à Paris 11e, sous le nom de Yard. Qui devient une franchise, avec l'ouverture d'un petit frère croix-roussien à la pl

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Les Flaconneurs : portés sur la bonne bouteille

Restaurant | Au sud de l'Opéra, on peut dégoupiller quelques flacons bien accompagnés d'une cuisine de bistrot : bienvenue aux Flaconneurs.

Adrien Simon | Mardi 19 novembre 2019

Les Flaconneurs : portés sur la bonne bouteille

Au début du mois de novembre, on pointa le bout du nez au salon du Vercoquin, historique caviste non chimique du 7e arrondissement. On y jouait collé serré, et à condition de ne pas être trop ample, on pouvait se faufiler jusqu'aux tables de quelques pointures du vin naturel. Parmi celles-ci, une référence angevine, tombée dans le sans-soufre il y a plus de vingt ans. Pendant qu'on humait ses (superbes) cuvées, le monsieur, peu commerçant, faisait l'éloge du vignoble jurassien et du domaine Labet. La dernière fois qu'on a vu Labet sur une carte c'était aux Flaconneurs, nouveau resto d'un coin qui bouge. Au sud de l'Opéra il y avait déjà quelques bons bouchons (le Garet, chez Georges), des établissements plus anecdotiques, et puis un bar à cocktail teuton (le Black Forest), un néobistrot trop peu connu (le Cercle Rouge), des pâtes fraîches servies du matin au soir (Ultimo), et un barbec' ricain (Delicatessen) qui a déménagé avant l'été du côté de Sathonay. Îles flottantes and co C'est à sa place que se sont posés les Flaconneurs, dans un local tout en longueur, redé

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Le Maxine's monte le son et se lance dans les concerts

Rock | Deux ans après son inauguration en septembre 2016, le Maxine's sis au 22 rue Pouteau (en lieu et place de feu le Phoebus) dans le 1er arrondissement (...)

Stéphane Duchêne | Samedi 1 septembre 2018

Le Maxine's monte le son et se lance dans les concerts

Deux ans après son inauguration en septembre 2016, le Maxine's sis au 22 rue Pouteau (en lieu et place de feu le Phoebus) dans le 1er arrondissement entame cette année une nouvelle activité déjà fort prisée par les bars des Pentes et consacrée le 1er septembre : la programmation de concerts. Se contentant jusqu'ici de "soirées" en tous genres (pastis pong, apéro beauf, chi-fu-mi parties, on en passe), le Maxine's dit 2.0 se mue désormais en salle de concerts et accueillera régulièrement de fières déflagrations rock. Après que les Lyonnais punks de Beaten Brats essuient les plâtres et sabrent la binouse ce samedi 1er septembre donc, c'est le groupe Off the Yard, maison lui aussi mais plus orienté folk (un folk certes résolument abrasif), qui poursuivra ensuite (samedi 8 septembre) une programmation promise à alterner, sous le sceau de l'underground et le plus souvent du punk, régionaux de l'étape (Deep Merries, Alexy Golonka) et

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Inna de Yard, l'esprit de la cour aux Nuits de Fourvière

Reggae | Les back yards, en Jamaïque, sont ces arrières-cours où l'on se réunit pour partager quelques Red Stripe, fumer la weed et aussi, jouer, partager : (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 juin 2017

Inna de Yard, l'esprit de la cour aux Nuits de Fourvière

Les back yards, en Jamaïque, sont ces arrières-cours où l'on se réunit pour partager quelques Red Stripe, fumer la weed et aussi, jouer, partager : composer. C'est là que les musiciens de reggae se croisent. Le label Makasound en a fait une collection d'albums absolument géniale, où les plus grands trouvent refuge pour publier des albums entièrement acoustiques, enregistrés dans la cour, au naturel. Juste une voix, ou plusieurs, une guitare. Quelques percussions Nyahbingy, parfois. Inna de Yard, donc. Junior Murvin ou The Viceroys brillent dans ce catalogue discographique né en 2004, transposé sur scène cet été après huit ans d'absence : seront présents pour cette tournée Cedric Myton (des mythiques Congos), Kiddus I, Winston McAnuff, Derajah, Winston "Bo-Pee" Bowen et Robbie Lyn. Comme un passage de relais entre générations. Inna de Yard Aux Nuits de Fourvière le vendredi 14 juillet

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Odessa Comptoir ou le mélange des cultures

Bar à Manger | Un mur jaune, des tables en formica et du vin nature : il ne nous en fallait pas plus pour pousser la porte de ce nouveau bar à manger, installé en lieu et place de l’ex Café Cousu, en face du Village des Créateurs.

