Humour engagé, chefs-d'oeuvre de la danse et marionnettes pour adulte : les spectacles à voir à Lyon en avril

Publié Mardi 31 mars 2026

Sélection / Avec, en vrac, Océan, Louis Cattelat, Yngvild Aspeli, Guy Cassiers, Thomas Lebrun ou encore la Cordonnerie.

Photo : Pauline Le Goff​ (spectacle L'Infiltré d'Océan)

Sous les fleurs 

Chorégraphe depuis 2001, directeur du Centre chorégraphique national de Tours depuis 2012, Thomas Lebrun est une figure originale et maintenant très connue de la danse contemporaine française. L'auteur d'Itinéraire d'un danseur grassouillet se penche souvent sur des sujets politiques et sociaux actuels, à travers des pièces mêlant humour, élégance et émotion. Créée en 2023,  Sous les fleurs s'intéresse aux Muxes, troisième genre du peuple des Zapotèques dans le sud du Mexique. Cinq danseurs portant les robes traditionnelles aux motifs fleuris racontent en mouvements la vie de ces « hommes au cœur de femme », bousculant avec finesse et poésie les normes de la virilité et de la binarité.
JED

Sous les fleurs 
Les 1er au 2 avril à la Maison de la danse  (Lyon 8e) ; de 14 à 35€


L'Abolition des privilèges

De ce moment fondateur qu'est la fameuse nuit du 4 août 1789 ayant permis L'Abolition des privilèges, le metteur en scène Hugues Duchêne a fait un spectacle survolté pour un comédien. Un pan de l'histoire française réanimé façon one-man-show, Maxime Pambet changeant de rôle en quelques secondes pour enflammer un discours, rejouer un affrontement, délivrer une anecdote... Captivant.
AM

L'Abolition des privilèges
Le 3 avril à l'Aqueduc (Dardilly) ; de 9 à 19€
Le 25 avril au Centre culturel Charlie-Chaplin (Vaulx-en-Velin) ; de 6 à 13€


Goupil et Kosmao

Grand nom de la magie contemporaine, Étienne Saglio a conçu, avec Goupil et Kosmao (soit le nom de l'assistant renard et celui du magicien), une petite forme cabaret de 30 minutes destinée au jeune public (à partir de 5 ans) d'une inventivité et d'une intelligence folles. Ici, l'humour est le moteur du récit, porté par ce duo involontairement comique qui fait littéralement s'esclaffer les enfants. Et les plus grands.
AM

Goupil et Kosmao
Les 7 et 8 avril au théâtre de la Renaissance (Oullins) ; de 6 à 30€


Avant la tempête

Le Ballet de l'Opéra se fend en trois... en trois chorégraphies signées respectivement Lucinda Childs, David Dawson et William Forsythe. Un programme éclectique, mais qu'on ne saurait trop vous conseiller pour (re)découvrir l'un des chefs-d'œuvre de Forsythe, Ennemi in the figure, créé en 1989 sur la musique cinglante de Thom Willems. Ruptures de rythmes, changements de lumière, déplacements d'éléments de décors : tout dans cette pièce pousse à l'urgence, au mouvement virtuose sur le fil du rasoir, au choc plastique et gestuel.
JED

Avant la tempête
Du 21 au 25 avril à l'Opéra de Lyon (Lyon 1er) ; de 10 à 48€


L'Infiltré

Seul-en-scène aussi drôle qu'engagé sur, pour résumer rapidement, le dimorphisme sexuel et la masculinité, L'Infiltré, du comédien et auteur transgenre Océan, est un immense coup de pied intersectionnel adressé aux réacs de tous bords aussi bien qu'une déclaration d'amour à la communauté queer, et notamment trans. Façon conférencier dans la première partie, Océan démonte toutes les obsessions de celles et ceux qui jugent son corps, délivrant ainsi de nombreuses informations capitales. Radical dans la forme (surtout dans la deuxième partie du spectacle), certes, mais on ne peut plus nécessaire.
AM

L'Infiltré
Du 22 au 24 avril au théâtre de la Croix-Rousse (Lyon 4e) ; de 6 à 29€ 


L'Affaire « L.ex.π.Re »

