Bien frappé

MUSIQUES | Pour sa 13e édition, LE festival d'été de Grenoble fait plutôt dans la dentelle avec sa programmation aux petits oignons faite de découvertes, de futurs grands et de déjà immenses. Un cahier des charges qui se résume à lui tout seul dans la soirée du vendredi 27 juillet. Stéphane Duchêne

Aurélien Martinez | Lundi 16 juillet 2012

Photo : GIGI HERBERA


Entamé au début du siècle avec des petits jeunes qui ont fait du chemin depuis (Dionysos, Julien Lourau, Philip Prohom), le Cabaret frappé a vu passer de la vedette (Dominique A, The Wailers, Herman Düne, Tahiti 80) mais peut-être pas autant qu'il n'a modestement contribué à en révéler. Et comme on ne change pas un programme qui gagne – sauf peut-être en politique, mais c'est une autre histoire – c'est sur cette ligne que le festival grenoblois poursuit sa route pour l'édition 2012. Avec des soirées thématiques qui, à notre humble avis, culmineront, si ce n'est le samedi avec un intouchable combo électro The Shoes-Nasser, avec la pénultième soirée, celle du vendredi, plutôt orientée pop-rock battant pavillon indé. La preuve en sera, au Kiosque, avec l'un des plus illustres – et pourtant bien trop méconnus – représentants de l'esprit indé, pour ne pas dire de l'esprit "va te faire foutre" : Theo Hakola. Une sorte de Nick Cave franco-américain qui n'aurait jamais su cacher que son cœur est à gauche, très à gauche. Ce qui lui valut de composer un jour l'hilarant Il n'y a pas de jolie fille à droite où il énumère les tromblons conservateurs toutes époques confondues (« Margaret Thatcher est si affreuse que pour se maquiller il lui faut une agrafeuse / Nancy Reagan est tellement monstrueuse qu'elle se coiffe avec une tronçonneuse »). Mais Hakola, acteur, écrivain, metteur en scène, journaliste, réalisateur, et toutes ces sortes de choses, c'est avant tout deux groupes cultes des années 80-90 : d'abord Orchestre Rouge, dont le premier single fut accouché par Martin Hannett, le producteur de Joy Division en personne – ce qui donne une idée de l'ambiance cold wave de l'ensemble. Plus longue fut la carrière de Passion Fodder, au sein nettement plus américain et dont deux des membres s'en iront ensuite aux États-Unis rejoindre 16 Horsepower.

Depardieu chantant

Le même soir, le Cabaret frappé reçoit au Chapiteau un autre grand bonhomme, dans tous les sens du terme, taillé dans le gros bois noueux dont on fait les Depardieu (auquel on ne cesse de le comparer, alors qu'il chante bien mieux que l'interprète de Cyrano) : le Français Rover. À ceci près qu'à l'instar d'un autre colosse de la pop internationale, Antony, Rover, dans un registre certes nettement plus viril, est aussi un monument de finesse coincé quelque part dans la galaxie David Bowie-Scott Walker. C'est sûrement pour cela que ce jeune homme sorti de nulle part a mis tout le monde sur les fesses avec son premier album éponyme et récolte aujourd'hui sur toutes les scènes un succès bien mérité.

Des hauts et des Baltes

Cette découverte tombe plutôt à pic puisqu'elle s'accompagne d'une autre découverte pop de l'année. Et à vrai dire d'une curiosité : jusqu'à présent, les pays baltes n'avaient guère fait parler d'eux sur la scène disons rock & folk, à l'exception notable de la lituanienne Alina Orlova ; et l'on était davantage habitués à regarder au Nord (Scandinavie)-Nord Ouest (Islande) qu'au Nord-Est. Cette fois, c'est l'Estonie, le plus septentrional des Pays Baltes, qui nous sort Ewert and The Two Dragons, son groupe de l'année à faire pâlir de jalousie les habituels premiers de la classe anglo-américains. Vous en doutez ? Écoutez une minute de (In the End) there's only love et en effet, (À la fin) il y aura de l'amour, celui que vous aurez pour ce groupe, ses petites cavalcades rafraîchissantes, ses mélodies boisées et faites pour voler en planeur, et ses wouh-wouh-wouoouuh façon Beach Boys de la Baltique. Voilà qui devrait consoler ceux qui ne pourront faute de places – le spectacle est complet – aller écouter la légendaire Kim Gordon (ex-Sonic Youth) au Ciel. Kim Gordon au Ciel, c'eut pourtant été un morceau de Paradis – et la preuve que les derniers (à la billetterie) ne sont pas les premiers (au concert). D'autant que rendue à une carrière solo, du fait de la malheureuse séparation de Sonic Youth, Kim Gordon s'y est lancé avec ambition, notamment avec la musicienne japonaise Ikue Mori, dont, tenez-vous bien, Grenoble a les faveurs de la première mondiale. On ne peut pas dire mieux.

