Un Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas pour « offrir à Grenoble un lieu dédié aux musiques de création »

ACTUS | Récemment nommé par la Ville de Grenoble pour gérer le Théâtre Sainte-Marie-d’en-bas, le Centre international des musiques nomades (CIMN), qui organise chaque printemps le festival Les Détours de Babel, vient tout juste de démarrer sa saison. Son directeur Benoît Thiebergien nous éclaire sur la singularité du projet culturel qu’il a imaginé pour ce lieu qui sera désormais destiné à faire dialoguer les musiques et les cultures.

Benjamin Bardinet | Mardi 1 octobre 2019

Photo : Benjamin Bardinet


Vous venez de prendre la direction du Théâtre Sainte-Marie-d'en-bas. Comment avez-vous imaginé la programmation de ce lieu ?

Benoît Thiebergien : Le projet que j'ai proposé à la Ville reste le même que celui du Centre international des musiques nomades qui est la structure porteuse du festival Les Détours de Babel. Il s'agit donc d'offrir à la ville un lieu dédié aux musiques de création, à la croisée des formes contemporaines, improvisées et traditionnelles et surtout à la richesse de leur dialogue. Il n'y avait jusqu'à présent pas vraiment de lieu dédié à ces esthétiques. Cela vient donc combler un manque et surtout enrichir l'offre musicale grenobloise.

Quels seront les temps forts et les singularités de votre programmation ?

Le théâtre va devenir un lieu de fabrique, d'élaboration, un espace qui donne le temps aux artistes de construire leurs projets. Il y aura donc une permanence artistique à travers des résidences qui vont s'enchaîner presque toutes les semaines et dont le public sera invité à découvrir le travail à l'occasion des soirées intitulées "sorties de résidences".

En parallèle de cela, vient se greffer une programmation de concerts avec des formes un peu rares et atypiques que nous coproduisons en réseau avec des structures telles que les ateliers d'ethnomusicologie de Genève, le musée du quai Branly ou le musée des Confluences de Lyon…

Enfin, le troisième point consiste à proposer régulièrement des "temps forts". À l'occasion des Journées du patrimoine, nous avons organisé un week-end autour de la question du patrimoine immatériel. Nous préparons un temps fort jeune public à la Toussaint, et un autre consacré au Brésil fin novembre. Et, bien sûr, nous accueillerons toujours les traditionnels brunchs du festival.

Le projet du théâtre sera donc essentiellement orienté autour de la musique...

Le projet reste résolument musical et ouvert à la création. On ne s'interdit pas de travailler avec d'autres modes d'expressions artistiques, à condition que la dimension musicale soit un élément constitutif du projet. Par exemple, pour le festival théâtral Les Envolées organisé par Troisième bureau, l'appel à projet lancé cette année est orienté autour de la question du théâtre musical.

Le théâtre est inscrit dans un quartier multiculturel (Alma - Très Cloîtres) dont l'identité est fort. Comment envisagez-vous de vous inscrire dans la vie de celui-ci ?

L'idée est d'en faire un théâtre ouvert sur le monde et sa diversité. Le fait d'avoir des artistes en résidence permet de mener des actions éducatives culturelles avec les partenaires de l'Éducation nationale et ceux du monde associatif. Le projet est de faire en sorte que le théâtre fasse partie de l'écosystème du quartier et soit en résonance avec ce qui le fait vivre. C'est un quartier très riche d'initiatives de la société civile.

Par ailleurs, on va monter plusieurs projets participatifs dont un orchestre avec les musiciens amateurs du quartier dirigés par des musiciens professionnels, ce qui va donner lieu à une représentation pendant le festival. Il y aura aussi un projet autour des arts sonores dont les acteurs vont enregistrer et récolter des témoignages des habitants afin d'en faire une restitution sous la forme d'une installation sonore au moment du festival.

Parmi les spectacles programmés au festival ou bien au théâtre, y en a-t-il un dont vous êtes particulièrement impatient de voir la réalisation ?

