La force tranquille de Dominique A

MUSIQUES | Au PB, on adore Dominique A. Son dernier album baptisé "Éléor", qu'il viendra défendre sur la scène de la Belle électrique, nous donne une nouvelle fois raison.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 mai 2015

Qualifier de classique un album de Dominique A pourrait laisser entendre qu'on a affaire à du A pur jus. Or ce n'est pas le cas d'Eléor (déjà parce qu'une telle chose n'existe pas vraiment) ; et son classicisme est à évaluer au regard des standards de la chanson ou du format pop. Des titres courts où un trio rock classique, donc, baigne dans des arrangements de violons enveloppants – qui succèdent ici aux cuivres du pas toujours compris Vers les lueurs – pour un résultat d'une grande simplicité et d'une grande douceur. Une certaine suavité comme le confie lui-même l'auteur de La Fossette.

Cap Farvel ouvre en grand cet album de grands espaces qui, pour la plupart, appellent ou évoquent le renoncement, se cristallisent dans le fantasme du voyage par procuration (Par le Canada et ses violons oniriques). Et où la simple évocation des lieux (Central Otago, dont les guitares résonnent en écho à ces fascinantes syllabes du bout du monde, quelque part en Nouvelle-Zélande) suffit à traverser le monde.

Transport amoureux

Or du voyage au transport amoureux, il n'y a souvent chez A qu'un pas, comme en témoigne le sublime Au revoir mon amour, sur ces passions fugaces imaginées le temps d'un échange de regard quelque part dans la vie. Voilà le cœur d'Eléor : île troublante.

Dans le culte Génération X, l'auteur canadien Douglas Coupland appelait « ultra-nostalgie » la nostalgie du passé immédiat. Chez Dominique A, celle-ci se plaque aussi sur ce qui ne s'est pas passé parce qu'on s'y refuse (« Mieux vaut ne pas s'aimer qu'un jour ne plus s'aimer ») par peur de ce qui pourrait arriver.

Ou peut-être pour laisser ouvert en grand un champ infini des possibles (Une autre vie) qui se déclinerait en pensées et en cinémascope, ménageant une multitude de fictions pour soi-même faites d'horizons rêvés, rassurants parce qu'inaccessibles. Et qui nous emplirait d'une force tranquille, comme le fait ce dixième album dont on ressent déjà la nostalgie.

Éléor (Cinq7-Wagram)


Dominique A + Robi


La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
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Dominique A : « Les chansons phagocytent ma vie »

Concert | À l'occasion de ses cinquante ans, Dominique Ané dit A n'a pas fait les choses à moitié avec deux albums explorant deux versants de sa palette esthétique et un livre qui retrace sa vie et son parcours en chansons. L'occasion, au moment de sa venue jeudi 21 mars à la Belle électrique, de faire le point sur une riche carrière.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Dominique A : « Les chansons phagocytent ma vie »

Vous avez fêté vos 50 ans en octobre dernier. 2018 a ainsi été une année particulièrement riche pour vous avec deux albums, Toute latitude au printemps et La Fragilité cet automne, deux tournées et un livre, Ma vie en morceaux. Y avait-il de votre part une manière de marquer cette année d'une pierre blanche, de dresser une sorte de bilan ? Dominique A : De marquer le coup oui, de faire en sorte d'en finir avec un cycle, certaines façons de faire, un certain rythme : un disque tous les trois ans, une tournée dans la foulée. Mais un bilan, non ! Ça, on me le sort à chaque album et j'en ai un peu marre (rires). De toute façon, un disque marque toujours quelque chose de l'ordre du check-up créatif. Moi, ce sont les retours des gens qui me renseignent sur mon degré de pertinence par rapport à tel ou tel projet. Vous avez donc publié Ma vie en morceaux

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26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Flavien Berger Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps. À la Belle électrique samedi 26 janvier Indianizer + L'Éclair Serait-ce l’influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méc

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Dominique A : vers la noirceur

