Dub Inc : « La scène, ce grand défouloir »

Publié Vendredi 30 janvier 2026

Vidéo / Pilier du reggae francophone depuis plus de 25 ans, Dub Inc continue de s'imposer. Leur neuvième album, "Atlas", sorti en décembre dernier, explore comme toujours des thèmes sociétaux, notamment les enjeux décoloniaux. Le groupe stéphanois sera en tournée dans toute la France et était sur la scène du Transbordeur le 28 janvier dernier. Rencontre avec le chanteur Komlan et le batteur Zigo.

Photo : © Photocompulsif

Installés sur la scène du Club Transbo, Komlan et Zigo reviennent sur l'état d'esprit d'Atlas : des sonorités cumbia, roots et des tempos parfois très lents ou déstructurés, comme sur Mémoires, en featuring avec l'artiste kanak Marcus Gad. Un titre qui traduit leur quête de vérité et de mémoire collective : « Nul ne peut nier la réalité qu'on a créée [...] on porte en nous le code, la mémoire de nos ancêtres. Vivent en nous toutes les victoires, toutes les défaites », souligne Komlan.

Depuis ses débuts, Dub Inc défend l'idée que rester positif est une forme de résistance. « Être optimiste, c'est peut-être une nouvelle manière de combattre aujourd'hui » observe Komlan, en reconnaissant la difficulté de tenir ce cap pour les personnes précarisées ou minorisées.

Pour le groupe, la scène est un lieu privilégié pour cultiver cet optimisme : « En concert, on se décale de notre réalité, c'est un grand défouloir », note Komlan. « On a été privés de ces moments il y a deux ans, notre tournée avait été annulée, cette fois, on va vraiment profiter », ajoute Zigo.

« Nommer directement n'est pas toujours constructif »

Si Dub Inc aborde des sujets politiques et sociaux, le groupe évite la critique frontale. « Nos textes écrits il y a 15 ans sont malheureusement toujours d'actualité », rappelle Komlan. « Nommer directement n'est pas toujours constructif. » À l'heure où la scène reggae souffre - le festival Sun Ska annonce par exemple une édition 2026 réduite - Dub Inc démontre que le genre n'est pas mort : plus de la moitié de leur tournée européenne est déjà complète.

Reste une ombre : en trente ans d'existence, aucune femme n'a participé à leurs albums ou à la vie du groupe. « Ça manque clairement à notre discographie », reconnaît Komlan. « Il y a une sorte de malédiction au-dessus de nos albums », ajoute Zigo. Espérons que le charme sera rompu pour le 10e album !

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