L'avenir du musée Guimet à Lyon entre dans une phase décisive

Publié Jeudi 15 janvier 2026

Reconversion / Fermé depuis 2007, l'ancien musée Guimet entre dans une nouvelle phase d'études en vue de sa reconversion. Entre 43 et 48 millions d'euros d'investissement envisagés et plusieurs scénarios sont sur la table pour l'avenir du bâtiment du 6ᵉ arrondissement.

Photo : Musée Guimet de Lyon © Muriel Chaulet

Désamiantage, déplombage, mise aux normes thermiques, interventions structurelles... Le chantier s'annonce titanesque pour ce bâtiment de près de 9 000 m², dont une grande partie est coiffée d'une verrière imposante, complété par 1 300 m² de sous-sols. La Ville de Lyon l'assume : quel que soit le scénario retenu, il faudra d'abord sauver l'édifice, aujourd'hui marqué par une « vétusté avancée ».

Guimet, une histoire lyonnaise 

Fondé en 1879 par Émile Guimet, industriel, chimiste et érudit passionné par l'histoire des religions, le musée fut d'abord pensé comme un lieu de transmission et de recherche. Conçu par l'architecte Jules Chatron, il abrita collections, bibliothèque et institut d'enseignement. Mais au fil du XXe siècle, le site changea plusieurs fois de visage : théâtre, brasserie, patinoire, avant d'être acquis par la Ville de Lyon au début du XXe siècle. Sa fermeture définitive en 2007, suivie du transfert de ses collections au musée des Confluences en 2014, a laissé derrière elle un bâtiment vide malgré quelques installations ponctuelles, comme la dernière en date l'exposition Shepard Fairey, 1001 Reasons to (dis)OBEY en 2023.

Trois scénarios

Après une première phase d'audits, quatre pistes de reconversion ont été étudiées, puis ramenées à trois scénarios aujourd'hui expertisés par la Ville. Le premier mise sur une Fondation Guimet, dans l'esprit philanthropique de son fondateur, articulant culture, recherche et mécénat, sur un modèle de partenariat public-privé. Le deuxième, plus inattendu, imagine un "casino des sports", vaste espace polyvalent mêlant pratiques sportives et de bien-être (arts martiaux, danse, yoga, fitness), espaces de coworking et de services associés. Enfin, un troisième scénario fusionne deux propositions : un "Pôle des Lumières", dédié à l'événementiel culturel et immersif, et un "nouveau musée Guimet", recentré sur l'accueil d'expositions et l'éducation artistique et culturelle.

Aucune décision n'est attendue avant le printemps 2026, au terme d'une étude comparative approfondie mise en œuvre par le programmiste Co-S. Le bâtiment, lui, restera dans tous les cas propriété de la Ville.

Un dossier brûlant 

En 2024, l'ancienne adjointe à la Culture et actuelle candidate aux municipales de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, avait jeté un pavé dans la mare en annonçant publiquement une possible réouverture du site, évoquant même une grande exposition temporaire. Une sortie jugée prématurée par l'exécutif municipal, qui avait rapidement recadré la communication, rappelant l'état du bâtiment et l'ampleur des travaux à engager.

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L'épisode avait révélé des divergences profondes au sein de la majorité lyonnaise, Nathalie Perrin-Gilbert allant jusqu'à brandir la menace d'une démission si le site venait à être cédé ou orienté vers un projet jugé trop commercial. Avant d'être finalement débarquée de son poste d'adjointe à la Culture le 14 mai 2024 après plusieurs mois de crispations et de désaccords plus structurels, sur la gouvernance culturelle et les méthodes de travail au sein de la majorité.