Le Cabaret frappé, du lundi 23 au samedi 28 juillet, au Jardin de Ville (et au Ciel pour le concert de Kim Gordon)

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Un Américain à Lancey grâce à Écrivains en Grésivaudan

Festival | Désireux d'aller à la rencontre de l'Amérique, le festival Écrivains en Grésivaudan, qui se déroulera vendredi 23 et samedi 24 novembre à la Maison Bergès à Lancey, a (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 novembre 2018

Un Américain à Lancey grâce à Écrivains en Grésivaudan

Désireux d'aller à la rencontre de l'Amérique, le festival Écrivains en Grésivaudan, qui se déroulera vendredi 23 et samedi 24 novembre à la Maison Bergès à Lancey, a invité trois spécialistes des États-Unis : deux romanciers du coin dont les fictions squattent régulièrement l'imaginaire US – le Chambérien Lionel Salaün (Le Retour de Jim Lamar, La Terre des Wilson), par ailleurs en résidence itinérante jusqu'en décembre, et la Grenobloise Laurence Peyrin (Miss Cyclone) – mais aussi Theo Hakola, auteur, metteur en scène et musicien américain émigré en France à la fin des années 1970 un temps présenté comme un « Baudelaire avec une guitare ». Très politisé, tant sur le plan musical avec Orchestre Rouge, Passion Fodder ou en solo, que littéraire, le natif de Spokane est l'auteur entre autres de La Route du Sang ou encore de La Valse des affluents, transposition de La Chartreuse de Parme... dans l'Idaho, qu'il adapta au théâtre, et d'Idaho Babylone, livre du retour désillusionné en

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"En guerre" : Stéphane Brizé et Vincent Lindon au plus près de l'horreur économique

ECRANS | « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Citant Bertolt Brecht en préambule, et dans la foulée de "La Loi du marché", Stéphane Brizé et Vincent Lindon s’enfoncent plus profondément dans l’horreur économique avec ce magistral récit épique d’une lutte jusqu’au-boutiste pour l’emploi. En compétition au Festival de Cannes.

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Quand la direction de l’usine Perrin annonce sa prochaine fermeture, les représentants syndicaux, Laurent Amédéo (Vincent Lindon) en tête, refusent la fatalité, rappelant la rentabilité du site, les dividendes versés par la maison-mère allemande aux actionnaires, les sacrifices consentis. Une rude lutte débute… Nul n’est censé ignorer La Loi du marché (2015), du nom de l'avant-dernière réalisation de Stéphane Brizé, qui s’intéresse à nouveau ici à la précarisation grandissante des ouvriers et des employés. Mais il serait malvenu de lui tenir grief d’exploiter quelque filon favorable : cela reviendrait à croire qu’il suffit de briser le thermomètre pour voir la fièvre baisser. Mieux vaudrait se tourner vers les responsables de ces situations infernales conduisant le commun des mortels à crever, de préférence la gueule fermée. Des responsables que Brizé, et Lindon son bras armé, désignent clairement ; révèlent dans leur glaçant cynisme et la transparence de leur opacité. Pot-pourri L’histoire d’

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Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Littérature | C’est parti pour la nouvelle édition du fameux Printemps du Livre qui, du mercredi 5 au dimanche 9 avril, investira plusieurs lieux de Grenoble et de l’agglo (dont, trois jours durant, le Musée de Grenoble et ses nombreux espaces) pour des rencontres avec des romanciers, des conférences, des spectacles, des expositions… Afin de profiter au mieux de cette émulation littéraire, on a sélectionné huit auteurs à découvrir. Suivez-nous.