Concert | Avec "Toute latitude", premier volet de son diptyque 2018 (le deuxième sortira en automne), Dominique A se livre à une nouvelle forme d'introspection combinant l'électronique rêche des débuts en version augmentée et textes au ras de réalités personnelles et universelles qui ne font qu'une. Passionnant ; et à écouter sur la scène de la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Lundi 30 avril 2018

Dominique A : vers la noirceur

Il y a trois ans, Dominique A livrait avec Eléor un disque d'autant plus doux et rassérénant que sa sortie était concomitante d'une année terrible, empêtrée de drames et de blessures. Un album de chansons voyageuses baignées de cordes enveloppantes qui avait permis à ses auditeurs de respirer un peu en inhalant l'ailleurs fantasmé des grands espaces. Mais en 2018, pour son retour, c'est une toute autre route, une toute autre latitude oserait-on dire, moins tranquille, qu'a prise le Nantais. D'abord en annonçant la sortie de deux disques, chacun accompagné d'une tournée spécifique : l'un pour le printemps, veiné d'électronique, baptisé Toute latitude donc, l'autre pour l'automne, La Fragilité, tout en dépouillement acoustique – A avait pensé en enregistrer deux autres, l'un en mode spoken-word, l'un plus noise-rock, avant de juger ce projet"quatre saisons" trop ambitieux. Ensuite en proposant, avec Toute latitude, ce qui ressemble autant à un retour sur soi qu'à une avancée en forme de pas de côté. Un retour sur soi parce que le minimalisme machiniste (un boite à rythme Tanz

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Abel & Gordon : « On fait du théâtre à l’écran »

Interview | Clowns à l’écran et sur les planches, le duo Abel & Gordon se balade dans "Paris pieds nus" aux quatre coins de la capitale, occasion idéale pour tous les hommages et toutes les rencontres. Cartographie d’un univers partagé qui rend la réalité si triste et les pitres si beaux.

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Abel & Gordon : « On fait du théâtre à l’écran »

Avec Paris pieds nus, avez-vous essayé de retrouver la fibre unique du "réalisme poétique", ce courant cinématographique des années 1930-1940 marqués par des réalisateurs comme Jean Renoir, Marcel Carné, Jacques Becker, Jean Vigo, René Clair... ? Dominique Abel : On s’inspire de leurs films, même si on a trouvé nos propres lieux, qui dégagent une magie bien particulière : je pense à cette Statue de la Liberté qui a été un vrai cadeau du ciel. L’idée de mettre un SDF qui plante sa tente à ses pieds, c’était chouette. On a ainsi été nourris par plusieurs styles différents : on adore par exemple le burlesque : Max Linder, Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, ou les créateurs plus contemporains comme

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"Paris pieds nus" : dernier tour de piste pour Emmanuelle Riva

ECRANS | Qui aurait cru que l’ultime film d’Emmanuelle Riva, récemment disparue et abonnée aux drames intimistes, serait une farce enfantine ? Noyade, valse, Canada et Pierre Richard sont au programme de ce conte aussi déglinguant que déglingué signé Fiona Gordon et Dominique Abel.

Julien Homère | Mardi 7 mars 2017

Bibliothécaire dégingandée, Fiona débarque de son Canada natal pour chercher sa tante Martha dans Paris et son dédale avec l’aide de Dom, SDF loufoque et séducteur. Voilà pour le début de l'histoire... Traversée d’une joie communicative, Paris pieds nus raconte les péripéties de deux clowns dans toute leur grâce d’êtres inadaptés, hors des conventions sociales. Son charme provient autant de la candeur des comédiens que de ses effets de mise en scène élégants et efficaces, servant à souligner un gag ou le révéler complètement. Il faut voir la scène où Dom s’enroule dans un câble électrique en plein restaurant, suivi d’un plan avec une fourchette s’entourant de spaghettis à une table voisine pour mesurer la force de ce mélange harmonieux entre le théâtre, le cirque et le cinéma. Humanité mon amour Travellings léchés, couleurs vives, cadres fixes blindés de détails, décors vivants et travaillés... : cette minutie esthétique s’accompagne d’un regard doux-amer sur l’Homme et ses bassesses. Chat de gouttière sans gène, Dom n’a ainsi aucun respect pour la mort et peut ruiner l’éloge funèbre d’une défunte à son enterrement.

