Belin et La Féline à la carte à l'Opéra de Lyon

Carte Blanche | En plein mois de novembre, Bertrand Belin et Agnès Gayraud aka La Féline prennent d'assaut l'Opéra Underground pour une carte blanche musicale dont la diversité le dispute à l'exigence, au point de transformer la chose en semaine de la découverte.

Stéphane Duchêne | Jeudi 4 novembre 2021

Photo : © Nicky Bruckert


Comme l'a souligné Richard Robert lors de la présentation de l'événement, on n'a pas souvent l'occasion de demander « tu fais quoi mi-novembre ? » ou, à cette question, de répondre quelque chose d'intéressant. C'est désormais le cas avec la Carte blanche offerte à (et offerte par) Bertrand Belin et Agnès Gayraud (que les amateurs de pop connaissent sous le nom de La Féline) du 13 au 21 novembre. Laquelle constitue sans doute l'événement, par sa qualité et sa durée, d'une saison de l'Opéra Underground déjà fort savoureuse.

Le chanteur et romancier et la chanteuse et philosophe débarquent donc avec une malle au trésor dans laquelle le grand public ne reconnaîtra peut-être pas grand monde mais pourra satisfaire des monceaux de curiosité. Histoire de commencer en grande pompe et d'introduire comme il se doit les intéressés, Belin et La Féline vont essuyer les magnifiques plâtres de l'Opéra (comprendre : de sa grande salle), le samedi 13 novembre à 20h. Belin en solo dans la gueule de cette salle noire dont la visite en préparation de la carte blanche a été une épiphanie, faisant naître le désir de s'y confronter seul.

Opéra de cuisine

La Féline, elle, a opté pour l'option avec orchestre puisqu'elle se produira avec dix musiciens de l'orchestre de l'Opéra – en plus de son groupe – pour revisiter son répertoire. Belin remettra le couvert deux soirs avec Claire Vailler pour Audience foraine, un "opéra de cuisine" auquel participe le pianiste François Mardirossian et trois chanteuses de la Maîtrise (14 et 15 novembre).

Également au programme, la réunion de la formation contemporaine The Colorist Orchestra avec le prince de l'alt-country Howe Gelb (14 novembre) ; un projet autour des chants des femmes d'Italie du Nord au violon et violoncelle par Silvia Tarozzi et Deborah Walker (14 novembre, attention c'est à 8h30 au Grand studio du Ballet) ; le projet en trio de Rodolphe Burger, Mademoiselle (17 novembre) ; un concert hommage à Gavin Bryars (18 novembre) ; un autre, conjugué, à Philip Glass, Arvö Part et Thomas Adès ; le fantastique Star Feminine Band, cinq jeunes Béninoises qui détricotent la tradition de leur pays à coups de blues (19 novembre) ; une soirée consacrée au label Crybaby (en vedette Léonie Pernet, le 20 novembre) et une clôture en mode indé avec entre autres Arlt et François Virot (21 novembre). De quoi effectivement bien remplir son emploi du temps de la mi-novembre.

Carte blanche à Bertrand Belin et La Féline
À l'Opéra Underground du 13 au 21 novembre


Bertrand Belin + La Féline


Opéra de Lyon Place de la Comédie Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


B.Belin & C.Vailler


Opéra de Lyon Place de la Comédie Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Festival du Péristyle : festival souterrain, musiques à tous les étages

Opéra de Lyon | Pour sa dernière danse estivale, et au vu des conditions sanitaires, le directeur de l'Amphi et du Péristyle de l'Opéra a concoté une formule pour le moins originale du traditionnel Festival du Péristyle pour lequel l'Opéra Underground n'aura sans doute jamais aussi bien porté son nom.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juillet 2020

Festival du Péristyle : festival souterrain, musiques à tous les étages

En matière d'événements culturels on aura vu naître, dans les germes de la Covid-19 et de la distanciation sociale, toute une gamme de festival virtuels, limités, diminués et même de non festivals, comme autant de manière d'enfourcher le tigre de l'imagination et du système D. Le Festival du Péristyle, dont la vocation a été jusqu'ici de nous faire voyager en musiques tout autour du monde au pied de l'Opéra de Lyon, n'échappe pas au phénomène. Et nous offre, lui, une édition "souterraine" pour rompre le silence comme en loucedé. Où l'on nous promet un monde "mi-physique, mi-virtuel". Soit sans scène extérieure mais avec des musiciens jouant malgré tout en live pile sous nos pieds. L'idée : des concerts, donc, donnés dans l'amphithéâtre qui accueille la majorité des concerts de l'Opéra Underground l'année durant. Sauf que ces concerts se joueront sans public. Ou presque. Car ledit public sera un étage au-dessus et en plein air, sur le Péristyle, là-même où seront diffusés ces concerts en son, en images et en livestream sur des plateformes num

