"Relic" : entre les murs

Cinéma | ★★★☆☆ De Natalie Erika James (É.-U.-Aust., int.-12 ans, 1h29) avec Emily Mortimer, Robyn Nevin, Bella Heathcote… En salles dès le 7 octobre

Vincent Raymond | Mardi 6 octobre 2020

Photo : ©Star Invest Films


Leur mère et grand-mère respective Edna ayant disparu, Kay et Sam se rendent dans la demeure familiale. Peu après le retour de l'aïeule, d'étranges phénomènes se produisent, comme si une présence invisible et menaçante s'était insinuée dans la maison. Ou le trio féminin… Le propre (et la qualité) de ce film est l'absence d'explication rationnelle dans son dénouement : plus on avance dans ce quasi huis clos, plus abstrait et métaphorique devient le récit où les héroïnes semblent frappées par une damnation familiale. Un mal diffus, lié à l'âge, à l'hérédité ; à un trauma vaguement effacé et qui s'incarne pour ressurgir dans la maison ancestrale (quelque part entre Amityville et l'excellent épisode des Mystères de l'Ouest, La Nuit de la maison hantée). Natalie Erika James crée une atmosphère malaisante polysémique, évoquant autant la déréliction, la sénilité que l'accompagnement dans la mort. Ajoutons, tant qu'il y aura encore besoin de le signaler, l'exception que constitue ce film très majoritairement féminin devant et derrière la caméra. Une rareté notable, surtout dans le cinéma de genre.


Relic

De Natalie Erika James (Eu, 1h29) avec Emily Mortimer, Robyn Nevin, Bella Heathcote

De Natalie Erika James (Eu, 1h29) avec Emily Mortimer, Robyn Nevin, Bella Heathcote

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Lorsqu'Edna, la matriarche et veuve de la famille, disparaît, sa fille Kay et sa petite-fille Sam se rendent dans leur maison familiale isolée pour la retrouver. Peu après le retour d'Edna, et alors que son comportement devient de plus en plus instable et troublant, les deux femmes commencent à sentir qu'une présence insidieuse dans la maison. Edna refuse de dire où elle était, mais le sait-elle vraiment...


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"My Wonder Women" : Gloria aux lassos

ECRANS | de Angela Robinson (ÉU, 1h49) avec Luke Evans, Rebecca Hall, Bella Heathcote…

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Université de Harvard, années trente. Chercheur en psychologie avec son épouse, le Pr Marston recrute pour l’assister une étudiante, qui devient l’amante du couple. Ce ménage à trois leur vaut d’être virés. Marston rebondit en instillant ses théories dans une BD féministe, Wonder Woman… La première authentique héroïne de comics méritait bien qu’on rétablisse les conditions particulières de sa genèse faisant d’elle un personnage ontologiquement transgressif, épousant les penchants SM et le goût pour le bondage de son créateur que la censure et le politiquement correct tentèrent d’atténuer à plusieurs reprises. Dominatrice, indépendante, désinhibée, dotée d’un audacieux caractère, Wonder Woman est un fantasme accompli en même temps qu’un modèle d’émancipation. Hélas, le révisionnisme esthétique dont la fiction s’est fait une spécialité ordinaire (notamment en glamourisant à outrance les protagonistes) résonne ici comme une contradiction absolue. Plutôt que de préférer l’évocation réaliste (on ne parle pas de ressemblance ni de mimétisme), la réalisatrice Angela Robinson a opté pour un trio de mannequins aux mensurations parfaites, qu’e

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