Poly'Sons : dans les coulisses d'un festival

En coulisses | Point d’orgue annuel depuis 19 ans au Théâtre des Pénitents, le festival montbrisonnais Poly’Sons continue de défendre la chanson française et son public. Rencontre avec Henri Dalem, directeur et programmateur.

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

Photo : ©JP.Trottier


Quel premier bilan faites-vous sur la nouvelle saison après 4 mois d'exercice ?

« Le bilan est pour l'instant très contrasté. Le fait le plus marquant est que nous comptons beaucoup moins d'abonnés qu'auparavant : nous avons actuellement enregistré 300 abonnements contre 850 à 900 habituellement. En revanche, on ne s'en sort pas trop mal si l'on prend spectacle par spectacle. Même si les réservations se font souvent à la dernière minute, plusieurs représentations ont été complètes et nous observons également une très bonne fréquentation des scolaires. En règle générale on sent bien que les habitudes ont changé, les gens semblent avoir du mal à se projeter, le public n'est d'ailleurs pas tout à fait le même qu'avant. Tout cela crée une fragilité financière et nous oblige à communiquer davantage. »

Quelle place le festival Poly'Sons tient-il dans la saison du théâtre des Pénitents ?

« Le festival est en quelque sorte l'ADN de notre maison, c'est sans doute le moment que l'équipe porte avec le plus de ferveur. La dix-neuvième édition propose une vingtaine de concerts sur une période d'un mois. Si l'évènement a assuré sa place sur le territoire grâce à son ancienneté, Poly'Sons reste un festival à taille humaine avec un rapport de proximité entre les artistes et le public qui ne se dément pas. Prenons l'exemple de Govrache. C'est un artiste que nous avions programmé à l'aveugle il y a trois ans, il avait fait un tabac en première partie devant un public qui ne venait pas pour lui, cette année il est celui qui pour l'instant remplit le mieux la salle ! Idem pour Barcella qui vient pour la troisième fois à Montbrison : la salle était plus que clairsemée lors de sa première venue, il s'est passé quelque chose lors de son second passage et cette année il va probablement faire salle comble. On voit bien que le public du festival s'est fidélisé, qu'il aime retrouver des artistes découverts ici et qu'en même temps il a appris à nous faire confiance. C'est une vraie satisfaction. »

Comment fait-on pour bâtir une programmation de chanson francophone lorsque l'on vient comme vous du théâtre ?

« C'est vrai qu'en arrivant aux Pénitents je n'étais pas un expert en chanson française ! Ma casquette d'artiste dramatique n'est d'ailleurs jamais posée très loin. Comme le festival est porté par un lieu pluridisciplinaire, je suis attentif à ce que l'on accueille chaque année quelques projets qui, comme le spectacle Mon Père est une chanson de variété, sont à mi-chemin entre la chanson et le théâtre.

Comment choisissez-vous les artistes programmés ?

Une programmation comme celle des Poly'Sons se prépare des mois, voire des années à l'avance. C'est un travail de longue haleine qui représente bien sûr beaucoup d'écoute, mais aussi de correspondances avec les producteurs, les labels et les diffuseurs. Il y a un gros travail de réseau, notamment via la Fédéchanson, qui est une fédération des nombreux acteurs de la chanson francophone dont nous sommes membre-fondateur. Le plus souvent possible, je suis en lien direct avec un certain nombre d'artistes dont la fidélité au festival est à ce titre un avantage indéniable. Ils me parlent de leurs projets longtemps en amont, certains viennent même créer chez nous lors de résidences. Par exemple, le projet de Clarika autour de Dabadie est une coproduction des Pénitents, ce sera même le concert d'ouverture. Nous sommes également coproducteurs du nouveau projet jeune public de Yoanna. Je reste persuadé que le fait d'échanger directement avec les artistes au sujet de leurs projets, bien avant le festival, permet de mieux organiser la rencontre en aval avec le public. »

Festival Poly'Sons, du 12 janvier au 12 février, au théâtre des Pénitents à Montbrison

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La belle et la bête

Festival | Pour sa 19ème édition, le festival montbrisonnais Les Poly’Sons monte en puissance avec une riche et belle programmation qui, durant un mois entier, met à l’honneur la chanson francophone. Voici nos deux coups de cœur.