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Bertrand Belin : le livre de la jungle

Littérature | En amont de son passage aux Nuits de Fourvière, le chanteur et romancier Bertrand Belin se fend d'une halte à Musicalame. L'occasion d'évoquer son troisième roman, Grands Carnivores, qui au fil d'une écriture virtuose déchiquète les mécanismes de la peur comme carburant d'une société sauvage.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 avril 2019

Bertrand Belin : le livre de la jungle

« Puisqu'ils ne sont ni visibles, ni nulle part, hélas, il faut donc qu'ils soient partout ». « Ils » ce sont les fauves, échappés d'un cirque, la faute à un employé qui a laissé ouverte des cages qu'il a pourtant refermées (sic) – on ne saura jamais le fin mot de l'histoire –, des fauves, lions, tigres, on ne sait, en liberté dans une ville indéterminée d'un Empire dont on ne nous dit que le déclin certain et le froid qui cingle comme une « gifle orientale ». Mais c'est aussi la peur qui s'installe alors en ville, se répandant comme un virus, plus sûrement une rumeur, nappée d'irrationnel et de fantasmes mal placés (« le faux vrai se devait d'avoir l'air encore plus vrai que du vrai vrai »). « Ils » ce pourrait être n'importe quoi, n'importe qui, et donc, par association, l'autre, celui qu'on exècre parce qu'il est une menace, ou qui est une menace parce qu'on l'exècre. À l'image de cette figure témoin qu'est le « récemment promu nouveau directeur des entreprises de ressorts et boulons », un arriviste confit dans le rance de ses valeurs, et de son antithèse de frère honni et jalousé, artiste-peintre coupa

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Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Rock | Sur Persona, son récent dernier album, ce drôle d'oiseau de Belin continue d'élaguer son verbe, de débroussailler le langage, pour faire surgir la poésie contradictoire et empathique d'un monde qui se promet au feu et condamne à la chute des hommes qu'on ne regarde déjà plus.

Stéphane Duchêne | Mardi 12 mars 2019

Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Énigmatique, cryptique, sec comme un coup de bec, de plus en plus le verbe et donc le chant belinien semblent évoluer vers l'abstraction. On le constate à chacun de ses albums, le Breton Bertrand va toujours plus loin vers ce far west d'épure et de chanson à l'os, son plat de plus en plus traditionnel. Mais c'est sans doute à force de « parler en fou » (de Bassan), ainsi qu'il le confessait sur un précédent disque, Cap Waller ; à force de jouer la poésie d'un hasard qui n'en est pas vraiment un, d'une contingence et il faut bien le dire, d'une élégance folle, d'une sorte de désinvolture imitant la pose et la pause du dandy-moqueur, qu'il trouve sa manière de solidification, déjoue la question de la profondeur par le superficiel apparent, affronte la réalité comme le pic-vert attaque l'arbre, à coups aussi répétés que millimétrés. Si un disque de Bertrand Belin symbolise cette approche singulière, c'est sans doute Persona, où le chanteur-guitariste-auteur-compositeur-conteur démontre à quel point ce "parler fou" est le langage de la lucidité, se nou

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Agnès Gayraud : à base de Popopop

Pop culture | Avec Dialectique de la pop, la philosophe et pop critique Agnès Gayraud, également musicienne sous le nom de La Féline, interroge en profondeur l'essence et les belles contradictions des « musiques populaires enregistrées ».

