Un voyage radiophonique avec l'École du Magasin

Damien Grimbert | Mardi 2 juin 2015

Photo : Tom Dale, Remote Control, 2008


Fruit d'un travail de longue haleine, Take You There Radio est un projet de radio éphémère initié par la Session 24 de l'École du Magasin. Conçu comme « une série de voyages dans l'espace et le temps », il réunit narrations de science-fiction, états de conscience altérés, retransmissions d'utopies et appropriations de sujets politiques, mais également appels téléphoniques, lettres d'amour, DJ-sets, interviews, tutoriaux…

Pour remplir sa grille de programme, qui sera diffusée en streaming sur internet 24h sur 24 pendant cinq jours, la Session 24 a fait appel à quatre artistes invités en résidence, ainsi qu'à une véritable pléiade d'intervenants locaux comme internationaux, qui proposeront des œuvres spécifiquement conçues pour l'occasion. Et si la liste de ces derniers est bien trop longue pour être énumérée ici, elle promet de toute évidence de jolies surprises !

Et le public dans tout ça ? C'est prévu : également conçue comme une exposition, Take You There Radio accueillera les visiteurs dans son studio temporaire lors de séances d'écoute en fin d'après-midi jusqu'au 18 juin, avant d'enfin commencer à émettre le 19 juin à 19h (avec un live du groupe MACON) pendant cinq jours d'affilée. Pendant cette durée, le studio sera ouvert au public tout les après-midis jusqu'au 23 juin, date de fin de cette expérience radiophonique aussi hors-norme qu'alléchante.

Damien Grimbert

Take You There Radio, sessions d'écoute de 17h à 19h jusqu'au 18 juin à la conciergerie du site Bouchayer-Viallet, puis diffusion 24h/24 du 19 au 23 juin sur www.takeyouthereradio.org, avec salle d'écoute ouverte au public de 14h à 19h à la Conciergerie.


Take you there radio

Par l'École du Magasin, session 24
Le Magasin des Horizons Site Bouchayer-Viallet, 8 esplanade Andry Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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NewArray, en dehors des codes établis

Soirée | Un nouvel label pour la musique électro : NewArray fait bien les choses et propose une soirée au Redrum, samedi 15 février, pour (mieux) se faire connaître. Explications.

Damien Grimbert | Mardi 11 février 2020

NewArray, en dehors des codes établis

Le schéma habituel des associations de musiques électroniques locales est désormais bien connu : plusieurs DJs et producteurs se mettent en commun, organisent des soirées d’ampleur croissante avec des têtes d’affiche et effectuent un important travail de communication pour transformer leur nom en véritable marque établie, gagnant ainsi en visibilité et en notoriété. Une sorte de "passage obligé" auquel NewArray a pourtant décidé de tourner radicalement le dos… sans en faire toute une histoire pour autant. Regroupant un noyau dur de quatre ou cinq personnes déjà passées par une flopée de collectifs (Shoganaï, Hidden Plaza…) et habituées des passages sur la webradio Str808, NewArray s’intéresse ainsi toujours au versant le plus pointu de styles comme la techno, l’électro, la trance, l’acid ou l’IDM… mais consacre également beaucoup de temps « à faire des réunions, discuter de musique, se remettre en question, chercher à sortir des schémas établis et se libérer des impératifs commerciaux » comme l’expliquent Ben et Guillermo, deux des membres de l’asso. Prochainement disponible sur Bandcamp, [0], première compilation estampillée NewArray, s’avère en tout

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"Briser la glace" : des apprentis commissaires au Magasin

ARTS | Zoom sur l'école du Magasin, dont les six élèves de cette année ont imaginé l'exposition "Briser la glace" actuellement présentée au centre d'art.

Charline Corubolo | Mardi 14 juin 2016

Ouvert depuis avril 1986 dans le quartier grenoblois Bouchayer-Viallet, le Magasin demeure une structure encore bien mystérieuse pour de nombreux Isérois. Son école, conçue comme un pôle de recherches axé sur les pratiques curatoriales contemporaines, l'est encore plus. Fondée en 1987, la plateforme est alors l'un des premiers programmes en Europe à proposer un enseignement autour du métier de commissaire. Chaque session, composée d'un nombre réduit d'étudiants venus de tous horizons, offre ainsi une approche directe de la fonction de curateur en inscrivant l'apprentissage dans l'enceinte même du centre national d'art contemporain, oscillant entre recherche et pratique. Durant neuf mois, des travaux dirigés, des ateliers et des séminaires sont prodigués par des professionnels afin de développer une critique réflexive sur la mise en place des expositions et leur réception par le public. Des outils pragmatiques et pertinents accessibles aux jeunes du monde entier, avec cette volonté donc de former des professionnels tout en remettant perpétuellement en cause l'évolution des pratiques curatoriales. Cette année, la session 25 est composée de Chen Ben Chetrit, Lau

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Noise et disco avec Tan, Z.B. Aids et Macon

MUSIQUES | Pour ce samedi soir, le label grenoblois Stochastic Releases a concocté un plateau matérialisant le formidable brouillage des frontières entre musiques dansantes et velléités noise et expérimentales.