Niko Rodamel | Lundi 3 janvier 2022

La belle et la bête

Le jeudi 20 janvier, L (alias Raphaële Lannadère) défendra son nouveau projet, Paysages, sur les planches du Théâtre des Pénitents. Après un premier EP en 2008, se sont succédés quatre albums au fil desquels L a laissé mûrir un univers couleur crépuscule, où se frôlent chimères et mirages dans de délicieux vertiges esthétiques. Entre ombre et lumière, les textures musicales tracent des lignes de fuite vaporeuses et sensuelles. Dans cet écrin intimiste, les textes envoûtants dessinent avec une intense légèreté le destin flottant de mystérieux oiseaux de nuit ou d’héroïnes féministes. Rien de bien étonnant lorsque la chanteuse cite Thom Yorke (chanteur et principal compositeur de Radiohead) ou Björk pour leur forme suprême de justesse et d’épure. Samedi 29 janvier, rendez-vous avec l’incorrigible Sanseverino ! Le guitariste sortait cet automne un tout nouvel album, Les deux doigts dans la prise, électrifiant son instrument pour défricher de nouvelles pistes, lorgnant notamment du côté des sonorités funk et des rythmes afrobeat. Délicieusement frapadingue, engagé mais toujours bienveillant, l’artiste reste fidèle à son univers dégingandé, dénonçant

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Trou noir

Science-Fiction | Un vaisseau spatial, au beau milieu d’un immense rien, dans un univers dont il ne reste plus que des trous noirs qui fusionnent et s’évaporent. A bord, (...)

Cerise Rochet | Mardi 5 octobre 2021

Trou noir

Un vaisseau spatial, au beau milieu d’un immense rien, dans un univers dont il ne reste plus que des trous noirs qui fusionnent et s’évaporent. A bord, un adulte, un enfant, et une voix, peut-être celle de l’ordinateur embarqué. Nous sommes dans le futur, à la toute fin des temps, au précipice d’un gigantesque et ultime trou noir. Ici, dans cette dernière ère que l’on nomme Le Royaume, le relationnel demeure… Mais un changement se profile. Depuis quelques temps, l’enfant fait des cauchemars. Bientôt, tout pourrait ne plus jamais être comme avant… Ne plus jamais être tout court. Théâtre cinématographique Avec cette fable d’anticipation, le Collectif X (Cannibale, Une Femme sous influence…), habitué des propositions oniriques, embarque le public dans un voyage spatial et métaphysique, donnant à voir simultanément le passé et le futur, la création et la fin. Hautement cinématographique, Le Royaume fait appel à nos sensations et nos intuitions pour, peut-être, tenter de répondre à la question qui depuis toujours taraude l’humanité toute entière : pourquoi sommes-nous ? Une évocation de l’éternel recommencement… Jusqu’à ce que tout s’a

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Les Pénitents veulent redonner confiance aux spectateurs

Saison 21/22 | Lors de la présentation de sa saison 21/22, l'équipe du Théâtre des Pénitents et de la Ville de Montbrison se sont voulues rassurantes et optimistes, mettant en avant les nouveautés qui vont prendre place cette année dans le Forez.

Nicolas Bros | Mardi 27 juillet 2021

Les Pénitents veulent redonner confiance aux spectateurs

« On a imaginé cette saison comme une saison normale, les gens vont retrouver leurs habitudes ». C'est par ces mots rassurants qu'Henri Dalem, directeur du Théâtre des Pénitents de Montbrison a qualifié la volonté affichée pour cette nouvelle saison 21/22. Cette dernière étant composée de moins de 50 % de reports, elle réserve son lot de nouveautés qui, l'espère le directeur, pourront convaincre les spectateurs de venir en nombre pour se laisser emporter : « notre conviction, c'est bien qu'un spectacle peut changer une vie » assure Henri Dalem dans son édito situé dans la brochure. Un festival Poly'Sons musclé Comme chaque année, les Pénitents proposeront une saison aux allures variées avec de multitudes portes d'entrée à disposition. Du théâtre bien entendu avec des valeurs sûres comme la compagnie locale Collectif X qui présentera Le Royaume en octobre ou ebncore le Brittanicus de la Cie Parole en acte. Pas mal de cirque aussi, de la danse, un BD concert et même de l'humour avec Le Sublime Sabotage en mai. Forcément, on retiendra aussi les deux gros morceaux habituels de la salle montbrisonnaise, à savoir le festival

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Le Théâtre des Pénitents ferme jusqu'à fin mars mais ne baisse pas les bras

Annonce | Le Théâtre des Pénitents de Montbrison a pris une décision radicale, en accord avec sa municipalité de tutelle : fermer ses portes jusqu'à fin mars. Un choix (...)

