"Le Voyage au Groenland" : père pas le Nord

ECRANS | de Sébastien Betbeder (Fr., 1h 38) avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca, François Chattot…

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

Match retour pour Thomas. Flanqué de son pote Thomas, il atterrit à Kullorsuaq, le village où vivent les deux Inuits qu'il avait hébergés chez lui dans le court-métrage Inupiluk… mais surtout où s'est réfugié depuis des années son père Nathan. L'occasion pour eux de briser la glace…

"Buddy movie" (film de potes) à la française (c'est-à-dire incarné par deux anti-héros dotés de physiques improbables et surtout de coiffures façon yorkshires morts), cette comédie oscillant entre le burlesque et le mélancolique déroule une suite de gags gentiment frappés inspirés par le dépaysement et les différences culturelles, avant de glisser vers le tendre et le pudique des liens familiaux.

Malgré la prévisibilité de la trame, c'est parfois cocasse dans le décalage – lorsqu'il s'agit par exemple pour les Thomas d'actualiser leur situation d'intermittents avec une connexion Internet préhistorique, ou bien touchant lorsque le fils et le père doivent accomplir les derniers mètres avant de s'étreindre.

Petit tacle au passage à la B.O. signée Minizza : le collectif ne s'est pas trop gelé les doigts faisant une simili variation de Jean-Michel Jarre emmitouflée dans du Vangelis époque Antarctica. On parlera d'hommage


Le Voyage au Groenland

De Sébastien Betbeder (Fr, 1h38) avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca...

De Sébastien Betbeder (Fr, 1h38) avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca...

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Thomas et Thomas cumulent les difficultés. En effet, ils sont trentenaires, parisiens et comédiens... Un jour, ils décident de s'envoler pour Kullorsuaq, l'un des villages les plus reculés du Groenland où vit Nathan, le père de l'un d'eux. Au sein de la petite communauté inuit, ils découvriront les joies des traditions locales et éprouveront leur amitié.


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"Notre dame" : archi réussite

Cinema | Pâques aux tisons, Noël au balcon… des cinés. Grâce à Valérie Donzelli, la cathédrale de Paris revit à l’écran, personnage secondaire d’une délicieuse fantaisie sentimentale, burlesque et fantastique. Où il est aussi question de la place des femmes au travail et en amour…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Architecte tyrannisée par son patron, maman séparée d’un ex un brin crampon, Maud Crayon mène plusieurs vies complexes en une. Et voici que par un étrange coup du sort, elle remporte sans avoir concouru le réaménagement de Notre-Dame et se retrouve enceinte. Alléluia ? Les méchantes gens et autres mauvaises langues trouveront une corrélation entre la non-présence de Jérémie Elkaïm au générique et la réussite du 5e long métrage de Valérie Donzelli ; bornons-nous à pointer cet amusant détail, sans en tirer de perfides conclusions. Charmant bijou de joliesse, Notre dame est une irrésistible comédie sentimentale, sérieusement drôle et drôlement sérieuse, s'accommodant d'une once de magie : le fameux "réalisme magique" tant prisé par les romanciers de Garciá Márquez à Murakami, qui n'est rien d'autre qu'un habit poétique ou métaphorique du fatum à l'intérieur d'une fiction. On croit rêver Au reste, la singularité surnaturelle n’en est plus une dès lors que l’on considère Notre dame, dans son ensemble, comme une extrapolation de notre monde passé à travers la moulin

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"Debout sur la montagne" : là-haut, y a pas débat

ECRANS | De Sébastien Betbeder (Fr., 1h45) avec William Lebghil, Izïa Higelin, Bastien Bouillon…