Damien Grimbert | Mardi 3 mai 2016

Noise et disco avec Tan, Z.B. Aids et Macon

Réunissant trois artistes aux sensibilités proches mais évoluant dans des esthétiques musicales radicalement différentes, le plateau présenté ce samedi par le label grenoblois Stochastic Releases pourrait, au premier abord, sembler déroutant à l’auditeur non averti. À y regarder de plus près, il reflète pourtant le formidable brouillage des frontières entre musiques dansantes et velléités noise et expérimentales en cours au sein de la scène "do it yourself". Originaire de l’Ohio et désormais installé à Nashville, Tan (en photo) est l’auteur d’une disco live synthétique et volontiers mélancolique, directement inspirée des scènes italo et hi-NRG du début des années 1980. Fondateur du label Stochastic évoqué plus haut, Macon façonne de son côté une techno bruitiste sombre, rude et brute de décoffrage, jamais très loin de l’expérimental pur. Issu enfin de la scène micro-édition/graphzine (Nazi Knife, False Flag…) Hendrik Hegray est sans doute le plus inclassable des trois. Intitulé successivement Hélicoptère Sanglante, Popol Gluant et désormais Z.B. Aids, son projet solo, amorcé au début des années 2000, prend ainsi la forme d’un live brouillon, désinvolte, diffo

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Blue ruin

ECRANS | Grande révélation de l’année, ce polar très noir signé Jeremy Saulnier raconte la vengeance implacable d’un tueur improbable, fouillant au passage les artères corrompues de l’Amérique profonde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 8 juillet 2014

Blue ruin

Si les grandes figures tragiques grecques ou shakespeariennes se réincarnaient quelque part aux Etats-Unis du côté de la Virginie d’aujourd’hui, elles auraient l’air d’une bande de ploucs consanguins ou d’un clodo qui dort dans sa voiture et se fait ramasser au petit matin par la police — même pas pour l’arrêter, juste pour lui signifier que l’assassin de sa famille va être remis en liberté. Ce garçon sans âge, nommé Dwight, totalement hirsute et barbu comme c’est pas permis, a dans son regard perdu la douceur des enfants qui n’ont pas su grandir. Géniale idée de casting : l’incroyable Macon Blair, qui ressemble de prime abord à un Zach Gallifianakis tombé de Mars, confère au personnage une innocence qui prendra tout son sens lorsque, rasé de près et vêtu d’habits propres, il décidera d’accomplir une vengeance qu’il semble avoir programmée depuis belle lurette — pas besoin, du coup, de fournir d’explications à son geste, cela coule de source comme, la boucle est bouclée, cela coulait de source dans les tragédies antiques. Car Dwight sera à la fois le spectateur éberlué et l’acteur impitoyable du déferlement de violence qu’il engendre. Vengeur amateur Po

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Berlinale 2014, jours 7 et 8 : regarde les enfants grandir

ECRANS | "Boyhood" (photo) de Richard Linklater. "La Belle et la Bête" de Christophe Gans. "Macondo" de Sudabeh Mortezai. "La Deuxième partie" de Corneliu Porumboiu.

Christophe Chabert | Samedi 15 février 2014

Berlinale 2014, jours 7 et 8 : regarde les enfants grandir

La Berlinale touche à sa fin, et c’est peu de dire que le marathon fut intense — 32 films vus en huit jours ! Intense et paradoxal, car on y a vu des choses tout à fait extraordinaires, dans des conditions souvent exceptionnelles — les équipements cinématographiques berlinois sont impressionnants, et cette édition fut marquée par la réouverture du mythique Zoo Palast, entièrement rénové et d’un luxe à tomber par terre, avec ses sièges inclinables et sa moquette de dix centimètres d’épaisseur ! Le truc, c’est que ces films-là sont sans doute ceux qui auront le plus de mal à se frayer un chemin dans les salles françaises, tant ils sont par nature des objets radicaux et, disons-le, invendables. On en donnera un exemple à la fin de ce billet, mais c’est surtout au Forum, il est vrai dédié aux formes nouvelles et expérimentales, que l’on a trouvé ces objets passionnants. La compétition, elle, était médiocre. Le meilleur film, c’était d’évidence le Grand Budapest hotel de Wes Anderson, et on verra samedi soir si le jury emmené par le producteur, scénariste et bras droit de Ang Lee James Schamus nie ladite évidence et préfère, comme c’est hélas souvent le cas, se démar

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Voire à revoir

ARTS | Depuis 1987, l’école du Magasin accueille chaque année des étudiants venant du monde entier pour suivre pendant un an un programme de formation aux (...)

Laetitia Giry | Mardi 17 juillet 2012

Voire à revoir

Depuis 1987, l’école du Magasin accueille chaque année des étudiants venant du monde entier pour suivre pendant un an un programme de formation aux pratiques curatoriales, au terme duquel une exposition organisée par leurs soins voit le jour. Le crû de cette année présente Le monde entier observe, un retour sur l’expérience de la Vidéogazette, première chaîne locale qui a pris place à la Villeneuve de 1973 à 1976. Avec force documents d’époque – articles de presse, affiches et extraits vidéo –, le parcours souligne la liberté de la chaîne comme sa propension salutaire à créer du débat public. Pour accompagner cette enquête, des œuvres d’artistes contemporains viennent pointer le factice et la vacuité de la télévision traditionnelle : ici un prompteur faisant défiler un texte hautement critique à l’égard du langage télévisuel, là une installation de plateau télé avec fond bleu mettant le visiteur en situation d’enregistrement, l’amenant à ressentir le décalage entre le discours et les modes de production audiovisuelle. Ou, notre préférée : un patchwork de vidéos glanées sur Youtube, représentant des danseurs improvisés devant leur webcam et formant un puzzle au ridicule qui fait

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