Dirty Dancing avec Chloé

Clubbing | Pour leur seconde Wet for me au Transbordeur, les filles de Barbi(e)turix ont eu la judicieuse idée de convier Chloé, véritable perle de la scène électronique frenchy.

Sébastien Broquet | Mardi 11 octobre 2016

Photo : © Bruno Clément


Pour bien cerner Chloé, l'importance de ce qu'elle continue d'apporter, il faut replonger dans les années 90. Fouiller l'histoire du Pulp, ce petit club porté par une bande de lesbiennes à l'imagination fertile qui firent de ce spot adjascent au Rex Club un mythe du clubbing parisien, un chaudron créatif qui enfanta nombre d'histoires à succès, toujours pas démenties à l'heure actuelle.

Prenez le crew Barbi(e)turix emmené par Rag, qui invite Chloé cette semaine pour sa Wet for Me au Club Transbo : des sauvageonnes issues du Pulp, au point d'en documenter la vie d'après sur leur blog. Chloé : « Je les suis depuis le début... C'est une soirée de filles, ouvertes aux garçons. Ce sont les enfants du Pulp ! On a donné cette impulsion. Les Barbi(e)turix, elles ont débuté dans les bars, c'est devenu l'une des plus grosses soirées lesbiennes. Je les adore, j'ai toujours une vraie affinité à jouer chez elles. Quand j'ai commencé à mixer à Paris, c'était aussi dans les soirées gay, ou en raves... »

Le Pulp, donc. De 1997 à 2007, ces filles ont inventé une nouvelle nuit : chaotique, punk, queer, rave, alternative, sexy... Sans communautarisme : les mecs venaient, gays ou pas. Nous y avons vu Peaches pour son premier show en France, dantesque, sur une micro-scène au milieu du dancefloor. Rachid Taha y avait ses habitudes. Rebotini mixait du rock le mercredi. Sex Toy, Ivan Smagghe, Jennifer Cardini, Scratch Massive, Guido (Acid Arab) étaient résidents. Et la divine Chloé, bien sûr. La programmation était dingue. L'ambiance tout autant. Engagée, libérée, festive. Et dark.

C'est ce son-là, initié au Pulp, cette liberté, que propagent encore aujourd'hui ceux qui en étaient à la source, Smagghe et Chloé en tête, avec cette techno sombre et furieusement groove, dirty mais implacablement dansante, piochant dans le rock ou le disco déviants. Tous deux sont aujourd'hui réunis sous l'égide Kill the DJ, famille menée par une ex du Pulp, Fany Corral. « Je peux aimer une forme de mélancolie qui va vers la lumière, j'aime me servir de l'architecture de notre propre vie pour raconter une histoire. Il y a des moments dark, il y a des moments tendres : tout est lié et imbriqué, et je m'en sers dans mes compositions » nous dit Chloé.

Aujourd'hui, elle est clairement l'une des artistes les plus palpitantes de la scène électronique. Ses deux albums (The Waiting Room en 2007, One in Other en 2010), loin du dancefloor, sont des merveilles d'introspection flirtant parfois avec l'écosystème Constellation Records (réécoutez Distant). On ne voit pourtant que rarement (jamais ?) son nom en haut de l'affiche des festivals qui pullulent ces dernières années, au profit de comètes parfois interchangeables faisant hurler les foules.

Chloé n'en tire pas ombrage, discrète mais pas timide, elle converse au téléphone en ce samedi matin comme avec une vieille connaissance, sereine : « J'ai commencé quand cette musique était mal vue, mal comprise, mal diffusée. Ce n'était même pas rangé dans les catégories de styles. Je ne comprenais pas : c'était plein de gens passionnés, de sous-mouvements... Alors je suis ravie que ce soit démocratisé aujourd'hui. DJ, c'est un métier désormais. Mais c'est vrai, j'aimais bien le côté méconnu, il y avait une ébullition... C'était bien. »

Tourner inlassablement, faire danser. Jusqu'à la lassitude ? « C'est une préoccupation perpétuelle, comment continuer à être DJ et à composer en parallèle. J'essaye toujours de tourner de manière constructive ce que je fais. Il peut y avoir de la lassitude, mais avant et après le set. Jamais pendant. L'aéroport, l'hôtel... Il y a une forme poétique et répétitive dans ces tournées, à être toute seule, après avoir été avec la foule. »

Son prochain album est quasiment terminé. C'est peu dire que nous l'attendons avec impatience. « Si je n'ai pas eu envie de refaire un album de suite après One in Other, c'est aussi parce que j'ai eu beaucoup de propositions extérieures : musiques pour des documentaires, des films, collaborations avec l'artiste contemporain Anri Sala ou le chorégraphe Fabrice Ramalingom. Collaborer avec d'autres personnes, c'est s'enrichir, c'est aussi se mettre en danger. C'est, de manière un peu égoïste, se servir des autres pour progresser soi-même également, en bousculant mes habitudes de studio par exemple : habituellement, je compose seule, je mixe seule. »

Vendredi, cette collectionneuse invétérée de vinyles sera aux commandes de l'une des soirées les plus cool du moment. Kiss the DJ.