Vincent Raymond | Mardi 29 octobre 2019

Quinze ans après leur enfance montagnarde, trois amis se retrouvent dans leur village d’origine à l’occasion des funérailles du grand frère de l’un d’entre eux. Leurs rêves de jeunesse disloqués, ils constatent que la vie d’adulte donne plus souvent des raisons de pleurer que de rire… Sébastien Betbeder a de la constance, il faut le lui reconnaître. N’aimant rien tant que les histoires de copains en quête d’une forme de retrouvailles dans un milieu plutôt hostile, le prolifique cinéaste décline son thème chéri dans tous les environnements et avec toutes les configurations possibles. Après l’île de Marie et les Naufragés, le grand Nord enneigé du Voyage au Groenland, la bourgade d’altitude constitue ici une suite logique pour le sympathique trio. Quant à la réunion entre potes, si elle est entravée par le poids d’un passé commun traumatique alourdi par les blessures intimes de chacun, son issue offre une délivrance générale façon absolution. Jonglant avec les peurs d

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"Je promets d'être sage" : prenez garde !

ECRANS | de Ronan Le Page (Fr., 1h32) avec Pio Marmaï, Léa Drucker, François Chattot…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Lassé par ses années d’échec au théâtre, Franck (Pio Marmaï) se fait recruter comme gardien vacataire dans un musée. Sa présence suscite l’hostilité de Sybille (Léa Drucker), une consœur rigide, mais complète le staff et permet au conservateur de lancer un inventaire des collections. Au grand dam de Sybille … Imaginez ce que peut donner la rencontre d’un chien fou et d’une minette sauvage dans un magasin de porcelaine : à peu de choses près, voilà à quoi équivaut l’association entre Franck et Sybille ; deux caractères tellement dissonants qu’ils sont fatalement faits pour s’entendre. Cette comédie trépidante s’inscrit dans la droite ligne du cinéma de Pierre Salvadori, où prédominent fantaisie des situations, dialogue parsemés d’absurdités cocasses et courses-poursuites. Le réalisateur Ronan Le Page laisse quelques zones d’ombre bienvenues sur le passé de Sybille et donc la latitude de l’imaginer ou le déduire de ses actes. Quel plaisir : rien n’est plus agaçant qu’un scénario où la moindre intention a besoin d’être justifiée. Couronnée cette année pour une prestation dramatique (un registre dans lequel elle

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Avec "Apnée", les Chiens de Navarre ne manquent pas d’air

ECRANS | de Jean-Christophe Meurisse (Fr., 1h29) avec Céline Fuhrer, Thomas Scimeca, Maxence Tual…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Avec

Deux hommes et une femme pénètrent dans une mairie en robe de marié-e pour convoler ensemble. L’élu, excédé, leur signifiant que « ce n’est pas encore possible », ils partent alors à la poursuite de chimères, se heurtant au passage à diverses contingences du réel… Au générique, le trio fait du patin à glace avec pour seule tenue des masques de catch mexicain, avant de barboter dans une baignoire placée dans la vitrine d’un magasin. Rien n’effraie la compagnie théâtrale Les Chiens de Navarre dans ce collage aussi inégal que foutraque : les séquences s’enchaînent comme des petites saynètes indépendantes, selon les règles souples du coq-à-l’âne et au gré d’une fantaisie absolue. À croire que le film a été fabriqué en semi-impro durant les périodes de vacances de la troupe, comme une récréation. Cela ne gâche pas sa fraîcheur, mais en fait un objet relativement anodin, car convenu dans sa forme – Apnée n’est pas À bout de souffle non plus, si vous voyez la fine allusion. Mentions spéciales toutefois à quelques idées rigolotes post-surréalistes (tel le Christ décrucifié incapable de marc

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Inupiluk + Le Film que nous tournerons au Groenland

ECRANS | De Sébastien Betbeder (Fr, 32 min + 32 min) avec Thomas Blanchard, Thomas Scimeca…

