Cannibale : la (géniale) Compagnie créole du label Born Bad Records

MUSIQUES | À l'occasion de la tournée célébrant ses dix ans, le label parisien Born Bad Records (La Femme, Cheveu, Frustration, Catholic Spray, J.C.Satàn...) dépêche en terres grenobloises deux de ses pépites les plus azimutées et musicalement incontrôlables : le coolos Villejuif Underground et, surtout, les redoutables Cannibale, quarantenaires qui bouffent à tous les râteliers musicaux en créolisant le rock avec un appétit pan-exotique hautement contagieux.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 octobre 2017

Photo : Thibaut Derien


Qui a vu le film culte Cannibal Holocaust (1980) n'en a sûrement jamais effacé les images de sa rétine. Dans ce vrai-faux docu longtemps interdit et si monstrueusement réaliste que son réalisateur, Ruggero Deodato, a dû apporter les preuves devant un tribunal italien que ses acteurs étaient encore en vie, un groupe de journalistes en quête de sensation et fort antipathiques part à la recherche d'une tribu cannibale au cœur de la forêt amazonienne et se fait recevoir avec les honneurs dus à son manque de savoir-vivre : les voilà transformés en brochettes humaines sauce état de nature, confirmant au passage l'adage selon lequel l'homme est un loup pour l'homme et que tel est pris qui croyait prendre.

On ne sait guère à quelle sauce Jean-Baptiste Guillot, boss du label français indépendant Born Bad, s'attendait à être mangé lorsqu'il enfourcha sa moto à destination d'un coin reculé de Normandie à la rencontre d'une tribu elle aussi Cannibale, dont la réputation commençait à bruire à travers les feuilles jusqu'aux oreilles des suiveurs de l'émergence musicale – il était temps, les membres de Cannibale, la quarantaine bien tapée, avaient officié deux décennies durant dans une kyrielle de groupes dont le dernier, Bow Low, avait connu un début de petit succès classé sans suite.

Purée

Toujours est-il qu'à ce que raconte la légende (diffusée par les dires des différents protagonistes), les Cannibale lui réservèrent un accueil franc mais fruste, lui servant en signe d'hospitalité un plat plus commun que sa propre tête au bout d'une pique : une bonne vieille purée des familles. Laquelle n'en contenait pas moins une haute portée symbolique et l'idée que, s'il fallait mettre les tripes de quelqu'un sur la table, ce serait les leurs. Autrement dit : au sens figuré, la purée, ils allaient l'envoyer. Et autrement, s'il vous plaît, que sous la forme d'un vulgaire écrasé de Bintje servi sur le coin d'une table rustique.

Au menu donc, des autoproclamés « exotica-psyché-pop » et « garage réunionnais », termes valises (et même cantines d'armée) bien pratiques pour les dossiers de presse, mais en réalité tellement d'autres choses pas toujours identifiables. Car au fond, ce que proposent Cannibale et leur premier album, le carnassier No Mercy for love, c'est une sorte de vaudou musical, avec tout ce que cela comporte de syncrétisme esthétique et de risques que le corps et l'esprit ne répondent plus, que les yeux se révulsent et que les poulets sans tête s'entêtent. Une sorte de blues tribal qui s'agrémente d'orgues déchaînés dressés pour la transe et la transsubstantiation païenne, de rythmiques rituelles à réveiller les morts et faire marcher les zombies et de guitares à trancher la barbaque.

Mauvaises graines

Ici, les séries B des années 1970 (celles de Mario Bava, Lucio Fulci, Sergio Leone) et leurs bandes sons croisent l'acidité psychédélique des Seeds (No Mercy For Love, Hoodoo Me), les Bee Gees poussent des aigus possédés dans la jungle (Diabolik Prank) tandis que plane l'ombre chamanique du roi lézard Jim Morrison fusionné avec Nick Cave par un autre genre de graines (« seeds »), mauvaises celles-là (Mama).

À ceux qui penseraient métissage, terme générique rapidement invoqué, il faudrait répondre créolisation, telle que théorisée par le poète et philosophe martiniquais Édouard Glissant : « Parce que la créolisation est imprévisible alors que l'on pourrait calculer les effets d'un métissage. La créolisation, c'est le métissage avec une valeur ajoutée qui est l'imprévisibilité. Elle crée (…) des microclimats culturels et linguistiques absolument inattendus, des endroits où les répercussions des cultures les unes sur les autres sont abruptes ».

L'imprévisibilité, dans ce qu'elle a de plus réjouissant et abrupt, de magnifiquement désarçonnant, c'est bien tout ce qu'inspire la rencontre en forme de choc culturel avec cette bande de Cannibale made in Normandie.

