Nuits de Fourvière

80 ans des Nuits de Fourvière : bals, cirques et performances 

Publié Mardi 10 mars 2026

Festival / Gravity & other myths, Rebecca Chaillon, Preljocaj... : cette année encore, le festival brosse large, des acrobaties spectaculaires à l'art de rue en passant par les performances et, évidemment, les bals, thème de cette année 2026.

Photo : Petites nuits, 2024, Cie Arcosm | Photo Paul Bourdrel

Depuis 1946 et la première "Semaine artistique de Fourvière", l'acropole lyonnaise se transforme chaque été en espace dédié aux arts. Le festival qui fait la part (très) belle à la musique embrasse depuis toujours les questions théâtrales, circassiennes, poétiques.

« Dans un spectacle, dans un bal, chacun jouit de tous », avait rédigé Charles Baudelaire dans ses Journaux intimes, en 1887. C'est peut-être dans la continuité de cette pensée, - celle de fêter toutes et tous ensemble, touché(e)s par une fièvre collective - que l'équipe des Nuits de Fourvière a composé la programmation 2026, celle-là même qui célébrera les 80 ans du festival. La thématique du bal traversera donc toute la programmation du festival avec "Les bals des Nuits" :

Évidemment, on pense en premier lieu à l'univers queer du cabaret et du bal masqué. Ainsi, on pourra (re)découvrir Madame Arthur, Barbara Butch, Noam Sinseau, dans un grand show organisé en partenariat avec le Collectif fiertés en lutte, le jour de la marche des fiertés, samedi 13 juin.

Quelques mois après la Biennale de la danse, où il avait présenté sa nouvelle création Entre-temps, le chorégraphe Philippe Découflé et la Cie DCA donnera à voir une création et production inédite : Extra bal - un karaoké de la danse, du 26 au 28 juin.

C'est au parc Blandan qu'on pourra découvrir le bal folk Cocanha, Sorgues & Fleuves porté par le Centre des musiques traditionnelles Rhône Alpes et le festival Soïo Mundo jeudi 2 juillet. On peut légitimement s'attendre à un moment dansant, faisant la part belle aux sonorités traditionnelles occitanes.

Il y aura aussi un bal pour les petites et les petits par la chorégraphe et danseuse française Jann Gallois. On lui doit l'OVNI Reverse, explorant avec jusqu'auboutisme l'idée de renversement, d'antagonisme, créé en 2019. Elle donnera une Block Party for kids le jeudi 2 juillet, à l'Odéon.

Du 3 au 4 juillet, la Halle Tony Garnier sera investie par Cercles, de Boris Charmatz. Une expérience physique collective autour de l'espace partagé, créée le 29 juin 2024 lors du Festival d'Avignon.

Du 9 au 11 juillet prochain, on pourra aussi découvrir Le Bal de Paris au théâtre Théo Argence, primé à la Mostra de Venise en 2021, il s'agit d'une œuvre chorégraphique immersive créée par la chorégraphe Blanca Li. On y sera sans nul doute invité(e)s à user de la réalité virtuelle.

Shangwe le bal de Wanjiru Kamuyu sera à découvrir le mardi 14 juillet aux Subs. Un moment de célébration du patrimoine sonore et dansant de l'Afrique de l'Est en perspective.

C'est au Grand théâtre qu'on pourra découvrir Club disco, un spectacle sonorisé par le célèbre duo de musique électronique Polo & Pan tandis qu'on découvrira la proposition de la figure française du waacking, Josépha Madoki - aussi connue sous le nom de scène Princess Madoki.  

On se note aussi La Nuit du Raï le samedi 25 juillet au Grand théâtre, par El Besta et Mohamed El Kathib. La pièce La vie secrète des vieux signée par ce dernier est au théâtre de la Croix-Rousse en ce mois de mars et rencontre un franc succès.

Collaborations probables et improbables

Côté "grandes productions" des Nuits de Fourvière, on découvrira avec impatience le travail collectif de Feda Wardak, Saïdo Lehlouh et Deena Abdelwahed. Le premier est un artiste d'origine pakistanaise, architecte‑constructeur et chercheur indépendant, le second est un danseur, chorégraphe et figure de la danse hip‑hop et la troisième est une DJ, compositrice et productrice de musique électronique d'origine tunisienne qu'on a pu voir au festival du Sucre et qu'on pourra aussi entendre aux prochaines Nuits sonores. Ils et elle proposeront la création Ce que le ciel ne sait pas, aux Subs du 4 au 6 juin.  

Le chorégraphe, danseur et directeur artistique formé au Centre national de danse contemporaine d'Angers Amala Dianor a créé Gesualdo Passione avec Les Arts Florissants, ensemble vocal et instrumental spécialisé dans la musique baroque européenne les 5 et 6 juin prochains à la Philharmonie de Paris. Le spectacle passera le vendredi 19 juin à la Maison de la danse, et devra explorer la Passion du Christ en faisant dialoguer musique baroque et danse contemporaine.  

C'est une coproduction qui sera en deux temps à découvrir les 23 et 24 juin prochain. La chorégraphe Sharon Eyal mêlera les danseuses et danseurs de S‑E‑D Dance Company, sa compagnie basée en France qu'elle dirige avec Gai Behar, à celles et ceux du Ballet de l'Opéra de Lyon dans House. Puis, elle proposera Delay the sadness, une pièce qui a été présentée en avant-première lors du Torino Danza Festival du 5 au 7 septembre 2025, avant sa première mondiale à la Ruhrtriennale en septembre 2025. Sur scène, huit danseuses et danseurs exploreront entre autres la thématique du deuil.  

