Arnaud Rebotini en six morceaux

Soirée | Résumé en six points de la passionnante carrière du musicien et compositeur de musique électronique français qui sera vendredi 13 avril sur la scène de l'Ampérage pour une "Nuit techno" très attendue – et pas seulement parce qu'il vient d'obtenir un César grâce à sa BO pour le film "120 battements par minute" !

Damien Grimbert | Mardi 3 avril 2018

Photo : Q Caffier


Aleph – Seed SPC1 (1995)

Avec ce morceau furibard et brut de décoffrage extrait de son premier EP sans titre sorti sur Artefact (label français phare de l'époque créé par le pionnier Erik Rug) sous l'alias Aleph, Arnaud Rebotini faisait ses tous premiers pas discographiques dans la musique électronique. Mélange de breakbeat et d'électro surchargé d'énormes nappes acides, ce Seed SPC1 taillé pour les raves a, comme beaucoup de titres de cette période, plutôt bien vieilli.


Zend Avesta – One of these days (2000)

On a parfois un peu tendance à l'oublier, mais Arnaud Rebotini, ce n'est pas que de la grosse techno qui tape. Comme en témoigne cette petite perle downtempo jazzy délicate et subtile issue de l'album Organique de son projet Zend Avesta, portée par le chant envoûtant de l'Islandaise Hafdís Huld Thrastardottir, à l'époque vocaliste du groupe GusGus. Une fois encore, le tout n'a pas pris une ride.


Black Strobe – Me and Madonna (2002)

En 1997, Arnaud Rebotini fonde aux côtés d'Ivan Smagghe, vendeur comme lui dans la succursale parisienne du disquaire indépendant Rough Trade, le duo Black Strobe, qui sort la même année son premier EP Paris Acid City. Mais c'est au début des années 2000 que le duo va sortir coup sur coup ce qui reste sans doute deux de leurs plus gros tubes, le tapageur Italian Fireflies et ce glacial Me And Madonna, furieusement electro-clash.


Arnaud Rebotini – The Swamp Waltz (2008)

Avec le départ d'Ivan Smagghe et la sortie de son premier album en 2007, Black Strobe s'éloigne de plus en plus de l'électro pour se rapprocher du rock. Mais en parallèle, Arnaud Rebotini opère une véritable renaissance artistique, délaissant les logiciels au profit des synthétiseurs vintages pour composer une techno brute et primitive dont The Swamp Waltz, tiré de son EP Music Components, reste sûrement l'un des plus beaux témoignages.


Arnaud Rebotini – The First Thirteen Minutes Of Love (2011)

Splendide entrée en matière de l'album Someone Gave Me Religion, The First Thirteen Minutes Of Love est une véritable épopée ambient de plus de treize minutes, dénuée du moindre rythme. Et dévoile par la même occasion une facette moins connue du producteur, plus expérimentale, qu'il poussera encore plus loin en 2016 avec la sortie de l'album Frontières en collaboration avec le compositeur de musique concrète Christian Zanési.


Arnaud Rebotini – Their Synthetic Majesties Request (2012)

S'il a toujours porté dans son cœur les rythmiques martiales et les sonorités synthétiques glaciales des années 1980 (EBM, synth-pop, indus, new beat…), c'est sans doute sur l'EP Pagan Dance Move, sorti sur le label Zone créé par The Hacker et Gesaffelstein, qu'Arnaud Rebotini leur rend le plus bel hommage. Comme en témoignent les nappes menaçantes du morceau du même nom, mais également cet addictif morceau introductif, d'une efficacité terrassante.


Une nuit techno avec François X


L'AmpéRage 163 cours Berriat Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Holocène 2019 : notre sélection d'artistes à découvrir à Alpexpo

Festival | Pour sa troisième édition, le festival Holocène fait déjà peau neuve sur les questions de format et d'accueil du public (lieu unique avec un Alpexpo revisité en trois scène, vendredi 18 et samedi 19 octobre). Reste le nerf de la guerre : la programmation. La preuve par 7.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Holocène 2019 : notre sélection d'artistes à découvrir à Alpexpo

Hocus Pocus Voilà le grand retour, on ne sait pour combien de temps, du très culte collectif hip-hop-jazz nantais aux sympathies allègrement west-coast, après pratiquement une décennie d'absence consacrée notamment à des projets parallèles (comme C2C). C'est à Holocène qu'HP clôt une tournée des festivals particulièrement remplie. Vendredi à 21h45 Blu Samu Énième incarnation de la Belgian invasion, Blu Samu a déjà été aperçue cet été du côté du Cabaret frappé. La revoici à Holocène aux commandes d'un rap down tempo dont le flow smoothie jusqu'à l'écoeurement n'est pas sans évoquer les atmosphères soyeuses d'une Sade milléniale. Vendredi à 22h45 Lorenzo Bob vissé sur la tête, survet' vintage, flow à la résonance nasillarde, Lorenzo, Empereur du sale et prince du Rien à branler, est à la fois l'incarnation du ra

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Arnaud Rebotini : « Ce César est un symbole de reconnaissance pour la musique électronique »

Soirée | « Si la musique de "120 battements par minute" a une profondeur, c’est qu’elle est la voix de ceux qui sont morts, qui ont perdu des proches, qui se sont battus et qu’on n’a pas voulu entendre. Je dédie ce prix à ces héros oubliés, d’hier et aujourd’hui. Act Up existe toujours et le sida n’est pas qu’un film. » Voilà ce qu’a déclaré, ému aux larmes, le musicien et compositeur de musique électronique Arnaud Rebotini lorsqu’il a reçu début mars le César de la meilleure musique originale pour le fameux film de Robin Campillo. On a profité de cette actu pour lui poser quelques questions avant sa venue à l’Ampérage dans le cadre d’une nuit techno très attendue.