Wet For Me feat. Chloé
Au Transbordeur le vendredi 14 octobre
www.listentochloe.com


Wet for me : Chloé

+ Ragnhild + Rescue + Nari Fshr
Transbordeur 3 boulevard Stalingrad Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Villeurbanne : des Invites au zénith

Arts de la Rue | Ces Invites retrouvées (du mercredi 15 au samedi 18 septembre à Villeurbanne) sont d’une densité folle. Et d’une qualité remarquable. Gratuit, as usual pour ce festival des arts de la rue.

Nadja Pobel | Jeudi 9 septembre 2021

Villeurbanne : des Invites au zénith

Il y a les concerts, bien sûr, et c’est plus que jamais un événement étant donné le contexte. Avec la bossanova de Flavia Coelho, le blues créole de Delgres, la sono mondiale de Natacha Atlas, le classique si joyeux du Quatuor Debussy (oui ceux qui accompagnaient Valérie Dréville en Tirésias cet été aux Nuits de Fourvière). Et il y a les arts de la rue, partout dans la ville à l’image du géant Tchangara, marionnette de neuf mètres de hauteur, venue de Côte d’Ivoire et quasi mascotte de cette future Capitale française de la culture en 2022 qu'est Villeurbanne. Il faudrait revoir aussi Zora Snake et son spectacle rageur sur le parcours d’un jeune migrant, Transfrontalier. Sur ce même thème et d’une teneur tout aussi colérique, Continent, la dernière création des locaux du KompleXKapharnaüM est de la dentelle où son et lumière s’entremêlent au texte et la diction puissante de Stéphane Bonnard, qui raconte 18 mois passés avec Nour, Mohamed et 300 autres dans un squat à Lyon. « Ce qui arrive est si gros que ça ne tient pas dans les mots » nous dit-il dans

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"Nomadland" de Chloé Zhao : une reconquête de l’Ouest

Western | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

L’Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d’ une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l’obligeant à se priver du superflu, l’autorisant à se défaire du pesant… Inspiré d’un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s’ouvre sur un carton détaillant l’exemple de la ville d’Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d’être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l

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Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Festival | Édition hors-série, limitée question lieux (deux seulement), jauges et horaires, mais édition aguicheuse et conservant l'ADN du festival : Nuits sonores pense futur sans renier ses basiques et convie aussi bien la star Jeff Mills que la newcomer Lala &ce en juillet 2021. On détaille.

Sébastien Broquet | Jeudi 27 mai 2021

Lala &ce, Chloé, Jeff Mills : voici toute la programmation de Nuits sonores

Au milieu d'un torrent d'incertitudes (debout ou pas ? comment fonctionneront les bars et la restauration ? pass sanitaire ou pas ? ), le festival Nuits sonores a réussi à concocter une programmation fûtée pour gens couchés qui finalement se lèveront peut-être. Avec une grosse dose d'artistes locaux, parfois emblématiques de la ville (on pense à High Tone et Flore), de découvertes, de quelques stars des musiques électroniques aussi — tel Jeff Mills qui vit à Paris, ou Chloé. Bref, une programmation qui ne renie rien des engagements du festival et fait clairement envie. Avec même le groupe le plus excitant du continent africain contemporain, les natifs de Kinshasa Fulu Miziki, dont l'album doit paraître prochainement sur Crammed Discs. « Avec une édition hors-série et pour la première fois estivale, le festival se réinventera autour de nouveaux récits, d’une nouvelle temporaliteL

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L'affaire est dans le sac : "Greta"

Thriller | de Neil Jordan (É-U-Irl, int.-12ans, 1h38) avec Isabelle Huppert, Chloë Grace Moretz, Maika Monroe…

Vincent Raymond | Mardi 11 juin 2019

L'affaire est dans le sac :

Serveuse à New York, Frances trouve un soir dans le métro un élégant sac à main. Il appartient à Greta, une excentrique vieille Française qui conquiert vite la jeune fille. Frances découvre alors combien Greta peut se montrer intrusive et inquiétante. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? Depuis combien de temps n'avait-il pas été plaisant de voir Isabelle Huppert à l'écran ; c'est-à-dire appelée pour autre chose qu'un rôle lui donnant le prétexte d'être soit une victime à la passivité suspecte pour ne pas dire consentante, soit une épave bourgeoise — les deux n'étant pas incompatibles ? Neil Jordan a eu le nez creux en pensant à elle : d'ordinaire agaçantes, les minauderies de son jeu se révèlent ici franchement inquiétantes et servent à asseoir la dualité de son personnage de prédatrice : sous des dehors lisses et respectables, sans âge, Greta tient du vampire, auquel il ne faut jamais ouvrir sa porte si l'on veut s'en prémunir, mais qui ne vous lâchera pas si vous l'invitez chez vous. Jordan s'y connaît sur le sujet. Le terme a beau paraître galv

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Mauvaise Foi : une généreuse et glorieuse conquête

Illustration | En ce début de printemps, les Halles du Faubourg rouvrent leurs portent et accueillent le collectif d’illustrateurs Mauvaise Foi pour Théogonie. De cette thématique éclôt une exposition à la puissance symbolique et aux identités hétéroclites.