Cannibale + Villejuif Underground
À la Bobine vendredi 20 octobre à 20h30


Cannibale + Villejuif Underground


La Bobine 42 boulevard Clemenceau Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cannibale et Moonrite, une douce odeur de psychédélisme

MUSIQUES | Alléchant plateau que celui proposé ce jeudi 24 septembre à la Source, qui associera sur scène le garage rock psychédélique teinté d’exotica des Normands de Cannibale, à celui, occulte, sombre et flamboyant des Grenoblois de Moonrite.

Damien Grimbert | Mardi 22 septembre 2020

Cannibale et Moonrite, une douce odeur de psychédélisme

Pour un groupe de rock actuel, les options sont diverses et nombreuses… mais toutes ne se valent pas. Il y a ceux qui vont vendre leur âme pour livrer des morceaux pop fades et calibrés taillés pour les synchro-pubs, ceux qui vont tenter de s’inscrire dans la prolongation des grandes légendes des décennies passées, quitte à n’en livrer qu’une copie studieuse mais guère inspirée… Et ceux, enfin, qui préfèrent emprunter des chemins moins balisés mais beaucoup plus excitants où les influences du passé se conjuguent au présent dans un grand bain de jouvence syncrétique et inédit. C’est assurément à cette dernière catégorie qu’appartiennent les formations Cannibale (photo) et Moonrite, qui proposent chacune des approches radicalement différentes mais complémentaires. Signés sur le label parisien de référence Born Bad Records dès leur premier album, No Mercy For Love en 2017, les Normands de Cannibale, qu’on a pu retrouver l’année suivante avec leur deuxième opus Not Easy to cook proposent ainsi une galvanisante rencontre entre des influences garage psychédélique 60’s/70’s envoutantes et toute une gamme de sonorités surprenantes et étranges puisées aussi bi

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Calypso Valois : nymphe pop

Concert | Critique du premier album de Calypso Valois, baptisé "Cannibale", avant son passage par la Maison de la musique de Meylan le vendredi 9 mars à 20h30.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 mars 2018

Calypso Valois : nymphe pop

On aurait vite fait d'enfermer Calypso Valois, prénom de nymphe, nom grand-maternel plein de noblesse, dans ce cercle familial quelque peu oppressant ou ce réseau d'influences piégeux qui est le lot des fils et filles de. Mais ce serait ignorer l'écoute de son album Cannibale écrit et composée par elle seule, avec certes l'excellent Yan Wagner à la réalisation et Jean-Louis Piérot au mix. Un album qui, comme l'annonce son titre, se révèle vorace tant il semble vouloir se mettre sous la dent tout ce que la pop, française mais pas seulement, compte de variations, d'esthétiques, d'approches – en tirer une seule du lot serait comme tenter de jouer au mikado avec les composantes d'un disque qui vaut davantage que la somme de ses parties, en dépit de titres phares comme Le Jour, Vis-à-vis, Apprivoisé et bien sûr Cannibales (au pluriel, cette fois). En d'autres termes : on va ici un peu plus loin, sans pour autant la r

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Villejuif Underground : Velvet sur Marne

MUSIQUES | Vendredi 20 octobre sur la scène de la Bobine, il n'y aura pas que le groupe Cannibale (dont on vante les mérites dans un autre article). Il y aura aussi le Villejuif Underground et son garage lo-fi qui voudrait sonner comme le Velvet, sans se prendre une seconde au sérieux. Tant mieux.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 octobre 2017

Villejuif Underground : Velvet sur Marne

Que serait-il advenu si le Velvet Underground était né à Villejuif, Val-de-Marne ? Sans doute pas grand-chose, et la face du rock en eut probablement été changée. Pourtant, lorsque l'on écoute le titre éponyme d'une drôle de formation baptisée le Villejuif Underground, on se dit que, décidément, dans le monde merveilleux de la musique alternative, tout est possible. Y compris qu'un Australien vienne s'installer au sud de Paris pour y commettre l'un des projets les plus zinzins de ces derniers mois avec une poignée d'autochtones. L'homme se nomme Nathan Roche et, après une douzaine de groupes et trois projets solo derrière lui, il semble bien avoir trouvé dans le Val-de-Marne et avec ses trois compères du Villejuif Underground son eldorado musical. Au point de séduire le patron du label Born Bad, Jean-Baptiste Guillot, dont le VU est la dernière trouvaille et qui a publié l'EP (Heavy Black Matter) contenant le titre signature du groupe : Villejuif Underground. Entretemps, le quatuor avait publié un LP, mélange de garage, de bricolage et de "loureederie" (l'inaugural Visions for Shannon). Mais sur

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Et voici les 20 concerts de l’automne

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de stars de la chanson, de rock qui déménage ou encore de surprises musicales bienvenues.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Et voici les 20 concerts de l’automne

