Chez Papapy comme chez mamie

GUIDE URBAIN | Salon de thé / Christian Keller a vécu plusieurs vies. Sa dernière en date s’organise autour du Papapy, un salon de thé/restaurant situé place de Gordes où l’on appréciera autant son art de cuisiner que de chiner.

Jérémy Tronc | Mardi 8 septembre 2020

Photo : (c) Jérémy Tronc


Après un début de carrière dans la marine nationale, quelques années dans l'immobilier d'entreprise puis comme producteur de spectacles et gérant de restaurant, quelle casquette allait bien pouvoir endosser Christian Keller ? C'est la toque de chef-cuistot qu'il choisit de porter avec le lancement de Papapy, place de Gordes. Christian assure en effet l'intégralité de la partie cuisine de ce salon de thé/restaurant. « Je suis agréablement surpris, ça marche fort », assure-t-il. Son pari : miser sur la qualité et l'originalité. « J'en ai marre de voir ces franchises qui s'installent partout. D'une ville à l'autre tout se ressemble. »

Avant la cuisine, la première chose que l'on apprécie au Papapy, ce sont les meubles et la décoration. Tout a été chiné avec goût par Christian à Emmaüs, même la vaisselle destinée aux clients. La décoration est unique, réconfortante, le lieu est rempli de fragments d'histoires et de vies passées, rassemblés entre ces murs pour une nouvelle destinée. Pour assurer les 30 couverts quotidiens, Christian se lève tôt car il doit d'abord s'approvisionner en produits frais, dont les légumes qu'il cultive dans son jardin avec son fils. Ensuite il imagine ses plats au gré du marché et de ses inspirations. « Ma spécialité, ce sont les sauces à base de thé. J'adopte aussi pour des cuissons longues à basse température. » Les desserts sont faits maison, comme le Banoffee ou les cakes “Mamijo”, réalisés selon une recette secrète de sa maman. Le dimanche, testez les brunchs, dans la pure tradition anglaise, avec scones, haricots à la tomate, bacon et œufs brouillés qui côtoient les douceurs bien françaises du chef.

Papapy
4, place de Gordes (Grenoble)

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Au Bon Label, cuisine éthique et musique chic

GUIDE URBAIN | Café-restaurant / Avec l’ouverture du Bon Label, le quartier Championnet s’enrichit d’un lieu de vie à l’éthique affirmée. Au menu : cafés d’excellence, plats locaux et de saison, sonorisation de haute-qualité et playlists faites maison (comme la cuisine). Le succès est indéniable, et mérité.

Jérémy Tronc | Mardi 8 septembre 2020

Au Bon Label, cuisine éthique et musique chic

Légende photo : Trois associés et un projet de reconversion réussi. Mick, Émilie et Sylvain, les trois associés du Bon Label, sont à la fois heureux et surpris du succès éclair de leur café-restaurant. Il fait le plein tous les midis. La réussite est d’autant plus goûteuse que leur aventure aurait pu tourner court. Deux semaines après l’ouverture du Bon Label et un début encourageant, Emmanuel Macron annonçait à la télévision le confinement total du pays. Donc la fermeture de l’établissement pour une durée indéterminée. « Nous avons eu besoin de nous réunir tous les trois pour encaisser la nouvelle. Heureusement nous avions prévu un coussin financier en cas d’aléas, coussin qui nous a servi plus vite que prévu ! », raconte Mick Bertrand, l’expert café du Bon Label. Avec son copain d’études Sylvain Bofelli, ils ont réfléchi pendant 3 ans à leur projet de reconversion. « Après quelques années dans l'électro-mécanique, on souhaitait se reconvertir, chacun de notre côté. Mais on a fini par s’arrêter sur ce projet commun qui réunissait deux de nos centres d’intérêt : moi le café et Sylvain la cuisine. On a mis au point le concept et on s’est aperçu

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Les trois soirées de la fin avril

MUSIQUES | Direction le Drak-Art, le Black Lilith et la Bobine.

Damien Grimbert | Mardi 23 avril 2019

Les trois soirées de la fin avril

26.04.19 > Drak-Art Bassodrome Outlook Festival Launch Party C’est un rituel désormais bien établi : en amont de sa nouvelle édition, l’Outlook Festival, rendez-vous incontournable de tous les amateurs de bass music organisé chaque mois de septembre en Croatie, fait étape à Grenoble le temps d’une soirée de lancement en collaboration avec l’équipe du Bassodrome. L’occasion d’une grosse fiesta des familles sur fond de UK garage, bassline, jungle et drum’n’bass, où s’entrecroisent au line-up figures de proue (Monty, DJ Blazin’) comme artistes locaux (Seoul 76, Clapsky, Jagerbang). 26.04.19 > Black Lilith Motel Midnight Figures tout juste émergentes de la scène parisienne, OG D. et Basei, jeunes DJs et producteurs originaires respectivement de Montreuil et du sud de la France, font partie de cette nouvelle génération d’artistes qui a décidé de ne pas choisir entre trap d’Atlanta, baile funk du Brésil et afro-house d’Angola. Un cocktail d’influences détonnant et farouchement dansant que les deux artistes viendront présenter à l’occasion de leur soirée Motel Midnight, après

