À la Source du Magma

Magma + Chromb !



ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement

Considéré comme l'un des groupes les plus fous et les plus influents de ces 40 dernières années, aussi adulé que gentiment moqué, Magma, son zeuhl et son kobaïen sont toujours là, 35 ans après leur création. La preuve cette semaine. Stéphane Duchêne

Magma, comme ça, vu de l'extérieur, c'est le groupe typique des années 70. Une espèce de gloubiboulga conceptuel qui a durablement – et positivement – traumatisé une génération de vendeurs de hi-fi à catogan, jamais remis de leur jeunesse. Mais Magma, c'est avant tout la créature d'un autre fou génial, Christian Vander. Un type qui, par la grâce d'un père lui-même musicien, a grandi au milieu des jazzmen et notamment des batteurs Elvin Jones et Kenny Clarke qui passaient régulièrement à la maison. C'est même Chet Baker qui lui offrit sa première batterie. Il sera forcément musicien.

 

Batteur, donc. Même si c'est un autre saxophoniste qui motive cette vocation : John Coltrane, dont le free-jazz offre un horizon de possibilités. Vander crée Magma en 1969 après avoir fait ses armes dans le jazz sous divers noms, toujours bizarres, avec une ambition plutôt démesurée et une formation qui l'est tout autant mais dont il reste le maître. Il y malaxe toutes ses influences : de Stravinski à Coltrane, donc, de Carl Orff à Zappa. Inutile de dire que Magma fait une entrée fracassante sur la scène pop. D'autant que le groupe chante en kobaïen, une langue inventée par Christian Vander, qui contribuera largement au culte du groupe.

 

1001° centigrades

 

Jazz-rock, rock-progressif, musique expérimentale, Magma est un peu tout cela à la fois. Vander appellera ce style le zeuhl, puisqu'on n'est finalement jamais mieux servi que par soi-même quand il s'agit de se coller une étiquette. Les albums comme 1001° centigrades (1971) ou Mekanik Destructïw Kommandöh (1973) sont fascinants et à l'époque, même si c'est un choc culturel, Magma a droit à des prime-time (!). Mais c'est en concert surtout que Magma fait sa réputation, s'y transformant volontiers en bombe volcanique, et allant jouer jusqu'au festival de Newport avec... Elvin Jones.

 

Les albums se succèdent, les musiciens prestigieux aussi – Didier Lockwood en fera partie – et Magma s'enfonce toujours un peu plus dans un univers opaque et ésotérique dont seul Vander semble avoir les clés (on se dit même parfois qu'il semble les avoir perdues), mais qui aura une influence considérable sur tout un pan de la musique mondiale (dont probablement Chromb ! qui fait sa première partie). Pas moins de quatorze albums sont produits jusqu'en 1984, mais dès 1976, le groupe – y compris Vander – se disperse en une multitude de projets parallèles (Zao, Alien Quartet, Vander Trio, Offering). Dans les années 1990, Vander réactive Les Voix de Magma, puis repart pour un tour (concerts, nouveaux disques) qui n'est aujourd'hui toujours pas fini, 35 ans après.

 

 

Magma + Chromb !, samedi 24 mai à 20h30, à la Source

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