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Agnès Gayraud : à base de Popopop

Peut-être les amateurs de la chanteuse électro-pop connue sous le nom de La Féline, ignorent-ils qu'Agnès Gayraud à l'état civil est également journaliste, normalienne et docteure en histoire de la philosophie. Or ces activités se rejoignent dans un livre : Dialectique de la pop, titre fort sérieux pour un sujet qui ne l'est pas en apparence. Mais en apparence seulement, et c'est tout le sujet du livre. D'ailleurs si la pop n'était pas sérieuse pourquoi le philosophe et sociologue Theodor Adorno, pilier de l'École de Francfort, l'aurait-il combattu avec tant de sérieux, lui qui détestait le jazz et l'idée que l'on puisse écrire des chansons pop sur la guerre du Vietnam. « La musique populaire légère est mauvaise, doit être mauvaise sans exception » disait ce « hater hyperbolique » de la pop, au risque de la mauvaise foi. C'est en spécialiste du bonhomme qu'intervient ici Agnès Gayraud pour faire de cet « ennemi objectif » de la pop son « allié subjectif

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The Limiñanas : son à la catalane

Le Disque | C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

The Limiñanas : son à la catalane

C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade, au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, Emmanuelle Seigner – trois habitués –, Bertrand Belin ou Anton Newcombe sans s'éparpiller façon puzzle. Peut-être parce que le duo (enrichi) de Cabestany a, sous ces oripeaux garage, toujours navigué sur pas mal de fronts esthétiques - on peut en avoir un aperçu sur la toute récente compilation I've Got Trouble in Mind Vol. 2 qui recense des raretés, notamment quelques belles reprises de Polnareff (Time will tell), les Kinks (Two Sisters avec Anton Newcombe), The Lords of the New Church (Russian Roulette) ou... le chant de Noël Silent Night en version mariachi. Peut-être aussi parce que la force du concept, jamais ramenard, toujours en toile de fond, suffit à donner du liant à l'ensemble comme une musique de film imaginé. Sur Shadow People, le groupe raconte

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Le beau changement de cap de Betrand Belin

MUSIQUES | Vous savez comment sont les critiques : dès qu'un musicien francophone commence à se forger une identité, ils n'aiment rien tant qu'à l'ébrécher à coups de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 8 décembre 2015

Le beau changement de cap de Betrand Belin

Vous savez comment sont les critiques : dès qu'un musicien francophone commence à se forger une identité, ils n'aiment rien tant qu'à l'ébrécher à coups de comparaisons plus ou moins farfelues avec des anglo-saxons – remember notre «Morrissey du Loir-et-Cher» pour parler de Michel Delpech ? Depuis dix ans qu'il écrit certaines des pages les plus dextrement concises de la chanson en langue française, Bertrand Belin n'a pas échappé à la règle. On a dit de lui qu'il avait l'élégance pop pince-sans-rire d'un Baxter Dury. On a reconnu dans son écriture le perfectionnisme trompeusement monotone d'un Bill Callahan. On a même vu dans sa délicatesse bluesy vacillante le fantôme de Johnny Cash – son timbre et son phrasé de baryton un peu schlag n'y sont pas étrangers. Autant de points cardinaux et quelques autres qui, s'ils aident à s'orienter dans sa discographie, ne permettent pas de s'y repérer pour autant. Car c'est un continent bien à lui que défriche Bertrand Belin depuis une décennie, biotope après biotope. Après les immensités country de Parcs, Cap Waller le voit longer une espèce de désert côtier, en ce qu'il y conj

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La rentrée musique côté chanson et french pop

MUSIQUES | Ah, la France et sa diversité. Elle sera belle cette année, entre piliers indéboulonnables, y compris de nos salles lyonnaises, comebacks attendus, jeunes gens modernes (indé ou pas) pétris de talents et éternels relous. Rien que de très classique dans un paysage toujours très ouvert. Pour ne pas dire trop.

Stéphane Duchêne | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté chanson et french pop

Si la rentrée musicale "française" est surtout affaire de reformation (voir page 4), la programmation saisonnière est aussi le théâtre du retour perpétuel de figures qui, elles, ne se sont jamais séparées. Et pour cause : elles sont seules. Un exemple ? Stephan Eicher ? Visiblement pas tant que ça, en tout cas il doit rapporter puisqu'on le reverra du côté du Radiant (7 octobre), mais cette fois-ci pour rejouer ses tubes à grands renforts étranges de carillons, de tuyaux d'orgues et de bobines Tesla. Changement de formule également pour Jean-Louis Murat (au Théâtre de Villefranche le 12 octobre) qui poursuit sa tournée Babel sans le Delano Orchestra. Cela ne devrait pas décourager ses fans, qui sont hardcore ou ne sont pas. Un peu comme ceux de Corbier qui, lui, fait des infidélités à A Thou Bout d'Chant pour se payer un Transbo (le 10 octobre). Cap sur Belin Tout cela ne rajeunissant personne, penchons nous sur la génération montante qui se taillera la part du Lyon, entre

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La pop "made in France" a RDV aux Belles Journées

MUSIQUES | Sis du côté de Bourgoin-Jaillieu, le tout nouveau festival Les Belles Journées pose sur le papier des bases solides pour cette rentrée rock avec un plateau 100 % frenchy qui permet de faire le diagnostic, partiel mais aveuglant, d'une pop hexagonale absolument radieuse.

Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2015

La pop

Il eut été difficile au festival berjallien Les Belles Journées de constituer un plateau plus attrayant, qui plus est pour son coup d'essai. C'est qu'outre Autour de Lucie, dont le statut d'icône d'une certaine pop indé en fait sans doute un peu le grand frère (ou la grande sœur) de l'événement ; les cautions "soulisantes" que sont Lull et le Lyonnais Sly Appolinaire, à qui on ne la fait plus ; 49 Swimming Pools dont les membres (menés par l'ancien critique Emmanuel Tellier), bien qu'ils n'aient plus l'âge de la conduite accompagnée, produisent une musique fraîche comme une rose qui éclorait à l'infini ; et bien sûr H-Burns (voir nos archives à son sujet) ; c'est bien la jeune garde de la nouvelle (oui, encore) pop française que l'on mène ici aux Abattoirs – du moins pas très loin, au Parc de Lilattes. Une jeune garde qui aime le travail chiadé, détient le secret de la chanson qui tue aussi sûrement que le cri du Dr Justice et porte beau sous l

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L'ode au Lauda de Gavin Bryars

MUSIQUES | Gavin Bryars est un cas. Formé au jazz comme contrebassiste puis élève de John Cage, l'Anglais de Goole est par beaucoup considéré comme l'un des génies (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 avril 2015

L'ode au Lauda de Gavin Bryars

Gavin Bryars est un cas. Formé au jazz comme contrebassiste puis élève de John Cage, l'Anglais de Goole est par beaucoup considéré comme l'un des génies de son temps, compositeur raffiné et d'une grande intelligence, source inépuisable d'une musique hypnotique... Et par d'autres comme un compositeur des plus assommants au talent monté en épingle – un reproche régulièrement fait aux minimalistes ou apparentés. Le fait est que Gavin Bryars est un insaisissable touche-à-tout ayant œuvré sur tous les fronts de l'avant-garde – il a travaillé avec Tom Waits aussi bien qu'avec Merce Cunningham (comme Cage), Brian Eno ou William Forsythe – et dont les œuvres majeures, à l'exemple du très conceptuel The Sinking of the Titanic et de Jesus' Blood Never Failed Me Yet, font l'objet d'un perpétuel travail de modification des dizaines d'années après leur création. Mais c'est pour tout autre chose, évidemment, que Bryars se présente ici. C'est à Lyon qu'il a créé, en 1984, son Médée mis en scène par Bob Wilson. Et c'est non loin de là que, plus de 20 ans après, il vient présenter une série de Lauda, soit des pièces musicales venues ou inspirées en

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Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

CONNAITRE | Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 18 décembre 2014

Fête du livre de Bron 2015 : les premiers noms

Qu'est-ce qu'on a en commun ? C'est la question que se posera la 29e édition de la Fête du livre de Bron du 4 au 8 mars prochain. Tenteront d'y répondre les auteurs suivants : Olivier Adam, Florence Aubenas, Silvia Avallone, Ramona Badescu, John Burnside (en dialogue avec José Carlos Somoza), Alain Choquart, Pierre Dardot, Patrick Deville, Simonetta Greggio, Serge Joncour, Olivier de Solminihac,   Laurent Mauvignier, Hubert Mingarelli, Raphaële Moussafir, Sylvain Prudhomme, Eric Reinhardt (le temps d'une lecture musicale avec Bertrand Belin), Eugène Savitzkaya, Eric Vuillard (notre cover boy de la rentrée littéraire, en dialogue avec Olivier Rolin) ou encore Valérie Zenatti.