Sarah Fouassier | Mardi 2 avril 2019

Mauvaise Foi : une généreuse et glorieuse conquête

Mauvaise Foi édite depuis 2012 une revue graphique collective, Laurence 666, où illustrateurs et designers sont invités à composer une bande dessinée. En 2016, le cinquième volume a remporté le Prix de la Bande Dessinée Alternative : récompense méritée, qui découle d’un travail acharné. Chloé Fournier, Manuel Lieffroy, Remi Mattei et Hugo Charpentier composent ce collectif d’illustrateurs, né sur les bancs de l'École Émile-Cohl. Pour cette exposition aux Halles du Faubourg, la bande s’empare d’une thématique mythologique où chaque illustrateur raconte le surgissement d’un univers visionnaire. La toile qui initie ce parcours, signée Hugo Charpentier, donne le ton de par sa générosité visuelle. Une idée d’âge d’or, d’abondance tirée du foutoir de la vie découle de cette toile aux techniques, personnages et situations mixtes.

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Encore : entre Rone et Saône

Clubbing | Revoici Rone, décidemment sensible au public lyonnais, qui cette fois vient fêter les six ans du promoteur Encore, l'agitateur de nuits technophiles (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 janvier 2019

Encore : entre Rone et Saône

Revoici Rone, décidemment sensible au public lyonnais, qui cette fois vient fêter les six ans du promoteur Encore, l'agitateur de nuits technophiles déambulant entre Saône et Rhône mais aussi Paris, également connu pour apposer sa patte sur le festivals Démon d'Or. Pour l'auteur du beau Mirapolis, il s'agit d'une fin d'ère, de la queue de comète d'une tournée à rallonge qui a rempli les salles : le dernier show avant la prochaine étape, le futur album - le cinquième. Sa pop électronique et onirique a rencontré un large succès, comblant le fossé entre le mainstream et la rave, fascinant aussi bien Jean-Michel Jarre avec lequel il composa que les amateurs de petits matins moites. Erwan Castex de son vrai nom est aujourd'hui incontournable - comme Chloé, également à la même affiche, compositrice de petites merveilles électroniques (mais bien trop rares : seulement trois albums depuis 2002) et DJ implacable : nul doute que cette soirée, où figure encore Markus Gibb (signé sur Lumière Noire, le label de Chloé), s'annonce chatoyante. Ce sera au Transbordeur, ce samedi 12 janvier à 23h30.

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Tati Chloé Serre à la BF15

Art Contemporain | La jeune performeuse et sculptrice Chloé Serre ouvre à la BF15 plusieurs chantiers (chorégraphie, exposition) afin de cerner, par le geste et par l'espace, ce qui constitue l'os même de nos relations aux autres.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 24 septembre 2018

Tati Chloé Serre à la BF15

« Ouvrez quelques cadavres : vous verrez aussitôt disparaître l'obscurité que la seule observation n'avait pu dissiper ». C'est avec cette phrase, presque avec ce geste, que Xavier Bichat ouvrait en 1801 l'ère de la médecine moderne. En 2018, chorégraphes et artistes ouvrent, eux, des corps vivants afin de parfaire l'observation de notre société contemporaine, la "clinique" de notre monde et de ses malaises et travers... Avec rage et violence chez la chorégraphe Maguy Marin (voir notre chronique de sa création Ligne de crête sur notre site), avec plus de douceur et dans un esprit beaucoup plus burlesque chez la jeune plasticienne et performeuse Chloé Serre. Nourrie des écrits du sociologue Erving Goffman (La mise en scène de la vie quotidienne)

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La mauvaise éducation : "Come as you are"

Drame | de Desiree Akhavan (É-U, 1h31) avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane, John Gallagher Jr.…

Vincent Raymond | Mercredi 18 juillet 2018

La mauvaise éducation :

1993. Surprise en plein ébat avec une camarade, la jeune Cameron est envoyée par sa tante dans camp religieux de “réhabilitation“ pour les adolescents “déviants“ placé sous la férule des frère-sœur Marsh. Au sein du groupe, Cameron tente de préserver son intime personnalité… Cette vieille obsession puritano- normative de guérir l’homosexualité par la réclusion et la prière ! Dans l’idée (et l’efficacité), cela rejoint l’antique sacrifice des vierges pour s’assurer de bonnes récoltes ; le fait de croire que l’on peut infléchir des événements sur lesquels l’on n’a aucune prise en sadisant ses semblables au nom de l’intérêt général. La prétendue maison de rééducation religieuse des Marsh est à la fois un lieu de retrait du monde pour des familles honteuses de l’orientation de leur enfant (“cachons ce gay que nous ne saurions voir“) et un centre de torture psychologique. Paradoxalement, le confinement des ados et les chambrées non mixtes tendent à annuler le lavage de cerveau hétéro opéré pendant la journée. Desiree Akhavan épouse avec beaucoup de justesse et de sens

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Sans pitié pour le cheval : "La Route sauvage (Lean on Pete)"

Le Film de la Semaine | Cavale épique d’un gamin s’étant piqué d’affection pour un canasson promis à la fin dévolue aux carnes hippiques, cette errance passant du hara qui rit au chaos corral est menée par le prometteur Charlie Plummer, Prix Marcello-Mastroianni du meilleur jeune espoir à la Mostra.

