Rencontres du 3ᵉ genre : "Sous les fleurs" de Thomas Lebrun
Danse / L'amour, les danses populaires, le corps et aussi le genre : le chorégraphe Thomas Lebrun les invoque pour dynamiter les clichés, son spectacle "Sous les fleurs" aussi. À voir à la Maison de la danse début avril.
Photo : Sous les fleurs, chor Thomas Lebrun © Frédéric Iovino
C'est un fidèle de la Maison et il a longtemps été accueilli aux Subs. Thomas Lebrun, ponte de la danse contemporaine française qui œuvre depuis le début des années 2000, revient à Lyon avec Sous les fleurs créé en 2023. Depuis, il compte trois autres pièces à son actif, dont la petite dernière D'amour, à destination du jeune public. C'est que celui qui dirige le centre chorégraphique de Tours depuis 2012 est à la fois prolifique et s'amuse toujours à casser les codes. Il a même croisé ses gestes à la voix (off) de Marguerite Duras dans L'envahissement de l'être couronné Grand Prix du meilleur spectacle chorégraphique de l'année 2022-2023 par le Syndicat professionnel de la Critique théâtre, musique et danse.
« féminité émanante »
Si ce dernier était un solo qu'il interprétait lui-même, Sous les fleurs, né six mois plus tard, est un quintet d'hommes vêtus de robes, les "Muxes", ce troisième genre admis par les peuples Zapotèques dans le sud du Mexique. C'est cette « féminité émanante » telle qu'il la définit qu'il porte sur scène durant 75 minutes. Pour mieux appréhender cette population qui peut vivre sa singularité, avoir accès à des métiers traditionnellement réservés aux femmes (cuisine, coiffure...) mais qui ne peut se prêter à une vie conjugale exposée, il s'est même appuyé sur le travail du chercheur mexicain anthropologue en danses traditionnelles mexicaines Raymundo Ruiz González. Et a confectionné pour elles·eux de superbes robes brodées et des masques de fleurs. Un véritable « documentaire chorégraphique » selon ses mots.
Sous les fleurs
Les 1er et jeudi 2 avril à la Maison de la danse  (Lyon 8e) ; de 14 à 35€