Je rédigerai ça à partir de mon papier

L'Affaire « L.ex.π.Re »
Du 22 au 29 avril au TNP (Villeurbanne) ; de 7 à 30€


White dog

Créé en 2017, White Dog de la compagnie Les Anges au Plafond, grand nom français de la marionnette, est un petit bijou de spectacle construit autour du roman Chien blanc de Romain Gary. Dans ce texte de 1970, l'auteur raconte comment, aux États-Unis avec son épouse Jean Seberg, il a recueilli un chien abandonné d'apparence affectueuse, sauf quand il croise une personne noire... Une œuvre forte, politique, qui, sur scène, a été habilement adaptée avec une scénographie en papier, de la vidéo, des jeux de lumière et de la musique live.
AM

White dog
Les 23 et 24 avril au TNG (Lyon 9e) ; de 5 à 16€


Face à la mère

Un homme, seul sur le plateau, évoque le souvenir de sa mère, assassinée en Haïti, et la douleur qui a suivi. En 2006, le comédien, metteur en scène et dramaturge Jean-René Lemoine a publié puis joué le texte Face à la mère. C'est ce même texte qu'il reprend aujourd'hui, avec la voix calme de celui qui ne veut pas imposer sa peine, dans une mise en scène humble, au cordeau, de Guy Cassiers, l'un des papes du théâtre européen. Pour un moment presque hors du temps.
AM

Face à la mère
Du 24 au 29 avril au TNP (Villeurbanne) ; de 7 à 30€


Louis Cattelat

Louis Cattelat est l'un des noms prometteurs de la scène humoristique française, encore plus depuis qu'il est devenu chroniqueur dans l'émission Quotidien. La faute à un premier spectacle de stand-up précisément ciselé, titré Arecibo, du nom d'un radiotélescope installé au siècle dernier à Porto Rico pour notamment tenter de nouer contact avec les extraterrestres. Stoïque face à son micro, Louis Cattelat se place du côté du candide corrosif qui ausculte son monde en pestant sur ses congénères. Et galope entre humour d'observation, vannes sombres et saillies engagées versant progressiste et intersectionnel. Savoureux.
AM

Louis Cattelat
Le 28 avril à Pôle en Scènes (Bron) ; de 17 à 25€


Pierre Thevenoux

Depuis quelques années, Pierre Thevenoux impose son nom et sa gueule « à bouffer du pâté au petit-déjeuner » dans le monde de l'humour en jouant la carte du gentil beauf. Et ça marche, tant l'homme maîtrise l'art de l'autodérision et de la complicité avec le public - on est tous le beauf de quelqu'un en gros. En début d'année, il a livré un nouveau spectacle baptisé Life Coach qui, au vu d'une date de rodage cet automne, s'inscrit dans la même veine que le précédent. C'est dans les meilleurs beaufs...
AM

Pierre Thevenoux
Le 28 avril à la Bourse du travail (Lyon 3e) ; de 36 à 39€


Une maison de poupée

Metteuse en scène, comédienne et marionnettiste, la Norvégienne installée en France Yngvild Aspeli a choisi d'adapter la pièce culte du répertoire norvégien et européen qu'est Une maison de poupée d'Ibsen avec, forcément, des marionnettes. Un parti pris pertinent tant visuellement, la scénographie brouillant la frontière entre illusion et réalité, que sur le fond. L'aspect féministe du texte (une femme refuse d'être réduite au rôle de poupée par son mari) saute ainsi littéralement aux yeux, à l'image des immenses araignées convoquées sur scène.
AM

Une maison de poupée
Du 28 au 30 avril aux Célestins (Lyon 2e) ; de 8 à 42€


Au nom du ciel

En plein dans l'actu mais avec décalage. Homme de théâtre israélien installé en France et très critique envers la politique de Benyamin Netanyahou, Yuval Rozman a choisi, pour le quatrième volet de sa série baptisée Quadrilogie de ma terre, de prendre de la hauteur en confiant le récit à trois oiseaux témoins de l'assassinat, en 2020, d'un Palestinien autiste par la police israélienne. Des oiseaux engagés, forcément, mais également délicieusement vulgaires, pour un spectacle en tous points surprenant et captivant.
AM

Au nom du ciel
Du 28 au 30 avril au théâtre de la Croix-Rousse (Lyon 4e) ; de 6 à 29€