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Sans pitié pour le cheval :

Vivant seul avec un père instable, Charley, 15 ans, a su tôt se prendre en charge. À peine arrivé en Oregon, il découvre fasciné le monde hippique et est embauché par l’entraîneur grognon d'un vieux pur-sang, Lean on Pete. Quand il apprend que l’animal est menacé, Charley fugue avec lui. Rebaptisés en débarquant en France, les films étrangers sont souvent gratifiés d’une dénomination outrepassant la pure traduction. Si la mode est aux franglaisicismes approximatifs — The Hangover (La gueule de bois) de Todd Philips se soigne en Very Bad Trip — autrefois, on aimait embrouiller les spectateurs : connu comme La Cinquième Victime, While The City Sleeps (1956) de Fritz Lang pouvait difficilement être traduit par Quand la ville dort, déjà attribué à Asphalt Jungle (1950) de John Huston ! Parfois, les deux titres coexistent. Et se succèdent comme pour témoigner d’une variété de focalisations ou d’inflexions soudaines à venir

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Mauvaise Foi, trophées et vanités

Illustration | Si vous avez raté le vernissage et le diseur de bonne aventure, vous avez l'occasion de vous rattraper jusqu'au 16 décembre dans leur galerie pour admirer (...)

Sarah Fouassier | Mardi 24 octobre 2017

Mauvaise Foi, trophées et vanités

Si vous avez raté le vernissage et le diseur de bonne aventure, vous avez l'occasion de vous rattraper jusqu'au 16 décembre dans leur galerie pour admirer le travail du collectif Mauvaise Foi avec une exposition au thème superstitieux. Roulette russe, scènes de fin de monde, muses ensorcelantes et autres totems et trophées sont impeccablement dessinés par les quatre complices Chloé Fournier, Rémy Mattei, Hugo Charpentier et Manuel Lieffroy. La foudre et le talent ont bel et bien frappé au 29 rue des Capucins ! Notre cœur a justement jeté son dévolu sur les trophées et broderies de Chloé Fournier qui ont ravi notre soif d'illustrations exécutées sur supports multiples. Ces morceaux de vanités peints sur bois ou brodés sur des empiècements de tissus nous donnent envie de nous en emparer comme des talismans capables de nous éloigner du mauvais œil. Superstitieux et malchanceux, gardez vos gris-gris à portée de main lors de votre visite... Baraka, à voir jusqu'au 16 décembre du lundi au vendredi de 13h à 18h et sur rendez-vous (contact@mauvaisefoi-editions.com) Mauvaise Foi, 29 rue des Capucins

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Crises & glace : "Kiss & Cry" de Lila Pinell & Chloé Mahieu

ECRANS | de Lila Pinell & Chloé Mahieu (Fr, 1h18) avec Sarah Bramms, Dinara Droukarova, Xavier Dias…

Vincent Raymond | Mardi 19 septembre 2017

Crises & glace :

Rappelée par son tyrannique entraîneur qui lui avait pourtant fait quitter l’Alsace un an plus tôt, Sarah accepte de rechausser les patins à glace pour le club de Colmar. À 15 ans, sa vie est celle d’une ado normale, et d’une sportive de haut niveau soumise à de multiples pressions… Venues du documentaire, où elles se sont intéressées au patinage et qui leur a permis de repérer l’époustouflante jeune interprète Sarah Bramms (plus qu’une révélation, une évidence), les cinéastes signent ici un premier long-métrage à la fois incandescent et sensible, rappelant à bien des égards l’approche de Céline Sciamma. En particulier dans leur capacité à dépeindre de l’intérieur les micro-événements animant le quotidien d’un groupe d’adolescent·e·s, entre rivalités de vestiaires, badinages et stress. Du cinéma du réel, elles ont conservé une forme d’authenticité intransigeante lorsqu’il s’agit de représenter des personnages dans leur crudité ou leur brutalité : c’est le cas lors des entraînements, durant lesquels le coach fait preuve d’une impitoyable sévérité

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"Transfiguration" de Michael O'Shea

Horreur | de Michael O'Shea (É-U, 1h37) avec Eric Ruffin, Chloe Levine, Larry Fessenden…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Milo, 14 ans, vit avec son frère aîné dans un quartier du Queens contrôlé par un gang. Fasciné par les vampires, il cherche à en imiter les pratiques, notamment lors de chasses nocturnes. L’arrivée d’une voisine de son âge dans l’immeuble va bouleverser ses habitudes… Cette intéressante variation contemporaine sur le thème du suceur de sang rappelle The Addiction (1995) de Ferrara — un des rares films n’apparaissant pas explicitement parmi les nombreuses VHS vénérées par Milo. Conséquence d’un trauma familial, sa quête prédatrice tient moins de la nécessité animale que d’une soif intellectuelle d’explorer ce ténébreux univers et d’un dérivatif à la solitude ; elle peut donc difficilement être partagée par son entourage. L’issue, plutôt prévisible, trouve un astucieux rebondissement en montrant le destin du corps d’une victime du vampirisme après sa mort, durant le processus de médecine légal, alors qu’une autre “vie” se poursuit. En l’occurrence, on a bien à faire à un mort-vivant.