Nicolas Bros | Vendredi 22 janvier 2021

Le Théâtre des Pénitents ferme jusqu'à fin mars mais ne baisse pas les bras

Le Théâtre des Pénitents de Montbrison a pris une décision radicale, en accord avec sa municipalité de tutelle : fermer ses portes jusqu'à fin mars. Un choix guidé par plusieurs paramètres comme l'expliquent Henri Dalem, directeur du théâtre et Christiane Bayet, adjointe à la culture de la Ville de Montbrison. « On ne peut pas fonctionner comme cela en programmant, puis déprogrammant à chaque nouvelle annonce, explique l'élue. Les artistes ont besoin d’avoir un minimum de visibilité. Pour le public également, il est important d’avoir plus de clarté. Notre choix a été de dire stop et de refaire un point début avril en espérant que la situation soit meilleure. » Une situation qui n'empêche pas pour autant l'institution forézienne de poursuivre ses activités de résidences d'artistes mais également de liens avec le public, notamment via l'opération "Allo,

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Barcella : "Je suis né dans la chanson"

Chanson | Il est rayonnant comme le nom de son dernier album "Soleil". L'auteur-compositeur-interprète rémois Barcella est assurément un des artistes de chanson française parmi les plus dynamiques. La preuve avec ses multiples casquettes et toute l'énergie qu'il déploie à chaque spectacle. Rencontre avec un artiste généreux.

Nicolas Bros | Mardi 5 novembre 2019

Barcella :

Tu as mis deux ans pour composer ton dernier album Soleil. Pourquoi ce travail a-t-il pris autant de temps ? Nous sommes tout d'abord partis un an avec Tournepouce, un spectacle jeune public. Étant sur les routes pour cette « parenthèse » différente de ce que j'ai l'habitude de faire, j'ai pas pu me consacrer pleinement à la composition. Ensuite, j'ai eu besoin d'une réflexion assez longue car c'est mon quatrième album. Passé un cycle de trois albums, se réinventer devient moins évident qu'auparavant. Sur les trois premiers albums, tout fuse assez naturellement car il suffit de piocher les sujets qui tombent. On se rend assez vite compte sur un quatrième ou un cinquième album, que l'on va garder globalement les mêmes sujets tels que le temps, la solitude, l'espoir, l'amour, l'onirique, le rêve... mais on va les traiter différemment. Le regard évolue par rapport à ces sujets. Par exemple, concernant le thème de l'enfance, sur mon premier album, je le traitais avec les yeux nostalgiques de quelqu'un qui l'avait quittée il y a finalement peu de temps. Un album plus tard, j'imaginais les enfants que j'aurais. Maintenant, je parle des enfa

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Barcella rayonne

Chanson | Le Rémois Barcella est un exemple de générosité scénique. À chaque prestation il emmène le public avec lui. Enfants, adultes... tout le monde y passe ! Si vous (...)

Nicolas Bros | Mardi 3 septembre 2019

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Le Rémois Barcella est un exemple de générosité scénique. À chaque prestation il emmène le public avec lui. Enfants, adultes... tout le monde y passe ! Si vous ajoutez à cela la qualité de ses mélodies et de ses textes, tout en sensibilité et douceur, Barcella constitue véritablement un artiste complet qui représente fièrement la chanson française sans faux-semblants. On est ici en face d'un art honnête et sensible, à l'instar de son dernier album Soleil. Et ça fait vraiment du bien ! Barcella, mardi 12 novembre à 20h30 au Centre Culturel L'Opsis de Roche-la-Molière, dans le cadre des Oreilles en Pointe

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Elle joue du saxo debout

Jazz | Même si les lignes tendent à bouger, le jazz demeure globalement un pré carré masculin dans lequel seules les chanteuses semblent jouir d’une reconnaissance (...)