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"Noma au Japon : (Ré)inventer le meilleur restaurant du monde" : la cuisine, c'est de l'art

ECRANS | de Maurice Dekkers (P-B., 1h33) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Couronné plusieurs années consécutives meilleure table du globe, le Noma de Copenhague se voit confier une carte blanche durant six semaines par le Mandarin Oriental de Tokyo. Pour l’équipe menée par le chef René Redzepi, le défi est de taille : il s’agit en effet de composer une carte nouvelle respectant l’esprit Noma tout en se nourrissant des particularités du terroir japonais. Une course contre la montre et pour les papilles s’engage… On ne saurait mieux expliquer le processus créatif de la haute cuisine, naissant d’une fusion de talents individuels et d’une symbiose d’inspirations sous la houlette d’un chef d’orchestre aux intuitions audacieuses. Capable de tirer le meilleur de chacun, de fuir les évidences gastronomiques et de se remettre en question sans concession, Redzepi apparaît comme un catalyseur et un liant. Sa curiosité et son perfectionnisme contagieux, respectueux de la nouveauté, des cultures, des saveurs ou de l’esthétique, rappellent la démarche de Benjamin Millepied dans l’excellent documentaire

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Les Délices de Tokyo

ECRANS | De Naomi Kawase (Jap., 1h53) avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida…

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Les Délices de Tokyo

Auteure, entre autres, de l’éprouvant Forêt de Nogari (2007) – condensé de cinéma abscons –, Naomi Kawase trouve dans Les Délices de Tokyo une manière de rédemption en abordant la thématique de la gastronomie : elle insuffle une sensualité simple et joyeuse à son cosmos – toujours autant focalisé sur la transmission in extremis entre les générations. Car la nourriture a cette irremplaçable vertu d’assouplir les âmes, en plus de réjouir les papilles ou les pupilles ; les précédents Le Festin de Babette de Gabriel Axel (1987) ou Au petit Marguery de Laurent Bénégui (1995) en témoignent. Discipline suivant une liturgie complexe, exercée par des artistes dans l’abnégation d’eux-mêmes, la tradition culinaire est ici montrée comme un ciment culturel intime et poétique. Elle est aussi le révélateur de ce Japon à la mémoire si sélective, toujours prompt à brandir avec fierté l’héritage d’un Empire millénaire, en occultant les aspects gênants de son histoire contemporaine. Les clients se pressent pour dévorer des gâteaux à la pâte de haricots rouges ; ils vont lâchement déserter en apprenant que celle qui les a confectionnés

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Les 7 doigts de la main font la tambouille

SCENES | Ils nous avaient troublés avec "Psy", impressionnés avec "Séquence 8" et voilà qu’avec "Cuisine et confessions", le collectif canadien de circassiens des 7 doigts de la main se repose sur ses acquis en produisant un spectacle autosatisfait tout en longueur et démagogie. Grosse déception. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 décembre 2015

Les 7 doigts de la main font la tambouille

Un décor de cuisine monumentale à faire pâlir tous les marquis de salades, des artistes venant à la rencontre du public qui s’installe pour s’enquérir de leur plat préféré alors que d’appétissantes émanations d’ail s’échappent du plateau : les 7 doigts de la main savent recevoir et allécher. Problème, ce prélude, même une fois les lumières éteintes, n’en finit plus de s’étirer au point que le spectacle semble ne jamais commencer. Quelques numéros de jonglage avec des fouets métalliques esquissent un début mais il n’en est rien. D’emblée (et ça se vérifiera sur les 90 minutes), ce spectacle manque cruellement de rythme, véritable comble pour une équipe de circassiens, par ailleurs de très haut niveau – ah le mât chinois si bien maîtrisé ! Mais ils se prennent au piège de l’adresse réitérée au public, le conviant sur scène fréquemment, comme s’ils ne pouvaient pas convaincre par leur seul talent. Et, ultime aveux de faiblesse, la troupe se planque même derrière les meubles laissant trois spectateurs se débrouiller entre eux. Ce n’est pas tant l’embarras – de courte durée – des cobayes qui gêne mais la limpide démission des artistes qui abandonnent simplement leur spectac

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Du théâtre clinique avec Philippe Boyau

SCENES | Le metteur en scène de la compagnie 3 pièces-cuisine investit le Petit 38 avec deux pièces à ranger dans la catégorie du « documentaire-théâtre ».

