Dette, épargne, investissements : l'audit financier ouvre le débat sur la trajectoire de la Métropole
Audit / Présenté ce lundi 22 juin par Pascal Rothé, vice-président aux finances de la commande publique, de l'évaluation des politiques publiques et du numérique, l'audit financier commandé par la nouvelle majorité dresse un état des lieux des finances métropolitaines. Baisse de l'épargne, progression de la dette, financement des investissements à venir : les conclusions du document ont suscité plusieurs échanges lors du conseil métropolitain.
Photo : Capture d'écran du conseil métropolitain du lundi 22 juin 2026
Comme de nombreuses collectivités après une alternance, la Métropole de Lyon a commandé un audit financier en début de mandat. Les principaux enseignements ont été présentés lundi 22 juin par Pascal Rothé, vice-président aux finances. Les élu(e)s métropolitains n'ont toutefois pas eu accès au rapport complet au moment du conseil. Seuls les éléments présentés par l'exécutif et le cabinet chargé de l'étude ont été communiqués.
Une épargne en baisse depuis 2019
L'audit souligne une dégradation de plusieurs indicateurs financiers au cours des dernières années. L'épargne brute, qui permet à la collectivité de financer une partie de ses investissements sans emprunter, est passée de 486 millions d'euros en 2019 à 361 millions d'euros en 2025. Dans le même temps, les dépenses de fonctionnement ont progressé plus rapidement que les recettes.
Selon les données présentées, cette évolution s'accentue à partir de 2023 et conduit à un recours plus important à l'emprunt pour financer les investissements. La dette atteint désormais près de 2 milliards d'euros. Entre 2024 et 2025, elle a, d'après l'audit, augmenté d'environ 200 millions d'euros. Pascal Rothé a également évoqué une dynamique moins favorable des recettes de fonctionnement dans les années à venir, dans un contexte économique jugé plus incertain.
Des marges d'investissement plus limitées
Le rapport s'intéresse également à la capacité d'investissement future de la Métropole. Selon les scénarios retenus par le cabinet, le budget principal pourrait financer entre 1, 8 et 2, 6 milliards d'euros d'investissements sur le mandat. Ces projections reposent notamment sur différentes hypothèses de croissance et de recours à l'emprunt. Les auditeurs rappellent également que 1, 7 milliard d'euros d'autorisations de programme ont déjà été votées.
À l'inverse, les budgets annexes consacrés à l'assainissement et à la gestion des déchets disposent encore de capacités d'investissement importantes, évaluées à près d'un milliard d'euros.
SDMIS, collèges et Sytral
Parmi les principaux points de vigilance identifiés figurent plusieurs dépenses susceptibles d'augmenter dans les prochaines années.
L'audit évoque la situation financière du SDMIS, qui pourrait conduire à une hausse des contributions versées par les collectivités. Le document pointe également une possible sous-évaluation de certaines dépenses liées aux collèges. Les auditeurs mentionnent aussi le risque d'une participation accrue des collectivités au redressement des finances publiques nationales.
Le programme d'investissement du Sytral est également cité. Avec près de 6 milliards d'euros prévus, il constitue l'un des principaux engagements financiers du territoire. L'audit estime que cette trajectoire devra être examinée au regard de l'évolution des équilibres financiers.
Une présentation contestée par l'ancienne majorité
Les échanges ont surtout porté sur l'interprétation des conclusions de l'audit. Pascal Rothé a notamment rappelé en propos liminaires que la baisse des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), liée au ralentissement du marché immobilier, avait fortement affecté les recettes des collectivités locales ces dernières années.
En présentant les résultats du cabinet EY, le vice-président aux finances a ensuite évoqué des équilibres financiers « dégradés » et estimé que la trajectoire suivie ces dernières années risquait de réduire les capacités d'investissement de la Métropole. Face à cette lecture, les élus de l'ancienne majorité ont opposé les résultats du compte financier unique (CFU) 2025, également soumis au conseil métropolitain. Ce document, qui retrace l'exécution réelle du budget, fait apparaître un excédent de 139 millions d'euros. Renaud Payre ancien vice-président de la Métropole de Lyon délégué à l'habitat, au logement social et à la politique de la ville a ainsi dénoncé des analyses de campagne qu'il juge aujourd'hui contredites par les comptes de la collectivité. L'élu écologiste a également ironisé sur le coût de l'étude, estimé à 70 000 euros. « 70 000 euros pour découvrir une bonne nouvelle », a-t-il lancé en séance.
L'ancien exécutif défend par ailleurs le choix d'avoir maintenu un niveau élevé d'investissement malgré ce contexte. Pour les élus, l'augmentation de la dette doit être mise en regard des projets réalisés et des politiques publiques maintenues durant le mandat précédent.
Plusieurs conseiller(e)s métropolitains ont également regretté de ne pas avoir pu consulter le rapport dans son intégralité avant le débat. Ils estiment que la présentation réalisée en séance ne permettait pas d'apprécier l'ensemble des conclusions du cabinet. L'ancienne majorité souligne enfin que l'audit représente une dépense d'environ 70 000 euros et que plusieurs constats présentés étaient déjà connus à travers les documents budgétaires de la collectivité.
Maintien de la dotation aux communes
Lors du même conseil, les élus ont adopté une délibération concernant la dotation de solidarité communautaire, versée par la Métropole aux communes de son territoire. Alors qu'une baisse était prévue à partir de 2026 selon les critères adoptés en 2022, l'exécutif a choisi de maintenir un niveau de dotation comparable à celui de 2025. Les communes percevront dès cette année un acompte correspondant à la moitié des sommes versées l'an dernier. Un groupe de travail transpartisan doit par ailleurs être mis en place afin de définir de nouveaux critères de répartition à partir de 2027.