Niko Rodamel | Mardi 2 avril 2019

Elle joue du saxo debout

Même si les lignes tendent à bouger, le jazz demeure globalement un pré carré masculin dans lequel seules les chanteuses semblent jouir d’une reconnaissance que leurs consœurs instrumentistes ne peuvent bien souvent que leur envier. Pourtant, au regard des distinctions décernées ces dernières années par les différentes instances musicales françaises, les jazzwomen, longtemps restées minoritaires pour être vraiment prises en considération, se taillent lentement mais sûrement la place qu’elles méritent. A côté d’Anne Pacéo, Airelle Besson, Sophie Alour ou Céline Bonacina, Géraldine Laurent fait figure de grande sœur. A quarante-quatre ans, la saxophoniste a réalisé un parcours qui, depuis son entrée au conservatoire de Niort à l’âge de treize ans, force le respect. Ses nombreuses collaborations ont fait d’elle une sidewoman très sollicitée, sachant aussi toujours s’entourer des meilleurs musiciens lorsqu’il s’agit de graver ses propres albums, dont le tout dernier, At work, est produit par Laurent de Wilde himself. Géraldine Laurent, jeudi 11 avril à 20h30 au Théâtre des Pénitents de Montbrison

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Nouveau souffle

Festival jazz | Depuis des lustres à Montbrison, la parenthèse jazz du Théâtre des Pénitents se cale à la suite Poly’Sons, drainant le public forézien de la chanson française vers (...)

Niko Rodamel | Mardi 5 mars 2019

Nouveau souffle

Depuis des lustres à Montbrison, la parenthèse jazz du Théâtre des Pénitents se cale à la suite Poly’Sons, drainant le public forézien de la chanson française vers la note bleue. Dès son arrivée à la tête de l’institution en janvier 2017, Henri Dalem a souhaité donner une orientation toute féminine à ce que certains appellent encore Jazz à Montbrison. Un pari audacieux qui s’avère déjà être une vraie réussite, s’appuyant sur quelques têtes d’affiche mais permettant également la découverte d’artistes encore peu connues. Parmi les sept soirées proposées, nous avons un vrai coup de cœur pour une musicienne britannique qui a le vent en poupe… A la trompette comme au bugle, le son de Yazz Ahmed se nourrit des multiples influences auxquelles la musicienne se frotte, au gré de ses nombreuses collaborations. A la tête d’un quintet comptant notamment une clarinette basse et un vibraphone, la musicienne laisse délicieusement entrevoir ses racines bahreïnies, n’hésitant pas à passer ses mélodies orientales à la moulinette de rythmiques entêtantes et de sonorités psychédéliques. Yazz Ahmed, jeudi 21 mars 2019 à 20h30, Théâtre des Pénitents, dans le cadre de Jazz à Mo

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Retour vers le futur

Festival d'Histoire de Montbrison | En 2000 se déroulait le dernier festival d'histoire de Montbrison. Un événement scientifique et populaire majeur qui attirait tous les deux ans de nombreux chercheurs et universitaires. Ce festival de la connaissance va renaître de ses cendres début novembre sous l'impulsion de la Société archéologique et historique du Forez, La Diana.

Nicolas Bros | Mardi 1 novembre 2016

Retour vers le futur

Le festival d'histoire de Montbrison était, depuis 1986 et jusqu'à sa dernière édition en l'an 2000, une véritable institution. Un rendez-vous à marquer d'une pierre blanche pour les universitaires mais également pour les amateurs de connaissances, de découvertes et de recherches. Inédit dans la région par sa forme et son contenu, cet événement renaît en 2016, tel le phénix, grâce à la volonté d'une poignée de passionnés et de la Société archéologique et historique du Forez, La Diana. Avec pour thématique générale "Boire et manger : une histoire culturelle", le rendez-vous souhaite accueillir un public large avec des manifestations variées, tout en conservant un côté exigeant dans sa programmation. Ainsi, la base du festival se situe sur l'intervention d'une trentaine de spécialistes et d'experts au cours d'un colloque scientifique qui se déroulera entre l'auditorium de Loire-Forez et le Théâtre des Pénitents. Sous la direction de Didier Nourrisson, professeur d'histoire contemporaine à l'université Lyon 1, des historiens et des universitaires issus des quatre coins du monde (France, Côte d'Ivoire, États-Unis, Portugal, Québec, ...) viendront présenter l'etendu du savoi