Julie Hainaut | Mardi 30 mai 2017

Odessa Comptoir ou le mélange des cultures

Clin d’œil au quartier melting-poté le plus cool de Brooklyn – Little Odessa –, le nouveau repaire d’Antoine et Mathieu se veut un lieu d’échanges et de mélange des cultures, aussi bien dans les oreilles (on a entendu du Ben Harper et du Nina Simone), les gosiers (réveil des papilles assurés) ou sous le coude (du vin, toujours du vin, vous commencez à saisir nos choix éditoriaux, non ?). Depuis toujours, ces deux frères globe-trotters – ils ont vécu, entre autres, à Helsinki, Buenos Aires, New York, Berlin et Barcelone – avaient l’envie de monter leur propre bar. L’opportunité est arrivée un peu par hasard. Le Café Cousu s’arrête – l’équipe a filé du côté des quais du Rhône pour co-créer le fameux nouveau spot estival À la piscine –, les deux frères, tous deux salariés du lieu, décident alors de le reprendre et de le transformer à leur sauce. « Nous avons baigné dans la culture juive de l’Europe de l’Est. Odessa est une référence au quartier new-yorkais mais également à la Russie, la Crimée, ville de notre grand-mère et de nos origines. L’idée de ce bar à vin et à manger est de mettre en avant les mets du monde, de mêler la tradition de l’Eu

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Au Mouton Danse, la cuisine du marché mondialisée

Restaurant | Rue de la Thibaudière, dans le 7e : Raphaël et Anissa Fortin ont pris la relève de l’Elémentaire. Ils servent une cuisine qui lorgne au delà des frontières, à arroser de vin naturel.

Adrien Simon | Mardi 28 février 2017

Au Mouton Danse, la cuisine du marché mondialisée

Un mouton noir en tutu a remplacé l’enseigne de L’Élementaire, le restaurant de Thibault Cuilleron (qui officie désormais au Cinq Mains, avec son Top Chef de frère). La déco a discrètement changé, sans folie. La cuisine, désormais élaborée par Damian Langman, oscille entre plats de bistrot (steak-sauce moutarde, poulet à l’estragon, fondant au chocolat) et propositions globe-trotteuses (une épaule d’agneau écossais s’entichant des « saveurs d’orient » ; un cabillaud en deux façons : posé sur une tartelette au wasabi et nageant dans un bouillon safrané). La carte contient aussi des plats végétaliens (du tofu fumé, sauce aux cacahuètes ; en dessert, une crème caramel à l’orange et vanille, faite de lait d’amande). On ménage ainsi le mouton et le chou : les vegans peuvent s'offrir un resto sans devoir soudoyer le chef, et sans que leurs convives, drogués à la bidoche, ne fassent la tronche à table. Les tenanciers (Raphaël et Anissa Fortin), pourtant omnivores, ont l’air heureux de contribuer au bien être (et bien manger) de tous et accueillent, un dimanche par mois, un "marché" garanti sans morceau d’an

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Chateauneuf du Peuple : mieux vaut boire du rouge que broyer du noir

Caviste nature | Dans le quartier de Saint-Jean, se niche un esthète libanais nommé Mahdi qui saura trouver le bon canon d'artisan à écouter en buvant un Charles Mingus millésimé. Ou l'inverse, c'est selon.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 novembre 2016