Aurélien Martinez | Mardi 1 décembre 2015

Du théâtre clinique avec Philippe Boyau

« On est du côté du documentaire-théâtre » explique le metteur en scène Philippe Boyau (compagnie 3 pièces-cuisine), qui présente du mardi 8 au samedi 12 décembre au Petit 38 deux créations particulières : Les Leçons du professeur Charcot et La Folie Lacan. D’un côté Jean-Martin Charcot, neurologue français de la deuxième moitié du XIXe siècle qui donnait des "leçons" à la Salpêtrière pour évoquer diverses questions médicales devant une foule conséquente. De l’autre Jacques Lacan, psychiatre et psychanalyste star des années 1960-1970 qui, à l’hôpital Saint Anne, faisait des présentations cliniques. Voilà les matériaux de base véridiques mais forcément très théâtraux avec lesquels Philippe Boyau fait spectacle. Nous avons pu découvrir cet été La Folie Lacan : une proposition surprenante centrée sur deux cas précis. Sur le plateau, le temps est laissé aux comédiens (plutôt statiques) d’installer leur personnage, de construire un récit tant avec les mots qu’avec leur corps et d’instaurer un véritable dialogue patient-soignant. C’est captivant, même si un peu déroutant pour les néophytes. L’idée étant, avec ces deux pi

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Loin de la lumière

SCENES | Expérience théâtrale originale que propose la compagnie grenobloise 3 pièces-cuisine avec Les Aveugles. Le metteur en scène Philippe Boyau a décidé de travailler (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 30 mai 2013

Loin de la lumière

Expérience théâtrale originale que propose la compagnie grenobloise 3 pièces-cuisine avec Les Aveugles. Le metteur en scène Philippe Boyau a décidé de travailler sur ce texte de l’auteur belge Maurice Maeterlinck (prix Nobel de littérature en 1911) qui dépeint un groupe d’aveugles égaré à la tombée de la nuit sur une île, loin de son hospice. Une pièce forte et sombre (la mort et la peur rôdent), proche de l’univers de Beckett, qui apparaît sur le papier difficile à monter. Boyau a pourtant décidé de relever le défi, en intégrant les spectateurs dans le dispositif, ces derniers se retrouvant les yeux bandés dès leur entrée dans le théâtre, pour être placés au centre du plateau. Les comédiens (des amateurs réunis par le metteur en scène) évoluent alors autour d’eux, dans une scénographie faisant la part belle aux sensations – avec notamment une bande sonore évocatrice. Un procédé qui impose donc un jeu précis, le public ne pouvant plus se raccrocher qu’aux seules paroles qu’il entend ici et là. Si le soir de la première au Théâtre Prémol, quelques flottements se faisaie

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L’anti cake d’amour

SCENES | Avec Tempête en cuisine (mercredi 14 mars à 14h30, à la Rampe d’Échirolles), la danseuse et chorégraphe grenobloise Sylvie Guillermin s’essaie pour la première (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 2 mars 2012

L’anti cake d’amour

Avec Tempête en cuisine (mercredi 14 mars à 14h30, à la Rampe d’Échirolles), la danseuse et chorégraphe grenobloise Sylvie Guillermin s’essaie pour la première fois au jeune public. Un spectacle dans lequel l’artiste, seule en scène, se lance dans la confection d’un gâteau. Mais à force de vouloir à tout prix séduire son nouveau public en surlignant son propos (quitte à frôler le cabotinage), la chorégraphe n’arrive pas à donner corps à sa création. On la regarde alors s’agiter dans son décor il est vrai ingénieux (comme ce tapis roulant circulaire), sans véritablement prendre part au voyage. Dommage.

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En sursis

ARTS | Hop, hop, hop, on se dépêche, plus que quelques jours pour aller découvrir les splendides photographies de Bruno Moyen consacrées aux Hutongs de Pékin, exposées (...)

| Mercredi 28 mars 2007

En sursis

Hop, hop, hop, on se dépêche, plus que quelques jours pour aller découvrir les splendides photographies de Bruno Moyen consacrées aux Hutongs de Pékin, exposées jusqu’au samedi 31 mars au restaurant La Frise. Pour mémoire, les Hutongs, ce sont ces vieux quartiers populaires chinois, petits villages dans la ville composés d’un dédale de ruelles enchevêtrées, au travers desquelles percent avec difficulté quelques rayons de soleil. Rasés les uns après les autres pour céder la place à d’impersonnelles barres d’immeubles, leur disparition, il faut bien le reconnaître, chagrine beaucoup plus les touristes en quête de “typique” que leurs habitants eux-mêmes, pour la plupart ravis de quitter ces logements insalubres et surpeuplés. Ces quelques considérations mises à part, les photos, magnifiques, valent vraiment le coup d’œil, au point qu’on en regrette presque leur cadre d’exposition, qui ne leur rend au final que très modérément justice.

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