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Les quatre font la paire

MUSIQUES | Jazz à Montbrison place la barre très haut en invitant lors d’une même soirée deux duos de premier choix, avec les instrumentistes Emile Parisien, Vincent Peirani, Michel Mandel et Yves Gerbelot... Niko Rodamel

Niko Rodamel | Mardi 1 mars 2016

Les quatre font la paire

Après les Poly’sons, le Théâtre des Pénitents ouvre au printemps sa seconde parenthèse annuelle, celle consacrée au jazz, avec cette année une petite dizaine de concerts saupoudrés du 19 mars au 8 avril. Il semblerait que l’édition 2016 soit celle de tous les duos avec notamment Eric Bibb et Jean-Jacques Milteau, Baptiste Trotignon et Minino Garay, ou encore le binôme italien Musica Nuda. Le 22 mars, une soirée immanquable alignera sur scène deux doublettes de haut vol… Ces deux-là croulent sous les récompenses : Vincent Peirani (accordéon) a reçu le Prix Django Reinhardt du musicien français en 2013 ainsi qu’une Victoire du jazz en 2014. Emile Parisien (saxophone) a quant à lui été nommé "Artiste de l’année" aux mêmes Victoires du jazz 2014… C’est dire si ces musiciens reçoivent la reconnaissance unanime de leur talent ! Les deux compères entretiennent depuis plusieurs années une complicité musicale pleine de fraîcheur et de poésie qui fait le plus grand bien au jazz hexagonal. Gratin de souffleurs Autre duo de choc avec Michel Mandel (clarinettes) et Yves Gerbelot (saxoph

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Barcella : « J'aime l'idée que les chansons reflètent nos vies »

MUSIQUES | Propos recueillis par Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 5 janvier 2016

Barcella : « J'aime l'idée que les chansons reflètent nos vies »

Comment qualifieriez-vous votre univers pour des personnes ne vous connaissant pas ? Barcella : Les gens ont en général du mal à me ranger dans une catégorie et c'est une belle fierté pour moi. J'ai donc le sentiment que je possède une réelle identité. On peut dire évidemment que je suis dans le monde de la chanson. Après on peut dire que je tire mon côté atypique de mon éclectisme. J'aime autant aller piocher dans le style des chansons d'hier tout en « urbanisant » un peu le tout. C'est un micmac un peu intemporel. La qualité première de ce que j'essaie de proposer aux gens est incluse dans les textes, mon amour des mots et les histoires que je veux proposer. Je ne m'interdis rien musicalement. Comment se déroule votre travail de composition ? Je travaille d'abord entièrement seul, en guitare-chant. Ensuite j'essaie de faire aboutir mes idées de bases en matière d'arrangements. Puis je fais intervenir un réalisateur pour mettre au point l'album. Par exemple, j'ai fait deux albums avec Jeff Delort, qui a travaillé avec Higelin, Pauline Croze ou encore Tété. C'est avec lui que l'on va réellement habiller l

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Barcella, drôle d'oiseau

MUSIQUES | Dans une scène de musique française parfois stéréotypée, certains artistes sortent du lot. Barcella fait partie de cette catégorie. Auteur-compositeur-interprète de grand talent, à la sensibilité fine, il revient à Montbrison, seulement une année après avoir fait chaviré les Pénitents. L'occasion de (re)découvrir ce phénomène de musique live. Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 5 janvier 2016

Barcella, drôle d'oiseau

Inclassable, foutraque et généreux, voilà trois adjectifs qui collent magnifiquement bien à la peau de Mathieu Ladevèze, plus connu sous le nom de Barcella. Ce drôle d'oiseau est un homme avant tout de mots. De la sémantique qui pique, qui émeut ou qui rigole, Barcella en manie avec allégresse et joie. Sautillantes, les compositions de ce jeune Rémois font mouche. Ayant débuté par des ateliers d'écriture et de chansons dont il s'occupe, après avoir suivi une formation pédagogique et didactique en IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) avec à la clé une licence d'éducation et de motricité, il sort en 2005 sa première ébauche musicale L'air du temps, mini-album de quatre titres se posant telle une marque de fabrique, avec un texte ciselé et une mise en musique travaillée. S'en suivent trois albums entre 2010 et 2015, dont le dernier, Puzzle, savant mélange d'émotions et de mordant. Car c'est bien cette ambiguïté qui caractérise le travail de Barcella. De ces textes transpirent toutes les sensations que peuvent revêtir nos vies, depuis les rires jusqu'aux peines. Arrangements judicieux et entraînants viennent compléter la richesse et la fl

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Mickey de retour

MUSIQUES | Mickey 3D est de retour. Avec le signel Rose Blanche, en hommage à Sophie Scholl, pilier du combat contre le nazisme, la clique de Michaël Furnon frappe (...)