La rédaction | Mardi 4 avril 2017

Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Jonathan Coe S'il fallait définir la quintessence de l'écrivain anglais – anglais et non britannique –, celle-ci tiendrait en deux mots : « Jonathan Coe ». Dieu sait s'il y a de la concurrence dans l'Angleterre des lettres, de Julian Barnes à Nick Hornby en passant par Martin Amis et Will Self, mais Coe c'est autre chose. À vrai dire, il partage avec chacun d'eux des traits communs, mais il est le seul à les réunir tous. Lui seul parvient, de Testament à l'Anglaise jusqu'à aujourd'hui sa presque suite Numéro 11 (un roman à sketches auscultant la période Blair-Cameron), à rendre universelles les problématiques et caractéristiques de son pays. Portant ainsi à un tel degré sur l'Angleterre un regard acéré tout en étant doux, amer mais empreint d'un humour so british plein d'autodérision et de charme. SD À la bibliothèque Aragon (Pont-de-Claix) vendredi à 19h (rencontre) Au Musée de Grenoble samedi à 15h30 (rencontre) et dimanche à 11h (lecture) ________ Céline Minard L’auteure française Céline Minard clive, entre admirateurs de son monde radical et lect

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Pauline Drand, la découverte des Belles journées

MUSIQUES | Pour la deuxième édition du festival de Bourgoin-Jallieu Les Belles Journées, on a rendez-vous avec pas mal de têtes connues. Et également quelques moins connues mais non moins passionnantes, comme la folkeuse Pauline Drand.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 septembre 2016

Pauline Drand, la découverte des Belles journées

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises à Bourgoin-Jallieu ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock. Entre nos chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) qui ont même surpassé nos attentes (le premier album de Grand Blanc, le second de Rover) et les valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès, le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore (après Uriage en Voix), on compte quelques étoiles montantes comme Broken Back. Ou comme Pauline Drand. Car s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce sera pour nous cette folkeuse d'une petite vingtaine, Parisienne, marchant d

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Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

ACTUS | Ce jeudi 14 avril aurait dû être inaugurée au Vog, centre d’art municipal de Fontaine, une exposition consacrée à l’artiste Philippe Perrin. Mais elle a finalement été annulée par la Ville au vu du « contexte national et international » ; puis ensuite par l’artiste lui-même quand la mairie a fait machine arrière en imposant plusieurs conditions (« inacceptables » selon lui) à son maintien. On fait le point avec ceux, rares, qui ont bien voulu s’exprimer.

Aurélien Martinez | Mardi 12 avril 2016

Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

Programmée du 14 avril au 14 mai au centre d’art municipal de Fontaine le Vog, l’exposition Sheena is… remix devait présenter le travail de l’artiste Philippe Perrin. Des œuvres mettant en avant « un monde de violence, de rixes, de coups portés à d’innombrables ennemis, à tous même » comme il est écrit en préambule du dossier de presse ; mais « pas seulement ». « Philippe Perrin montre néanmoins, au travers d’une violence de l’humanité, les ambiguïtés du monde. » Des ambiguïtés qui ont dérangé l’équipe municipale de Fontaine qui avait d’abord imaginé interdire l’exposition avant de se rétracter. Forcément, on a tenté de joindre le maire communiste Jean-Paul Trovero pour avoir son point de vue (ou celui de son adjoint à la culture Brice Di Gennaro) : on nous a systématiquement renvoyés vers le communiqué de presse publié la semaine dernière. En voici un extrait : « L’exposition proposée par Philippe Perrin devait reprendre une partie de ses œuvres marquées par la scénarisation et la représentation de l’univers des armes, des codes de la violence et des

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Rover, étranger en pays étrange

MUSIQUES | Né d'un retour d'exil forcé, Rover a transformé l'énigme du retour en questionnement existentiel et en voyage fascinant avec son premier disque, le très remarqué "Rover", manière de reprendre la route autrement. Le revoilà, enfant du paradoxe musical et géographique, avec "Let it Glow", album au minimalisme invisible, portrait d'un éternel étranger s'affirmant dans l'effacement et l'évasion. À découvrir sur la scène de la Belle électrique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 8 mars 2016