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Les mots Belin

MUSIQUES | Salué en 2010 pour le splendide "Hypernuit" et de retour à Lyon pour présenter "Parcs" à l’Épicerie Moderne, Bertrand Belin se bonifie au fil des albums, en quête d’une forme d’ascèse textuelle. Comment parler de son travail quand on est un homme de peu de mots ? Réponse ici avec l’intéressé. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 octobre 2013

Les mots Belin

Votre dernier album, Parcs, voit vos textes toucher à une forme d’épure de plus en plus marquée. Comme s’ils étaient guidés par la musique et le rythme plus que par le sens… Bertrand Belin : C’est l’un de mes points d’intérêt que de travailler sur la nature des textes, d’aller vers quelque chose qui présente quelques traits originaux, une singularité. Dans la diversité du paysage de la chanson française, j’essaie d’apporter quelque chose d’un peu saillant et de voir la place que ça peut prendre dans la modernité d’aujourd’hui. Pour moi, une chanson ne se résume pas aux textes. En France, nous appréhendons d’ailleurs généralement la musique anglo-saxonne sans se préoccuper du fond du texte : nous ne sommes pas tous suffisamment anglophones pour comprendre toutes les paroles de Dylan. Du coup, dès lors qu’on chante en français devant un public français, le sens du texte a tendance à prendre immédiatement le dessus, souvent au détriment de ce qu’on a glissé de sens dans la musique. Y-a-t-il chez vous une volonté de déconstruire l

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J'aime (pas) la chanson française

MUSIQUES | Au Petit Bulletin nous avons cette réputation, en laquelle nous croyons parfois nous-mêmes, qui veut qu’à l’instar du titre des opus du dessinateur Luz, «[On] n'aime (toujours) pas la chanson française». La preuve que si, un peu. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 19 septembre 2013

J'aime (pas) la chanson française

On a beau eu noircir des Unes sur Françoiz Breut, la révélation Daisy Lambert, faire des ronds de jambes à Emilie Loizeau, Jean-Louis Murat, Benji Biolay, ou même ce drôle d'animal qu'on appelle Fauve – qui revient d'ailleurs déverser sa bile casse-gueule au Festival Nouvelles Voix à Villefranche – rien n'y fait. Une réputation, ça vous colle à la peau comme le pansement du Capitaine Haddock, tout ça parce qu'on n'est pas à fond sur Calogero – et ce n'est pas avec Circus, son opéra pop, que ça va s'arranger – ou que Jean-Jacques Goldman n'est pas notre français préféré. Le truc c’est qu’appréhender la notion de chanson française c’est comme essayer d’attraper un

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En plein Air

MUSIQUES | «Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 16 mai 2013

En plein Air

«Décrassons-nous les oreilles», prône le Festival Changez d’Air, coton-tige géant à l’appui. Mais plutôt que de s’enfoncer ledit objet jusqu’aux tréfonds de l’oreille interne – ce qui est fortement déconseillé par l’ORL moyen, on préfèrera se caresser la touffe ciliaire – ben oui, c’est comme ça que ça s’appelle, on n’y peut rien – à l’écoute des divers invités de son édition 2013 : la douce Tachka, le très (trop ?) aérien Yan Destal, le trio folk féminin Théodore, Paul & Gabriel (oui, elles ont des prénoms de garçons, et alors ? Joni Mitchell aussi) et bien sûr notre chouchou Denis Rivet. Mais ne nous cachons pas derrière notre coton-tige, l’attraction de l’événement sera bel et bien Bertrand Belin et la découverte en avant-première du successeur de son terrible Hypernuit. La chose s’appelle Parcs et le confirme en chevalier noir de la chanson française. Comme si les fantômes de Bashung et Johnny Cash visitaient les contrées country de Bill Callahan (Smog) ou les forêts welches de Rodolphe Burger. Pétri de références qui sont autant d’infinies étendues littéraires (Cormac McCarthy,

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Tucsongs

MUSIQUES | Avec "Tucson Songs", spectacle relayant l'album du même nom, l'Épicerie Moderne nous présente la relève de la scène musicale de Tucson, poussée entre cactus, vieux cow-boys à moustache et autres figures tutélaires (Giant Sand, Calexico, Jim Waters) qui ont fait l'histoire d'une ville pas comme les autres. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 13 avril 2012

Tucsongs

«En terre humaine/Je suis d'Arizona», murmurait Murat en 1999 sur le titre Viva Calexico. Cette même année, pour son album Mustango, baroud d'honneur d'un cow-boy alors sur le retour, l'Auvergnat succombait à l'appel de Tucson, Arizona, et y trouvait une inspiration rarement égalée depuis. Si en espagnol, Tucson se prononce «Touquesonne», en américain, on dit «Tout Sonne», ce qui dans notre langue si lacanienne prend tout son sens, tant dans la cité arizonienne tout sonne, résonne d'un même élan. Celui d'un mélange musical sans cesse ravivé par l'hybridation hispano-américaine et l'esprit d'ouverture d'une ville à cheval sur plusieurs cultures : native-américaine, western et hispanique.  Dire qu'à Tucson, «the smallest big city in the USA», on pratique une musique de cow-boy et de desperado serait très certainement un cliché, mais il se trouve que la pop culture vit et meurt par le cliché. La ville elle-même en est un. Surnommée «The Old Pueblo», le nom même de Tucson vient du o'odham (une des nombreuses langues uto-aztèques qui s'étendaient, en plusieurs branches et zones éparses, du territoire des Utes (aujourd'hui l'Utah) à