Christophe Chabert | Mardi 24 février 2015

Inupiluk + Le Film que nous tournerons au Groenland

Après le très réussi 2 automnes, 3 hivers, Sébastien Betbeder est revenu au format court avec Inupiluk : en trente minutes bien tassées, il suit deux potes hipsters et glandeurs, Thomas et Thomas, qui accueillent Ole et Adam, venus directement du Groenland pour passer quelques jours en France. Ponctué par des notations intimes (le père de Thomas vit au Groenland, sa copine ne répond plus à ses SMS), Inupiluk s’amuse du décalage de langue et de culture pour tisser un récit de vacances à la Jacques Rozier, de la Tour Eiffel à la dune du Pilat. Cette sensation de liberté et d’improvisation est franchement séduisante, et Betbeder confirme sa capacité à séduire un air du temps contemporain qui laisserait l’inquiétude à la porte. Pour cette sortie en salles, il y a adjoint un autre court, Le Film que nous tournerons au Groenland, qui en est le prolongement logique : les deux acteurs retrouvent le cinéaste pour élaborer une suite où cette fois-ci ce sont les Français qui partiraient dans le village de leurs nouveaux amis gro

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2 automnes 3 hivers

ECRANS | Un joli premier film signé Sébastien Betbeder, à la fois simple et sophistiqué, qui raconte des petites choses sur des gens ordinaires en tentant de leur donner une patine romanesque, comme un croisement entre les chansons de Vincent Delerm et celles de Dominique A. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 18 décembre 2013

2 automnes 3 hivers

Les histoires d’amour entre trentenaires, l’angoisse de l’âge adulte, les instants fugaces, les départs et les retrouvailles, les films qui font partie de la vie et les chansons qu’on fredonne… 2 automnes 3 hivers a à peu près tout pour se faire détester par ceux qui fustigent un cinéma d’auteur français désespérément étriqué. Et Vincent Macaigne, metteur en scène de théâtre devenu "star" d’une génération de cinéastes l’utilisant dans son propre rôle d’ahuri lunatique et bégayant, y tient un des rôles principaux, ce qui ajoute au potentiel d’irritation de ce premier film signé Sébastien Betbeder. Pourtant, malgré l’étroitesse de son rapport au monde, malgré la fragilité de son propos, 2 automnes 3 hivers possède un charme tout à fait singulier et une réelle audace derrière son apparente modestie. Betbeder tente un grand écart entre la simplicité de ce qu’il raconte et la sophistication de son dispositif, qui emprunte à la littérature, au théâtre et surtout à de nombreux artifices purement cinématographiques. Les Amants parallèles Un matin, en allant faire son jogging, Arman croise Amélie ; comme il veut revoir cette belle inconnue, il

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Les maux des mots

SCENES | Écrire sur le langage ? C’est s’attaquer à une « sacrée question » comme le résume très bien le comédien Pierre Meunier dans une vidéo faisant office de présentation (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 22 décembre 2011

Les maux des mots

Écrire sur le langage ? C’est s’attaquer à une « sacrée question » comme le résume très bien le comédien Pierre Meunier dans une vidéo faisant office de présentation de sa proposition Du fond des gorges – du mardi 10 au vendredi 13 janvier à l’Hexagone. Entouré de Pierre-Yves Chapalain et François Chattot, il décide de redonner un sens et une âme à des mots (ensemble, démocratie, …) qui, malheureusement, « ne font plus soulever un poil à personne quand ils sont dits ». Incarner le langage : les trois (très bons) comédiens avaient toutes les cartes en main pour casser la baraque, la note d’intention cernant avec justesse la problématique. Pourtant, en s’écartant de tout schéma narratif, et en s’égarant entre burlesque, non sens, et autres abstractions, les trois « clowns sérieux » perdent en chemin leur spectacle, ou du moins peinent à en communiquer la finalité. Alors peut-être sommes-nous passés à côté d’une grande aventure de théâtre (certaines scènes s’en approchent, notamment lorsque François Chattot s’essaie au discours dans cette scénographie hallucinante faite de simili chambres à air), mais ce Du fond des gorges nous a bel et bien laissés de marbre. AM

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