Rover, étranger en pays étrange

Dans l'Exode de la Bible, version King James, chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom (qui signifie à peu près « étranger en ces lieux ») : « For (…) I've been a stranger in a strange land ». Autrement dit, « un étranger en pays étrange ». Un homme de l'exil permanent. L'expression inondera la pop culture, donnant son titre à des dizaines de chansons, des Byrds à U2. Et surtout à un fameux roman des années 1960 de Robert Heinlein (dont le titre français est En terre étrangère) comptant le retour sur terre d'un astronaute, seul survivant d'une mission sur Mars que l'expérience a spectaculairement transformé, et qui se sent du coup étranger sur sa propre planète. Cet étranger, au vu de son parcours de vie et à l'écoute de ses disques, ce pourrait être Timothée Régnier dit Rover. Né en France, Timothée a grandi à l'étranger au gré des déménagements familiaux, de New York à ce Liban où il vivait avec son frère et dont il a été chassé comme un malpropre à la fin des années 2000 pour un problème de visa. Après un détour par Berlin, il atterrit seul en Bretagne, dans une maison familiale vide, avec une vie à re

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Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

MUSIQUES | Ces deux mois seront riches en événements du côté de la Belle électrique, de la Bobine, de la Source, de la MC2... La preuve en dix points à base de Feu! Chatterton, de Rover, de Nada Surf ou encore de Détours de Babel. Stéphane Duchêne et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2016

Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

Feu! Chatterton Voilà un groupe qui aime les transports, qui a déchiré le voile du succès critique avec une chanson sur le Costa Concordia et annoncé son premier album avec un single titré Boeing. Mais quand on parle de transport, il faudrait entendre ce mot selon toutes ses acceptions, à commencer par celle du transport sentimental, du transport amoureux et du voyage des mots. Car si l'on a multiplié les comparaisons musicales ou stylistiques s'agissant de Feu! Chatterton, il faut reconnaître une chose qui n'appartient qu'à eux. Rarement, on a vu si jeune groupe écrire des textes de la sorte : Boeing est une chanson à danser autant qu'à lire comme une suite machiniste à L'Albatros de Baudelaire (« Boeing, Boeing ! Et tes mouvements lents sont de majesté / Est-ce la faute de tes passagers indigestes / Si tu penches ? »). Quant aux paroles de Côte Concorde, elles sont à placer aux côtés des grands textes de la chanson française (« Du ciel tombe des cordes, faut-il y grimper ou s'y pendre ? »). Feu! Chatterton, loin d'être de paille, brûle de mots et sur scène les enflamme. C'est à voir.

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The Rover

ECRANS | Après "Animal kingdom", David Michôd pratique un étonnant hara-kiri commercial avec ce film post-apocalyptique qui tient autant de Beckett que de "Mad Max", c’est-à-dire une véritable provocation au divertissement-roi. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

The Rover

The Rover, c’est Mad Max qui rencontre En attendant Godot. Rien que ça. Dès le carton pré-générique, on nous annonce que l’action se déroule en Australie quelques années « après la chute ». La chute de quoi ? Du pays ? Du monde ? De l’économie ? Peu importe, car ce futur est saisi au présent, dans toute sa désolation, avec paysages arides et personnages hagards dont les motivations paraissent dérisoires. C’est le cas d’Eric, vagabond errant dans une bagnole qu’il a le malheur de se faire piquer par une bande de gangsters hallucinés, ayant laissé pour mort un des leurs, Rey, après un braquage qui a mal tourné. L’impassible Eric (sobre et étonnante composition de la part de l’ordinairement cabotin Guy Pearce) va donc former un tandem improbable avec Rey (Robert Pattinson, excellent, dont la carrière post-Twilight prend un virage passionnant), soit un homme froidement brutal et un autre à moitié idiot et à moitié crevé, qui vont passer une heure quarante à arpenter les routes australiennes pour retrouver une voiture. Post-cinéma Si

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Cannes 2014, jour 4 : Aux armes !