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Dominique A : « Un éloge du surplace »

MUSIQUES | Abordant le quart de siècle d'une carrière où le succès d'estime a fini par laisser place au succès tout court, Dominique A livre coup sur coup un dixième album d'un grand classicisme et un nouveau livre intime fait de petits riens. Où transpire une fois de plus le rapport très particulier à ces voyages immobiles intimes qui font avancer malgré tout et malgré soi. Rencontre avant son concert à la Belle électrique. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 5 mai 2015

Dominique A : « Un éloge du surplace »

Formation en trio rock, arrangements de violons, format des chansons : tous ces élements font d'Éléor un album empreint de classicisme pop. Qu'est-ce qui a présidé à cette direction et constitue-t-elle votre limite en la matière ? Dominique A : Jusqu'à présent, il y avait toujours de petits éléments perturbateurs qui faisaient que les disques ne rentraient pas dans un moule classique de chanson pop : un morceau plus long que les autres, ou deux-trois autres plus tordus. Là, l'idée, c'était d'écarter toute tentation de cet ordre pour aller vers un son clair qui crée de l'espace, donne une impression panoramique. C'est quelque chose qui m'est venu naturellement dans le prolongement d'En Surface, écrite pour Étienne Daho. De la chanson elle-même mais surtout la manière dont elle a été reçue qui m'a aiguillé e

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Le grand A(mour)

MUSIQUES | On n'a pas recompté, mais il se pourrait fort bien que depuis le temps, toutes éditions confondues, tous rédacteurs (leurs personnalités et leurs goûts divers (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 6 janvier 2015

Le grand A(mour)

On n'a pas recompté, mais il se pourrait fort bien que depuis le temps, toutes éditions confondues, tous rédacteurs (leurs personnalités et leurs goûts divers et variés) confondus et hors cinéma (une discipline hors-concours pour des raisons évidentes), Dominique A soit le recordman de chroniques, d'articles en tous genres, de signes étalés et de pages imprimés réalisées par le Petit Bulletin sur un seul et même artiste. Eh bien voilà qui en dit long sur la bonne tenue, non pas de ce journal, mais du Dominique en question, toujours fascinant même dans la déception (si, si, il y en eut). Comme il n'est pas près d'arrêter et – on l'espère – nous non plus, et que probablement il nous enterrera tous, tant qu'il remet le couvert, on se met à table aussi. C'est prévu pour le 16 mars avec l'album Eléor, où il sera beaucoup question d'eau, de mer, de traversées et de départ. Du A de A à Z, donc. Qu'on retrouvera pour la millième fois sur scène sans donner le moindre signe de lassitude. D'autant qu'il va falloir patienter jusqu'en mai, alors du calme.

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Pianiste caméléon

MUSIQUES | Le fameux pianiste classique ami de la chanson française Alexandre Tharaud profite de sa résidence à la MC2 pour présenter au public un programme éclectique, réparti sur plusieurs soirées et allant de Bach à Albin de la Simone. Bien entouré, le musicien offre ainsi une approche du piano aussi variée qu’originale, pointue que populaire. Propos recueillis par Laetitia Giry

Laetitia Giry | Vendredi 24 mai 2013

Pianiste caméléon

En quoi consiste pour vous la Carte blanche que la MC2 vous a confiée ?Alexandre Tharaud : Je suis en résidence à la MC2 depuis la saison dernière, et jusqu’à la saison prochaine. Cette résidence consiste à ce que je vienne à intervalles réguliers, que je propose des projets qui me sont chers. Cette semaine Carte blanche au mois de juin est une sorte de résidence dans la résidence. J’avais envie de rester une semaine entière pour m’immerger dans Grenoble, dans cet espace de la MC2 que j’aime tant. Les Variations Goldberg de Bach sont aussi fameuses que difficiles à jouer : pourquoi avez-vous eu l’envie de vous confronter à cette œuvre-là ?C’est une montagne, un chef d’œuvre ! Même si c’est une partition qui a été écrite pour le clavecin et non le clavier. J’avais l’impression depuis des années que je ne pourrais pas ne pas passer par là un jour. J’ai commencé à les jouer de manière régulière il y a deux ans, mais en prenant mon temps, elles ne prennent leur envol que depuis quelques mois. Je pense que je ne les enregistrerai que beaucoup pl

