La Source des femmes

ECRANS | De Radu Mihaileanu (Fr, 2h04) avec Leila Bekhti, Hafsia Herzi, Hiam Habass…

Christophe Chabert | Vendredi 28 octobre 2011

Avec Le Concert, Radu Mihaileanu avait prouvé qu'il aimait bien les clichés ethniques et pittoresques pour construire de la comédie à vocation internationale. Au moins faisait-il preuve d'un petit talent de storyteller… Avec La Source des femmes, il n'y a plus que la maladresse et les clichés, le scénario se délayant dans une longue et confuse fiction chorale illustrée façon téléfilm de luxe.

Chez Mihaileanu, au nom du conte, on peut prendre des actrices françaises et résumer grossièrement leurs origines (pas marocaines, algériennes ou tunisiennes ; juste arabes) ; oui, mais c'est un film féministe ! On peut aussi diviser l'orient en deux catégories : les musulmans gentils (poètes, tolérants, respectueux de leurs femmes) et les musulmans méchants (le Coran à la main pour flanquer des roustes à leurs épouses) ; oui, mais c'est un film humaniste !

On peut enfin, en guise de conclusion rassurante façon feel good movie, terminer son film par de la danse et des chansons, des beaux costumes, des youyous et tout le monde est content ; oui, mais c'est un film d'auteur ! Au secours…

Christophe Chabert

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"L’Histoire de l’Amour" de Radu Mihaileanu tombe à plat

ECRANS | de Radu Mihaileanu (Fr., Can., E.-U., Rou., 2h14) avec Derek Jacobi, Sophie Nélisse, Gemma Arterton, Elliott Gould…

Vincent Raymond | Mardi 8 novembre 2016

Soixante ans après l’interruption de son histoire passionnée avec Alma, Léo, un rescapé de la Shoah, croise une adolescente en proie aux tourments de son âge. La donzelle se prénomme également Alma, à cause d’un mystérieux livre narrant l’amour absolu de Léo pour sa dulcinée… Histoires cycliques imbriquées les unes dans les autres, amours transatlantiques, amis imaginaires, toile de fond tragique, brouilles familiales, convoitises, trahisons, décor new-yorkais, imposture littéraire, distribution de prestige et BO appuyant là où ça pique les yeux… En vérité, on avait tout pour composer une fresque comme Radu Mihaileanu se plaisait jadis à les brosser à l’époque de Va, vis et deviens (2005) ; ne manquait qu’un vrai souffle épique pour unifier tout ça. Las ! L’on passe en effet ici d’un chapitre ou d’une époque à l’autre, dans un saute-mouton dépourvu de fluidité. Résultat : ce que récit y gagne en – involontaire – destructuration conceptuelle, il le perd en romantisme ; et l’histoire, en définitive, ne s’élance jamais.

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Cannes jour 11 : À sec

ECRANS | Il était une fois en Anatolie de Nuri Bilge Ceylan. La Source des femmes de Radu Mihaileanu. Elena d’Andrei Zviagintsev.

François Cau | Lundi 23 mai 2011

Cannes jour 11 : À sec

Le mystère des sélections cannoises n’étant pas si impénétrable que ça, il faut dire ici que des fuites avaient eu lieu concernant la présence en compétition du dernier Nuri Bilge Ceylan, Il était une fois en Anatolie. Le metteur en scène turc, autrefois chéri du festival (double prix pour Uzak, sélection officielle pour Les Climats, Prix de la mise en scène pour Les Trois singes), allait en 2011 prendre la place du cinéaste qui vient à Cannes pour «se suicider», après Mikhalkov en 2010, Tsai Ming Liang en 2009 et Wenders en 2008. La projection officielle de ce film fleuve (2h37) le samedi à 22h30 en disait assez long sur l’envie de le planquer sous le tapis, sachant qu’à cet instant du festival, la plupart des accrédités ont déjà fait leurs valises pour rentrer à la maison. Plans tableaux sans fin, dialogues en boucle, personnages opaques : au bout d’une heure, non seulement il ne s’était toujours rien passé à l’écran, mais on n’avait aucune idée de là où Bilge Ceylan voulait en venir. Du coup, on est tout bonnement rentré se coucher pour être frais le lendemain. Mais si j’avais su qu’une autre épreuve m’atte

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