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Wet for Me : girl power !

Clubbing | La soirée lesbienne menée par la bande de Barbi(e)turix fait son come-back au Transbordeur avec l'icône Jennifer Cardini en guest. L'occasion de questionner Rag, la meneuse de revue.

Sébastien Broquet | Mardi 9 mai 2017

Wet for Me : girl power !

Wet for Me, c’est une soirée lesbienne, électro... Quel est l’esprit ? Chloé nous disait que vous étiez les enfants du Pulp ? Rag : Avec la Wet For Me, on s'attache à créer un espace-temps à part, où les femmes ont le pouvoir. Le pouvoir de mixer, le pouvoir de danser, de se sentir libre, à tous les points de vue. L'ambiance y est toujours très électrique, ça danse sur scène, ça se déshabille, ça drague, ça rigole, ça mate, ça frime. Que ce soit à Paris ou à Lyon, les lesbiennes et les queers n'ont que très peu de lieux dédiés. Alors on veut investir, occuper l'espace tout en restant dans un esprit d'ouverture. Coté production et programmation, on veut en mettre plein la vue, on essaie de mettre la barre haute et de faire les choses bien. Je pense que c'est ce qui fait le succès de la soirée, qui existe depuis maintenant presque dix ans... Le Pulp, à Paris, a ouvert la voix à toute une génération d'artistes, de militantes, d'organisatrices, de DJs. BBX existait déjà à l'époque et s'essayait à découvrir de nouveaux horizons. On leur doit beaucoup ! Barbi(e)Turix : c’est u

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BD Webtrip : “Chers correspondants…“

BD Webtrip | Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

BD Webtrip : “Chers correspondants…“

Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée ont noué depuis cinq ans de fructueuses relations : le festival de la BD francophone de Québec et le LyonBD festival. Ce jumelage fraternel a donné naissance à des résidence d’artistes, des invitations mutuelles, ainsi qu’à d’intenses sessions de réflexions sur les métiers de l’illustration et les particularismes vécus de chaque côté de l’Atlantique. Mais également à des projets éditoriaux dont le dernier en date, Correspondances, sort de presse. Il compile six mois d’échanges entre quatre auteurs de la Belle Province et quatre ressortissants de l’Hexagone ; six mois de découvertes réciproques, de comparaisons et d’interrogations amusées. L’anodin flirte avec l’intime de la création, la description sociétale voisine avec la sociologie fine d’une profession, et la variété des styles proposés garantit une lecture captivante. La genèse de cet album sera dévoilée durant la première partie d’une journée d’étude à l’École Bellecour (10h30 à 12h), l’après

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"Love & Friendship" : une délicieuse adaptation de Jane Austen

ECRANS | Avec cinq longs-métrages en vingt-cinq ans, Whit Stillman semble du genre à se faire désirer. Logique qu’il ait succombé aux charmes de Lady Susan, cultivant la séduction comme l’un des beaux-arts. En résulte une transposition délicieuse du roman épistolaire de la jeune Jane Austen.

| Mardi 21 juin 2016

Le rôle du cinéma et de la télévision dans le regain de popularité rencontré par l’œuvre de Jane Austen est indubitable : la prodigieuse quantité d’adaptations — qui elles-mêmes ne l’étaient pas toutes — déversées sur les écrans depuis une vingtaine d’années a contribué à la postérité contemporaine de l’auteure britannique au-delà du périmètre des lecteurs avertis et des anglophones. La surexposition de Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments ou Emma a cependant eu comme corollaire étrange de restreindre la notoriété de ses écrits à ces quelques titres, abandonnant les autres à une ombre plus épaisse encore. En un sens, c’est heureux que personne ne se soit emparé de Lady Susan avant Whit Stillman : il a eu le bonheur de travailler sur un matériau vierge de tout repère. Et de façonner “son” image de Lady Susan. Une Kate avisée d’un époux aisé Celle-ci épouse les traits merveilleux — comment pourrait-il en être autrement, puisqu’il s’agit d’une coureuse de beau parti, fine manigancière au physique envoûtant — de Kate Beckinsale

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

MUSIQUES | 22.04.16 > LA MARQUISE LE MELLOTRON À la base, un bar près de la place de la République à Paris où des platines sont installées, avec tout l'attirail (...)

Sébastien Broquet | Mardi 19 avril 2016

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

22.04.16 > LA MARQUISE LE MELLOTRON À la base, un bar près de la place de la République à Paris où des platines sont installées, avec tout l'attirail nécessaire pour rediffuser les mixes sur le Net : bref, une Web radio, le tout étant baptisé Le Mellotron. À l'arrivée, un feeling, un son, une posture où le groove actuel comme vintage se partage. Funk et house music, bass culture et afrobeat : aucune limite pour ses fervents adeptes d'un dancefloor pluriel, représentés ici par Anders & Guillaume, les boss. Connectés. 22.04.16 > NH CLUB DJ PIERRE Les soirées Jack Your Friday poursuivent leur impeccable programmation, explorant chaque semaine les finesses et largesses de la house music, s'imposant comme un spot incontournable du parcours clubbing chaque semaine. Ce vendredi, c'est tout simplement l'inventeur de l'acid avec son groupe Phuture, DJ Pierre, qui déboule pour un set à se damner de trois heures d'un son où les classiques de Strictly Rhythm ne devraient pas manquer. Acid Tr

