Marche en hommage à Quentin D. : la préfecture valide le rassemblement de samedi à Lyon
Rassemblement / La marche en hommage à Quentin D., prévue samedi 21 février à Lyon, est maintenue. La préfecture du Rhône a choisi de ne pas interdire le rassemblement, malgré la demande du maire Grégory Doucet.Â
Photo : © Fred Romero
Entre 2 000 et 3 000 personnes sont attendues pour le rassemblement prévu samedi 21 février en hommage à Quentin D., selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. La décision intervient dans un climat explosif, dix jours après la mort du jeune militant de 23 ans, frappé lors d'une rixe opposant militants nationalistes et d'autres antifascistes.
Un rassemblement surveillé
Le cortège doit s'élancer à 15 heures, place Jean Jaurès, dans le 7e arrondissement, pour rejoindre la rue Victor-Lagrange, là où l'agression mortelle s'est produite. Pour encadrer la manifestation, la préfecture a pris deux arrêtés. Le premier interdit toute autre manifestation dans un large périmètre couvrant une partie des 1er, 2e, 4e et 7e arrondissements, de samedi en fin de matinée jusqu'au milieu de la nuit. Le second autorise l'usage de drones pour capter et transmettre des images pendant la durée du rassemblement. Dans son texte, la préfète du Rhône Fabienne Buccio évoque un « risque réel de troubles à l'ordre public », mentionnant l'antagonisme ancien et parfois violent entre mouvances « d'ultra-droite et d'ultra-gauche ».
Une organisation politiquement marquée
Si la marche est déclarée comme un hommage, son organisation s'inscrit dans un environnement politique clairement identifié. Selon les informations révélées par Le Figaro, Aliette Espieux figure parmi les organisateurs. Ancienne candidate du Rassemblement national aux municipales lyonnaises de 2020, militante anti-avortement, elle s'est fait connaître par des prises de position très hostiles à Simone Veil.
Aliette Espieux évoluerait également dans les réseaux catholiques conservateurs et serait liée, selon plusieurs enquêtes de presse, à des cercles gravitant autour de l'entrepreneur milliardaire et financeur de l'extrême-droite, Pierre-Édouard Stérin. Par ailleurs, Aliette Espieux est mariée à Eliot Bertin, ancien dirigeant du groupuscule dissous Lyon Populaire, et mis en examen en 2024 pour association de malfaiteurs après l'attaque d'une conférence sur la Palestine. Le mouvement avait été dissous en 2025 pour apologie de la collaboration avec le nazisme et provocation à la haine
Plusieurs organisations nationalistes, dont l'Action française et Allobroges Bourgoin - le mouvement auquel appartenait Quentin D. - ont annoncé leur participation. Le collectif identitaire Némésis a lancé une cagnotte pour « financer » l'événement.Â
Aliette Espieux assure vouloir organiser un rassemblement « pacifique » et sans slogan partisan. La famille du jeune homme, elle, ne sera pas présente et a appelé à éviter toute récupération politique.
Où en est l'enquête ?
Pendant ce temps-là l'enquête suit son cours. Jeudi 19 février, le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a indiqué lors d'une nouvelle conférence de presse qu'onze personnes avaient été interpellées. Sept hommes ont été mis en examen : six pour homicide volontaire, comme l'avait requis le parquet, et le septième pour complicité d'homicide volontaire. Tous sont également poursuivis pour violences aggravées et association de malfaiteurs, et six d'entre eux ont été placés en détention provisoire.
Le procureur a confirmé que plusieurs mis en examen sont passés par les rangs de la Jeune Garde, organisation antifasciste dissoute en 2025. L'instruction devra établir précisément les responsabilités dans la rixe du 12 février 2026.
