"Message from the King" : la vengeance dans la peau

ECRANS | de Fabrice Du Welz (G.-B.-Fr.-Bel., int. -12 ans avec avert., 1h42) avec Chadwick Boseman, Luke Evans, Teresa Palmer…

Vincent Raymond | Mardi 9 mai 2017

Parti du Cap, Jacob King atterrit en urgence à Los Angeles. Il a sept jours et 600 $ pour retrouver sa sœur Bianca, mystérieusement disparue. Très vite, il découvre son corps à la morgue mais aussi qu'un réseau de dealers, un producteur pédophile et un dentiste vénal sont liés à sa mort…

Il a dû se faire plaisir Fabrice Du Welz, en tournant ce film aux faux-airs de blaxploitation, où les bas-fonds crasseux du New York des années 1970 sont troqués contre un L.A. contemporain, alliant visage sinistre et indécente opulence. En bon disciple du cinéma de genre, il respecte le cahier des charges, en réunissant une cohorte d'affreux aussi patibulaires que pervers, une donzelle en danger, dont le sauvetage assurera la rédemption du héros – qui a forcément un carnaval de choses à se reprocher, de l'abandon de sa sœur aux avoinées qu'il distribue. Jacob King a, en outre, des accents eastwoodiens, marquant physiquement les coups qui lui sont prodigués.

On pourrait croire à un pur film d'action et d'ambiance, misant davantage sur l'efficacité que sur l'inventivité de son script. Mais un ultime et (très) léger twist lui donne un supplément de relief, en justifiant les moyens employés par le héros pour parvenir à ses fins. Bien vu.


Message from the King

De Fabrice Du Welz (Angl-Fr-Bel, 1h42) avec Chadwick Boseman, Luke Evans...

De Fabrice Du Welz (Angl-Fr-Bel, 1h42) avec Chadwick Boseman, Luke Evans...

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Jacob King débarque de Cape Town à Los Angeles, à la recherche de sa sœur disparue. Un étranger dans un monde dont il ne connait rien. 600 dollars en poche et un billet de retour pour Cape Town 7 jours plus tard.


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"Adoration" : Ardennes que pourra

ECRANS | « Mes jeunes années (…)/Courent dans les sentiers/Pleins d'oiseaux et de fleurs », chantait Charles Trenet. À ce tableau pastoral, Fabrice Du Weltz ajoute sa touche d’intranquillité et de dérangement faisant d’une fuite enfantine une course éperdue contre (ou vers) l’âge adulte.

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Adolescent d’une petite dizaine d’années, Paul vit dans l’enceinte d’un hôpital psychiatrique où sa mère travaille. Lorsque Gloria, jeune patiente de son âge est internée, Paul éprouve pour elle une fascination intense. Un acte irréversible va lier leurs destins et les entraîner dans une cavale folle… Retour aux fondamentaux pour Fabrice Du Welz, que sa parenthèse – ou la tentation ? – hollywoodienne avait sinon dispersé, du moins un peu dérouté de sa ligne originelle. Ultime volet de sa "trilogie ardennaise", Adoration n’en est certes pas le moins sauvage ni le moins exempt de mystères non élucidés, mais il semble convertir en lumière pure la vitalité débordante de ses protagonistes. Et même s’autoriser, suprême audace, une espérance dans une conclusion en forme d’épiphanie. Le cadre lui-même s’avère propice puisque la nature dans laquelle se dissolvent les fugitifs déborde de vie, de bienfaits estivaux et de rencontres favorables ; quant aux poursuivants, ils demeurent à l’état de silhouettes – rien à voir avec La Nuit du chasseur ! Ados adorés En fait, Gloria et Paul transportent avec eux leur

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"My Wonder Women" : Gloria aux lassos

ECRANS | de Angela Robinson (ÉU, 1h49) avec Luke Evans, Rebecca Hall, Bella Heathcote…

