Otages à Entebbe : vol suspendu

Otages à Entebbe
De José Padilha (Angl, 1h47) avec Rosamund Pike, Daniel Brühl...

de José Padilha (G.-B., 1h47) avec Daniel Brühl, Rosamund Pike, Eddie Marsan…

1976. Convergence des luttes terroristes : des membres du Front populaire de libération de la Palestine reçoivent le soutien de gauchistes allemands des Cellules révolutionnaires afin de détourner un vol Athènes-Tel Aviv vers l’Ouganda et de protester contre la politique israélienne…

À certains égards, le réalisateur brésilien José Padhila signe ici une double reconstitution historique. Il fabrique un "film d’époque" assez convaincant avec ses coupes de vêtements ajustées et ses cheveux gras seventies. Dans le même temps, il renoue avec ces euro-puddings qui faisaient jadis florès sur les écrans : des coproductions internationales causant dans une langue véhiculaire (donc l’anglais), farcies de stars représentant chacun des pays contributeurs. Douce aberration, qui nous donne ici à entendre Yitzhak Rabin et Shimon Peres échanger dans l’idiome de Churchill – l’un des deux interprètes étant britannique. Pas rédhibitoire, mais légèrement contrariant.

Cela étant dit, Otages à Entebbe a le mérite d’ouvrir une brèche en abordant un événement peu relaté, et dévoile quelques rouages de la mécanique du Cabinet israélien. Bien que le film réponde aux codes du genre, l’approche diffère d’une démarche "à l’américaine" : la structure chorale du récit permet de comprendre les motivations de chaque partie, dans ce contexte géostratégique inflammable. L’événement apparaît surtout comme un point d’inflexion dans la politique de l’État hébreu, le moteur de la future tentative de rapprochement avec les Palestiniens ; en outre, il n’y a pas d’héroïsation du commando procédant à la libération des otages. Padilha accentue enfin son désir de dissonance en insérant des séquences de danse – un contrepoint des plus intrigants, mais dramatiquement efficace. Bref, si tout n’est pas réussi, le parti pris mérite d’être salué.

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