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Dix auteurs lyonnais à découvrir à Lyon BD

CONNAITRE | Baru, Loisel, Peeters, Schuiten, Trondheim... Nous avons, au fil des saisons, déjà largement commenté l’œuvre des invités les plus illustres de Lyon BD 2015. Profitons plutôt des dix ans du festival pour louer autant d'auteurs qui comptent ou vont compter dans le paysage lyonnais (parmi les 150 recensés à ce jour !). Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Dix auteurs lyonnais à découvrir à Lyon BD

Jean-Christophe Deveney Jean-Christophe Deveney coordonne deux des projets les plus révélateurs des préoccupations supra-événementielles de Lyon BD. D'un côté Webtrip, un feuilleton qui voit collaborer à distance auteurs du cru et invités internationaux (cette année exclusivement des Catalans). De l'autre Héroin(es), une expo (et désormais un livre) qui fait subir aux grands héros du neuvième art un changement de sexe, manière ludique de pointer certains automatismes phallocrates que le milieu peine à désapprendre. Il est surtout un excellent scénariste, le seul de cette sélection, notamment de Mangetrouille (Le Lombard), un croquignolet triptyque jeunesse sur les craintes enfantines, et de Bang ! (Akileos), un polar russophile particulièrement sombre et pétaradant. Héro(ïne)s Jusqu'au 27 juin à la Maison du Livre, de l'Image et du Son Retour sur Webtrip

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La saison 2015/2016 du Théâtre de la Renaissance

ACTUS | Théâtre qui, comme celui de la Croix-Rousse, s’est fait une spécialité des spectacles musicaux, la Renaissance (Oullins) présente une saison 2015-16 sonore aux deux tiers et faisant la part belle à la création. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 7 mai 2015

La saison 2015/2016 du Théâtre de la Renaissance

De sérénades en fugues, la musique se déclinera sur tous les tons cette saison à la Renaissance. La Fugue, c'est celle de Samuel Achache, complice de Jeanne Candel (Le Crocodile trompeur). Elle sera d'abord donnée en version courte à Valence (dans le cadre du festival Ambivalence(s) en juin), puis créée au festival d’Avignon et en présentée à la Croix-Rousse (en février) dans la cadre d’un partenariat. Sérénades (en avril) sera quant à lui porté par la charismatique Anna Mouglalis qui jouera, avec l’auteur Arnaud Cathrine, sous la direction de Ninon Brétecher. Le projet entend nous emmener à la découverte du "despecho", le mal d’amour tel qu’il est nommé en Colombie, où il est considéré comme une maladie ordinaire, les employés pouvant même s’absenter de leur travail pour ce motif Deux autres temps forts rythment la saison musicale du lieu, à commencer par une adaptation de Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne par Gérard Lecointe et ses Percussions Claviers de Lyon

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Un sacré printemps de danse

SCENES | C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d’œuvre de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mars 2015

Un sacré printemps de danse

C'est pour le moins un sacré début de printemps qui s'annonce à Lyon dans le domaine de la danse avec, notamment, la reprise de May B, chef-d’œuvre de Maguy Marin, au Ramdam (du 7 au 11 avril) et la transmission de Drumming Live, pièce majeure d'Anne Teresa de Keersmaeker, au Ballet de l'opéra (du 7 au 11 avril). Auparavant, deux festivals regroupés sous l'intitulé "Printemps de la création" permettront aux amateurs de découvrir une multitude de chorégraphes émergents ou d'artistes proches de la danse. Á la Maison de la danse et hors ses murs, Sens dessus dessous nous fera voyager de l’œuvre choc de Christian Rizzo inspirée du folklore turc à la mémoire de l'Afrique du Sud chorégraphiée par Gregory Maqoma en passant par le plus local mais toujours drôle et truculent Denis Plassard. Le Lyonnais reprend Chalet d'après un texte d'André Baillon, œuvre dépeignant avec humour le quotidien d'un hôpital. Aux confins de la danse, le duo Your Majesties met lui en mouvements le discours de Barack Obama pour la réception du Prix Nobel de la paix en 2009, tandis que le trublion Antoine Defoort se lancera dans une désopilante conférence

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Sils Maria

ECRANS | D’Olivier Assayas (Fr, 2h03) avec Juliette Binoche, Kristen Stewart…

Christophe Chabert | Mardi 15 juillet 2014

Sils Maria

La prétention qui suinte de la première à la dernière image de Sils Maria ne surprendra pas ceux qui, comme nous, ont pris en grippe le cinéma d’Olivier Assayas. Il y raconte, sans le moindre scrupule de crédibilité, comment une star entre deux âges (Juliette Binoche, qui pose tout du long en alter ego de Juliette Binoche) décide de reprendre la pièce qui l’a rendue célèbre et dont l’auteur s’est éteint, comme par hasard, au moment où elle allait lui rendre hommage en Suisse. Elle laisse le rôle de la jeune première à une nymphette hollywoodienne (Chloë Grace Moretz) et endosse celui de la femme mûre, ce qui déclenche chez elle un psychodrame dont le souffre-douleur sera son assistante (Kristen Stewart, la seule à surnager en adoptant un très respectable profil bas au milieu du désastre). «Tu l’as vu, mon Persona ?» nous susurre Assayas tout du long avec une finesse éléphantesque, des coquetteries stylistiques de grand auteur — le faux film muet, la musique classique — et une manière très désagréable de désigner ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas. Les blockbusters de super-héros ? Des merdes à regarder avec des lunettes 3D ridi

