"Never-Ending Man : Hayao Miyazaki" : demain, j'arrête (ou pas)

ECRANS | de Kaku Arakawa (Jap, 1h12) documentaire

Vincent Raymond | Jeudi 20 décembre 2018

Photo : NHK


En 2013, après plusieurs faux-départs, le cinéaste Hayao Miyazaki effectue l'annonce solennelle de sa retraite définitive. Peu dupe, le réalisateur Kaku Arakawa entreprend de le suivre et enregistre son incapacité à demeurer inactif : le fondateur des studios Ghibli se remet rapidement au travail…

D'une insolente brièveté, ce documentaire tourné au plus près de Miyazaki (parfois sous son nez pendant qu'il déguste son bol de ramen) possède de nombreuses vertus. Dont celle de nous immiscer dans l'intimité du père de Totoro, révélant ses habitudes et ses manies (le port de la blouse, les cigarettes, les tressautements de jambes machinaux) d'un über perfectionniste conscient d'avoir, à l'instar d'un Cronos, dévoré ses enfants par crainte qu'ils lui succèdent. On pourrait croire qu'il s'agit d'une charge contre un vieux maître reclus dans son égotisme et la certitude de son indépassable excellence ; or justement, Miyazaki ne cesse de s'ouvrir à la nouveauté (ici, à la 3D) et à la jeunesse. Et quand il ose avouer vouloir réaliser dans un premier temps un nouveau court-métrage, Boro la chenille, c'est (aussi) pour goûter à cette technique.

Rude à la tâche et éternel insatisfait, Miyazaki ne cesse de montrer la supériorité du dessin sur le numérique, notamment à de petits start-upers venus lui vanter un logiciel capable à terme de dessiner sans humains. Le vieux maître leur adresse une réponse philosophe (et néanmoins cassante) qui est une leçon pour tous ceux pensant que l'art peut se réduire à une modélisation et des algorithmes. Elle explique aussi pourquoi, jusqu'au bout, retraité ou pas, Hayao ne pourra jamais s'empêcher de créer…

Sortie le 2 janvier


Never-Ending Man : Hayao Miyazaki

De Kaku Arakawa (Jap, 1h10) avec Hayao Miyazaki, Toshio Suzuki...

De Kaku Arakawa (Jap, 1h10) avec Hayao Miyazaki, Toshio Suzuki...

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Le réalisateur Kaku Arakawa a suivi pendant deux ans le Studio Ghibli et Hayao Miyazaki après l’arrêt de leur activité, avec une complicité et une délicatesse qui lui ont permis de montrer le maître de l’animation japonaise tel qu’on ne l’a jamais vu. En 2013, à l’âge de 72 ans, Hayao Miyazaki, réalisateur oscarisé au sommet de sa gloire, surprend tout le monde par l’annonce soudaine de son départ à la retraite. Très vite, malgré cette décision, le maître a du mal à réfréner sa passion de toujours pour la création. Il se remet donc, dans la solitude d’un Studio Ghibli désormais réduit à sa quintessence, à explorer de nouvelles idées.


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Bien avant que le ninja Po ne promène sa ventripotente carcasse sur les écrans (dans Kung Fu Panda), deux autres ursidés avaient eu les honneurs du cinéma d’animation au Japon dans Panda, Petit Panda (1972). Mettant en scène les deux animaux farceurs et une petite fille dégourdie, Mimiko, ce programme de deux courts-métrages égaux en durée est né de la conjonction de deux talents ; deux complices fidèles devenus les parrains (ou les oncles tutélaires, pour faire moins yakuza) de l’animation nippone : Isao Takahata et Hayao Miyazaki, alors quasi-débutants. Si la technique semble parfois un peu pataude (au niveau des intervalles, légèrement saccadés), la fantaisie et l’originalité des univers annoncent à bien des égards les futures grandes œuvres des réalisateurs de Pompoko (1994) et de Mon voisin Totoro (1988). En particulier le ton malicieux, l’attention respectueuse portée à la nature et à ceux (animaux, plantes, esprits) qui y vivent ou survivent, le fantasme de la submersion, dont Miyazaki fera un thème récurrent (peut-être que la situation d’insulaire favorise-t-elle ce type de pensée ?) ; jusqu’aux mimiques exagérées du grand pa

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