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Le Revenant

MUSIQUES | 2012 aura été une année charnière et chargée pour Dominique A : rééditions en pagaille, 20e anniversaire du fondateur "La Fossette", sortie de "Vers les lueurs" et publication du livre "Y Revenir", clé (des champs) mémorielle pour comprendre le bonhomme autant que son œuvre. Est-ce pour autant qu'il se repose en 2013 ? Certes non. Et par ricochets nous non plus, qui restons sans voix. Ou presque. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 janvier 2013

Le Revenant

Il est des chanteurs qui se font si rares qu'ils prennent le temps de nous manquer. D'autres que l'on retrouve si souvent sur nos scènes qu'on a l'impression qu'ils habitent à la maison, qu'ils vivent en nous. Alors « peut-être finissons-nous par nous lasser », comme le chantait Dominique A sur Le Courage des Oiseaux. Car comment parler d'un artiste quand on en a déjà tout dit ? Quand de nouveaux albums, en concerts répétés, embardées littéraires et autres, on n'a plus grand chose à en dire. Particulièrement dans ces pages, qu'elles soient grenobloises ou lyonnaises, où notre fidélité à l'égard du "Nantais de Provins" est indéfectible. C'est pourtant lui qui, dans son livre Y Revenir (Stock – La Forêt), nous tend la clé du problème, qui vaut pour lui comme pour nous : se racontant tout en cherchant à tâtons l'interrupteur qui permet de faire la lumière sur le mécanisme de l'écriture littéraire, à rebours de toute notion d'inspiration divine ou mystique : « Écrire consiste peut-être en ça aussi : reconnaître son impuissance à le faire, et s'y atteler malgré tout. Vivre, nous apprend bien que nous ne savons pas vivre, et nous le faisons quand

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Made in France

MUSIQUES | Depuis le temps – 20 ans de carrière quand même ! – on aurait pu se lasser de Dominique A. De sa production métronomique, du fait qu'il ne cultive pas la (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 7 septembre 2012

Made in France

Depuis le temps – 20 ans de carrière quand même ! – on aurait pu se lasser de Dominique A. De sa production métronomique, du fait qu'il ne cultive pas la rareté en concert, des rééditions de ses albums. Du moins pourraît-il avoir la décence, de temps à autre, d'avoir un coup de moins bien. Mais c'est peine perdue et ce n'est pas le sublime dernier album du Nantais qui continue sa route Vers les lueurs qui commencera de donner les signes d'un affaissement. Dominique A n'apparaît pas pour rien en toute première place du dictionnaire virtuel du rock français : il restera à jamais le premier, le pionnier de cette chanson française qui alla fureter avec le rock, entraînant plusieurs générations nourries au Lithium, du nom de ce fielleux label où il débuta avec quelques autres guérilleros chantants à la langue fendue par leurs propres mots (Mendelson, Diabologum, Françoiz Breut, Bertrand Betsch). Une influence qui continue aujourd'hui de faire des émules comme en témoigne le duo Arlt, dont le nom résonne comme un raclement de gorge et les chansons tragi-comiques et dépouillées, comme une craie écrasée sur le tableau noir de notre époque. SD Do

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La Fée

ECRANS | De et avec Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy (Fr-Belg, 1h33)