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Lyon BD se fait l'Amérique

CONNAITRE | Lyon BD se double d'une convention 100% comics. Une initiative qui, si elle relève pour l'instant plus du gage de bonne volonté que de l'événement per se, l'impose un peu plus comme un rendez-vous majeur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 10 juin 2014

Lyon BD se fait l'Amérique

«Pourquoi ne pas aimer la bande dessinée? Mais s’en targuer c’est autre chose. C’est dire, en sous main, il n’y a pas d’art mineur» osait Alain Finkielkraut à l'antenne de France Culture début mai. Un mois plus tôt, dans nos pages, Philippe Druillet lui adressait sans le savoir une réponse toute faite : «On est dans les musées, on les emmerde». Une fois de plus, c'est évidemment au légendaire fondateur de Métal Hurlant que le festival Lyon BD donne raison, lui qui s'apprête à reconduire ses impromptus au Musée des Beaux-arts. Mais à Lyon BD, le neuvième art est aussi sur scène, celle de la Comédie-Odéon, qui verra se succéder le temps de créations plus ou moins improvisées l'Allemand Reinhard Kleist, lauréat du Grand Prix de Lyon en 2013, le blogueur culinaire Guillaume Long ou encore Wandrille, le fondateur des très indépendantes (et très atypiques) éditions Warum et Vraoum. 100 balles et un Marsupilami Plus généralement, le casting est une fois de plus très dense. Et on

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La tendresse des fous

SCENES | A écouter les histoires du conte philosophique Aventures, extrait du recueil du Polonais Witold Gombrowicz Bakakaï (1933), on croirait naviguer dans les (...)

Nadja Pobel | Mardi 15 avril 2014

La tendresse des fous

A écouter les histoires du conte philosophique Aventures, extrait du recueil du Polonais Witold Gombrowicz Bakakaï (1933), on croirait naviguer dans les bandes dessinées de l’apocalyptique Philippe Druillet, mis à l’honneur dans notre précédent numéro. Car il y a dans ce texte des ressorts aussi déglingués et pourtant parfaitement maîtrisés que ceux que restitue le bédéiste. Ici, l’héroïne navigue sur l’écume des océans dans une bulle de verre puis se retrouve coincée dan un cône d’acier au fond de l’eau avant d’atterrir en Pologne, d’y rencontrer l’amour et de s’envoyer en l’air avec son homme dans une montgolfière. Puis elle s’ennuie, s’enfuit et met le cap sur la Chine, où des millions de lépreux lubriques la poursuivent ! Impossible à monter ? Pas pour Chloé Bégou. La jeune comédienne de la compagnie Gazoline se met en scène avec quatre musiciens dans une salle de classe à l’ancienne, jonchée de vieilles (et magnifiques !) cartes de géographie. À leurs bureaux de bois, sur leurs petits bancs, deux instrumentistes cl

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Chloé Cruchaudet récompensée

CONNAITRE | L'auteur de BD lyonnaise Chloé Cruchaudet vient de se voir attribuer, par l'Association de Critiques de Bandes Dessinées, le Grand prix de la critique (...)

Benjamin Mialot | Lundi 9 décembre 2013

Chloé Cruchaudet récompensée

L'auteur de BD lyonnaise Chloé Cruchaudet vient de se voir attribuer, par l'Association de Critiques de Bandes Dessinées, le Grand prix de la critique 2014 pour Mauvais genre. Une récompense plus que méritée compte tenu de la beauté charbonneuse et de la force dramatique de cet incroyable et néanmoins véridique portrait d'un déserteur de la Grande Guerre qui, pour échapper au peloton d'exécution et avec la complicité de son épouse, se travestit en femme.

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Unique en son genre

CONNAITRE | Chloé Cruchaudet n'est jamais aussi passionnante que lorsqu'elle s'inspire de faits réels. Nous en avions fait le constat en 2008 à la parution chez (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 11 octobre 2013

Unique en son genre

Chloé Cruchaudet n'est jamais aussi passionnante que lorsqu'elle s'inspire de faits réels. Nous en avions fait le constat en 2008 à la parution chez Delcourt de Groenland/Manhattan, roman graphique d'une austère élégance dans lequel cette jeune Lyonnaise au visage de sirène retraçait, à la fin du XIXe siècle, l'incroyable déracinement forcé de Minik, un esquimau ramené dans la soute de son navire par l'explorateur américain Robert Peary pour minimiser l'échec d'une expédition polaire.     Rebelote avec Mauvais genre, toujours chez Delcourt, ou l'histoire toute aussi véridique et n

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Pulp fiction en clôture de Lumière - Actualisée

ECRANS | Sans grande surprise pour ceux qui avaient étudié attentivement le programme, c'est Pulp fiction et son réalisateur Quentin Tarantino qui viendront mettre (...)

