Humour trash, grand cirque et théâtre politique : les spectacles à voir à Lyon en février

Publié Vendredi 30 janvier 2026

Sélection / Avec notamment le trublion Pierre-Emmanuel Barré, la compagnie australienne Circa, l'autrice et metteuse en scène Eva Doumbia, l'efficace (et plein de Molières) Jean-Philippe Daguerre ou encore la trop rare à Lyon Nathalie Béasse.

Photo : Arnaud Bertereau (Le Iench)

L'Endormi

Un soir, un adolescent est poignardé à mort par une bande rivale. De ce fait divers qui eut lieu au pied de son immeuble, l'auteur jeunesse Sylvain Levet en a tiré un texte titré L'Endormi, mis en scène par Estelle Savasta. L'Endormi, comme son héros parti se reposer ailleurs, dit-on à la petite sœur restée avec ses parents dans l'appartement familial. C'est principalement elle qui raconte cette absence déchirante, aussi bien avec les mots poétiques de Sylvain Levet qu'avec les chansons rappées de Marc Nammour, du groupe La Canaille, mises en musique par Valentin Durup, lui aussi de La Canaille.
AM

L'Endormi
Les 4 et 6 février 2026 au TNG (Lyon 9e) ; de 5 à 22€


Pierre-Emmanuel Barré

L'humoriste Pierre-Emmanuel Barré revient avec un nouveau spectacle dans lequel il met en scène son lui du futur bien décidé à retrouver les feux de la rampe après une descente aux enfers artistique. Un Come-back dans lequel alterne "métahumour", pastilles vidéo, saynètes théâtralisées ou encore adresses au public plus classiques. À la fois hilarant et déconcertant ! AM

Pierre-Emmanuel Barré
Jeudi 5 février 2026 à la Bourse du Travail (Lyon 3e) ; 35€


Wolf

Wolf, soit "loup" dans la langue de Shakespeare. Avec le titre de sa création dévoilée en 2024 à Berlin, la compagnie australienne Circa, grand nom international du cirque contemporain, pose les bases : le monde animal est au centre du spectacle. Les remarquables onze interprètes, justaucorps noir et sable aux lignes graphiques en guise de costumes, s'en donnent donc à cœur joie pour amener de manière subtile l'animalité sur scène dans une scénographie épurée. Grandiose.
AM

Wolf
Les 6 et 7 février 2026 au Radiant-Bellevue (Caluire-et-Cuire) ; de 15 à 45€


Camille Chamoux

Ça va ça va, assure l'actrice et humoriste Camille Chamoux dans un quatrième seule-en-scène autocentré pour la bonne cause : celle de faire rire de son quotidien de « quadra occidentale » pour « collectivement oublier qu'on va tous crever comme des merdes ». Où il est question de santé mentale et physique, de mort, du couple, des gosses ou encore des groupes WhatsApp. Rien de très original, certes, mais on ne peut plus efficace.
AM

Camille Chamoux
Samedi 21 février 2026 au Radiant-Bellevue (Caluire-et-Cuire) ; de 26 à 38€


Du charbon dans les veines

« 1958, dans une petite ville minière du Nord de la France, l'arrivée d'une jeune et jolie Marocaine vient bouleverser le monde de deux meilleurs amis. » Du charbon dans les veines est de ces spectacles honnêtes et efficaces narrativement même si sans grande surprise, sans prise de risque artistique, qui cartonnent dans le théâtre privé. L'auteur-metteur en scène-comédien Jean-Philippe Daguerre (Adieu Monsieur Haffmann, Le Petit coiffeur...) et son équipe ont ainsi chopé cinq Molières l'an passé avec cette photographie d'une époque. D'accord.
AM

Du charbon dans les veines
Les 23 et 24 février 2026 au Radiant-Bellevue (Caluire-et-Cuire) ; de 26 à 38€


Yann et Marguerite

Il faut toujours aller voir ce qui se passe au théâtre des Clochards célestes. Leur début de saison a été excellent et voici qu'arrive ce projet de fin d'études basé sur le livre de Yann Andréa Cet amour-là, récit de son lien atypique à Marguerite Duras. Élève du Théâtre national de Bretagne, Antoine Atek dirige et joue avec son acolyte Karl Picard, formé au Conservatoire de Lyon. Au programme : « l'amour, Hervé Vilard, l'alcool, la mer et l'éternité » annoncent-ils. 
NP

Yann et Marguerite
Du 23 au 28 février 2026 au Théâtre des Clochards célestes (Lyon 1er) ; de 11 à 15€


Contre-nature

Depuis quelques années, le chorégraphe Rachid Ouramdane explore le geste aérien et les défis aux lois de la pesanteur en entremêlant danse et acrobatie. Contre-nature, pièce pour dix interprètes créée en 2024, s'envole à nouveau, tout en laissant une grande part à l'intime et aux relations humaines. Chutes amorties, élans, mouvements accélérés disent le temps qui passe, la finitude humaine, l'absence des disparus...
JED

Contre-nature
Du 25 au 28 février 2026 à la Maison de la danse (Lyon 8e) ; de 10 à 45€


Le Iench

Avec Le Iench, la metteuse en scène et autrice Eva Doumbia, cofondatrice du collectif Décoloniser les arts, propose une pièce politique (et réussie) centrée sur une famille afro-européenne - notamment le fils qui, avec son désir de chien, « veut abattre les obstacles à la banalité pour les garçons noirs ». À lire, notre interview de 2023.
AM

Le Iench
Du 25 au 28 février 2026 au Théâtre de la Croix-Rousse (Lyon 4e) ; de 6 à 29€


Marie Stuart

XVIe siècle, de l'autre côté de la Manche. Deux reines - Marie Stuart, d'Écosse, et Élisabeth Ire, d'Angleterre - s'affrontent sur fond de conflit religieux. Alors que la première est emprisonnée depuis dix-huit ans, la seconde doit décider du sort de sa rivale. Une histoire qui fascine les arts depuis plus de 400 ans, et que la metteuse en scène Chloé Dabert (le génial Le Firmament, c'était elle) a portée sur le plateau grâce au texte de Friedrich von Schiller, auteur allemand du XVIIIe siècle. En découle un spectacle de 3h30 esthétiquement sublime, inégal sur la durée, mais vénéneusement intense dans ses moments les plus forts.
AM

Marie Stuart
Du 25 février au 4 mars au TNP (Villeurbanne) ; de 7 à 30€


Le Bruit des arbres qui tombent

Nathalie Béasse est injustement rare sur les scènes de la métropole lyonnaise au point que seul jusque-là Gwenaël Morin, alors directeur du théâtre du Point du Jour, lui avait offert de l'espace. À la fois plasticienne et comédienne, l'Angevine revient avec un spectacle de 2017 où, comme souvent dans son travail, des personnages sont de passage, un peu égarés. Ils racontent leurs états, leurs rencontres quand ils ne dansent pas ensemble l'espace de quelques instants. Les corps, enrobés dans des costumes très élégants et soignés, apportent une légèreté souvent contradictoire avec ce bruit des arbres qui tombent. La grande classe.
NP

Le Bruit des arbres qui tombent
Les 26 et 27 février 2026 au Théâtre de Vénissieux ; de 5 à 19€