Salon du randonneur

Municipales à Lyon : la surprise Grégory Doucet, ou le retour de l'incertitude politique

Publié Lundi 16 mars 2026

Municipales / Contre toute attente, le maire sortant Grégory Doucet est arrivé en tête du premier tour des municipales à Lyon avec 37, 36 % des suffrages, devançant Jean-Michel Aulas (Cœur lyonnais) qui a récolté 36, 78 %. Un résultat serré qui déjoue tous les précédents sondages. Pendant des semaines, les enquêtes d'opinion plaçaient l'ancien président de l'Olympique lyonnais en position favorable. Le scrutin de ce dimanche soir a finalement raconté une autre histoire.

Photo : Le maire sortant Grégory Doucet lors de la soirée électorale du premier tour des municipales le 15 mars 2026 © LS/LePetitBulletin

La campagne avait progressivement installé l'idée d'une dynamique pour l'ancien président de l'OL Jean-Michel Aulas, nouveau venu en politique mais porté par une coalition de droite et du centre baptisée Cœur lyonnais. Les sondages publiés ces dernières semaines le plaçaient régulièrement en tête.

Le vote a rééquilibré la partie. Grégory Doucet conserve une courte avance et maintient la gauche en position de force avant le second tour en obtenant 37, 36 % des suffrages exprimés face à Jean-Michel Aulas (Cœur lyonnais) qui pointe à 36, 78 %. La candidate de La France insoumise, Anaïs Belouassa-Cherifi, obtient 10, 41 %, un score suffisant pour se maintenir et surtout peser dans les négociations. Les autres listes restent nettement en retrait : Georges Képénékian (3, 53 %) et Nathalie Perrin-Gilbert (3, 64 %) ne seront pas présentes au second tour.

Dans la soirée, le maire sortant s'est montré prudent mais confiant et s'est dit « en mesure de gagner le second tour ».

À lire aussi sur Le Petit Bulletin :
- Métropolitaines à Lyon : une vague Grand coeur lyonnais s'installe

Le jeu des alliances à gauche

L'issue du second tour pourrait se jouer dans les tractations entre les différentes composantes de la gauche. Anaïs Belouassa-Cherifi a dès hier soir évoqué la possibilité d'une « fusion technique » avec la majorité sortante afin que Lyon « reste à gauche ». Une telle alliance permettrait de consolider le socle électoral de Grégory Doucet et de transformer le duel annoncé avec Jean-Michel Aulas en affrontement plus favorable à la coalition écologiste et sociale.

Du côté de Cœur lyonnais, Jean-Michel Aulas a déjà dénoncé ce scénario, évoquant une « alliance de la honte », tout en estimant que « faire jeu égal avec le sortant pour une première opération politique est une performance ».

Une ville politiquement fragmentée

Le détail arrondissement par arrondissement confirme l'équilibre instable du paysage lyonnais.

Plusieurs sortants écologistes conservent des positions solides. Fanny Dubot arrive largement en tête dans le 7e arrondissement avec 41, 92 %, tandis que Yasmine Bouagga frôle la réélection dès le premier tour dans le 1er arrondissement avec 49, 61 %. La droite s'impose dans d'autres secteurs. Dans le 6e arrondissement, bastion traditionnellement conservateur, la liste Cœur lyonnais menée par Samuel Soulier l'emporte dès le premier tour avec 51, 50 %. Dans le 5e arrondissement, Thomas Rudigoz est élu avec 50, 38 %.

Plusieurs arrondissements restent très disputés. Dans le 4e arrondissement, une triangulaire se dessine entre la liste Union de la gauche de Rémi Zinck (36, 43 %), la liste Cœur lyonnais menée par Loïc Terrenes (32, 41 %) et celle LFI de Pauline Fivel (11, 46 %). Dans le 9e, la liste de gauche menée par Emmanuel Giraud arrive en tête avec 32, 64 %, mais la liste Cœur lyonnais menée par Laïla Khallouk les talonne avec 30, 73 %. Le 3e arrondissement illustre lui aussi ce rapport de force serré. Marion Sessiecq (Écologistes) arrive en tête avec 38, 36 %, devant Béatrice de Montille de Cœur lyonnais (35, 14 %) et suivie par le candidat insoumis Albert Levy avec 11, 66%.

Retrouvez notre live heure par heure de cette première soirée d'élection lyonnaise et grand-lyonnaise.