Véronique Sarselli s'impose à la Métropole

Publié Lundi 23 mars 2026

Métropolaines 2026 / Le suspense n'aura pas duré. Très tôt dans la soirée, Véronique Sarselli est donnée gagnante et, à mesure que les résultats s'accumulent, l'hypothèse devient certitude. La candidate de Grand cœur lyonnais l'emporte largement et s'installe en position de future présidente de la Métropole.

Photo : Véronique Sarselli, tête de liste de Grand cœur lyonnais lors de la soirée électorale du 22 mars © LS/LePetitBulletin

Avec 92 sièges sur 150, la majorité est non seulement atteinte, mais largement dépassée. Face à elle, Bruno Bernard et l'Union de la gauche s'arrêtent à 49 élus, loin de pouvoir peser dans l'exécutif. Dans sa déclaration, Véronique Sarselli évoque « une volonté de changement » et annonce son intention d'associer les maires du territoire à la gouvernance. Elle indique également qu'elle proposera à Jean-Michel Aulas de siéger à la Métropole, possiblement comme vice-président.

Des victoires dès le premier tour

La victoire s'est en réalité construite en amont. Dans plusieurs circonscriptions, Grand cœur lyonnais n'a pas attendu le second tour pour s'imposer. Dans l'Ouest, Véronique Sarselli (Grand cœur lyonnais) est élue dès le premier tour avec 60, 69 % des suffrages. Même logique dans la Porte des Alpes, où Gilles Gascon (Grand cœur lyonnais) l'emporte avec 51, 49 %, franchissant de justesse la majorité absolue. Sur le Plateau Nord - Caluire, Alexandre Vincendet (Grand cœur lyonnais) s'impose avec 54, 37 %, tandis que dans le Val de Saône, Sébastien Michel (Grand cœur lyonnais) atteint 52, 36 %. Quatre circonscriptions acquises d'emblée, ce qui, à cette échelle, tient lieu de socle électoral.

Jean-Michel (Cœur lyonnais) lors de la soirée électorale du 22 mars © LS/LePetitBulletin

Le second tour entérine le basculement

Le second tour vient moins bouleverser que confirmer. Dans les Lônes et Coteaux, Jérôme Moroge (Grand cœur lyonnais) s'impose avec 51, 63 % face à Jean-Charles Kohlhaas (Union de la gauche), crédité de 33, 78 %, tandis que Cécile Patout (RN) atteint 14, 60 %. Dans les Portes du Sud, Nathalie Frier (Grand cœur lyonnais) arrive en tête avec 32, 41 %, devant Michèle Picard (Union de la gauche) à 25, 12 %, Idir Boumertit (Divers gauche) à 27, 67 % et Marco Charavia (RN) à 14, 80 %, dans une configuration éclatée mais favorable.

Dans la circonscription Rhône Amont, Laurence Fautra (Grand cœur lyonnais) arrive en tête avec 34, 88 %, devant Hélène Geoffroy (Union de la gauche) à 32, 84 %, Fatiha Didaoui (LFI) à 18, 42 % et Tim Bouzon (RN) à 13, 86 %. À Villeurbanne, Bruno Bernard (Union de la gauche) résiste en tête avec 41, 38 %, mais loin devant une droite divisée, Sylvie Blesgagnaire (Grand cœur lyonnais) n'obtenant que 21, 64 %, suivie de Gabriel Amard (LFI) à 15, 62 %, Didier Vullierme (Divers gauche) à 12, 37 % et Gérald Canon (RN) à 8, 99 %.

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Lyon, terrain plus contrasté

À Lyon même, le paysage se nuance. Dans la circonscription Lyon-Est, Hélène Baronnier (Grand cœur lyonnais) l'emporte avec 47, 06 % face à Benjamin Badouard (Union de la gauche) à 44, 36 %, tandis qu'Albert Levy (LFI) reste en retrait avec 8, 58 %. À Lyon-Ouest, Yann Cucherat (Grand cœur lyonnais) s'impose nettement avec 55, 51 %, devant François Journy (Union de la gauche) à 44, 39 %, la liste LFI de Malika Benarab Attou restant marginale à 0, 10 %.

La Métropole un pourvoir déterminant

Créée en 2015, la Métropole de Lyon constitue une collectivité unique en France, à mi-chemin entre une intercommunalité et un département. Elle exerce des compétences que la Ville de Lyon ne possède pas, ce qui en fait, dans les faits, l'échelon le plus structurant du territoire. Elle intervient d'abord sur le développement économique, en pilotant l'attractivité du territoire, les zones d'activités ou encore les politiques d'innovation. Elle gère également l'ensemble de la voirie métropolitaine, les mobilités, ainsi que l'aménagement urbain à grande échelle.

À cela s'ajoutent les collèges, hérités du département, et surtout un bloc social conséquent : protection de l'enfance, insertion, accompagnement des publics précaires. Avec 1, 4 million d'habitants répartis sur 58 communes, la Métropole dépasse largement la seule ville centre. Son budget annuel avoisine les 4 milliards d'euros, soit plus de trois fois celui de Lyon. Une masse financière qui lui permet d'investir dans les infrastructures, les transports ou les politiques sociales, là où la Ville agit davantage sur le quotidien immédiat - écoles primaires, espaces publics de proximité, culture.

Dans Lyon-Nord, Sarah Peillon (Grand cœur lyonnais) domine avec 56, 90 %, face à Sandrine Runel (Union de la gauche) à 43, 10 %. Mais ailleurs, la gauche conserve des points d'appui : à Lyon-Centre, Kheira Boukralfa (Union de la gauche) arrive en tête avec 47, 36 %, devant Valérie Lorentz-Poinsot (Grand cœur lyonnais) à 44, 24 % et Florestan Groult (LFI) à 8, 40 %. À Lyon-Sud, l'Union de la gauche l'emporte avec 51, 27 %, devant Christophe Geourjon (Grand cœur lyonnais) à 36, 03 % et Léa Tauran (LFI) à 12, 71 %. Dans Lyon Sud-Est, Marie-Charlotte Garin (Union de la gauche) arrive en tête avec 40, 93 %, devançant Michel Le Faou (Grand cœur lyonnais) à 38, 08 %, Laurent Legendre (LFI) à 11, 61 % et Alexandre Dupalais (RN) à 9, 39 %.

Une défaite actée, une gauche dispersée

Bruno Bernard a rapidement reconnu sa défaite. Dans un communiqué, il adresse ses salutations républicaines à Véronique Sarselli et ne conteste pas le résultat. Il a choisi toutefois de ne pas se rendre à la préfecture, là où se joue traditionnellement la dramaturgie électorale. Une absence qui dit, à sa manière, la brutalité du verdict.

À gauche, ce scrutin souligne aussi les limites de La France insoumise. Le mouvement réalise des percées locales visibles, en remportant notamment Vénissieux et Saint-Fons, deux communes jusque-là tenues par d'autres forces de gauche. Mais ces victoires restent isolées. Candidat LFI à la présidence de la Métropole, Florestan Groult dit quitter la séquence « sans regrets », tout en pointant des alliances impossibles. Il évoque des discussions de fusion restées lettres mortes et cible directement les choix du Parti communiste et du Parti socialiste. « On a tout fait pour avoir un accord », affirme-t-il, regrettant que Michèle Picard à Vénissieux et Hélène Geoffroy à Vaulx-en-Velin aient refusé de dissocier enjeux municipaux et métropolitains. « Si Michèle Picard avait accepté de se désister, on aurait pu enclencher un mouvement », avance-t-il encore, avant de fustiger, plus sèchement, « les vieux appareils ».