Les mots d'Artaud

François Cau | Lundi 26 janvier 2009

Antonin Artaud fascine. La parole de cet artiste hétéroclite et passionnant inspire. La compagnie Mais où l'as-tu ? a décidé de donner à entendre Pour en finir avec le jugement de Dieu, un texte vieux de soixante ans, enregistré pour la radio mais censuré juste avant sa diffusion (le public ne le découvrit qu'en 1973). Artaud hurle sa colère sur un monde qu'il ne saisit plus. Tout y passe, de l'ordre moral d'une certaine Amérique à « la recherche de la fécalité », en passant évidemment par la religion. Natacha Dubois, qui porte les mots d'Artaud sur scène, respecte la verve de l'auteur, sa façon si particulière d'éructer ses idées, l'émotion qu'il y met. Son corps vibre avec les mots, son jeu est démonstratif, habité, pour ne pas tomber dans la leçon de morale. Elle s'entoure de trois musiciens, qui offrent une clé de lecture assez intéressante. Jamais la musique n'étouffe les mots, bien au contraire. Elle soutient le texte, permet des respirations dans ce flot continu de paroles qui peut sembler incohérent mais qui, à bien des égards, est toujours très actuel. Cet « apéro sur le plateau » au Théâtre de Création marquera la fin d'une étape de travail d'un mois pour la compagnie. Le spectacle sera donné dans son ensemble fin mars au Théâtre Prémol. À suivre donc…

POUR EN FINIR AVEC LE JUGEMENT DE DIEU
Vendredi 30 janvier à 19h, au Théâtre de Création

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Juliette sans Roméo

SCENES | Théâtre / Pour sa nouvelle création, Natacha Dubois, que l’on avait découverte en 2009 avec un efficace Pour en finir avec le jugement de Dieu sur Antonin (...)

Aurélien Martinez | Lundi 19 mars 2012

Juliette sans Roméo

Théâtre / Pour sa nouvelle création, Natacha Dubois, que l’on avait découverte en 2009 avec un efficace Pour en finir avec le jugement de Dieu sur Antonin Artaud, développe toujours une esthétique très rock (la présence sur scène à chaque fois de musiciens), et une approche du théâtre réfléchie et intéressante. À savoir porter sur le plateau non pas une simple pièce, mais un véritable propos. La metteuse en scène a ainsi composé un spectacle autour de la figure de Juliette R, femme tondue après la Seconde Guerre mondiale pour un amour jugé immoral avec un Allemand. Pour cela, elle a demandé à l’auteure Flora Donars d’écrire un texte autour de cette histoire, en la mêlant à celle de Roméo et Juliette, de Shakespeare. Partir d’un fait et tirer le fil pour évoquer le destin de cette femme (qui a véritablement existé) et la période extrêmement tendue et violente de l’après-guerre : le pari était audacieux. Et visuellement, la scénographie, avec cet astucieux mur fait de plusieurs boîtes comme autant de coffres à trésors et souvenirs, illustre parfaitement la vie déco

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Pour en finir avec le jugement de Dieu

SCENES | Fin janvier, devant un Théâtre de Création blindé, Natacha Dubois portait avec conviction les mots d'Artaud, simplement accompagnée de trois musiciens. Une (...)

François Cau | Lundi 23 mars 2009

Pour en finir avec le jugement de Dieu

Fin janvier, devant un Théâtre de Création blindé, Natacha Dubois portait avec conviction les mots d'Artaud, simplement accompagnée de trois musiciens. Une belle réussite qui se rejoue cette semaine au Théâtre Prémol, dans une nouvelle forme. Le principe du théâtre musical est certes conservé, mais cette fois-ci, Natacha a imaginé une mise en scène très noire pour illustrer Pour en finir avec le jugement de Dieu, un texte vieux de soixante ans où Artaud s'emporte contre notre monde de fous (sa tirade sur l'Amérique est à écouter avec attention !). Le rendu est saisissant et déroutant. L'harmonie entre la comédienne et les musiciens est totale, les quatre étant encore plus imbriqués que la dernière fois. On ressort du spectacle vidé et sonné, et c'est bien le but recherché semble-t-il.

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