Chateauneuf du Peuple : mieux vaut boire du rouge que broyer du noir

Nous : « Alors je voudrais un rouge, genre… » Mahdi : « Goûte ce pétillant plutôt ! » Le fond du verre accueille le breuvage avant notre phrase finie. Nous goûtons, approuvons. Mahdi complète alors le verre. Mahdi Hachem n’est pas là pour nous servir l’apéro : il est en mission, pour faire découvrir tout un monde ; et raconter l’histoire des gens qu’il aime — les vignerons, les musiciens — par les breuvages qu’il sert, par le jazz se lovant dans sa petite échoppe. Sa propre histoire aussi, par ricochet. Et il aime commencer par le début, comme toute bonne histoire, qu'elle se conte, ou qu'elle se boive. Car même si nous passions la première fois boire un seul verre en solo, nous avons été capturés (comme bien d’autres) par l’atmosphère peu commune de ce spot à la déco iconoclaste (le maître de la demeure s'adonne aussi à la peinture), par l'amour qui s’en dégage, par l’histoire contée ce jour-là par un tenancier pas tout à fait comme les autres et ne respectant surtout aucune des conventions en usage habituellement dans un tr

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Le vin fait de la résistance

Le Mois du Vin Naturel | Trois salons dédiés, des dégustations, des fêtes, des dédicaces d'ouvrages : durant un mois, à Lyon, le vin naturel est à l'honneur... Le vin quoi ?

Adrien Simon | Mercredi 2 novembre 2016

Le vin fait de la résistance

On perdrait son temps à chercher la définition stricte (ou pire, le cadre légal) du vin naturel : il n'en existe pas. On parle aussi bien de vin nu, nature, vivant, rebelle, pour qualifier l'œuvre de vignerons dont on peut dire, minimalement, qu'ils sont en rupture avec le mode de production conventionnel. La culture de la vigne est aujourd'hui une grande consommatrice de pesticides (20% des stocks utilisés par l’agriculture française, pour à peine 4% des terres cultivées). Et la fabrication du vin autorise l'usage de 47 additifs différents. Les vignerons nature — et c’est ce qui a priori les rassemble — ont pris le parti de ne plus jouer aux apprentis-chimistes. Ils refusent l’usage de produits nocifs dans les vignes et l'interventionnisme durant la vinification. Et sont tentés de ne pas filtrer, ni sulfiter, leurs nectars lorsqu'ils les mettent en bouteille. Sébastien Milleret, caviste à la Croix-Rousse (Ô vins d’anges) rappelle le cercle vicieux de l'agro-industrie : « traiter chimiquement la vigne induit des effets de bord : le cycle de la plante est déréglé, on obtient des raisins carencés ; il faut ensuite rattraper les dégâts... avec des béq

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Antonin Iommi-Amunategui : « Boire du vin naturel, c'est changer la société un verre après l'autre »

Sous les pavés, la vigne | Instigateur des salons Rue89 des vins naturels à Paris et Lyon, blogueur engagé sur No Wine is Innocent, auteur du séminal Manifeste du Vin Naturel (aux éditions de l'Épure), co-fondateur du crew Nouriturfu visant à provoquer la jouissance des palais, organisateur des iconoclastes Nuits des Vins Nus, Antonin Iommi-Amunategui nous expose sa concrète utopie.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 novembre 2016

Antonin Iommi-Amunategui : « Boire du vin naturel, c'est changer la société un verre après l'autre »

Un an après la parution de ton Manifeste pour le vin naturel, quelles évolutions vois-tu ? Antonin Iommi-Amunategui : Le vin naturel grignote chaque jour du terrain : on ne le trouve plus seulement dans les bars à vin urbains, mais jusque dans les supermarchés — à tout le moins des vins qui se prétendent naturels — et les guides ou revues tradi du vin. Il est là et on ne le délogera plus. Reste à savoir s'il va enfin acquérir une existence officielle, et le cas échéant, selon quels critères. On voit aussi arriver la récupération : pour la première fois, une grande surface proposait du vin naturel dans sa foire de septembre. Oui, en réalité, ce n'était pas tout à fait la première fois. Mais c'est la première fois que c'était présenté de manière aussi claire. Alors évidemment, attention, il ne s'agissait que de pseudo-vin naturel ; des vins qui jouent avec les codes de ce mouvement pour s'en approprier l'image et, éventuellement, la niche commerciale. Le vin naturel, c'est encore quelque chose de très flou pour la plupart des consommateurs. Du coup, c'est facile pour un industriel pinardier de se g

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"La Philo vagabonde" : festin de cerveau

