Comme un ouragan

Aurélien Martinez | Jeudi 22 novembre 2012

Ni plus ni moins que la nouvelle Janis Joplin : ainsi est présentée par une partie de ses admirateurs (presse comprise) Izia, fille de Jacques Higelin et sœur d'Arthur H. Bon, on redescend sur terre, on laisse Janis là où elle est, et on écoute sans aucun a priori ce que fait la jeune fille. Surprise : So much trouble, son deuxième album tout en anglais paru en 2011, sans être d'une originalité débordante, est assez agréable à l'oreille (plus que le premier), alternant les titres survoltés qui ont fait sa réputation, et d'autres plus rock et presque apaisés. Une porte d'entrée respectable, mais une porte d'entrée seulement. Car Izia l'assure : le studio c'est sympa, mais le live, c'est carrément mieux (bon, on extrapole un peu, même si l'idée est là). « Je ne suis pas dans la retenue, c'est évident. Bien sûr, il est important de s'économiser aussi, c'est quelque chose que je ne savais pas au début, quand j'ai commencé à faire des concerts à 15 ans. Je donnais tout, et au bout d'une heure, j'étais fatiguée ! Alors que des moments de calme sont nécessaires pour véritablement en profiter quand ça explose. Il faut donner du relief à ses concerts, en les dosant ; sinon c'est très fatiguant pour toi et pour le public » (extrait d'une interview accordée en janvier 2012 au Petit Bulletin Saint-Étienne). Être fatigante, crispante, voire carrément fausse : voilà les reproches que l'on a souvent adréssés à Izia, qui semble en avoir conscience. Reste à savoir ce qu'il se cache véritablement derrière la posture. Encore un peu trop tôt pour oser une réponse catégorique. Aurélien Martinez

Izia, jeudi 29 novembre à 19h30, à la MC2

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Izia s'affirme

Concert | La Belle électrique accueille la trentenaire jeudi 5 décembre. L'occasion de découvrir les morceaux de son quatrième album et ses nouvelles sources d'inspiration.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 décembre 2019

Izia s'affirme

Le terme a beau être devenu une private joke pour tout fan de musique, il est toujours un(e) artiste pour débarquer avec sous le bras un "album de la maturité" qu'on a toutes les peines à qualifier autrement. Jusqu'ici, en trois albums, Izia avait ratissé les clichés d'un certain rock 70's trop généreux de ses influences jopliniennes (porteur néanmoins d'impressionnantes dispositions vocales), puis opéré avec La Vague un virage en français trop à la remorque d'une pop hexagonale en proie au formatage. Avec Citadelle, quasi trentenaire, elle semble s'être davantage écoutée, repliée sur elle-même et sur l'essentiel à la suite du décès du paternel Higelin, ainsi que de la naissance de son fils. Chose faite à Calvi, citadelle de solitude à laquelle elle consacre une chanson. Le résultat est toujours assez peu lisible musicalement mais c'est peut-être ce qui constitue sa richesse et un moyen pour Izia de signifier qu'elle ne se laissera pas dicter ses choix, entre ballade électro-baroque (Sunset, Cosmos), dark disco à la Hollysiz (Chevaucher,

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"Debout sur la montagne" : là-haut, y a pas débat

ECRANS | De Sébastien Betbeder (Fr., 1h45) avec William Lebghil, Izïa Higelin, Bastien Bouillon…

Vincent Raymond | Mardi 29 octobre 2019

Quinze ans après leur enfance montagnarde, trois amis se retrouvent dans leur village d’origine à l’occasion des funérailles du grand frère de l’un d’entre eux. Leurs rêves de jeunesse disloqués, ils constatent que la vie d’adulte donne plus souvent des raisons de pleurer que de rire… Sébastien Betbeder a de la constance, il faut le lui reconnaître. N’aimant rien tant que les histoires de copains en quête d’une forme de retrouvailles dans un milieu plutôt hostile, le prolifique cinéaste décline son thème chéri dans tous les environnements et avec toutes les configurations possibles. Après l’île de Marie et les Naufragés, le grand Nord enneigé du Voyage au Groenland, la bourgade d’altitude constitue ici une suite logique pour le sympathique trio. Quant à la réunion entre potes, si elle est entravée par le poids d’un passé commun traumatique alourdi par les blessures intimes de chacun, son issue offre une délivrance générale façon absolution. Jonglant avec les peurs d

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Rencontres du cinéma italien : « Parle-t-on suffisamment des femmes au cinéma ? »

Festival | Prenez date : les Rencontres du cinéma italien menées par Dolce Cinema se dérouleront du 18 au 26 novembre, principalement au Club. Clizia Centorrino, directrice de l'association grenobloise, nous présente cette onzième édition consacrée aux femmes.