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Université de Harvard, années trente. Chercheur en psychologie avec son épouse, le Pr Marston recrute pour l’assister une étudiante, qui devient l’amante du couple. Ce ménage à trois leur vaut d’être virés. Marston rebondit en instillant ses théories dans une BD féministe, Wonder Woman… La première authentique héroïne de comics méritait bien qu’on rétablisse les conditions particulières de sa genèse faisant d’elle un personnage ontologiquement transgressif, épousant les penchants SM et le goût pour le bondage de son créateur que la censure et le politiquement correct tentèrent d’atténuer à plusieurs reprises. Dominatrice, indépendante, désinhibée, dotée d’un audacieux caractère, Wonder Woman est un fantasme accompli en même temps qu’un modèle d’émancipation. Hélas, le révisionnisme esthétique dont la fiction s’est fait une spécialité ordinaire (notamment en glamourisant à outrance les protagonistes) résonne ici comme une contradiction absolue. Plutôt que de préférer l’évocation réaliste (on ne parle pas de ressemblance ni de mimétisme), la réalisatrice Angela Robinson a opté pour un trio de mannequins aux mensurations parfaites, qu’e

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Alan Menken : « Avec Disney, c’est dans le journal que je découvre mon prochain projet ! »

ECRANS | Alan Menken a conquis en 1992 deux de ses nombreux Oscars pour la B.O. de "La Belle et la Bête". Toujours fringant et tressautant, il a ajouté quelques titres pour la nouvelle version en prises de vue réelles qui sort ce mercredi 22 mars. Rencontre autour d’un piano.

Vincent Raymond | Mardi 21 mars 2017

Alan Menken : « Avec Disney, c’est dans le journal que je découvre mon prochain projet ! »

Après le film d’animation et la comédie musicale, vous signez ici votre 3e partition pour La Belle et la Bête. Vous êtes encore inspiré ? Alan Menken : Quand on est chez Disney, on ne sait jamais où on en est, ni si on en a fini. Maintenant, ils parlent de faire La Petite Sirène et Aladdin en images réelles. Vous savez, ils ne me demandent pas mon avis. C’est dans le journal que je découvre quel sera mon prochain projet ! Comment composez-vous ? Toujours de la même manière : je recherche l’arc dramatique de l’œuvre en elle-même, puis j’essaie de construire un arc musical qui l’épouse et permette d’en suivre l’évolution. Pour le premier film de 1991, il fallait que la musique dénote et connote la France, mais aussi de la romance, du mystère. Le fait que ce soit un film d’animation musical pour Disney, avec des personnages enchantés, a coloré et ouvert la partition. S’il s’était agi de faire une mu

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"La Belle et la Bête" : il était (encore) une fois…

ECRANS | de Bill Condon (É.-U., 2h14) avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans...

Vincent Raymond | Mardi 21 mars 2017

La jeune et pure Belle accepte de prendre la place de son père, capturé par la Bête – un prince charmant transformé en monstre par une sorcière. L’amour que Belle va lui porter pourrait lever le charme ; hélas, Gaston, un bellâtre bélître et jaloux, va tout faire pour les séparer… C’est au tour de La Belle et la Bête (1991) de bénéficier de la vaste entreprise de transposition du répertoire animé en prises de vues réelles. Appartenant au second "âge d’or" de la firme Disney, il se trouve donc archi-cousu de chansons (bien plus encore que Cendrillon ou Le Livre de la Jungle), voire conçu comme une comédie musicale. Une romance appelant du merveilleux, du chamarré et de la fantaisie, là où la trame supporterait volontiers un supplément de mélancolie, de gothique, de fantastique. Ici, les crocs de la Bête disparaissent bien vite lorsque Belle commence à l’amadouer ; et les personnages/objets parlants secondaires, adjuvants destinés à adoucir le cadre terrifiant, prennent une telle place qu’ils envahissent l’écran – d’autant qu’ils sont tous campés en V.O. par des comédiens plus connus que les premiers rôles à l’image.

