"Notre besoin de consolation" : demain ne meurt jamais

La science est-elle ce nouveau Graal tant attendu ? La metteuse en scène Julie Bérès questionne le public en utilisant le théâtre. Le résultat, visuellement épatant, confirme que, comme le cinéma ou la littérature, le spectacle vivant peut aussi se confronter au présent – ici à la bioéthique. 

Qu’est-ce qui pousse un homme (ou une femme) à faire du théâtre aujourd’hui ? Pourquoi décide-t-il de monter un projet, et – vanité suprême – de le présenter au public ? Ces questions – et bien d’autres encore du même acabit – prennent littéralement sens quand on se penche sur le travail de Julie Bérès : une metteuse en scène passionnante qui, grâce au théâtre, ausculte notre temps avec son regard d’artiste. Comprendre qu’elle ne délivrera pas de réponses fermées aux problématiques qu’elle développe, comme elle nous l’expliquait déjà il y a trois ans lorsque nous l’interrogions sur son spectacle Sous les visages, qui évoquait la violence du monde du travail avec onirisme : « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas d’apporter de réponse – et de toute façon je n’en ai pas – mais plutôt d’observer l’époque à laquelle j’appartiens et, par le biais du théâtre, de l’interroger. C’est donc un travail de contemplation et d’observation, pour ensuite trouver une forme poétique… »

Désir d’avenir

La preuve encore une fois de la pertinence de son approche avec la reprise à la MC2 de Notre besoin de consolation, création déjà programmée à l’Hexagone la saison passée. Une proposition stupéfiante sur la place qu’occupe la science dans nos sociétés contemporaines, à travers plusieurs scènes écrites autour des recherches menées sur le terrain – interviews de mères porteuses indiennes, rencontres avec des scientifiques… En découle une succession de tableaux éloquents, comme celui où deux parents choisissent les descriptifs exacts de leur futur enfant, en ajoutant et enlevant certaines caractéristiques en fonction du prix. De la science fiction ? De l’anticipation ? Cet ensemble sans fil narratif distinct (c’est là que le bas blesse si l’on est pointilleux) prend forme dans une scénographie très étudiée, comme si le plateau respirait et se mouvait au fil de la représentation. Un véritable théâtre d’aujourd’hui – car il s’agit bel et bien de théâtre, n’en déplaise aux plus conservateurs – qu’offre Julie Bérès : plein d’enthousiasme, on dit oui !

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