Aurélien Martinez | Mardi 3 avril 2018

Arnaud Rebotini : « Ce César est un symbole de reconnaissance pour la musique électronique »

Les organisateurs de la nuit techno à laquelle vous participez vous présentent comme un « poids lourd du mouvement électro », voire même comme un « vétéran »… Ces qualificatifs vous conviennent-ils ?! Arnaud Rebotini : Vu l’âge que j’ai [47 ans], je ne suis pas un débutant donc oui, on peut dire ça. Après, ce sont des qualificatifs de promoteurs et de journalistes, il faut donc les prendre comme tels… Un vétéran qui connaît en ce moment une "nouvelle jeunesse" du fait de l’aventure folle que fut – et qu’est encore – le film 120 battements par minute, sorti en août 2017 et dont vous avez composé la bande originale… Plus qu’une nouvelle jeunesse, c’est plutôt la continuité de mon travail avec Robin Campillo, puisqu’il s’agit du deuxième film que l’on a fait ense

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Le Snowboard Garden Festival côté musique

MUSIQUES | Zoom sur la programmation musicale de l'événement qui se déroulera cette année au Palais des sports de Grenoble.

Damien Grimbert | Mardi 13 octobre 2015

Le Snowboard Garden Festival côté musique

Événement pluridisciplinaire croisant musique live, projections de films de glisse et animations diverses, le Snowboard Garden Festival fait désormais partie des rendez-vous bien établis de la rentrée grenobloise. Pour sa cinquième édition, la manifestation investit pendant trois jours durant le Palais des sports avec un programme musical conséquent, regroupant pas moins de trois concerts ou DJ-sets tous les soirs, mêlant aussi bien artistes locaux que grosses pointures nationales. Dans la première catégorie, on retrouvera par exemple le jeudi l’infatigable équipe de Carton-Pâte Records suivie du non moins infatigable Little Tune. Dans la deuxième, outre la venue le vendredi des éclectiques turntablists lyonnais Fly & Netik, et du cofondateur du label Sound Pellegrino Orgasmic, il faudra surtout compter avec le grand retour (en format live) du projet Black Strobe d’Arnaud Rebotini (photo) le dernier soir.

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Les soirées de décembre et janvier

MUSIQUES | Par Damien Grimbert

Damien Grimbert | Lundi 2 décembre 2013

Les soirées de décembre et janvier

Arnaud Rebotini Il a beau être déjà passé pas mal de fois à Grenoble ces dix dernières années, on ne se lasse jamais de revoir Arnaud Rebotini (cette fois-ci lors de la soirée Unit 2 Lesson 12, organisée par The Dare Night). D’autant que sa transition vers une techno "old-school" composée uniquement avec des boites à rythmes et synthétiseurs analogiques, amorcée dès 2008 avec son album Music Components et magistralement confirmée en 2011 avec l‘envoutant Music Gave Me Religion, s’avère aujourd’hui plus pertinente que jamais. Hypnotique, dark et sans concession, la musique d’Arnaud Rebotini possède cette dimension sans faille, profondément instinctive et intemporelle, face à laquelle tous les gimmicks et plug-ins dernier cri ne feront jamais le poids. Unit 2 Lesson 12, jeudi 12 décembre au Drak-Art   Ackeejuice Rockers Si elles ont mis quelques temps avant de trouver leur place à

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Arnaud Rebotini : Enjoy the noise

MUSIQUES | PORTRAIT / Baroudeur musical éclectique, mélomane hardcore, actuellement membre du duo Black Strobe au côté d'Ivan Smagghe, Arnaud Rebotini viendra inaugurer de son imposante présence les soirées Electro/choc au George V, à l'initiative du Mark XIII. François Cau

| Lundi 31 janvier 2005

Arnaud Rebotini : Enjoy the noise

Tout de noir vêtu, ses deux mètres assortis d'un gabarit pour le moins robuste, sa longue mèche striant son visage fermé, Arnaud Rebotini ferait presque peur. Confronté au bonhomme en novembre dernier au Rex Club parisien, à la soirée de lancement de l'album de The Hacker, on n'osait même pas croiser son regard, de peur de se faire foudroyer sur place. Et pourtant, coincé aux platines entre ce dernier et Miss Kittin, il avait eu raison de nos défiances via un set en appelant aux sources électro, des incontournables tubes new-wave aux plus perfides des basses technoïdes. Pour sa venue en terre grenobloise aux côtés des excellents Jerome D et The Fly (et des non moins excellents Human Body et Havoc pour la before), un petit récapitulatif s'imposait. Fondu au noir, raccord hasardeux sur ses premières années parisiennes. Sous le signe du V Loin des états d'âmes versaillais récemment exorcisés par le Klub des Loosers, Arnaud Rebotini vit assez bien sa jeunesse dans le Ve arrondissement parisien. Au lycée Jules Ferry (improbable vivier de pionniers parisiens de l'électronique, pour des raisons restant à déterminer), il croise les juvéniles Alex Gopher, Etienne de Crecy ou Nicolas Godi

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