ECRANS | de Yohan Laffort (Fr, 1h49) documentaire avec Alain Guyard

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Avec ses rouflaquettes, ses tatouages, son costard de chanteur nouvelle scène française et sa tchatche exaltée, Alain Guyard renverrait presque Michel Onfray au rayon des ancêtres pontifiants. Célébré comme une rockstar, le volubile philosophe intervient partout où on le sollicite (dans les campagnes reculées, en prison, sous un chapiteau, en Belgique, dans une grotte) pour diffuser de façon ludique et accessible la parole des penseurs — et surtout inciter ses auditeurs à phosphorer par eux-mêmes. Davantage qu’un émetteur de “produit culturel”, Guyard se veut une sorte de coach intellectuel, exerçant à la gymnastique de la réflexion. Comment ne pas être séduit par cette démarche noble de propagation de la connaissance, engendrant un tel enthousiasme ? Ce que montre ce documentaire va bien au-delà du cas de Guyard, en révélant l’abyssal manque de repères ainsi que le désir de sens largement répandus et partagés parmi toutes les composantes de notre société, qui rendent chacun(e) vulnérable au discours du premier bon parleur venu — certes, lui porte et apporte des valeurs

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Aux Bons Sauvages, la carte des vins mérite l'exploration

Restaurant | Un café-concert (since 1670 !) à sept mètres de Lyon, en bord de Saône, avec terrasse, beau bar, source et vins naturels.

Adrien Simon | Mercredi 1 juin 2016

Aux Bons Sauvages, la carte des vins mérite l'exploration

Fuir Lyon : prendre l'autoroute du Soleil, et finalement renoncer, à l'entrée du tunnel. Après un audacieux virage à gauche et une ligne droite d'une double encablure, on entre de sept bons mètres dans la Mulatière. Et l'on découvre la terrasse d'Aux Bons Sauvages, avec vue étendue sur Lyon outre-Saône : de la gare de Perrache au néo-quartier Confluence. Le quai des Étroits a beau être passant, on se sent au calme. L'adresse est (facile) tri-centenaire. Elle fut sans doute entourée de nombreuses guinguettes, aujourd'hui disparues. Après une courte période de fermeture, une troupe de jeunes gens a repris l'affaire. À l'intérieur, la salle du fond, voutée, pierres apparentes (ex-écurie ou stockage à bateau ?) accueille deux-trois fois par semaine des concerts (tout y passe : jazz oriental, rock tzigane, indie folk, fanfare, slam, etc). Sur un mur coule une source... Dans la salle de bar : un zinc, de vieilles tables de bistrot et un poêle à bois fonctionnel. L'ardoise change toutes les semaines, parfois d'un soir sur l'autre : trois puissance trois choix d'entrée-plat-dessert. Ainsi, pour commencer, un soir de mai, l'on hésitait entre une omelette aux mousser

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Le théâtre occupe le terrain

SCENES | Avec Balises, opération visant à rendre plus lisible l'offre théâtrale lyonnaise, une idée simple mais forte va balayer la saison 2013/14 : il y a du spectacle vivant partout. Explication. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 3 septembre 2013

Le théâtre occupe le terrain

Trente spectacles et presque autant de lieux. Ce pourrait n’être qu’un constat chiffré parmi d'autres, mais c'est bien plus que cela : en pointant des pièces dans de très nombreuses salles de l’agglomération et du centre-ville, le programme Balises dit que le théâtre ne vit pas qu’aux Célestins/Point du jour/TNP/Croix-Rousse/TNG, en tout cas pas seulement – quatre d’entres eux figurent au programme. L’idée qui préside à Balises n’est pas de construire un énième festival – il y en a déjà, chacun avec sa spécialité -  mais de rendre visible et lisible l’offre en la matière, pléthorique. Car si le Grand Lyon a ses biennales, son festival Lumière et ses Nuits Sonores pour mettre en avant la danse, l’art contemporain, le cinéma et les musiques actuelles, le théâtre, pourtant omniprésent, n’est lui pas célébré. Or, avec 400 000 spectateurs et 2200 levers de rideaux pour présenter plus de 400 spectacles dans 25 lieux en 2011, son palmarès est celui d’une métropole avant l’heure. Ce que veut Gérard Collomb politiquement existe déjà théâtralement, nous dit Jacques Fayard, directeur de l’Elysée, à l’origine de ce projet. Et il s'attachera, avec les au

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