Les Hauts de Hurlevent

ECRANS | D’Andrea Arnold (Ang, 2h08) avec Kaya Scodelario, James Howson…

Christophe Chabert | Lundi 3 décembre 2012

Photo : © Hanway - Diaphana


Pourquoi une nouvelle adaptation des Hauts de Hurlevent, après celles de Wyler, Buñuel ou Rivette ? C'est d'abord pour Andrea Arnold un défi : tester son style si contemporain dans le cadre d'un film en costumes. Le résultat est très puissant. Format carré, caméra à l'épaule, lumière presque exclusivement naturelle, détail extrême de chaque bruit sur la bande-son, absence de musique ; Arnold fait ainsi voler en éclat toute tentation d'académisme. Idem pour la narration, sèche et sans pathos, à base de blocs reliés par d'énormes ellipses. Là où Les Hauts de Hurlevent impressionne, c'est parce que cette logique de contrepied (à laquelle on peut ajouter la liberté qui consiste à avoir fait d'Heathcliff un noir) finit par rendre justice au romantisme noir et cruel d'Emily Brontë. La deuxième partie notamment parvient à retranscrire toutes les vibrations sentimentales des personnages par une simple retranscription de la nature environnante, comme dans un tableau de Turner. Une réussite qui confirme, après Red road et Fish Tank, qu'Andrea Arnold joue dans la cour des grand(e)s.

Christophe Chabert

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ECRANS | Pour son deuxième long-métrage, Andrea Arnold filme à juste distance du style et du réalisme la quête identitaire et familiale d’une ado sauvage qui se rêve danseuse de hip-hop. La révélation de la rentrée. Christophe Chabert

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Fish Tank

Si Red road, premier long de la réalisatrice anglaise Andrea Arnold, avait déjà séduit par sa maîtrise et son culot, Fish Tank, son nouveau film (et son deuxième prix du jury à Cannes !), confirme et amplifie cette sensation. Il faut dire que la cinéaste sait capter l’attention des spectateurs dès ses premiers plans… Quelque part entre les Dardenne et le Gus Van Sant d’Elephant, elle accompagne la marche d’une adolescente indocile, Mia (et son interprète, la remarquable Katie Jarvis), dans le paysage désolé d’une banlieue de tours et de terrains vagues, en caméra portée et écran carré — pied de nez gonflé au 16/9 triomphant. Comme pour bousculer ce programme «réaliste social» très anglais, Arnold fait basculer son introduction dans l’étrange, grâce à la rencontre avec un cheval attaché que Mia essaye de libérer. En dehors du symbole un peu appuyé (la fougue entravée est aussi celle de Mia), cet animal incongru dans le décor du film indique au spectateur que Fish Tank va s’autoriser aussi beaucoup de libertés. Mia farouche Il y a donc un fil rouge, celui de Mia : en conflit avec une mère (superbe de sensualité, et pour cause, c

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