Les neuf vies de Teki Latex

MUSIQUES | Rap, pop, musiques électroniques… Depuis plus d’une quinzaine d’années, Teki Latex évolue sans relâche aux intersections les plus excitantes entre culture populaire et niches underground futuristes. Il sera au Vertigo ce vendredi.

Damien Grimbert | Mardi 24 novembre 2015

S'il reste avant tout connu du grand public pour son activité au sein du du trio rap TTC, du label Institubes et son duo pop avec Lio (Les Matins de Paris), Teki Latex ne s'est pas arrêté en si bon chemin pour autant. Créateur en 2009 aux côtés de son ami Orgasmic du label parisien Sound Pellegrino, devenu rapidement une référence de premier plan pour les amateurs de "club music" non formatée, il est aussi le fondateur et animateur depuis maintenant deux ans de l'émission Overdrive Infinity, qui accueille chaque semaine sur Dailymotion quelques uns des DJs les plus passionnants du moment.

Également impliqué au sein de la florissante scène Ballroom parisienne en tant que sélecteur musical pour le crew de danseurs vogue Legendary House Of Ninja et résident de la radio Rinse France à ses heures perdues, il est avant tout devenu un DJ club audacieux et très demandé, fort d'une liberté artistique devenue rare à l'heure actuelle.

D'un club à l'autre

Car si ce parcours hétéroclite pourrait donner à première vue l'impression d'un relatif éparpillement, il révèle au contraire une fidélité à toute épreuve à un certain nombre de bases solides : le refus de rester sagement cantonné à une niche donnée, un sain mépris pour les frontières dogmatiques entre musiques underground et commerciales, et surtout une veille sans relâche des nouveaux styles musicaux à même de satisfaire sa quête effrénée de sonorités innovantes et futuristes. Autant de préceptes qui ont pu susciter parfois une relative incompréhension auprès des puristes de chaque discipline, mais qui trouvent un accomplissement parfait au sein des DJ-sets acérés dont il est l'auteur depuis maintenant plus d'une demi-douzaine d'années.

Reliant subtilement les points de liaison entre techno, house, "hardcore continuum" anglais (UK garage, grime…), club et "ghetto music" américaines et afro-caribéennes contemporaines, rap, pop et italo-disco, sans jamais verser dans le démonstratif, l'approximatif ou le putassier pour autant, il dévoile un univers à la fois très personnel et en constante évolution ; rigoureux mais toujours dansant. Un versant de la discipline qu'on aimerait voir plus souvent mis en avant au sein de la scène électronique française, où l'exploration des chemins de traverse reste encore trop souvent sujette à suspicion.

Teki Latex, vendredi 27 novembre à 23h55 au Vertigo


Teki Latex


Le Black Lilith 18 Grand Rue Grenoble
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Comment s’est passée votre année 2018 ? Teki Latex : J'ai passé une excellente année, ma dernière année de trentenaire ! Je me suis pas mal concentré sur mes DJ-sets et j'ai eu la chance d'en faire dans des endroits géniaux, en France, en Angleterre et jusqu'en Afrique du Sud. J'ai aussi sorti l'une des mixtapes dont je suis le plus fier : The Naked King. La première partie de l'année était surtout nostalgique, avec les dix dates de la tournée des 20 ans de TTC, et depuis la rentrée, je me tourne à nouveau vers le futur avec deux résidences à Paris et Toulouse et une nouvelle série de mixes en "back to back" sur la radio Rinse France. J'ai aussi joué à plusieurs soirées hyper inspirantes dans des registres totalement différents, comme par exemple celle du Red Bull Music Festival Diggin’ In The Carts consacrée à la musique de jeux vidéo.

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