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Rodolphe Burger

MUSIQUES | Depuis Kat Onoma, et plus particulièrement depuis la fin de Kat Onoma, l'Alsacien Rodolphe Burger multiplie les projets discographiques et scéniques aux (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 octobre 2011

Rodolphe Burger

Depuis Kat Onoma, et plus particulièrement depuis la fin de Kat Onoma, l'Alsacien Rodolphe Burger multiplie les projets discographiques et scéniques aux frontières de la musique, des nouvelles technologies, des disciplines artistiques et du travail sur les langues (ses collaborations avec Olivier Cadiot, son disque consacré au patois Welche...). Amateur de concept, toujours infiniment poreux à l'œuvre d'autrui dès lors qu'elle est en mesure de nourrir son travail, Burger se présente cette fois au Théâtre de Vénissieux le 21 octobre avec un merveilleux entrelacs : la mise en résonance, forcément hautement symbolique, du Cantique des Cantiques, chantée par l'Israélienne Ruth Rosenthal, et de l'œuvre du poète palestinien Mahmoud Darwich, auteur de S'envolent les colombes. SD

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Belin l’enchanteur

MUSIQUES | Musique / Son troisième album, "Hypernuit", a enfin fait sortir Bertrand Belin de la confidentialité, révélant un artisan précieux de la chanson française, brillant par sa singularité et son écriture inimitable. À ne pas rater cette semaine à l’Épicerie Moderne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 2 février 2011

Belin l’enchanteur

Arnaud Fleurent-Didier ou Florent Marchet en ont fait l’expérience : ce n’est pas forcément avec son meilleur album que l’on retient l’attention du public. Question de stratégie promotionnelle ou de formatage, toujours est-il que la maturation ne va pas forcément avec la maturité. C’est un peu ce qui arrive à Bertrand Belin. Son deuxième album, "La Perdue", est passé inaperçu ; sa dernière venue à Lyon, en première partie de Dominique A., avait à peine été annoncée par l’organisateur du concert. Et pourtant, sur disque comme sur scène, Belin a littéralement ensorcelé toux ceux qui avaient daigné l’écouter. Car "La Perdue" était l’œuvre d’un alchimiste, un magicien dont on ne comprend toujours pas, après une bonne centaine d’écoutes, la formule pour produire des chansons si entêtantes. Il n’y a pas beaucoup d’ingrédients dans cette potion-là : la voix de l’interprète, grave, ténébreuse, possède une musicalité discrète ; les arrangements sont minimaux, une guitare électrique, acoustique ou un banjo, une légère batterie à l’arrière-plan. Et les textes ne s’étalent pas sur des pages, mais se rétractent en quelques mots comme des phrases amputées (un exemple, "La Tranchée" : «J’avais un

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Ne change rien

ECRANS | De Pedro Costa (Fr-Por, 1h40) documentaire avec Jeanne Balibar, Rodolphe Burger, Hervé Loos…

Dorotée Aznar | Jeudi 21 janvier 2010

Ne change rien

Version longue d’un court métrage tourné en 2005, "Ne change rien" ressemble a priori à un documentaire sur Jeanne Balibar chanteuse. Mais venant de Pedro Costa, cinéaste radical qu’on sait très proche des Straub, il est évidemment plus que ça. C’est d’abord un portrait, au noir et blanc halluciné, de Balibar en muse. Un film sur son visage, émergeant d’une obscurité où la lumière perce avec la fragilité d’un songe, et surtout sa voix, dont le velours lascif imprègne la texture sonore. Plus encore, Costa enregistre et travaille la matière musicale. On a rarement montré avec autant de finesse et de partis pris stylistiques le processus créatif d’un groupe : puisque si le film est dédié à Balibar, il s’intéresse aussi à ses musiciens. Parfois répétitif (mais c’est l’idée), "Ne change rien" fascine par sa capacité à faire éclore une mélodie des ténèbres. JD

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