Vendredi 26 juin, l'inclassable Eddy de Pretto se fera accompagner de la danseuse et chorégraphe Maud Le Pladec. Il et elle présenteront un spectacle où huit danseuses et danseurs illustreront les maux de l'artiste au Grand théâtre. Lonely club a été présenté du 11 au 14 mars 2026 au théâtre national de Chaillot, à Paris.

Preljocaj, chorégraphe français de renom, s'emparera du Lac des cygnes du 1er au 3 juillet 2026 en respectant la trame narrative originelle de Marius Petipa et Lev Ivanov sur la musique de Tchaïkovski, mais lui donnera un coup de neuf avec de la danse contemporaine, des projections vidéo, des arrangements plus modernes...

Côté cirque, on retrouve dans le théâtre antique Circa, la compagnie de cirque contemporain australienne, dirigée par le metteur en scène Yaron Lifschitz pour son spectacle créé en 2023 Revoir les étoiles, tout en acrobaties collectives et spectaculaires. À découvrir du 28 au 30 mai, c'est elles et eux qui ouvriront le festival.

Autre compagnie australienne : Gravity & other myths reviendra à son tour au festival après avoir ouvert l'édition 2025 avec l'impressionnant The Pulse. Du 16 au 16 juin 2026, ils présenteront Ten Thousand hours créé en 2021 et passé au Radiant-Bellevue en 2024.

Cirque contemporain toujours, la compagnie Sud-Africaine Zip zap circus présentera une création particulièrement énergique, Moya. Sur scène, environ 10 jeunes acrobates formés par l'école Zip Zap raconteront leurs parcours et leurs inquiétudes, tout en acrobaties.

Tandis qu'en pleine nature, au domaine de Lacroix-Laval, on pourra voir la déambulation Croire aux fauves, par Les arts oseurs du 4 au 11 juillet. On pourra aussi découvrir Frames, d'Alexander Vantournhout du 15 au 19 juillet, Da Capo, par Circus Ronaldo pour leur grand retour et sous chapiteau du 4 au 11 juillet ainsi que Sono io ?, toujours par Circus Ronaldo et sous chapiteau, du 15 au 19 juillet.

Du neuf et du moins neuf

Au musée des Confluences, on pourra découvrir Radio Live, une série de spectacles de théâtre documentaire créée par la journaliste Aurélie Charon et la réalisatrice Amélie Bonnin. Le triptyque intégral sera présenté avec Vivantes, Nos vies à venir et Réuni·es le week-end du 30 au 31 mai.

On en a beaucoup entendu parler lors de cette dernière édition du Festival de Cannes. Vimala Pons qui a crevé l'écran dans L'Attachement présentera Honda romance à la Maison de la danse du 10 au 12 juin. On y trouvera sûrement de l'absurde, de l'humour et beaucoup d'empilements.

Jeanne Désoubeaux nous emmènera dans un drôle de théâtre musical et lyrique du nom d'Avec les pieds. L'idée sera, entre autres, de rendre l'opéra accessible à toutes et tous, le mercredi 24 juin à l'Odéon.

La compagnie belge tg Stan jouera un spectacle intitulé 1, 2, 3 Poquelin. Celles et ceux qui furent régulièrement programmés par Géraldine Mercier (secrétaire générale et conseillère artistique du festival de 2006 à 2019) feront leur grand retour aux Nuits de Fourvière en revisitant l'éternelle figure de Molière, pour une première mondiale.

Peut-être une des soirées les plus attendues par la rédaction, le 5 juillet à l'Odéon, Clara Ysé invitera Angélica Liddell, Abdullah Miniawy, Laura Vazquez... pour une Nuit de la poésie. On parle ici d'une artiste espagnole majeure du théâtre contemporain, d'un artiste égyptien multidisciplinaire afficionado des chants soufis comme du spoken word et d'une autrice de poésie tout simplement inégalable (elle est aussi performeuse). La rencontre est prometteuse.

Un peu d'art de rue : la compagnie Lapin 34 investira l'esplanade de l'Odéon le lundi 6 juillet pour présenter Anti, une relecture contemporaine du mythe d'Antigone de Sophocle, dans un univers de supporters, d'hooligans, et d'ultras.

Le chorégraphe, interprète et directeur artistique basé à Bruxelles Habib Ben Tanfous viendra jouer le spectacle Orchestre vide, longing for you qui devrait être créée en avril 2026 aux Subs. Il s'agit d'une performance qui devrait explorer la question de la vulnérabilité et la réinvention de soi via l'expérience du karaoké.

Last but not least, on retrouvera la metteuse en scène, autrice et performeuse Rébecca Chaillon dans La parabole du seum qui sera créée en juin 2026 au festival Wiener Festwochen avant d'arriver aux Subs, du 16 au 19 juillet. Le spectacle s'inspirera des vies croisées d'une popstar et d'une astrophysicienne issues de la banlieue stigmatisée de Saint‑Denis, à l'instar de son autrice. 
 
Nuits de Fourvière
Du 28 mai au 25 juillet 2026 dans toute la métropole de Lyon ; de 13 à 53€