A-Wa Les trois sœurs Haim n'en finissent plus de passer près de chez nous – ce sera leur cinquième date dans la région en tout juste deux ans. Et de s'ouvrir toutes les portes depuis la parution de leur Habib Galbi, transformé en hit au fil des mois (y compris en Israël, chose très rare pour un morceau chanté en arabe) et flanqué d'un album tout aussi réjouissant baptisé du même nom. Soit des chansons issues du répertoire traditionnel yéménite qu'elles ont souhaité s'approprier, le malaxant de leurs multiples influences allant des Beach Boys (ah, les harmonies vocales !) à Kendrick Lamar. On est fans, surtout en concert. À la Rampe mardi 26 septembre Amadou et Mariam Ils sont loin les Dimanche à Bamako (15 ans déjà) qui ont mis Amadou et Mariam sur la carte de la musique internationale (après 15 ans d'une première carrière) et ont permis de démontrer que la musique malienne allait bien au-delà de la kora traditionnelle e

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Marietta, antidote à la tiédeur

Musique | Zoom (très enthousiaste) sur celui qui partagera l'affiche de la Belle électrique jeudi 23 mars avec Superpoze.

Damien Grimbert | Mardi 21 mars 2017

Marietta, antidote à la tiédeur

Depuis maintenant une bonne dizaine d’années, a émergé en France toute une nouvelle vague de "sensations électro-pop-rock du moment", souvent très soutenues médiatiquement mais dont l’habillage arty/indépendant a parfois de plus en plus de mal à camoufler une fadeur absolument terrifiante. Soit, pour reprendre les termes de l’excellent critique musical Etienne Menu, « toutes ces choses hyper-standardisées qu'on voudrait faire passer pour de la musique pointue, alors qu'elles sont de l'indie FM calibré pour servir de musique de pub ou de jingle ». D’où la profonde sensation de soulagement et de bonheur ressentie à l’écoute de Basement Dreams Are The Bedroom Cream, premier album solo de Guillaume Marietta, chanteur du groupe français de rock psyché The Feeling Of Love. Recueil de chansons pop/folk lo-fi intimistes bricolées à l’abri des regards, Basement Dreams… ressuscite ainsi une certaine atmosphère psychédélique tout droit venue des 70’s, sans jamais tomber dans le piège de la citation à outrance pour autant. Lignes mélodiques à tomber par terre, arrangements d’une finesse infinie, chant sensible mais pas maniéré

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Un autre versant des sixties avec Forever Pavot

MUSIQUES | Le groupe, en concert à la Bobine, ressuscite les fantômes disparus d’une décennie qui n’a visiblement pas fini de nous fasciner

Damien Grimbert | Lundi 11 mai 2015

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Si, pour le commun des mortels, la musique des années 60 se résume avant tout aux groupes de pop, rock et folk anglo-saxons qui affolaient les charts de l’époque, une petite communauté disparate d’artistes a quant à elle focalisé son attention sur un versant musical nettement plus obscur de cette décennie : celui des illustrateurs sonores et compositeurs de musiques de films européens. Repliés dans leurs studios, loin des projecteurs, groupies et autres publics de fans transis, ces derniers ont donné naissance à un nombre assez sidérant de pépites musicales d’une richesse, d’une inventivité et d’une puissance d’évocation souvent sans commune mesure. Au-delà des crate-diggers et autres producteurs archivistes en quête de samples imparables, des artistes comme Ennio Morricone, Francis Lai, François de Roubaix ou Jean-Claude Vannier (pour ne citer que les plus connus) ont ainsi inspiré toute une nouvelle génération de musiciens séduits par leur mélange inspiré de psychédélisme, de prog-rock et de synthés vintage aux sonorités troublantes. À ce petit jeu là, difficile de trouver plus convaincant qu’Emile Sornin, leader du groupe Forever Pavot dont le to

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Damien Grimbert | Mardi 7 avril 2015

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Si, pour le commun des mortels, la musique des années 60 se résume avant tout aux groupes de pop, rock et folk anglo-saxons qui affolaient les charts de l’époque, une petite communauté disparate d’artistes a quant à elle focalisé son attention sur un versant musical nettement plus obscur de cette décennie : celui des illustrateurs sonores et compositeurs de musiques de films européens. Repliés dans leurs studios, loin des projecteurs, groupies et autres publics de fans transis, ces derniers ont donné naissance à un nombre assez sidérant de pépites musicales d’une richesse, d’une inventivité et d’une puissance d’évocation souvent sans commune mesure. Au-delà des crate-diggers et autres producteurs archivistes en quête de samples imparables, des artistes comme Ennio Morricone, Francis Lai, François de Roubaix ou Jean-Claude Vannier (pour ne citer que les plus connus) ont ainsi inspiré toute une nouvelle génération de musiciens séduits par leur mélange inspiré de psychédélisme, de prog-rock et de synthés vintage aux sonorités troublantes. À ce petit jeu là, difficile de trouver plus convaincant qu’Emile Sornin, leader du groupe Forever Pavot dont le to