Nicolas Bros | Mardi 1 décembre 2015

Mickey de retour

Mickey 3D est de retour. Avec le signel Rose Blanche, en hommage à Sophie Scholl, pilier du combat contre le nazisme, la clique de Michaël Furnon frappe un joli coup avec un titre tout en émotion qui annonce un album profond, prévu pour début 2016. L'artiste a prévu deux dates pour le lancement de ce dernier dans son fief de Montbrison, au théâtre des Pénitents, les 11 et 12 mars prochains. Mais ces dates sont déjà complètes... NB

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Princesse de gouaille

MUSIQUES | Accordéon en bandoulière, chansons aux paroles fleuries et chaleur humaine, la Suissesse Yoanna est une artiste hors des sentiers battus. Avec son troisième album "Princesse", elle continue son voyage musical avec sa gouaille caractéristique en passant en fin de mois à Rive-de-Gier. Nicolas Bros

Nicolas Bros | Mardi 3 février 2015

Princesse de gouaille

Lorsque l'on voit chanson française avec accordéon, un furieux a priori monte en nous à la rédaction (ce n'est pas bien, nous vous l'accordons...) et une irrésistible envie de fuir nous prend au cou. Pourtant, il n'y a pas de raison de s'écarter si rapidement d'un style. Qui sait, peut-être avons-nous subi un "trauma-guinguette" généralisé ? Cela dit, lorsque l'on approche une oreille près du travail de la Suissesse Yoanna, on se rend compte de notre bêtise initiale. Cette auteur-interprète possède un côté nature et sincère que l'on avait déjà ressenti dans ces deux premiers albums Moi Bordel ! et Un peu brisée. Fin 2014, elle a sorti son troisième opus, sobrement intitulé Princesse. Empruntant avidement les routes du jazz, du hip hop et de la chanson, les titres de Yoanna possèdent la force d'attirer à elle. Gouaille tenante, artisanal jusqu'à l'autoprod', ce nouvel album contient de l'émotion à revendre mais toujours colorée par les textes ciselés de la Genevoise. Car ses paroles sont franches, teintées d'honnêteté, où transparaissent les fêlures que la vie peut laisser sur les âmes. Franc parler à toute épreuveCette fa

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Pachyderme que ça !

MUSIQUES | Leur nom pourrait faire plutôt penser à une vitesse réduite. Mais pourtant ces deux-là n'arrêtent pas de courir depuis quelques temps. Lisa et François, les deux (...)

Nicolas Bros | Mercredi 21 août 2013

Pachyderme que ça !

Leur nom pourrait faire plutôt penser à une vitesse réduite. Mais pourtant ces deux-là n'arrêtent pas de courir depuis quelques temps. Lisa et François, les deux artistes du duo Eléphant fondé en 2009, ont réussi à se faire une belle place cette année dans la jungle de talents dont regorge la chanson française. Notamment grâce à leur titre Collective mon amour qui a fait partie des sempiternels "méga tubes de l'été" de la bande FM française. Mais au-delà de ce succès somme toute mérité, les deux artistes ayant réuni leur prénom afin de trouver un nom de groupe (L et Fran), se considèrent toujours comme des outsiders. Repérés et soutenus par Benjamin Biolay, The Dø ou encore Vannessa Paradis, Eléphant ne révolutionne pas le schmilblick en traitant dans son album principalement d'un thème vieux comme Hérode, j'ai nommé l'Amour. Mais avec sa fougue, sa générosité sans faille et une "non-prise de tête" assumée, le groupe arrive à nous faire oublier sa formule finalement assez peu innovante en laissant sur nos visages une large banane et, en nous faisant nous trémousser. Bref, Elephant ne nous trompe pas sur la marchandise ! Alors pour attraper une grande dose de bonne

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