La Chair de ma chair

ECRANS | De Denis Dercourt (Fr, 1h16) avec Anna Juliana Jaener, Matthieu Charrière…

Christophe Chabert | Mercredi 10 juillet 2013

À l'heure des débats corporatistes autour des conventions collectives et des sources de financement, on devrait louer les initiatives sauvages de ces films fièrement tournés en dehors de toute économie "classique". Denis Dercourt, probablement impatient de racheter l'échec de son il est vrai raté Demain dès l'aube, a donc réalisé presque seul (image, son, scénario, mise en scène) La Chair de ma chair, qui revient à son sujet de prédilection : les rapports obsessionnels des parents et des enfants, ici réduits à la névrose d'une mère qui tue des hommes pour récupérer leur sang et nourrir sa fille, atteinte d'un mal mystérieux.

La violence du propos et de certaines séquences rendaient sans doute l'affaire impossible à produire par les canaux habituels, vue la frilosité ambiante. Mais cette pauvreté de moyens est traître : les comédiens sont très mauvais, l'image est affreuse – une sorte de cache flou rajouté sur tous les plans en post-production – et la plupart des scènes sont dépourvues de conflits, si bien qu'on est en droit de se demander si le format court n'eût pas été préférable. La glauquerie du film pourrait lui donner, avec la patine du temps, une petite aura culte ; mais là, tout de suite, c'est plutôt un handicap de plus.

Christophe Chabert

Sortie le 24 juillet


La Chair de ma chair

De Denis Dercourt (Fr, 1h16) avec Anna Juliana Jaenner, Mathieu Charrière...

De Denis Dercourt (Fr, 1h16) avec Anna Juliana Jaenner, Mathieu Charrière...

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Anna aime sa fille plus que tout au monde et est prête à tous les sacrifices pour la nourrir. Mais l’assassinat de plusieurs personnes qui se sont approchées d’elle fait peser des soupçons sur sa santé mentale...


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En équilibre

ECRANS | De Denis Dercourt (Fr, 1h30) avec Albert Dupontel, Cécile De France…

Christophe Chabert | Lundi 13 avril 2015

En équilibre

Cascadeur équestre, Marc est victime d’un accident qui le laisse dans un fauteuil roulant. C’est alors qu’il rencontre Florence, agent d’assurance chargée de l’indemniser, envers qui il éprouve d’abord méfiance et hostilité, avant de découvrir qu’elle possède une sensibilité et un cœur derrière sa carapace de bourgeoise froide. En équilibre prouve que, dans la carrière de Denis Dercourt, La Tourneuse de pages faisait office d’accident heureux. Et encore, c’est bien par son scénario et par ses acteurs que le film s’avérait un tant soit peu marquant, la mise en scène étant déjà très standard. Ici, tout est proche de l’encéphalogramme plat : l’évolution des personnages et de leur relation se fait selon un schéma incroyablement prévisible, et les deux comédiens jouent cette partition sans conviction, comme s’ils avaient conscience de la banalité de ce qu’on leur demandait de jouer. On a même le sentiment que le handicap, depuis Intouchables, est une garantie d’émotions faciles, un sujet bankable qui autoriserait la mise en chantier du moindre téléfilm

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