Évidemment il y en a beaucoup. Je pense en premier aux frères Chemirani, percussionnistes exceptionnels d'origine iranienne, qui vont être en résidence ici pour consolider leur duo avant ensuite de travailler en collaboration avec différents musiciens invités dont on verra une représentation lors du festival.

Il y a également Marthe, qui est un groupe de la région de sensibilité jazz et dont le projet est de travailler sur une création avec un trio vocal féminin Verbnoe Voskresenie, spécialiste de chants russes profanes et sacrés, rencontré au cours d'une récente tournée du groupe en Sibérie. Des aventures musicales "nomades", prometteuse comme nous les aimons !

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Détours de Babel : "Entre musique savante et populaire, nous n’avons pas choisi notre camp"

Festival | Selon la Genèse, alors que les hommes s’affairaient à bâtir une tour si grande qu’elle devait toucher le ciel, Dieu décida de semer la confusion en dispersant chez eux des langages différents. "Détours de Babel" s’emploie à démontrer que grâce à l’universalité de la musique, la communication entre les peuples demeure. N’en déplaise au Tout-Puissant.

Valentine Autruffe | Mardi 7 septembre 2021

Détours de Babel :

« On est en train de faire des visas pour trois artistes qui viennent de Sibérie, la Russie vient de passer en zone rouge… » Dans les bureaux du CIMN (Centre International des Musiques Nomades), rue Bayard, on jongle avec les contraintes sanitaires internationales mouvantes, ce qui oblige à adapter au jour le jour le programme des Détours de Babel. Mais l’essentiel est là, avec plus de 170 artistes invités, et une centaine de rendez-vous dans quarante lieux de Grenoble et de l’Isère. « On ne voulait pas passer deux années sans moment festivalier », tranche Benoît Thiebergien, directeur du CIMN, la structure qui porte le festival. Peur du passe En 2020, l’annulation est tombée une semaine avant le jour J. « On y a laissé des plumes, certes ; mais on peut dire ce qu’on veut, depuis le début de la crise l’Etat a soutenu l’économie, et a mis en place des dispositifs particuliers pour le monde de la culture. Outre le chômage partiel, nous avons notamment bénéficié d’une aide conséquente du Centre national de la musique. » Et surtout, le CIMN a maintenu son activité, avec des concert

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Benoit Thiebergien : « Il faut que la solidarité avec les artistes soit aussi portée par les partenaires publics »

Festival | C’est l’un des gros festivals du printemps grenoblois, côté musiques du monde, jazz et musiques nouvelles, qui aurait dû lancer sa dixième édition ce jeudi 26 mars. Ce qu’il n’a bien sûr pas pu faire, tout le pays étant confiné – et tous les événements culturels à l’arrêt. On a alors passé un coup de fil à Benoit Thiebergien, qui pilote ces Détours de Babel depuis leur création (puisque c’est d’eux dont il s’agit), pour savoir comment lui et son équipe vivent l’annulation. Et, surtout, envisagent l’avenir.

Aurélien Martinez | Lundi 30 mars 2020

Benoit Thiebergien : « Il faut que la solidarité avec les artistes soit aussi portée par les partenaires publics »

Ça ne doit pas être très agréable d’annuler un festival à quelques jours de son lancement… Benoit Thiebergien : On peut même dire que ça n’est pas agréable du tout. On était tous prêts, certaines résidences avaient même déjà commencé… Mais quand, vendredi 13 mars, on a appris que les rassemblements de plus de 100 personnes étaient interdits, on a tout de suite compris que l’on n’avait pas d’autre choix que d’annuler. Tout le monde dans l’équipe était abasourdi. Et les artistes aussi, bien sûr. La dixième édition aurait dû se tenir du 26 mars au 19 avril. Sera-t-elle reportée dans l’année ? Non, on ne peut pas la reporter, en décalant par exemple les trois semaines du festival en septembre, pour la simple et bonne raison que l’on travaille avec des salles partenaires – 48 lieux différents sur 20 communes tout de même, avec des grandes salles comme la MC2, la Belle Électrique ou la Rampe, des plus petites, des bibliothèques… Chaque projet est donc un cas particulier. Si on était un festival dans un lieu unique, on pourrait tout décaler, mais là c’est tout simplement impossible. Surtout qu’avant l’annu

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Le Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas change de main

ACTUS | C'est l'équipe des Détours de Babel qui l'occupera dès septembre 2019.

