"Une vie violente" : bons baisers de Corse

ECRANS | de Thierry de Peretti (Fr., 1h47) avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto...

Vincent Raymond | Lundi 17 juillet 2017

Photo : Pyramide distribution


Au péril de sa vie, Stéphane sort de sa clandestinité parisienne et retourne en Corse assister aux obsèques de son compagnon d’armes Christophe, qui vient d’être exécuté. Il se remémore leur trajectoire commune… Traitant de la particulière situation corse, si chatouilleuse pour les insulaires, ce film qui fuit le folklore caricatural possède une dimension régionaliste forte. Pour autant, l’histoire n’a rien d’hermétique pour les "pinzuti" : le contexte, aussi dramatique que politique, est détaillé par des cartons explicites. On assiste ici à une scission dans les rangs des indépendantistes, entre une composante minoritaire inspirée par une doctrine marxiste, et une frange davantage tentée par le banditisme. À ces "philosophies" irréconciliables s’ajoutent des querelles personnelles, qui tournent vite, promiscuité oblige, en peines capitales.

S’ouvrant sur un plan choc (et cependant sans gratuité ni complaisance) montrant frontalement l’abomination d’une élimination "typique", Une vie violente évoque par moments la tragédie grecque, en particulier lors d’un déjeuner de veuves. Entre rires et larmes, cette séquence touche à l’universel.

Sortie le 9 août


Une vie violente

De Thierry de Peretti (Fr, 1h53) avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary...

De Thierry de Peretti (Fr, 1h53) avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary...

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Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane décide de retourner en Corse pour assister à l'enterrement de Christophe, son ami d'enfance et compagnon de lutte, assassiné la veille. C’est l’occasion pour lui de se rappeler les évènements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et du radicalisme politique à la clandestinité.


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Thierry de Peretti : « Il faut arrêter Astérix en Corse ! »

ECRANS | Avec "Une vie violente", en salle le 9 août, le metteur et scène, acteur et cinéaste Thierry de Peretti consacre un film à son île d’origine, la Corse. Une œuvre politique, loin des clichés, qu’il évoque avec son comédien fétiche Henri-Noël Tabary.

Vincent Raymond | Jeudi 20 juillet 2017

Thierry de Peretti : « Il faut arrêter Astérix en Corse ! »

Thierry, depuis combien de temps portiez-vous Une vie violente ? Thierry de Peretti : Depuis Les Apaches, je cherchais un récit capable d'évoquer la force romanesque de ce que je vois et ressens en Corse – sur la société corse de cette époque-là. Mais pour moi, c’est moins une reconstitution qu’une évocation ou qu’un dialogue avec ces années-là. Ce n’est pas le film ultime sur le nationalisme en Corse et la lutte armée. Le personnage de Stéphane passe par là comme Rimbaud passe par la poésie et se rêve ailleurs. Il est un peu comme le Prince Mychkine dans L’Idiot de Dostoïevski : il nous fait pénétrer plusieurs cercles de la société : les étudiants, les petits voyous, les nationalistes… Henri-Noël, comment vous êtes vous immergé dans ce rôle et ce contexte ? Henri-Noël Tabary

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Les Apaches

ECRANS | De Thierry De Peretti (Fr, 1h32) avec Aziz El Hadachi, François-Joseph Culioli…

Christophe Chabert | Mercredi 10 juillet 2013

Les Apaches

Loin d’être parfait, le premier film de Thierry De Peretti séduit par ses éclairs bruts de mise en scène et par un regard jamais vu sur une île que l’on ne connaît qu’à travers ses clichés : la Corse. Ces lieux communs-là (la délinquance, la loi du silence, le droit du sang), le cinéaste ne les évacue pas, mais les inclut comme une donnée naturelle à son récit : comment des adolescents désœuvrés et désargentés, certains accessoirement, mais ce n’est pas sans incidence, d’origine arabe, vont faire la fête dans des villas abandonnées, avant de commettre l’irréparable pour protéger leur groupe. Petits moyens (sensibles notamment sur une bande-son à la limite de l’audible), petit récit (gratuitement étiré dans certaines scènes à la frontière de l’ennui pur), mais parfois grandes idées de cinéma. Notamment dès qu’il s’agit de faire cohabiter les deux mondes irréconciliables du film, transformant les pauvres et les immigrés en « apaches » dont on réduit sans cesse le territoire. Ne serait-ce que pour la dernière scène, étourdissante, où De Peretti fait basculer comme jamais le point de vue du spectateur, Le

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