Alice Colmart | Mardi 14 novembre 2017

Rencontres du cinéma italien : « Parle-t-on suffisamment des femmes au cinéma ? »

À qui s’adresse le festival ? Clizia Centorrino : Ce n’est pas qu’un festival pour les Italiens ! Dans la section compétition, on trouve d’ailleurs des films qui ne sont pas forcément distribués en Italie et en France. Bien sûr, sa position à Grenoble est stratégique, car la communauté italienne est très importante. Mais notre plus grand désir est de voir des salles pleines de Français. Cette 11e édition fait la part belle aux femmes. Pourquoi ce choix ? En voyant le peu de réalisatrices femmes, nous nous sommes posé une question très simple : parle-t-on suffisamment des femmes au cinéma ? On a donc cherché à mettre en avant des films réalisés par des femmes, dans lesquels elles ont toujours un rôle essentiel, ou bien sont à la diégese de l’histoire. Autre point important, nos spectatrices devaient se reconnaître chez ces femmes. Dans ces films, elles luttent entre leur travail et leur vie de famille, font le choix de ne pas avoir d’enfant ou encore tentent de gagner leur indépendance… Quels sont vos deux films coups de cœur au programme de cette année ? Indi

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"Rodin" : mâle de pierre

Cinéma | Pour commémorer le centenaire de sa disparition, Jacques Doillon statufie Auguste Rodin dans ses œuvres. L’incandescence contenue de Vincent Lindon et le feu d’Izïa Higelin tempèrent heureusement une mise en scène par trop classique. En lice à Cannes 2017.

Vincent Raymond | Mardi 23 mai 2017

De 1880 à l’aube du XXe siècle, quelques particules de la vie d’Auguste Rodin : sa notoriété naissante, la passion fusionnelle vécue avec son élève et muse Camille Claudel, sa gloire parmi ses pairs émaillée de scandales artistiques, son caractère d’ursidé… Malgré son titre lapidaire et globalisant, ce Rodin ne prétend pas reconstituer l’entièreté de l’existence du sculpteur sous des tombereaux de détails mimétiques. Aux antipodes de ces émollientes hagiographies du type Cézanne et moi, Jacques Doillon opte en effet pour une approche impressionniste, en pierre brute, évoquant la démarche de Maurice Pialat dans Van Gogh (1991) – le temps et l’obstination rapprochent par ailleurs les deux plasticiens, aux fortunes pourtant diamétralement opposées. Buriné Malgré cela, Doillon ne parvient pas à se défaire d’une forme de pesanteur académique et conformiste. Cinéaste du heurt, de la parol

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La Belle saison

ECRANS | De Catherine Corsini (Fr, 1h45) avec Cécile De France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky…

Christophe Chabert | Mardi 18 août 2015

La Belle saison

En 1971, les échos de mai 68 se font sentir dans les revendications des femmes au sein d’un MLF en pleine dynamique contestataire. C’est là que se rencontrent Delphine (Izïa Higelin), fille de paysans, et Carole (Cécile De France), parisienne et prof d’espagnol. C’est le coup de foudre, franc et direct (on n’est pas chez Diane Kurys) : Carole abandonne son mec, puis la capitale pour suivre Delphine dans sa ferme familiale, dont elle s’occupe après l’AVC de son père. Alors que l’introduction parisienne avait une certaine vigueur, que ce soit pour filmer les réunions politiques furieuses ou la naissance du désir chez les deux femmes, cette très longue partie campagnarde relève du scénario platement illustré. Corsini enchaîne les conflits dramatiques (se cacher ou ne pas se cacher ? Partir ou rester ? Les champs ou la ville ?) et les situations crypto-boulevardières (le pauvre personnage de Kevin Azaïs en amoureux transi en fait méchamment les frais) sans parvenir à élever le débat. Une jolie photo aux teintes chaudes, une représentation très frontale de l’homosexualité féminine et une musique ouvertement mélodramatique ne suffisent pas à sortir le film de son c

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