La rédaction | Mercredi 9 janvier 2019

Le Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas change de main

« Le Centre international des musiques nomades s'installera au Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas à partir de septembre 2019 » : c’est par un communiqué publié mi-décembre que l’association qui porte le festival Les Détours de Babel a rendu public la décision prise par la Ville de Grenoble de lui confier les clés de ce lieu culturel du quartier Très-Cloîtres. C’en est donc fini pour le projet porté depuis quatre ans par le musicien Antonio Placer – même s’il nous a assuré être très proche des équipes du festival et qu’il pourrait donc revenir dans le lieu sous une autre forme. « Dans la continuité de la vocation musicale et de l’esprit d’ouverture du projet précédent, le Centre international des musiques nomades fera vivre en musique le Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas pour trois saisons. Espace privilégié de rencontres musicales inédites, lieu de croisement des imaginaires d’aujourd’hui, il sera le prolongement naturel du festiva

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« Un festival de découverte et de confirmation »

MUSIQUES | Depuis 2011 a lieu chaque début de printemps à Grenoble (et en Isère) un festival exigeant centré sur des musiques que l’on n’a pas l’occasion d’écouter tous les jours. Son nom ? Les Détours de Babel. Avant de zoomer sur l’alléchante programmation de cette sixième édition, on a causé programmation, langages musicaux ou encore élitisme supposé avec le boss Benoît Thiebergien. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 mars 2016

« Un festival de découverte et de confirmation »

En 2013, pour la troisième édition du festival, nous avions paraphrasé Antoine Vitez et titré notre article « Élitisme pour tous ». Vous reconnaissez-vous dans cette expression ? Benoît Thiebergien : Oui et non, je me méfie des "ismes". Vitez parlait de « théâtre élitaire pour tous ». Parlerait-on d’un festival « populiste » pour dire populaire ? La formule est à double sens. Soit elle fait référence aux élites qui savent ce qu’il convient de proposer au peuple pour l’éduquer : une vision obsolète de l’action culturelle aujourd’hui dans laquelle nous ne nous retrouvons pas. Soit elle considère qu’une démarche artistique exigeante que l’on pense réservée à quelques-uns est un a priori qui disparait quand elle va à la rencontre de tous les publics, qui sont souvent bien plus curieux qu’on ne le croit. C’est dans ce sens que je vous rejoins dans cette paraphrase. À Babel, on veut maintenir cette exigence artistique au centre de nos préoccupations avec des choix qui ne sont pas forcément "mainstream".

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« Transformer l’essai »

MUSIQUES | Pour la deuxième édition des Détours de Babel, émanation des anciens Grenoble Jazz Festival et 38e Rugissants, les musiques en résistance seront mises à l’honneur. Pour en savoir plus, rencontre avec Benoît Thiebergien et Jacques Panisset, respectivement directeur et conseiller artistique du festival. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 16 mars 2012

« Transformer l’essai »

Les Détours de Babel, deuxième édition. L’édition de la confirmation ?Benoît Thiebergien : L’année dernière, il fallait lancer la nouvelle manifestation, faire en sorte que son nom et son esprit puissent pénétrer le public de l’agglomération et le milieu professionnel. Et là, évidemment, cette deuxième édition est celle de la confirmation : il faut transformer l’essai, asseoir le festival, conquérir de nouveaux publics… Les Détours de Babel sont présentés comme un « festival des musiques du monde contemporain »… C’est-à-dire ?BT : Le festival explore principalement trois esthétiques musicales : les musiques nouvelles – tout ce qui est lié à la musique contemporaine, à la musique électronique… –, le jazz et les musiques improvisées, et enfin les musiques traditionnelles, dites musiques du monde. On explore donc ces trois champs, en montant des projets avec des artistes qui viennent de ces esthétiques-là, mais qui sont dans des dynamiques d’ouverture et de croisement avec d’autres champs musicaux.Jacques Panisset : Et ce qui fédère l’ensemble, c’est que tous ces

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