Let's dance

SCENES | Initié par le Pacifique, l’évènement "Concentré de danses" propose, sur une semaine, plusieurs créations autour... de la danse ! Avec notamment la venue du chorégraphe Yuval Pick. Aurélien Martinez, avec Jean-Emmanuel Denave (sur Yuval Pick)

Aurélien Martinez | Jeudi 10 mai 2012

Photo : Laurent Philippe


Un nouveau festival à Grenoble, ville déjà bien fournie en la matière ? Non, plutôt « un temps fort » explique l'équipe du Pacifique, qui, dans la lignée du concours [re]connaissance qu'elle a impulsé, évoque « la suite du développement de ses missions de Centre de développement chorégraphique ». Un CDC avant tout présenté comme « un lieu de fabrique et d'accompagnement pour les compagnies de danse contemporaine ». Il ne rentre donc pas dans la case des salles classiques principalement centrées sur la diffusion de spectacles, activité qui permet au grand public d'identifier un établissement culturel. Ce Concentré de danse offre ainsi de la lumière à une structure grenobloise méconnue. Sur cinq soirs, en partenariat avec l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix (qui accueillera un spectacle), le public pourra découvrir des propositions originales, pensées par des artistes atypiques. Notamment Julyen Hamilton, performeur et chorégraphe de renom qui travaille beaucoup sur l'improvisation ; Agnès Izrine, ancienne danseuse devenue rédactrice en chef du magazine Danser ; ou encore Yuval Pick, chorégraphe israélien qui vient de succéder à Maguy Marin à la tête du Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape.

« Haute tension »

Pour sa création Score, Yuval Pick, ancien danseur de Ohad Naharin, Russel Maliphant, ou encore du Ballet de l'Opéra de Lyon, est retourné dans sa ville natale, Tel Aviv, et a voyagé en< Israël. Il confie avoir, à cette occasion, redécouvert son pays : « J'ai été frappé par la densité de la population et par la méconnaissance mutuelle de ses différentes composantes. Les rapports entre les gens là-bas sont aigus. » La danse de Yuval Pick est, elle aussi, aiguë, physique, percutante. Dans Score, elle colle à une bande sonore constituée du tumulte des rues, de témoignages et de musiques diverses enregistrés en Israël, et tente de restituer cette formidable pulsion de vie qui traverse cette partie du monde malgré la guerre. Trois jeunes (et très bons) danseurs se frottent à l'univers rude et organique du chorégraphe : ils exécutent des courses dispersées puis « rembobinées » sur un morceau de cold wave, se resserrent violemment en grappes emmêlées, ou, dans une ambiance techno, s'adonnent à des motifs plus répétitifs, saccadés et mécaniques... « On sent [en Israël] des énergies vitales à haute tension, des sensations fortes d'urgence, de survie, qui ne sont pas encore transformées. » La pièce de Yuval Pick transmet ces affects « bruts » en une mosaïque dénuée volontairement de dramaturgie, directement des corps des danseurs à ceux des spectateurs.

Concentré de danse, du lundi 21 au vendredi 25 mai, au Pacifique et à l'Amphithéâtre.
Score, de Yuval Pick, lundi 21 mai à 20h, au Pacifique

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De la danse en concentré jusqu'à la fin janvier

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Aurélien Martinez | Mardi 17 janvier 2017

De la danse en concentré jusqu'à la fin janvier

Du lundi 23 au mardi 31 janvier aura lieu dans l’agglo grenobloise la sixième édition du mini festival Concentré de danses, consacré comme son nom l’indique à la danse. Une danse d’aujourd’hui qui se déploiera dans six lieux différents, avec l’idée de croiser le public. Si nous avons mis en avant le Feu de la compagnie La Vouivre, puisque nous avons pu le voir avant sa venue à Échirolles, d’autres spectacles (pas vus) nous interpellent. Comme celui de la soirée d’ouverture, au Pacifique : Blanc de Vania Vaneau, solo placé explicitement sous le signe de la transe. Ou comme la création de flamenco Una mirada lenta d’Ana Morales dévoilée le jeudi 26 au Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas. Ou encore comme l’intrigant Han Gamjung Memory d’Eun Young Lee (photo), à voir le vendredi 27 à Crolles et annoncé comme une exploration décalée de l’identité culturelle coréenne. En tout, huit spectacles

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Aurélien Martinez | Mardi 19 janvier 2016

