Les Fantasques : du vélo de courses dans le quartier

Lyon | Marre de vous faire livrer par les grandes surfaces ou des cyclistes surexploités ? Et si vous optiez pour une alternative locale et plus éthique, avec les commerces de quartier de Lyon ? C’est ce que promet Les Fantasques…

Vincent Raymond | Vendredi 20 novembre 2020

Photo : Benjamin Sénéchal, Ronan Morin et Olivier Lemos. © Antoine Barbot


Bien qu'il semble moins rigide que le premier, ce second confinement confirme un inéluctable basculement sociétal : celui d'une banalisation de la livraison à domicile. Mais d'une banalisation pas totalement décomplexée, fort heureusement ! Car même si beaucoup succombent encore à la tentation de commander des biens fabriqués en Asie à des plateformes pratiquant l'optimisation fiscale, ou leur repas à des sociétés faisant leur beurre en obligeant des cyclistes à aligner les kilomètres pour espérer des miettes, un reliquat de sens moral rappelle l'existence du "clique & collecte". Mais quid de la situation où il est matériellement impossible de se déplacer (personne âgée, malade ou trop éreintée pour remplir une satanée attestation) et que l'on veut continuer à profiter de ses commerçants de quartier ? C'est là que Les Fantasques entre en jeu.

Créé par trois trois bons vivants — Benjamin Sénéchal, Ronan Morin, Jean-Nicolas Maupain — aux activités professionnelles éclatées et détestant faire leurs courses dans des grandes surfaces autant que de se faire livrer par les plateformes internationales, Les Fantasques se veut comme une alternative “vertueuse” et 100% lyonnaise. « Le but, c'est de redynamiser l'écosystème local avec les commerces de quartiers, en leur permettant de poursuivre leur activité et aux consommateurs de manger des produits de qualité », explique Benjamin Sénéchal — lui-même concerné par la question puisqu'il est à la tête du Bar Bu sur les quais de Saône, temporairement fermé du fait de la crise sanitaire.

Jamais le dimanche (ni le samedi, d'ailleurs)

Plateforme — mais pas centrale — d'achat, Les Fantasques propose donc un partenariat à des commerces de bouche qu'ils ont testés dans différents quartiers de Lyon, et les référencent ensuite par rayons (boucherie, fromagerie, crèmerie etc.). Lorsqu'il effectue sa commande sur www.lesfantasques.fr, l'utilisateur n'a accès qu'aux commerces situés dans sa zone de chalandise ; son offre est donc personnalisée, différente selon qu'il habite la Guillotière, la Part-Dieu ou Caluire. La collecte du panier et sa livraison sont ensuite effectuées de 17h à 21h par un cycliste « capable de prendre un peu de temps pour discuter ou proposer une recette avec les produits qu'il apporte ». Si ledit livreur est (petite concession à la start-up nation ?) au régime auto-entrepreneur, au moins est-il payé à l'heure. Pour le client, le service est facturé 6€ à partir de 35€ de commande et il est gratuit pour un panier supérieur à 90€ ; pour les commerçants, la commission variable s'applique selon leur activité : « la marge qu'ils réalisent n'est pas la même lorsqu'un primeur vend 1kg de patates et un caviste une bouteille de vin », justifie Benjamin Sénéchal.

Si Les Fantasques couvre globalement tout Lyon et une partie de Caluire depuis son lancement le 12 novembre dernier, il ne vise pas une expansion délirante qui serait contraire à sa philosophie initiale : ses fondateurs l'ont voulu comme une activité annexe, en marge de leurs occupations professionnelles. D'ailleurs, il ne fonctionne pas le week-end « pour permettre aux gens de conserver un lien direct avec leurs commerces de quartier ». Ça devrait hyper-marcher…

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