Christophe Chabert | Mardi 24 septembre 2013

Pulp fiction en clôture de Lumière - Actualisée

Sans grande surprise pour ceux qui avaient étudié attentivement le programme, c'est Pulp fiction et son réalisateur Quentin Tarantino qui viendront mettre le point final au festival Lumière 2013, le dimanche 20 octobre à 15h à la Halle Tony Garnier. Le film, Palme d'or au festival de Cannes en 1994, a imposé le cinéaste sur le plan international, et n'a pas pris une ride depuis sa sortie. Les places seront en vente à partir de ce mercredi 25 septembre à 13h et, si tout se passe comme pour le Prix Lumière, elles devraient partir comme des petits pains. Et on ne s'y est pas trompé : les 4600 places de la Halle sont parties en deux heures top chrono ! Impressionnant, et sans doute désespérant pour ceux qui espéraient entrapercevoir le maître Tarantino. On leur donne un petit conseil d'ami : allez simplement voir des films à Lumière, il y a de fortes chances que vous l'y croisiez, et sans dotue pas très loin de là où vous serez assis…

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Dark shadows

ECRANS | Tim Burton met un frein à la crise créative qu’il traversait depuis trois films avec cette comédie où il cherche à renouer avec la fantaisie noire de ses débuts, sans y parvenir totalement. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 10 mai 2012

Dark shadows

Dark shadows permet à Tim Burton de faire le point sur l’évolution de son cinéma ces dernières années. Il est frappant, à la vision du film, de voir qu’y cohabitent parfois au sein d’une même séquence, souvent d’un champ à son contrechamp, le cinéaste enclin au bricolage et à l’artisanat mais aussi son pendant récent, le réalisateur converti au numérique se contentant de griffer ses plans en illustrateur prodige. Plus encore, cette dualité se retrouve dans les deux thèmes abordés par le scénario : la figure du freak confronté au monde de la norme, et sa déclinaison contestable qui en fait le défenseur d’une petite entreprise familiale qui irait vendre au monde entier sa bizarrerie. On se souvient de l’épilogue craignos d’Alice au pays des merveilles, où Alice reprenait le flambeau paternel pour aller envahir le marché chinois… C’est à peu près là que commence Dark shadows : Barnabas Collins (Johnny Depp, qui cabotine plus intelligemment que d’habitude) est, au XVIIIe siècle, le jeune héritier d’une fortune construite par ses parents, prolos de Liverpool devenus richissimes entrepreneurs dans un port de pêche du Maine, dont ils ont littéralement

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Mr. Nice

ECRANS | De Bernard Rose (Ang, 2h01) avec Rhys Ifans, Chloë Sevigny…

Christophe Chabert | Mardi 5 avril 2011

Mr. Nice

Dans ce biopic autour d’Howard Marks, étudiant prometteur qui découvre à Oxford les joies de la marijuana avant d’en devenir le principal trafiquant en Grande-Bretagne, l’intérêt est paradoxalement quand Bernard Rose s’éloigne des règles du genre. Notamment l’introduction, avec une belle idée : Rhys Ifans ne fait aucun effort pour se rajeunir à l’écran, et son corps est littéralement projeté sur des images d’époque et dans des séquences hallucinatoires visuellement percutantes. Plus le personnage rattrape l’âge de son acteur, plus le film rentre dans les clous et les événements se succèdent sans réelle dramaturgie. Même la mise en scène se contente du strict minimum, à savoir de belles images sur une belle musique de Philip Glass. Une déception de la part du réalisateur de Candyman. Christophe Chabert

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Kick-ass

ECRANS | En cherchant à désacraliser la mythologie des super-héros et la fascination qu’elle inspire, Matthew Vaughn s’emmêle les pinceaux entre parodie et sérieux, stylisation fun et violence hard. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 16 avril 2010

Kick-ass

Dave Lisewski est un geek ordinaire : puceau, introverti et rudoyé par les bullies du quartier. Lassé de n’être à peu près rien aux yeux du monde, il se dit qu’après tout, il pourrait devenir un super-héros digne des comics qu’il vénère. Il achète donc un costume grotesque et descend faire régner la justice dans les rues sous le nom de Kick-ass. C’est d’abord un échec cuisant — il finit à l’hosto fracturé de partout — avant que la magie de Youtube et de Myspace (gros placement produit niveau nouvelles technologies !) ne lui permette de devenir une star du web… sur un malentendu bien sûr. Jusqu’ici, "Kick-ass", le nouveau film de Matthew Vaughn, co-scénariste des premiers Guy Ritchie et réalisateur du plaisant "Layer’s cake", s’en tient à son programme de teen movie post-"Apatow". Puis, il fait débarquer dans le récit deux personnages franchement inquiétants : un père (Nicolas Cage, qui prolonge son come-back déjanté amorcé dans "Bad lieutenant") et sa fille de onze ans, adeptes des armes et de la justice personnelle. La première scène montre le papa tirant à bout portant sur sa progéniture pour tester un gilet pare-balles. L’humour très noir de la situation ne cache pas la viole

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