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BTP : les travaux spécialisés amortissent la chute du neuf

Publié Jeudi 21 mai 2026

BTP / Le 19 mai dernier, l'Insee Auvergne-Rhône-Alpes a publié une étude complète sur le secteur de la construction dans notre région, témoignant des crises successives qu'il a connues depuis 2008.

Photo : Évolution des logements autorisés et commencés en Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2001. © Insee - Source : SDES, Sit@de12

En Auvergne-Rhône-Alpes, ce sont 192 100 salariés au total qui travaillent dans le domaine de la construction, qui comprend la construction de bâtiments (logements, bureaux, commerces, équipements publics), le génie civil (routes, ponts, infrastructures) et les travaux de construction spécialisés (électricité, plomberie, menuiserie, isolation, finitions...). « L'emploi salarié enregistre une baisse depuis 2022, mais reste au-dessus du creux de 2016 qui faisait suite à la crise des subprimes », relève Pierre-Pascal Housez, chargé d'étude et auteur de cette analyse Insee, avec Alexandre Tillatte. C'est le secteur des travaux spécialisés qui reste le pourvoyeur majeur d'emplois (82 %, contre 12 % pour le génie civil et 6 % pour la construction de bâtiments). Et c'est aussi cette activité qui a permis un certain amortissement de l'effondrement de la construction neuve.

Des crises successives

Depuis 2001, le secteur a en effet essuyé des baisses liées aux différentes crises (financière, conjoncturelle, sanitaire, inflationniste...). Pour Jérôme Harnois, directeur régional de l'Insee Auvergne-Rhône-Alpes, ce qui est notable, c'est « le nombre de logements autorisés et commencés qui se situe au plus bas depuis vingt-cinq ans. On remarque aussi un très fort écart entre ces deux types, les promoteurs ayant les autorisations mais ne commençant pas les chantiers ». Il avance plusieurs explications comme un accès aux crédits plus difficiles, ce qui réduit la capacité d'emprunt des ménages, mais aussi le nombre de recours qui peuvent freiner les projets. « On voit cependant que cette période de crise est bornée avec une reprise en 2025, où le nombre de logements autorisés progresse de 21, 4 % dans la région. » C'est la construction spécialisée, notamment le secteur de la rénovation énergétique, qui compense le recul de construction de bâtiments (logements comme locaux professionnels). Quant au génie civil, il reste plutôt stable, que ce soit en termes d'emplois (23 100 emplois en 2023) qu'en termes d'activité, même si l'année 2025 montre une baisse des carnets de commandes liée à la période électorale.

Article écrit par Caroline Fouché