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Alleluia

ECRANS | Fabrice Du Welz passe au tamis du surréalisme belge "Les Tueurs de la lune de miel", film américain de 1970, pour une version qui, malgré ses embardées baroques, son humour très noir et un Laurent Lucas absolument génial, reste un peu trop proche de son modèle. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Alleluia

Météore cinématographique, Les Tueurs de la lune de miel appartient à cette catégorie de films dont le souvenir se grave à vie dans l’esprit de ceux qui le voient. Leonard Kastle, musicien contemporain qui signait là sa seule réalisation pour le cinéma, s’emparait d’un fait divers tragique – un couple d’amants meurtriers recrutait des veuves par petites annonces, avant de les assassiner sauvagement une fois le mariage célébré – pour en faire une œuvre au romantisme paradoxal, entre amour fou et amour virant à la folie. S’attaquer au remake d’un tel monument tient de la gageure, mais Fabrice Du Welz, qui a démontré dans Calvaire et le mésestimé Vinyan qu’il savait digérer ses influences cinéphiles pour en faire des films hautement personnels, a relevé le défi. Transposant l’histoire aujourd’hui dans les Ardennes, remplaçant les petites annonces par des sites de rencont

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Get on up

ECRANS | De Tate Taylor (ÉU, 2h18) avec Chadwick Boseman, Nelsan Ellis…

Christophe Chabert | Mardi 23 septembre 2014

Get on up

Il y a désormais tout à redouter de la bio filmée d’une légende musicale, tant l’affaire se résume en général à cette équation : derrière le génie, il y avait un homme complexe. Get on up, qui tire le portrait de James Brown, parvient pendant près d’une heure à tenir cet écueil à distance, grâce à un travail scénaristique original des frères Butterworth, déjà derrière le script réussi d’Edge of tomorrow, qui tentent de déconstruire le mythe en le ramenant à son point le plus trivial : Brown y passe pour un businessman mégalo et tyrannique, obsédé par l’idée d’être le meilleur et de bouffer ses concurrents blancs. Cela passe par une idée de mise en scène assez forte : régulièrement, James Brown s’adresse directement au spectateur, comme pour lui signifier que c’est bien lui qui raconte sa vie à l’écran, comme s’il rédigeait sa propre légende. On n’en attendait pas tant de la part du réalisateur du médiocre La Coule

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Cannes 2014, jours 9 et 10 : La fin - enfin !

ECRANS | "Jimmy’s hall" de Ken Loach (sortie le 2 juillet). "Alleluia" de Fabrice Du Welz (date de sortie non communiquée). "Whiplash" de Damien Chazelle (sortie le 24 décembre). "Sils Maria" d’Olivier Assayas (sortie le 20 août). "Leviathan" d’Andrei Zviaguintsev (sortie le 24 septembre).

Christophe Chabert | Dimanche 25 mai 2014

Cannes 2014, jours 9 et 10 : La fin - enfin !

Il faut savoir arrêter une guerre, dit-on. Un festival de cinéma aussi, avec comme bilan chiffré 32 films vus (plus trois vus avant d’y aller), et quelques blessés légers — après une telle foire, on se dit chaque année qu’on ne nous y reprendra plus. Et, quand on relit ce qu’on a écrit à chaud, on se lamente de notre propre médiocrité en se répétant obstinément que ce métier est aussi vain que stupide — peut-être la conséquence de cette arrogance insupportable qui règne à Cannes, où personne ne salue les gens qui travaillent à faire vivre le festival, mais où tout le monde saute au cou du premier imbécile friqué venu. Film de combat Il faut savoir arrêter une guerre. Oui, mais après, comment fait-on pour réconcilier les combattants ? C’est la question posée par Ken Loach dans son dernier film, Jimmy’s Hall — son dernier, disait-il avant de le présenter, mais ça avait l’air moins clair lors de la conférence de presse. Ce n’est pas une suite au Vent se lève, mais un prolongement, ce moment où, la guerre terminée, la nation irlandaise, divisée par des crimes fratricides, doit réapprendre à vivre ensemble et reformer une communaut

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