Pulp, Massive attack, Lorde, Little Simz, Kery James : les Nuits de Fourvière 2026 entre grandes figures et hybridation des styles
Festival / Premier concert le 2 juin, dernier le 25 juillet : pour fêter ses 80 ans, le festival s'offre une programmation musicale dense où dialoguent figures majeures et découvertes, entre hommages, explorations sonores et rendez-vous festifs.
Photo : Gesaffelstein au Grand theatre, Nuits de Fourvière 2025 © Juliette Valero
Depuis 1946 et la première « Semaine artistique de Fourvière », l'acropole lyonnaise se transforme chaque été en espace dédié aux arts. En regard d'une programmation qui embrasse danse, cirque, théâtre et poésie, la musique, sous toutes ses formes, s'affirme comme l'une des grandes protagonistes des nuits estivales de la ville.
Des samedis thématiques
La belle habitude de consacrer les samedis à des soirées thématiques se renouvelle et se renforce cette année. Le cycle s'ouvre le 6 juin par un focus sur la scène française réunissant Odezenne, Yelle et Melba. Le samedi suivant le programme annonce le retour de l'équipe de l'iconique cabaret parisien Madame Arthur, accompagnée cette année par la DJ Barbara Butch et l'humoriste et danseur Noam Sinseau.
Les derniers samedis de juin seront marqués par deux nuits dédiées au hip-hop et à la soul. Le 20 juin les hybridations R'n'B et electro d'Ino Casablanca, le rap sophistiqué de Yamê et l'univers introspectif et cinématographique d'Asfar Shamsi se croiseront l'espace d'une nuit. Sept jours plus tard, Curtis Harding, avec sa voix qui redessine les contours de la soul contemporaine, et José James, chanteur suave incarnant à merveille l'art du genre-bending, rendront hommage à l'un des Sept jours plus tard, Curtis Harding, avec sa voix qui redessine les contours de la soul contemporaine, et José James, chanteur suave incarnant à merveille l'art du genre-bending, rendront hommage à l'une des figures tutélaires de cette musique : Marvin Gaye.
Le 4 juillet, la colline de Fourvière se fera le quartier général des artistes lyonnais, lors d'une soirée électronique imaginée en partenariat avec Reperkusound, réunissant le duo Trinix, auteur d'une impressionnante ascension internationale, ainsi que Plüm et Dowdelin. Le week-end suivant, le festival mettra à l'honneur les sonorités cubaines réunissant les mythiques Los Van Van, l'héritier direct de la tradition rurale Eliades Ochoa et la violoniste et chanteuse Yilian Cañizares.
Le 18 juillet, place à un club disco porté par l'electro solaire de Polo & Pan et la chorégraphe et danseuse de waacking Josépha Madoki. Enfin, la Nuit du raï, imaginée par le collectif El Besta et le metteur en scène Mohamed El Khatib, viendra clore le festival le samedi 25 juillet dans une atmosphère résolument festive.
World music, symphonique et jazz
La musique originaire d'Oranie sera à l'honneur dès l'une des premières soirées du festival, le 7 juin, entièrement dédiée aux Dames du raï. Quelques jours plus tard, le 12 juin, une constellation de voix capverdiennes (Mayra Andrade, Elida Almeida, Ceuzany, Lucibela et Teófilo Chantre) se réunira pour faire revivre l'âme musicale morna laissée par Cesária Évora.
Le 17 juin, la grandiose Symphonie n°2 de Mahler, sera magnifiée par l'élégance visuelle d'Étienne Guiol et la direction musicale de Daniele Rustioni, à la tête de l'orchestre et des chœurs de l'Opéra de Lyon. L'avant-dernier jour du festival, le Grand Théâtre accueillera A painted symphony, spectacle immersif inspiré du jeu vidéo Clair Obscur : Expédition 33, RPG devenu un véritable phénomène planétaire.
Si, en 2026, le jazz semble se faire plus discret dans la programmation des Nuits, il affleure en filigrane dans plusieurs soirées, à l'instar du concert de Selah Sue and The Gallands (25 juin), avant d'être pleinement mis à l'honneur le 19 juillet, au moment où les pianistes Maki Namekawa et Thomas Enhco croiseront leurs claviers pour une relecture, entre fidélité et invention, du Köln Concert de Keith Jarrett, quintessence éternelle de l'improvisation.