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Si, lors d’éditions précédentes, on se dirigeait bien informés vers le Concentré de danses, cette année, on y va à l’aveugle. Certes, quelques noms de chorégraphes ou de danseurs nous parlent plus ou moins, mais niveau spectacles, sur la petite dizaine proposée, on n’en a vu qu’un seul en amont, et en plus en vidéo (on y reviendra). Pas grave nous répondront sans doute les organisateurs (les différents boss des salles concernés, avec en guide spirituel le Pacifique, centre de développement chorégraphique de Grenoble), le but de ces douze jours étant de partir à la découverte de la danse d’aujourd’hui sous toutes ses formes et sans aprioris. Avec, par exemple, une pièce qui « convoque l'intime de toute une génération » dixit son chorégraphe Thomas Lebrun (Trois décennies d’amour cerné, sur le sida ; jeudi 21 au Pacifique), une autre dansée et parlée visiblement pleine d’humour sur « un chorégraphe qui s’est engagé à faire un spectacle et qui ne le fera pas, préférant fuir plutôt que d’assumer ses responsabilités » (En souvenir de l'indien d’Aude Lachaise ; lundi 25 au Pacifique), une autre, qui nous intrigue fortement, sur un marathon

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Aurélien Martinez | Mardi 27 janvier 2015

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« Un temps fort pour faire frémir la danse pendant dix jours dans cinq lieux de l’agglomération grenobloise » dixit le flyer du Concentré de danses. « La danse est un art assez fragile » rajoute Christiane Blaise, la boss du Pacifique, centre de développement chorégraphique basé dans le sud grenoblois qui a été à l’origine du projet en 2012. « Dans l’agglo, on a de très belles scènes pour la danse qui sont moins connues que la Rampe ou la MC2. L’Odyssée d’Eybens par exemple. » Avec l’idée, donc, d’emmener la danse partout, et d’en montrer un max au public sur un temps déterminé – « ça donne un caractère de fête ». Une sorte de petite biennale de la danse, toute proportion gardée – sachant que le Concentré de danses a lieu tous les ans, donc le mot biennale ne va pas. Pour cette édition, on aura ainsi droit à la Rampe à plusieurs propositions de la compagnie grenobloise Épiderme de Nicolas Hubert, d’une soirée au Pacifique avec les lauréats du dernier concours

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Aurélien Martinez | Mercredi 9 janvier 2013

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Yuval Pick, qui a succédé à Maguy Marin à la tête du Centre chorégraphique de Rilleux-la-Pape, est un chorégraphe que l’on apprécie beaucoup – on n’avait pas tari d’éloges sur son Score, présenté au Pacifique la saison passée. Mais Folks, sa dernière création dévoilée en septembre à la Biennale de la danse de Lyon, tourne malheureusement à la catastrophe, lâchant sept danseurs dans un vide presque total d’écriture, d’intention, d’intensité (pourtant le point fort du chorégraphe dans ses pièces précédentes)… Prenez-vous par la main, faites un pas en avant, un pas en arrière, un pas sur le côté. On dirait de la chansonnette pour enfants, et guère plus… Si jamais le cœur vous en dit, rendez-vous le jeudi 4 avril à la Rampe d’Échirolles.

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Christophe Chabert | Vendredi 20 novembre 2009

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Effet de chocs On a souvent pu croiser la compagnie Lanabel dans l’agglo (et ailleurs) au cours des dix dernières années. Pour Reconnaissance, Annabelle Bonnéry et François Deneulin (ils travaillent ensemble) présenteront un extrait de RAW.A.R, leur dernière création ayant pour thème principal le conflit. La chorégraphie, que nous avons pu découvrir la semaine dernière, se fait donc physique et violente : les trois danseurs (dont Annabelle Bonnéry elle-même, qui reprend le rôle de Marie Fonte pour ce week-end, cette dernière étant monopolisée par L’Homme à tête de chou) sont en tension permanente les uns par rapport aux autres, travaillant sur le choc et son intensité. Pour info, la pièce sera donnée dans son intégralité en janvier à l’espace Paul Jargot de Crolles et en mai à la Rampe. Vendredi à 18h30 L'homme qui tombe à Pick Né en 1970 en Israël, ancien danseur d'Ohad Naharin et du Ballet de l'Opéra de Lyon, Yuval Pick fonde sa propre compagnie, The Guest, en 2001. Il est à la fois un chorégraphe de l'abstraction et du plus concret des possibilités du corps humain. Expliquons ce paradoxe : à travers ses pièces (une de

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