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Amours cannibales

ECRANS | De Manuel Martín Cuenca (Esp-Roum-Russie-Fr, 1h56) avec Antonio de la Torre, Olimpia Melinte…

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Amours cannibales

Carlos, tailleur discret de Grenade, aime les femmes. Mais attention, il les aime bien préparées. Aussi habile avec un fil et des aiguilles qu’avec un couteau de boucher, il déguste ses victimes selon un rituel presque monotone, sans en tirer de plaisir apparent. On a présenté les choses avec un poil d’ironie, mais Amours cannibales en est résolument dépourvu. Au contraire, la froideur de la mise en scène renvoie plutôt à la "glaciation émotionnelle" tant vantée par Michael Haneke. Même lorsqu’une histoire d’amour, une vraie, se profile entre Carlos et la sœur d’une des femmes qu’il a tuées, Cuenca ne déroge pas à sa grammaire : plans tirés au cordeau, absence de musique, quête de distance et d’atonie dans l’approche des événements. Cette forme-là, respectable dans son principe mais devenue très académique à force d’être mise à toutes les sauces, est assez contre-productive dans le cas d’Amours cannibales. On n’est jamais loin du pléonasme tant la grisaille et l’absence de passion semblent envahir en permanence et l’action, et les personnages, et l’approche visuelle de Cuenca. Même les scènes gore ne créent pas vraiment de malaise, fondues dans l’apathi

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Jeunesse consumée

SCENES | Cannibales est plus qu’un spectacle générationnel pour bobos branchouilles. C’est une proposition high-tech intense et hypnotique, à voir absolument pour sa dernière ce vendredi soir à la MC2. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 12 mars 2010

Jeunesse consumée

« Dur plutôt que pessimiste. » David Bobée, jeune metteur en scène de Cannibales, résume ainsi son propos. « Ce n’est pas une thèse sur la société d’aujourd’hui mais le regard subjectif de personnes trentenaires sur ce mode de vie-là, sur cette image du bonheur que l’on nous donne comme quelque chose d’attirant » nous expliquait-il en interview. Car oui, Bobée ne se pose pas en donneur de leçons, mais élabore un spectacle sensitif total, d’une beauté plastique subjuguante (avec l’utilisation habile de la vidéo). Dans un grand loft aseptisé, déshumanisé et Ikéaïsé (notre homme a véritablement compris tout ce que le mot scénographie voulait dire), évoluent ainsi une demi-douzaine de jeunes acteurs-acrobates, au son du rock indé (Radiohead) ou du folk envoûtant (Herman Düne). On n’en dira pas plus, car Cannibales est une proposition à vivre plus qu’à commenter, mais vous comprendrez aisément que l’on est plus qu’enthousiastes ! On émettra simplement une réserve, qui pourrait paraître de taille mais qui ne l’est point : le texte de Ro

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«Dur plutôt que pessimiste»

SCENES | THÉÂTRE / Au vu des vingt minutes d’extraits mis à notre disposition, le spectacle Cannibales apparaît comme une proposition potentiellement forte. Rencontre avec le jeune metteur en scène David Bobée pour en savoir un peu plus. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 5 mars 2010

«Dur plutôt que pessimiste»

Petit Bulletin : Cannibales semble être un spectacle générationnel sur des trentenaires paumés entre l’être et l’avoir ?C’est une des grandes thématiques du spectacle, troisième volet d’une trilogie réalisée avec l’auteur Ronan Chéneau – avec qui je bosse depuis une dizaine d’années. Cette trilogie est née au moment où l’on avait vingt-cinq ans et où, en ayant tiré au maximum sur l’adolescence, il fallait bien que l’on accepte notre statut d’adulte, avec toutes les questions sous-jacentes : qui est-on, dans quoi s’inscrit-on, dans quelle société, comment on agit dessus, ou comment on ne peut pas… Donc effectivement, c’est très générationnel puisque cela parle d’ici, de maintenant, et avec nos yeux. Avec nos yeux, car ce n’est pas une thèse sur la société d’aujourd’hui mais le regard subjectif de personnes trentenaires sur ce mode de vie-là, sur cette image du bonheur que l’on nous donne comme quelque chose d’attirant. Votre vision a l’air assez pessimiste, notamment à cause du titre de la pièce…C’est dur plutôt que pessimiste. Le titre et la première scène du spectacle [« Un couple de trentenaire rentre chez-lui, s’embrasse,

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