ECRANS | "The Rover" de David Michôd (sortie le 4 juin). "The Disappearance of Eleanor Rigby" de Ned Benson (date de sortie non communiquée). "It follows" de David Robert Mitchell (date de sortie non communiquée). "Les Combattants" de Thomas Cailley (sortie le 20 août).

Christophe Chabert | Dimanche 18 mai 2014

Cannes 2014, jour 4 : Aux armes !

S’ennuie-t-on au cours de ce festival de Cannes ? Oui, un peu, beaucoup parfois ; alors à la guerre comme à la guerre, on ose ce que l’on n’avait jamais osé jusque-là : laisser tomber la compétition, et se promener à travers les séances des sections parallèles, pour espérer y trouver des films stimulants, différents, bref, autre chose que de l’art et essai formaté, long et plombé. À ce petit jeu, The Rover, présenté en séance de minuit, repousse les limites de la bizarrerie. De la part de David Michôd, réalisateur d’Animal kingdom, rien ne laissait présager un tel virage ; si son premier film était puissant et abouti, il s’inscrivait dans un genre codifié — le film de gangsters — et sa mise en scène cherchait avant tout une forme d’efficacité sans refuser pour autant d’apporter de réelles innovations. Avec The Rover, Michôd fait exploser toutes les catégories et signe le premier film post-apocalyptique beckettien, que l’on pourrait réduire à ce pitch : deux hommes, l’un à moitié idiot, l’autre impavide, recherche

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Rover au Cabaret frappé cet été

MUSIQUES | Les derniers noms tombent, petit à petit. Aujourd'hui, on apprend que Rover sera de la partie, et c'est plutôt pas mal!

Aurélien Martinez | Jeudi 31 mai 2012

Rover au Cabaret frappé cet été

Au Cabaret frappé cet été, du 23 au 28 juillet, il y aura donc, entre autres, The Shoes, Tony Allen, The Excitements, Ewert And The Two Dragons, Theo Hakola, Miss White and the Drunken Piano... Cette semaine, l’équipe du festival a encore lâché d’autres noms : Nasser, Reggae Legends : The Mighty Diamonds, Pablo Moses, Linval Thompson et Irma. Et aujourd’hui, avant le dévoilement final lundi de la grosse tête d’affiche qui envoie du lourd, on apprend que Rover sera de la partie. Rover? Un ovni romantique, dandy et bestial, sorte de David Bowie d’aujourd’hui. Il en a la voix élastique, donnant parfois l'impression de flotter dans l'espace (oddity), capable de côtoyer les aigus un peu geignards sur Champagne aussi bien que gracieux et Lennoniens sur Lou (son A d

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L’enfant du rock

CONNAITRE | Déjà invité l’an dernier pour présenter son Sang des âmes, Theo Hakola est donc de retour cette année, avec dans sa besace un singulier cadeau : une adaptation (...)

François Cau | Lundi 11 avril 2011

L’enfant du rock

Déjà invité l’an dernier pour présenter son Sang des âmes, Theo Hakola est donc de retour cette année, avec dans sa besace un singulier cadeau : une adaptation musicale et théâtralisée de sa Valse des affluents, relecture de La Chartreuse de Parme stendhalienne située en plein Idaho. Quand on connaît le talent littéraire et musical de cet irrésistible touche-à-tout, on se dit que le résultat sera fatalement à la hauteur de ses promesses chaloupées. Agitateur des groupes Orchestre rouge et Passion Fodder dans les années 80, il fait cavalier seul dès le début de la décennie suivante – non sans avoir présenté aux gens de chez Barclay un petit groupe bordelais nommé Noir Désir. Sans perdre de vue l’horizon musical (il compose toujours aujourd’hui ; son dernier titre en date, Fox News is my muse, est une satire épique de 7 minutes de la fameuse chaîne info américaine), Theo Hakola se diversifie, se lance dans la rédaction d’articles pour différentes supports américains et français, tâte de la radio, se jette dans la mise en scène théâtrale, réalise quelques albums, apparaît au cinéma chez Christophe Honoré (dans Ma Mère), tout en approfondissant son goût pour la culture française. Après

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