François Cau | Jeudi 8 septembre 2011

La Fée

Y a-t-il un axe cinématographique franco-européen dont le port d’attache serait Le Havre ? Avant le film de Kaurismaki, c’est le trio Abel, Gordon et Romy qui y a posé sa caméra, avec des idées assez similaires et des références communes (Jacques Tati, ombre écrasante). Ici, un gardien de nuit apathique rencontre une fée qui lui propose d’exaucer trois vœux. Le garçon, ayant aussi peu d’idées que d’idéaux, demande une nouvelle bécane et de l’essence à volonté. Quant au troisième vœu, infiniment repoussé, il devient le gimmick principal des (rares) dialogues du film. Les trois réalisateurs-acteurs déballent donc leur habituel folklore poétique très «arts de la rue», qui atteint ici une laideur visuelle consternante. Le ballet aquatique ou la poursuite finale, par exemple, représentent une certaine idée du j’men-foutisme esthétique, où le bricolage devient une excuse à l’incapacité à créer de l’illusion. Plus ennuyeux encore : la manière dont ils font rentrer au chausse-pied la politique dans leur bazar, et notamment la question des sans-papiers. Quelque chose ne colle pas entre la naïveté agressive de leur univers et leur prétention à aborder, avec la même nonchalance, des sujets sé

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Remué

MUSIQUES | Le rocker chauve revient jouer les mousquetaires de la chanson et s’affirme en magistral maestro de la scène. À l’occasion de sa future venue à la MC2, chronique d’un concert de l’artiste. Nikita MALLIARAKIS

Christophe Chabert | Mercredi 10 janvier 2007

Remué

Chanteur post-punk à texte, héritier de la new wave, dandy underground : les qualificatifs attrape-tout ne manquent pas pour tenter de définir Dominique A. Mais sans doute passe-t-on à côté de ce qui compte le plus : il est un artiste de très grand talent. Physique robuste d’aventurier solitaire, solidement campé sur scène, Dominique A prend possession de la salle comme un matador de l’arène. Sa présence physique, à mi-chemin entre le Méta-Baron de Moebius et un cow-boy fringant à la fausse nonchalance, lui permet de se faufiler avec aisance entre la mélancolie de certains morceaux et des purs moments de rage rock. Dominique A est avant tout un fier-à-bras des salles de concerts, affirmant crânement sa puissance musicale comme d’autres jouent des muscles. Maître du jeu, accompagné d’une équipe de musiciens au diapason de sa maîtrise technique sans faille il chaloupe sur scène comme un capitaine sur le pont d’un navire en pleine tempête, entre en véritable frénésie, puis s’apaise brusquement, dégageant une énergie à la limite de la violence pour se montrer ensuite d’une surprenante tendresse. Zig-zag music Le chanteur multiplie les clins d’œil au public,

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A son sommet…

MUSIQUES | Musique / Pour la tournée qui accompagne son nouvel album L’Horizon, Dominique A. revisite et transcende les chansons de son répertoire avec des concerts puissants, bouleversants, inoubliables. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 14 février 2007

A son sommet…

Comme tous les grands artistes qui atteignent très vite les sommets de leur art, Dominique A a créé chez ses auditeurs une certaine accoutumance à son talent. Ce qui fait que depuis Remué, chacun de ses albums est regardé comme un bon disque de Dominique A, c’est-à-dire un grand disque dans le paysage de la chanson rock en français mais une relative déception par rapport aux précédents exploits de son auteur. C’est sûrement exagéré, car quand on réécoute aujourd’hui Auguri, il ne fait aucun doute que ce disque-là est une merveille inépuisable et largement au-dessus du lot… Quant à L’Horizon, impossible de négliger son importance, mais on peut toujours chicaner sur tel arrangement facile, tel texte un peu moins inspiré… Un charisme animal, un tourbillon musical Quand Dominique A débarque sur scène pour prolonger ce dernier album en live, il est pour ainsi dire attendu au tournant. Epaulé par son fidèle et prodigieux guitariste Olivier Mellano, Dominique A s’est aussi entouré de David Euverte aux claviers et, surtout, de deux musiciens s’occupant des cuivres (l’un d’entre eux étant aussi batteur). Moins agrippé à sa pédale d’effets que

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