La pop et la folk comme expériences sensibles et intimes
Comme à l'accoutumée, la programmation accorde une large place aux voix de l'émotion. Le mois de juin s'ouvrira avec l'univers sophistiqué de Bertrand Belin et l'épure folk-pop de Yael Naim (3 juin). Vanessa Paradis (8 et 9 juin) poursuivra cette veine avec son récent virage esthétique teinté de soul et de trip-hop.
Le 9 juillet marquera le retour à Lyon d'Agnes Obel et de son introspection mélancolique, après une période difficile et à l'approche d'un nouvel album ; la pop éthérée et viscérale de la Néo-zélandaise Lorde, investira le Grand Théâtre quelques jours plus tard, le mercredi 15 juillet.
Le lendemain, la folk dramatique veinée de blues d'Asaf Avidan (16 juillet), auteur avec le récent Unfurl d'une oeuvre puissante, presque cinématographique, ouvrira la marche, avant que ne se succèdent la pop minimaliste et nocturne de Charlotte Cardin (17 juillet), puis les paysages oniriques du narrateur d'images Patrick Watson (20 juillet).
Le 21 juillet réunira deux univers sensibles : l'impressionnisme délicat de Vincent Delerm et la verve théâtro-littéraire de Vincent Dedienne. Enfin, le 23 juillet, l'ironie raffinée du projet de Neil Hannon, The Divine Comedy, viendra apporter sa touche d'élégance singulière.
Hip-hop : parole, récit et réalité sociale
Le mois de juin s'ouvrira sur un espace de subjectivation où la musique devient lieu de parole et de construction identitaire. Le premier concert des Nuits, le 2 juin, prendra la forme d'une création : Supersonic social club, collaboration entre Youssoupha et MC Solaar. Deux jours plus tard, Little Simz, l'un des projets les plus ambitieux dans le panorama du hip-hop contemporain, déploiera son flow introspectif et ciselé. De son côté, le 5 juin, Gaël Faye donnera à entendre son rap poétique et littéraire.
Plus tard dans le festival, le rap conscient et incendiaire de Kery James fera résonner ses engagements, tandis que le duo Isha et Limsa d'Aulnay (22 juillet) présentera en ouverture de la même soirée, l'univers trap et urbain de leur remarquable diptyque Bitume Caviar.
Rock et indie : l'énergie de la scène
Le retour de Jack White (18 juin) aux Nuits, et au rock brut qui l'a consacré, ne peut être qu'une excellente nouvelle. Le 13 juillet, Wet leg et Lambrini girls feront également vibrer la scène après leurs récents concerts en ville à guichets fermés.
Autre moment incontournable : le 8 juillet verra le retour de Pulp, revenu l'an dernier avec le foisonnant More, premier album en près d'un quart de siècle.
Électro, groove et expériences immersives
L'évocation des expériences immersives dessine immédiatement un paysage sonore fait de pulsations et de mouvement. Qui mieux que Massive attack - l'un des projets ayant profondément marqué la musique des années 90 - pour transformer l'écoute en expérience presque physique ? Le groupe sera de retour sur la colline huit ans après son dernier passage, cette fois pour deux soirées, les 10 et 11 juin.
À suivre : la pop électronique rétro et cinématographique de Sébastien Tellier (19 juin), ainsi qu'une soirée entre le projet space rock / trip-hop / post-électro Darkside, réunissant Nicolas Jaar, Dave Harrington et Tlacael Esparza, et les expérimentations kraut et dark electro des Canadiens Suuns (10 juillet).
Formes hybrides : danse et croisements artistiques
Pour clore la programmation, plusieurs projets s'éloignent du format classique du concert et explorent des formes hybrides mêlant musique, performance et danse. C'est le cas de Lonely Club, collaboration entre le chanteur Eddy de Pretto et la chorégraphe Maud Le Pladec (26 juin), qui explore l'isolement intérieur au cœur même de la présence collective. Le 7 juillet, Camille se produira en version symphonique avec l'Orchestre national de Lyon. Après le succès du film Emilia Pérez de Jacques Audiard, ce format élargi apparaît comme un terrain idéal pour éprouver la richesse de ses textures vocales et l'ampleur de son univers sonore.
Nuits de Fourvière
Du 2 juin au 25 juillet 2026 (programmation musicale) aux Théâtres romains de Fourvière (Lyon 5e) ; de 13 à 85€ la soirée
